The Project Gutenberg EBook of Documents Indits sur Alfred de Musset, by 
Maurice Clouard

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Title: Documents Indits sur Alfred de Musset

Author: Maurice Clouard

Release Date: September 16, 2010 [EBook #33738]

Language: French

Character set encoding: ISO-8859-1

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SUR ALFRED MUSSET ***




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  typographe ont t corriges. L'orthographe d'origine a t
  conserve et n'a pas t harmonise.
  Certaines transcriptions des illustrations comportant un fac-simil
  ont t ajoutes.
  Redgnauntley est effectivement l'orthographe de la personne
  principale de LA QUITTANCE DU DIABLE, il ne s'agit pas d'une
  erreur du typographe.




  DOCUMENTS INDITS

  SUR

  ALFRED DE MUSSET




OUVRAGES DU MME AUTEUR


_Bibliographie des OEuvres d'Alfred de Musset_ et des ouvrages,
vignettes et gravures qui s'y rapportent. Lettre de Ch. de Lovenjoul
et portrait d'Alfred de Musset d'aprs la statue de Granet. Paris,
Rouquette, 1883. 1 vol. in-8.

_L'OEuvre de Champfleury_, dress d'aprs ses propres notes et
complt par M. Clouard. Paris, L. Sapin, 1891. Brochure gr. in-8.

_Notes sur les dessins de Victor Hugo_, accompagnes de lettres
indites et d'un dessin. Paris, A. Colin et Cie, 1898. Brochure in-8.


EN PRPARATION

_Histoire des OEuvres d'Alfred de Musset_, orne de portraits et de
fac-simils en noir et en couleur.

_Suite de huit vignettes et portraits_ gravs  l'eau-forte par L.
Charbonnel d'aprs Clestin Nanteuil, Thophile Gautier, Nadar et
Granet pour illustrer la Bibliographie des OEuvres d'Alfred de Musset.
Paris, 1883.

preuves in-folio sur Japon, noir et sanguine; in-4, sur Chine, en
noir; in-4, sur verg, en noir.




  MAURICE CLOUARD

  DOCUMENTS INDITS

  SUR

  ALFRED DE MUSSET

  PARIS

  LIBRAIRIE A. ROUQUETTE

  69-73, Passage de Choiseul, 69-73

  1900




  TIRAGE

  A TROIS CENT CINQUANTE EXEMPLAIRES NUMROTS A LA PRESSE,

  Savoir:

  310 sur papier verg, de         1  310.

   40 sur papier de Hollande, de   I  XL.

   No 50




  LES PORTRAITS

  DE

  ALFRED DE MUSSET




LES PORTRAITS


Il est une petite pice de vers, crite en 1854, qu'on chercherait en
vain dans les dix volumes de ses _OEuvres compltes_ et que nous
citons page 205 de ce livre, dans laquelle Alfred de Musset fait
lui-mme la critique des portraits qui le reprsentent. Plusieurs sont
omis, des meilleurs. Cependant, elles ne sont pas aussi nombreuses
qu'on pourrait le croire, les reproductions des traits de l'auteur des
_Nuits_. Je ne parle ni des caricatures ni des charges, non plus que
de ses portraits quand il tait enfant, figures qui n'ont d'autre
mrite que celui de la curiosit ou de la raret. Tous les portraits
d'Alfred de Musset se rapportent  quatre types, dessins, peints ou
sculpts du vivant du pote par David d'Angers, Eugne Lami, Charles
Landelle et Gavarni; lesquels, aprs 1857, ont servi de modles 
ceux, peintres ou sculpteurs, qui ont voulu le reprsenter. Je ferai
remarquer que ce sont les portraits les plus ressemblants qui sont les
moins connus.


VAN BRE

1814.

Portrait  l'huile, dont l'original est au muse Carnavalet. La soeur
du pote, Mme Lardin de Musset, en possde une copie exacte, cadre et
toile.

Alfred de Musset a trois ans; c'est un bb tout rose, avec de jolis
cheveux blonds qui tombent en boucles sur ses paules. Dans la
clairire d'un bois, il est assis sur une grosse pierre, au bord d'un
ruisseau, les pieds dans l'eau, retenant avec ses mains, le long de sa
poitrine, sa petite chemise qui glisse et le laisse presque nu. A ses
cts est une grande pe pour se dfendre contre les grenouilles
qui le regardent curieusement.

Grav  l'eau-forte par Lalauze, en 1891, et joint  l'dition du
conte d'Alfred de Musset _La Mouche_, publie  la librairie Ferroud.
(1 vol. in-8.)


DUFAUT

1815.

Portraits d'Alfred et de Paul de Musset, formant groupe; peinture 
l'huile reprsentant les deux frres  mi-corps; Alfred a une petite
robe rouge; ses cheveux blonds boucls, tombent sur ses paules. Il
appuie la tte contre la poitrine de son frre Paul, qui met la main
sur l'paule d'Alfred, plus petit que lui.

L'original est, comme celui du portrait prcdent, au Muse
Carnavalet. Mme Lardin de Musset en a galement fait excuter une
copie exacte: Je ne crois pas, dit M. Jules Cousin, dans
_l'Intermdiaire des Chercheurs et Curieux_ du 28 fvrier 1898, qu'il
ait t publi de reproduction grave de ce double portrait; nous la
rservons pour le grand album des pices les plus curieuses du Muse.
Mais j'en ai fait prendre un beau clich photographique, dont tout
intress obtiendrait sans difficult l'autorisation de faire tirer 
ses frais une preuve. Je ne connais pas non plus de reproduction
grave; mais, comme M. Cousin, je suis possesseur d'un clich
photographique dont quelques preuves ont t donnes _meis et
amicis_.


ROEHN

1828.

_Le beau Grec_, portrait-charge d'Alfred de Musset au fusain et crayon
de couleur avec lavis. La tte seule du patient, mergeant d'un
faux-col et coiffe d'un fez rouge qui est pos sur des cheveux en
broussaille, est reprsente de profil  gauche.

En 1890, j'ai fait fac-similer cette caricature, par l'imprimerie
Lemercier,  Paris; il a t tir trente preuves in-4 sur Hollande,
puis la pierre a t efface.


DEVRIA

Vers 1830.

Alfred de Musset en costume de page, portrait en pied lithographi,
excut probablement pour l'une des soires travesties donnes par
Achille Devria.

I. PLANCHE REFUSE, in-4.--Il n'existe,  ma connaissance, qu'une
seule preuve de cette planche, appartenant  M. Gabriel Devria. Dans
la campagne, dont des rochers forment le fond, le jeune page, la main
gauche appuye sur la hanche, soutient de la main droite le bouffant
de sa manche. Il a les yeux baisss et regarde de ct; un poignard
pend  sa ceinture.

Reproduit en phototypie dans le volume de Mme Arvde Barine sur Alfred
de Musset. (Hachette, 1893, in-12).

II. PLANCHE PUBLIE, grand in-4.--Lithographie de Fonrouge. Mme
costume que ci-dessus, mais sans le poignard. Le dcor est chang:
dans une salle, la main droite appuye sur le dossier d'une chaise, la
main gauche sur la hanche, le page tourne lgrement la tte  gauche,
bien que le regard soit dirig de face. C'est le portrait le plus
ressemblant d'Alfred de Musset jeune. La lithographie originale n'a
pas, que je sache, t reproduite.


DAVID D'ANGERS

1831.

Mdaillon rond de 0m17 de diamtre, reprsentant Alfred de Musset 
l'ge de 23 ans: col nu, cheveux longs ramens en avant; la figure,
vue de trois quarts, ne porte ni barbe ni moustache, mais seulement de
lgers favoris; les yeux sont tourns  droite; sur le ct droit du
mdaillon, est grav le nom du pote;  gauche, on lit: David, 1831.

L'original, en pltre, appartient  Mme Lardin de Musset. Des
reproductions en bronze ont t et sont faites par la maison Thibault
frres,  Paris. Alfred de Musset venait poser  l'atelier de David,
comme le tmoigne cette lettre[1]:


    Paris, samedi soir. 1831.

    Monsieur,

  Je suis de service demain, pour presque toute la journe; c'est
  ce qui me privera du plaisir de vous recevoir  mon atelier.
  Lundi, le jury qui doit juger le concours pour la monnaie du Roy,
  aura certainement termin son opration vers midi; je me rendrai
  de suite rue de Fleurus, et si vous pouvez disposer de quelques
  instants, je vous y attendrai. Vous obligerez votre bien dvou
  serviteur.

    DAVID.

  [1] Publie en 1893 dans la _Revue de l'Art franais_, page 204.
  Il s'agit de son service comme garde national.

Le pote et le sculpteur restrent en relations amicales. M. Henry
Jouin, dans son livre _David d'Angers et ses relations littraires_
(Plon, 1890. In-8, p. 67), publie le billet suivant, crit
probablement en 1832:

  Mon cher David, je suis all chez Micheli pour avoir de vos
  mdailles. Il demande une autorisation de vous pour cela. Soyez
  assez bon pour m'envoyer deux mots de votre main, pour Micheli et
  pour votre _Petit Cardillac des Enfants Rouges_; vous obligerez
  votre dvou de coeur.

    ALFD DE MUSSET.

Que signifie ce _Petit Cardillac des Enfants Rouges_? Je n'ai pu
trouver le sens de ce surnom et l'expliquer mieux que M. H. Jouin. En
janvier 1828, David d'Angers fut victime d'une tentative d'assassinat,
 trois pas de l'Abbaye, derrire Saint-Germain-des-Prs. La rue des
Enfants-Rouges allait de la rue Porte-Foin  celle des Quatre-Fils;
c'est aujourd'hui la rue des Archives. Quel rapport peut-il y avoir
entre Cardillac, l'orfvre assassin des _Contes_ d'Hoffmann, et
l'assassin de David? la rue de l'Abbaye, o s'est pass le drame de
1828, et cette rue du Quartier du Temple?

Le mdaillon de David a t reproduit par la gravure:

1 En 1876, eau-forte in-32 par Waltner, pour l'dition des _OEuvres_
d'Alfred de Musset dans la collection dite Petite Bibliothque
Charpentier. (Salon de 1876, no 4004).

2 En 1877, eau-forte in-18 par Martinez, pour l'dition des _OEuvres_
 la librairie Lemerre. (Salon de 1877, no 4165).

3 En 1889, eau-forte in-8 par F. Courboin, publie dans l'_Artiste_
du 1er janvier 1890.

4 En 1896, gravure in-8 sur bois par Florian, publie comme
frontispice de _Les Nuits_, par Alfred de Musset. (Paris, Pelletan,
1896. 1 vol. in-8).

5 En 1898, pointe-sche in-4, grave par Bracquemond d'aprs le
mdaillon (la figure est renverse) et tire  dix preuves,
numrotes et signes par le graveur; aprs ce tirage restreint, le
cuivre a t verni et encadr.

Voir l'ouvrage intitul: _David d'Angers, sa vie, son oeuvre, par H.
Jouin_. (Paris, Plon, 1877, 2 vol. in-4) et un article de Thophile
Gautier dans le _Moniteur Universel_ du 4 mai 1868.


CARICATURES PAR LUI-MME

1833-1834.

Pendant les quelques mois que dura l'entente cordiale de George Sand
et d'Alfred de Musset,  Paris comme  Venise, le pote fit plusieurs
fois sa propre charge. Ces caricatures, dessines  la mine de plomb,
existent sur deux albums: celui de George Sand, qui appartient
aujourd'hui  M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul, et celui
d'Alfred de Musset, qui est entre les mains de sa soeur, Mme Lardin de
Musset.

1 Le pote chevelu, 1833 (Album de G. Sand). De face,  mi-jambe, les
deux mains dans ses poches; taille de gupe serre dans une redingote
boutonne; tte piriforme, de chaque ct de laquelle se relvent les
boucles enroules d'une luxuriante chevelure. Il a t fait une
reproduction lithographique in-8, tire  25 exemplaires qui ont t
joints au tirage  part de notre article intitul: Quelques oeuvres
indites ou peu connues d'Alfred de Musset, publi dans la _Revue
d'Histoire littraire de la France_ du 15 janvier 1898.

2 Alfred de Musset et George Sand, dcembre 1833 (Album d'A. de
Musset). En buste, de face, coiffures et costumes plus ou moins
vnitiens. Non reproduit.

3 Ballade, 1834. (Album de G. Sand). En pied, vu de dos, canne  la
main droite. Au fond,  droite, glise et son clocher, que surmonte la
lune, comme un point sur un i. Imite le dessin d'un enfant. Dessin
sur papier jaune, non reproduit.

4 Don Juan allant emprunter dix sous, pour payer son idale et
enfoncer Byron. 1834. (Album de G. Sand). En buste, de profil 
droite, fumant un norme cigare. Long nez et cheveux lisss, lgers
favoris. Non reproduit.


THOPHILE GAUTIER

1835.

Portrait-charge en pied d'Alfred de Musset et d'Honor de Balzac,
grav sur bois par Gniole, d'aprs un dessin de Thophile Gautier,
publi dans le _Mercure de France_ du 15 juillet 1835.

Les deux crivains sont l'un prs de l'autre. A gauche, Alfred de
Musset, vu de dos, les jambes cartes, la taille serre dans sa
redingote, et coiff d'un chapeau haut de forme, lance en l'air la
fume de sa cigarette. A droite, Balzac, vu de profil, au ventre
prominent, tient de ses deux mains, derrire son dos, sa fameuse
canne et son chapeau.

Une rduction de ces deux portraits a t publie dans _La Vie
Moderne_ des 26 juillet et 9 aot 1879.

En 1883, la vignette du _Mercure de France_ a t fac-simile 
l'eau-forte par Louis Charbonnel. Il a t fait un tirage ordinaire
sur Hollande in-4 et un tirage de luxe  26 preuves en noir et 15
preuves en sanguine sur Japon 1/2 colombier. (Imprimerie Lemercier.)

Le livre de M. Adolphe Jullien, _Le Romantisme et l'diteur Eugne
Renduel_ (Paris, Charpentier et Fasquelle, 1897. 1 vol. in-12) donne
page 55 un nouveau fac-simil agrandi de cette vignette, et le _Mois
Littraire_ de juin 1899, en publie page 697 une rduction.

En 1883, j'ai retrouv un fragment du dessin original de Thophile
Gautier, dessin qui semble avoir t coup en quatre morceaux. Sur
celui que je possde, il reste Alfred de Musset, vu depuis le milieu
environ de la basque de son habit; c'est un dessin  la spia et au
lavis. Louis Charbonnel l'a fac-simil  l'eau-forte et il en a t
tir par l'imprimerie Lemercier 41 preuves en bistre sur Japon 1/2
colombier.


ROGER DE BEAUVOIR

Vers 1835.

Portrait-charge dessin  la plume: Alfred de Musset en pied, vu de
dos, brandit d'une main sa canne et de l'autre sa cigarette. Reproduit
ci-contre.


CARICATURE PAR LUI-MME

Vers 1838.

Portrait-charge  mi-jambe, dessin sur l'album de Mme Caroline
Jaubert. Le pote s'est reprsent de profil  droite, tte norme,
presque toute en nez; jabot de dentelle.

L'album o se trouvait ce dessin fut perdu  Paris, dans une voiture,
par une personne  laquelle Mme Jaubert l'avait confi. Mais il
existait de cette charge une preuve photographique _unique_, tire
par un ami de la Marraine, qui l'avait joint  l'exemplaire des
_OEuvres_ de son filleul; c'est l'original actuel, dont il m'a t
permis de prendre un clich photographique.

Pour assurer la conservation de ce dessin, j'en ai fait faire un
fac-simil sur zinc, dont il n'a t tir que quelques preuves,
donnes  des amis.

[Illustration: Alfred de Musset, portrait-charge dessin  la plume
par Roger de Beauvoir.]


EUGNE LAMI

1841.

Portrait en pied, dessin au trait, en sanguine, et dont la tte seule
est ombre. Sign: E. L. 1841. Le pote est reprsent de profil 
gauche, la tte nue; de la main droite, il tient son chapeau appuy
sur sa cuisse; le bras gauche est repli derrire le dos, et dans la
main gauche sont des gants. Il est vtu d'un frac dboutonn,  collet
de velours; pantalon ray, cravate montante, toute la barbe. La tte
seule est termine.

Le dessin original appartient  la Comdie-Franaise,  laquelle M.
Alexandre Dumas fils en a fait don. H.: 0.180--L.: 0.065.

La pose, trop affecte, n'est pas celle d'Alfred de Musset, m'ont dit
plusieurs personnes qui ont connu le pote.

Ce dessin a t reproduit: 1 En fac-simil  l'eau-forte, par
Legenisel: A. En 1874, de la grandeur de l'original. (Salon de 1874,
no 3502).--B. En 1876, format in-32, pour tre joint  un volume
des _OEuvres_ d'Alfred de Musset dans la Petite Bibliothque
Charpentier.--C. En 1878, format in-12, tir  trs petit nombre et
non mis dans le commerce.

2 Grav sur bois, in-8, en noir, dans l'_Univers Illustr_ du 4 mars
1882.

3 Par des procds divers, in-12 et in-32, dans la _Revue
Encyclopdique_ du 14 novembre 1896, le _Magasin littraire_ du 1er
dcembre 1896, les _Annales politiques et littraires_ du 6 dcembre
1896.


CARICATURE PAR LUI-MME

1842.

Tte de profil, au nez dmesur, dessine  la mine de plomb par
Alfred de Musset, sur son album,  Lorey. Les cheveux longs tombent 
plat autour de la tte; front aplati, menton rentrant, moustache
tombante, col montant.

En 1876, il a t fait une reproduction  l'eau-forte, rduite de
moiti environ, par les soins de l'diteur Charpentier; cette charge
devait tre jointe  l'un des volumes des _OEuvres_ dans la Petite
Bibliothque Charpentier; mais il fut dcid que l'dition ne
donnerait que des portraits _srieux_, et le cuivre, aprs avoir t
tir  75 exemplaires sur papier verg in-18, fut effac. Aucun
exemplaire n'a t mis dans le commerce.


BIARD

(Sans date).

Quel est ce portrait et o se trouve-t-il? C'est ce qu'il m'a t
impossible de savoir. La fille du peintre, Mme la baronne Double, n'a
pu, malgr son bon vouloir, me fournir aucun renseignement.

Toutefois, Mme veuve Martelet, qui s'appelait Adle Colin lorsqu'elle
tait gouvernante d'Alfred de Musset, m'a fait voir une petite
photographie, format carte de visite, faite chez Pexme, 20,
Chausse-d'Antin,  Paris, photographie toute jaunie et dj un peu
efface, que son matre lui avait donne certain soir, vers 1844 ou
1845, en lui disant que c'tait la reproduction d'un portrait qu'un
peintre venait de faire de lui. Alfred de Musset est reprsent en
pied, de trois quarts  droite, la main gauche enfonce dans la poche
de son pantalon, le bras droit appuy sur le ft d'une colonne;
redingote dont le seul bouton du haut est boutonn, pantalon uni. Le
pote n'a pas le ruban de la Lgion d'honneur, ce qui prouve que ce
portrait est antrieur au 30 avril 1845.--Serait-ce une photographie
du portrait de Biard? Alfred de Musset n'a pas prononc le nom du
peintre en remettant la photographie  Mlle Colin, qui ne connat pas
le portrait de Biard.

En 1877, la librairie Charpentier joignait  l'un des volumes de
l'dition in-32 des _OEuvres_ d'Alfred de Musset, un portrait grav 
l'eau-forte par Monzis d'aprs une photographie prise d'aprs
nature. Suivant les renseignements qui m'ont t fournis parla
famille de Musset, Alfred de Musset n'a jamais t directement
photographi. La tte du portrait de Monzis ressemble  celle de la
photographie de Pexme. Une reproduction en phototypie de la
photographie de Pexme, est publie dans _Dix Ans chez Alfred de
Musset_, par Mme Martelet, ne Adle Colin. (Paris, Chamuel, 1899. 1
vol. in-12).


RIFFAUT

1845.

Portrait  mi-corps, dessin et grav  la manire noire par A.
Riffaut, publi dans l'_Artiste_ du 18 janvier 1846. C'est un
mdaillon ovale, plac dans un encadrement rectangulaire, reprsentant
Alfred de Musset presque de face, jusqu' la hauteur des genoux. La
tte, de trois quarts  droite, est dcouverte; cheveux longs, toute
la barbe; le bras gauche est repli et le pouce gauche enfonc dans la
poche du gilet; le bras droit pend le long du corps, et de la main
droite le pote tient une canne. Pantalon uni, dcoration.

La pose est raide et ni la ligure ni le regard n'ont d'expression.


MADEMOISELLE MARIE MOULIN

1848.

Miniature peinte par Mlle Marie Moulin, cousine d'Alfred de Musset et
figurant au Salon de 1848 (no 3411. Trois miniatures: Alfred de
Musset, Paul de Musset et Mme M***.) C'est un portrait de face, 
mi-corps, barbe lgrement taille, frac dboutonn, gilet  fleurs
trs ouvert, tte dcouverte, cravate montante. L'original appartient
 Mme Lardin de Musset.

Reproductions: 1 Photographie 18x24 excute par la maison Bingham,
50, rue de La Rochefoucauld,  Paris, pour la famille de Musset, et
non mise dans le commerce.

2 Gravure  l'eau-forte par Burney, faite en 1887 pour l'dition des
_Nouvelles_ d'Alfred de Musset publies en 1 vol. in-8  la librairie
Conquet. (Imp. Chardon.)


EUGNE GIRAUD

(Sans date).

Portrait-charge, dessin et peint  l'aquarelle, reprsentant Alfred
de Musset en pied, avec une trs grosse tte sur un tout petit corps.
L'original faisait partie de la collection de M. de Nieuwerkerke, et
on a pu le voir quai Malaquais,  l'Exposition des Matres Franais de
la Caricature, qui fut faite  l'cole des Beaux-Arts au mois d'avril
1888 (no 440 du catalogue). Actuellement, cette collection est en
Italie: M. de Nieuwerkerke est mort, ses hritiers habitent prs de
Lucques, en Toscane, et il est  craindre que toute cette runion des
charges de nos meilleurs crivains, ne soit perdue pour la France.

Ce portrait d'Alfred de Musset n'a pas t reproduit. L'_Illustration_
du 5 mai 1888 donne ceux d'A. Houssaye et d'A. Dumas.


TRICHON ET C. F.

1853.

Portraits d'Alfred de Musset et de Berryer, les deux derniers
Acadmiciens, gravs sur bois par Trichon, d'aprs C. F. (Faxardo?)
et publis  mi-page dans le _Muse des Familles_ de novembre 1853,
tome XXI, page 61.

Alfred de Musset, de trois quarts, est  gauche; Berryer est de face,
 droite. Le pote est reprsent jusqu'au dessous de la ceinture, le
bras droit tombant, le gauche lgrement repli; il est vtu d'une
redingote ouverte, cravate montante, cheveux longs, toute la barbe. La
note suivante accompagne les portraits:

  L'image de M. de Musset, nomm en mme temps que M. Berryer et
  reu l'anne dernire, on se souvient avec quel succs, tait
  digne d'accompagner sur la mme page celle du grand orateur auprs
  duquel il va s'asseoir. Ces deux derniers Acadmiciens seront
  certainement deux des premiers sur les bancs des Quarante.


PROSPER MRIME

Vers 1853.

Tte de profil, dessine  la plume par P. Mrime, pendant une sance
de l'Acadmie Franaise et donnant un Alfred de Musset plus vieilli
que nature... ou endormi.

L'original de ce portrait appartient  M. le Vicomte de Spoelberch de
Lovenjoul, qui, en 1891, a bien voulu m'autoriser  le l'aire
fac-similer sur pierre et tirer  quelques preuves sur verg in-4
(Imprimerie Lemercier), dont aucune n'a t mise dans le commerce.


LANDELLE

1854.

Portrait dessin au pastel, en 1854, par Charles Landelle et expos au
Salon de 1855 (no 5480).

Alfred de Musset est de profil, en buste, tte nue, les yeux tourns 
droite; il porte toute sa barbe, les cheveux rejets en arrire sur
le col; cravate montante, faisant plusieurs tours. Il est vtu d'une
redingote boutonne, orne du ruban de la Lgion d'honneur.

C'est le portrait le plus connu et le plus rpandu. Mme Lardin de
Musset,  laquelle je m'tais adress pour savoir quel tait le
vritable original, m'crivit le 17 octobre 1882: L'original du
portrait de Landelle est le beau pastel qui est chez Madame Lardin de
Musset. L'aquarelle de la Comdie-Franaise en est la copie faite par
Pollet[2]. Le portrait  l'huile du Muse de Versailles est une copie
du pastel, faite par Landelle lui-mme, mais moins bonne que le
pastel. Alfred de Musset avait cependant pos pour cette
reproduction:


    _Monsieur Alfred de Musset_,

    Rue du Monthabor, 6.

    Mardi 10 octobre 1854.

    Mon cher monsieur de Musset,

  Je viens rclamer de votre obligeance une sance pour terminer le
  portrait _peint_ que je dois donner au Thtre-Franais.

  Si vous voulez bien me fixer _d'avance_ le jour dont vous pourrez
  disposer la semaine prochaine, je m'arrangerai pour n'avoir pas
  modle.

  Veuillez de nouveau croire  mes tmoignages de sympathie et
  d'affection.

    C. LANDELLE.

  Vous seriez bien gentil de venir djeuner dimanche matin  11 h.
   l'atelier et de m'amener Arago, si vous le trouvez sur votre
  chemin.

  Rponse S. V. P.

  [2] Expose au Salon de 1859, no 2491.

Nombreuses en sont les reproductions, mais toutes ne sont pas
heureuses ni ressemblantes, par suite d'un dfaut au nez, dfaut caus
par une ombre sur le pastel, qui est gnralement traduite par une
bosse dans les reproductions.

1 Photographie remonte sur bristol in-4, excute par la maison
Bertsch et Arnaud, en 1854, d'aprs le pastel original.

2 Photographie format carte de visite, tire, en 1854, par la maison
Bingham, sur le pastel original, pour la famille de Musset, et non
mise dans le commerce.

3 Gravure in-32 sur acier par Gervais, (Imprimerie Chardon), faite
d'aprs le portrait de Landelle, figure renverse, publie dans la
_Biographie d'A. de Musset par E. de Mirecourt_. (Paris, Roret, 1854,
1 vol. in-32).

4 Gravure in-4 sur bois par A. Greppi, publie dans le _Triboulet et
Diogne_ du 13 mai 1857. Trs mauvaise excution; on y remarque ce
changement que le bas du buste est drap dans un manteau.

5 Gravure in-4 sur acier par Pollet; mdaillon ovale de H.: 0.150,
L.: 0.105, publi dans l'_Artiste_ du 3 janvier 1858, expos au Salon
de 1859 (no 3638). (Imprimerie Drouart). Bonne reproduction, 
laquelle M. Taxile Delord consacre une tude dans le _Magasin de
Librairie_ du 10 mai 1859.

6 Gravure in-8 sur acier par Daguin, avec encadrement rectangulaire,
faite en 1865 et expose au Salon de 1866 (no 3119). H.: 0.178. L.:
0.112.

7 Gravure in-4 sur acier par Lopold Flameng: mdaillon ovale,
entour d'un cartouche rectangulaire et de branches de laurier.
Publie primitivement  la librairie Charpentier, dans l'dition in-4
des _OEuvres_ d'Alfred de Musset, dite de souscription; puis jointe 
toutes les ditions in-4 et in-8 des _OEuvres_, comportant les
figures de Bida.--Il existe des preuves d'artiste, avant la lettre,
ne donnant que le mdaillon, sans aucun encadrement.--Expose au Salon
de 1867 (no 2610).

8 Gravure in-8 sur acier par Adrien Nargeot, publie dans la _Revue
du XIXe sicle_ du 1er mai 1866. Mdaillon ovale, port par un socle,
avec encadrement rectangulaire, sur fond hach. H.: 0.128. L.: 0.088.

9 Photographie in-32, faite par Colin en 1867, pour l'dition des
_OEuvres_ d'Alfred de Musset en 10 vol. in-32, orne de la
reproduction photographique des dessins de Bida.

10 Gravure sur acier, excute en 1867 par Goutire: mdaillon ovale,
ferm par un cordon de perles, dans un encadrement rectangulaire
quadrill, avec ornements. H.: 0.088. L.: 0.065. Sans nom d'imprimeur
ni d'diteur. Tirage in-folio sur Chine mont avant lettre, in-4 sur
blanc avant lettre, et in-8 sur vlin avec lettre (Salon de 1867, no
2621).

C'EST, D'APRS LA DCLARATION MME DE Mme LARDIN DE MUSSET, LE
PORTRAIT LE PLUS RESSEMBLANT DE SON FRRE ALFRED. L'artiste a su
reconnatre que, sur le pastel original, la tache qui se voit au nez
est une ombre porte de l'arcade sourcillire et non pas l'effet d'une
protubrance. Tout le travail de gravure est d'une trs grande
finesse.

11 Gravure in-32 sur acier par Goutire, avec fac-simil de la
signature d'Alfred de Musset. Publi en tte du tome I des _Posies_
d'Alfred de Musset. (Charpentier, 1867,2 vol. in-32).

Une contrefaon de ce portrait a t publie  Bruxelles, avec
fac-simil de la signature au bas du mdaillon; on y a joint le
fac-simil de la premire strophe autographe de la _Ballade  la
Lune_. preuves en noir et en sanguine, trs mauvaise excution.

12 Gravure  l'eau-forte par Mongin, faite en 1876 pour l'dition des
_OEuvres_ d'Alfred de Musset  la librairie Lemerre. (10 vol. in-18).

13 Gravure  l'eau-forte par Le Rat, d'aprs le portrait de Landelle,
avec des modifications dans le costume, publie en 1876 dans l'dition
des _OEuvres_  la librairie Lemerre.

14 Gravure in-32  l'eau-forte par Flameng, publie en 1876 dans les
_OEuvres_, collection de la Petite Bibliothque Charpentier.

15 Gravure  l'eau-forte par Hanriot, figure renverse. Tirage sur
Hollande in-4 et in-8, sans nom d'imprimeur ni d'diteur.

16 Gravure  l'eau-forte et pointe-sche par Lessore, figure
renverse. dite en 1878,  la librairie Rouquette. Imp. de Vve
Cadart. preuves sur Hollande in-4 et in-8.

17 En 1879, M. Mazerolle, dans son plafond de la salle de la
Comdie-Franaise, a reprsent Alfred de Musset dans un de ses
groupes; la tte est faite d'aprs le portrait de Landelle; le pote,
drap dans son manteau, est plac aux cts d'Alexandre Dumas.

L'_Illustration_ du 2 aot 1879 donne une gravure de ce plafond.

En 1882, M. Raphal Breynat a grav sur bois une reproduction de ce
plafond pour le livre _Paris_ (Librairie Rothschild). (Salon de 1882,
no 5211).

18 _Programme de la reprsentation extraordinaire, donne au Palais
du Trocadro, le dimanche 9 mai 1880._ (Imp. Motteroz, 4 pages in-4).
Parmi les ornements lithographies du titre, se trouve une reproduction
du mdaillon de Landelle.

19 Gravure in-32 sur bois, sans signature et d'une trs mauvaise
excution, publie dans _Alfred de Musset et Edgar Quinet enfants, par
V. Tinayre_. (Paris, Keva, 1881, 1 vol. in-32).

20 Gravure in-8 sur acier, sans encadrement, par Adrien Nargeot,
publie dans _Souvenirs potiques de l'cole Romantique, par Ed.
Fournier_. (Paris, Laplace, 1880, 1 vol. in-8).

21 Gravure in-8 sur bois par Thiriat, publie dans la _Lecture
Rtrospective_ du 5 juillet 1890.

22 Gravure sur cuivre,  la pointe-sche, par Adrien Nargeot,
excute en octobre 1891 et destine primitivement  orner l'dition
du conte _La Mouche_, par Alfred de Musset, publie  la librairie
Ferroud. M. Lalauze ayant grav toutes les vignettes du volume, fit
une nouvelle planche du portrait qui fut donne dans le livre  la
place de celle de M. Nargeot.--Finement grav.

23 Gravure  l'eau-forte par Lalauze, publie dans _La Mouche_, par
Alfred de Musset. (Paris, Ferroud, 1891, 1 vol. in-8. Imp. Wittmann).

24 Dans le mdaillon rond, renfermant le double portrait de George
Sand et d'Alfred de Musset, grav  l'eau-forte par Abot, qui orne le
titre de l'dition de _La Confession d'un enfant du sicle_, publie
en 1891 chez Quantin, 1 vol. in-8; le buste du pote est la
reproduction  peu prs exacte du portrait de Landelle, ce qui est un
anachronisme, _la Confession_ tant de 1835 et le portrait, de 1854.

25 Je possde une preuve in-4 sur Japon, sans date et sans nom
d'imprimeur ni d'diteur, d'un portrait d'Alfred de Musset, grav  la
pointe-sche par Loys Delteil. Musset est reprsent  mi-corps,
presque de face, le bras droit repli et la main passe dans
l'ouverture de sa redingote; le bras gauche pend le long du corps. La
tte est inspire par le portrait de Landelle.

26 Le _Programme de la soire du 7 Octobre 1896_, donne  la
Comdie-Franaise en l'honneur de LL. MM. le Czar et la Czarine
(Stern, graveur, 1 f. in-4), prsente parmi son ornementation une
reproduction du mdaillon de Landelle.

27 Enfin, dans le commerce, on trouve des reproductions
photographiques de ce portrait, trop noires en gnral, format
carte-album et carte de visite, dites par la maison Charles Jacotin.

Il existe encore d'autres reproductions du pastel de Landelle, dans
des revues et des journaux illustrs, un entre autres, in-8, grave
sur bois par Collette, dont il m'a t impossible de retrouver la
provenance; j'en ai rencontr jusque sur des titres de morceaux de
musique. Tous ces portraits pchent en gnral par leur excution et
ne sont, pour le plus grand nombre, que des _clichages_ n'offrant
aucun intrt artistique.


GAVARNI

1854.

Portrait en pied, in-4, lithographie par Gavarni, et publi dans la
srie des _Contemporains illustres_. (Imp. Lemercier).

Musset est presque de face, les yeux tourns  droite, cheveux longs,
toute la barbe. De la main droite, il tient une canne, le bout en
avant; le bras gauche, appuy sur la hanche, est recouvert par un
vaste manteau qui, enveloppant les paules et le buste, descend
jusqu'aux genoux. Paysage au fond.--H: 0.345; L: 0.222. Trait
rectangulaire, cintr dans la marge suprieure; sous le portrait,
fac-simil de la signature.

Le reproche qu'on peut adresser  ce portrait, est de reprsenter un
Alfred de Musset plus vieilli qu'il n'tait en ralit.

1 Reproduction partielle du buste seul, figure renverse, sans le
manteau, grave sur bois et publie dans le _Monde illustr_ du 9 mai
1857 et dans l'_Almanach des clbrits contemporaines_. (1 vol.
in-8, p. 26).

2 Fac-simil de la lithographie originale grav sur bois par Pistho,
publie dans l'_Illustration_ du 16 mai 1857.

3 Gravure sur bois in-12, non signe, reprsentant Alfred de Musset 
mi-corps, publie comme frontispice de l'_Almanach de la littrature,
du thtre et des beaux-arts_ pour 1858, par J. Janin. (Paris,
Pagnerre. 1 vol. in-12 carr).

4 Lithographie in-4, semblable  l'original et probablement tire
sur la mme pierre, publie dans le _Panthon des Illustrations
franaises au XIXe sicle, par Victor Frond_. (Paris, Abel Pilon,
1865-1873. 17 vol. in-folio.)

5 Gravure  l'eau-forte par Boilvin, ne donnant que le haut du buste,
excute en 1876, pour l'dition des _OEuvres_  la librairie Lemerre.

6 Rduction in-32, grave  l'eau-forte par A. Leroy, en 1876, pour
l'dition des _OEuvres_ dans la Petite Bibliothque Charpentier.

7 Reproduction du buste seul, grav sur bois, dans _El Libral_
(Madrid) du 11 novembre 1898 pour accompagner une Notice sur A. de
Musset, par Tello Tellez.

Voir: _Gavarni, l'homme et l'oeuvre, par E. et J. de Goncourt_.
(Paris, Plon, 1873. 1 vol. in-8, pages 153 et 401.)--_L'OEuvre de
Gavarni, par Armelhaut et Bocher_ (Paris, Librairie des Bibliophiles,
1873. 1 vol. in-8, p. 13).


NADAR

1857.

Portrait-charge in-32, grav sur bois par Diolot, d'aprs un dessin de
Nadar, publi dans la 1re livraison des _Binettes Contemporaines, par
Joseph Citrouillard_, (Commerson). (Paris, Havard, 1857. 2 vol.
in-32).

Musset, orn d'une norme tte sur un tout petit corps, et vu de
profil, se promne, en costume d'acadmicien, devant les lions de
l'Institut. Une main dans sa poche, tenant de l'autre son chapeau
derrire son dos, il roule de gros yeux et semble dsespr d'avoir un
nez aussi phnomnal que celui dont on l'a dot.

La tte de ce portrait se trouve lithographie sous le no 13 du
_Panthon Nadar_. (Prime du Figaro. 1 feuille in-plano grand aigle).

En 1883, M. Louis Charbonnel a grav en fac-simil  l'eau-forte le
bois de Nadar; les quelques preuves tires  l'imprimerie Lemercier
n'ont pas t mises dans le commerce.


BARRE

_Le tombeau d'Alfred de Musset._

1859.

Buste en marbre blanc, sculpt par Auguste Barre et plac sur le
tombeau d'Alfred de Musset, au cimetire du Pre-Lachaise,  Paris.

Des reproductions de ce buste, galement en marbre, se trouvent chez
Mme Lardin de Musset et  l'Acadmie Franaise.

On trouve dans le commerce des photographies 1824 du Tombeau et par
consquent du buste. En outre, buste et tombeau ont t gravs:

1 Sur bois, dans l'_Illustration_ du 4 mai 1861.

2 A l'eau-forte, par Abot, en 1877, format in-32, pour l'dition des
_OEuvres_ dans la Petite Bibliothque Charpentier.

Auguste Barre tait un ami d'Alfred de Musset, qui s'tait plusieurs
fois essay chez lui en l'art du statuaire. Certain jour que le pote
devait l'aller voir, un vnement inattendu l'en ayant empch, il lui
envoya ce billet:


    Mon cher ami,

  Je vous cris de chez Mlle Rachel, qui me garde  dner. Ainsi,
  ne m'attendez donc pas ce soir. A bientt.

    A vous,

    ALFd Mt.

  J'ai bauch une belle petite chatte. J'ai employ d'abord un
  couperet de cuisine, puis mes mains, puis vos petits btons. J'ai
  tout lieu de croire que ce sera admirable, mais dans ce moment-ci,
  mon idal a encore un torticolis et une fluxion. Venez donc voir
  a.

C'est sans doute  cause de cette intimit que Paul de Musset
s'adressa  M. Barre pour le buste qui devait orner le tombeau de son
frre. Ce tombeau, qui se trouve au cimetire du Pre-Lachaise, 
Paris, est construit sur les plans donns par l'architecte Anatole
Jal, dans la grande avenue qui mne  la chapelle centrale; il est
lev sur un emplacement concd par l'tat, aux frais de la famille
de Musset et de l'diteur Charpentier:


    _A Monsieur le Prfet de la Seine._

    Paris, 8 juin 1857.

    Monsieur le Prfet,

  Alfred de Musset, dont la mort prmature cause en ce moment une
  motion si profonde, est n  Paris. Comme la plupart des grands
  potes, il ne laisse point de fortune. Dans une lgie touchante,
  que tout le monde connat, il a exprim le voeu suivant:

    Mes chers amis, quand je mourrai,
    Plantez un saule au cimetire;
    J'aime son feuillage plor,
    La pleur m'en est douce et chre,
    Et son ombre sera lgre
    A la terre o je dormirai.

  Afin de pouvoir rpondre au dsir formul dans ces vers, je
  prends la libert de m'adresser  vous, Monsieur le Prfet, pour
  obtenir la concession gratuite au Cimetire de l'Est, d'un terrain
  de cinq ou six mtres carrs, espace rigoureusement ncessaire 
  l'rection d'un tombeau modeste, orn d'un buste en marbre, offert
  par le statuaire Barre, et accompagn d'un saule pleureur.

  Le pote si justement regrett n'est pas seulement une des
  gloires de la France; il est aussi un enfant de Paris, et j'ose
  esprer que sa ville natale voudra bien accorder  l'un des
  esprits les plus aimables et les plus aims qu'elle ait produit,
  une dernire demeure digne de lui.

  Veuillez agrer, Monsieur le Prfet, l'assurance de ma haute
  considration.

    PAUL DE MUSSET.

  Je recommande  la bienveillance de Monsieur le Prfet de la
  Seine la demande de M. Paul de Musset; que le voeu exprim d'une
  manire si potique et si touchante, par son frre, soit rempli.
  La Ville de Paris doit un tombeau  un pote n dans ses murs et
  dont la mmoire ne finira jamais.

    P. MRIME.

  Je me joins bien cordialement  mon confrre M. Mrime.

    EMPIS.

  Le saule que demande ce jeune et charmant pote, aura des
  plerins;  prsent, ceux qui l'ont aim, et toujours, ceux qui
  sauront aimer et lire la posie imprissable.--Puisse la Ville de
  Paris planter et renouveler perptuellement cet arbre mlancolique
  sur sa tombe.

   ALFRED DE VIGNY.

  Je me joins  mes confrres dans le voeu qu'ils expriment en
  faveur d'un des rares potes dont le nom survivra.

    SAINTE-BEUVE,
    de l'Acadmie Franaise.

Mais M. le baron Haussmann, prfet de la Seine, n'tait pas partisan
de ce projet et trouva mille prtextes pour en ajourner l'examen. Paul
de Musset, dans le but d'obtenir la concession ncessaire au tombeau,
fit agir d'autres influences:


    _A Monsieur Alfred Arago._

    Mon cher Alfred,

  On me fait observer que M. Delmas ayant promis  Jal que la
  ptition dj lance serait classe parmi celles que l'Empereur
  doit lire et non parmi celles dont on lui rend compte, il serait
  convenable, avant de tenter une autre dmarche, d'attendre le
  rsultat de celle-l. Il n'y a pas de raison pour que ce rsultat
  ne soit pas favorable. Je ne demande qu'un appui dans
  l'accomplissement d'un devoir pieux, et je me sens trs fort sur
  ce terrain. Le Conseil Municipal a t pressenti: tous les membres
   qui on en a parl, ont t d'avis que le rapport ft prsent.
  M. Husson a fait ce rapport et l'a port  la signature: M. le
  Prfet a refus de le signer. Il n'y a pas d'autre obstacle.

  Pendant ce temps-l, Charpentier me proposait d'ouvrir une
  souscription pour l'achat du terrain, disant que les frais en
  seraient couverts en quelques jours. Je ne l'ai pas voulu, pour
  l'honneur de la Ville de Paris, car il ne faut pas se dissimuler
  que tout cela est de l'histoire, et qu'on lira le rcit de ces
  dtails dans cinq cents ans.

  Dites toujours au Prince Imprial[3] combien je suis touch de
  l'intrt qu'il prend  cette affaire et des paroles chaleureuses
  qu'il vous a fait entendre. Malgr la dmarche dont je dois, par
  convenance, attendre le rsultat, un mot de lui au Prfet ne peut
  pas nuire.

  A bientt, mon cher Alfred, et tout  vous.

    PAUL DE MUSSET.

    Vendredi, 27 novembre 1857.

  [3] A cette poque, le Prince Imprial tait encore Joseph
  Napolon, nomm par dcret du 18 dcembre 1852, confirm le 23
  par un snatus-consulte.

La parcelle de terrain fut enfin obtenue... par achat et le tombeau
aussitt rig.

L'exhumation eut lieu le 23 mars 1858.


    _A Monsieur le Snateur, Prfet de la Seine._

    Paris, le 12 mai 1858.

    Monsieur le Prfet,

  J'ai l'honneur de vous prier de vouloir bien autoriser le
  remboursement de la somme qui doit me revenir sur le prix d'un
  terrain de deux mtres au cimetire de l'Est, acquis
  conditionnellement le 3 mai 1857, pour la spulture de
  Louis-Charles-Alfred de Musset, mon frre, dcd le 2 du mme
  mois; ce terrain tant devenu libre par suite de l'exhumation
  faite le 23 mars 1858 et de la rinhumation dans un terrain de
  trois mtres 38 c., acquis le 29 dcembre 1857, sous le numro
  936. Ci-joint le certificat de M. le Conservateur du cimetire de
  l'Est.

  Veuillez agrer, Monsieur le Prfet, l'assurance de ma haute
  considration.

    PAUL DE MUSSET.

    Rue des Pyramides, 8.

M. Paget, dans l'_Illustration_ du 4 mai 1861, dcrit ainsi le
tombeau:

  Le monument dont nous donnons ici la figure, a 2m de large sur
  2m20 de haut. La partie suprieure, forme mdaillon plac dans le
  fronton, porte la tte de Minerve, symbole de l'Institut.
  Au-dessous du pidouche qui supporte le buste en marbre d'Alfred
  de Musset, tel qu'il tait peu de temps avant sa mort, on a
  sculpt la lyre, la plume, avec une palme et une branche de
  laurier, attributs du pote illustre. Dans un cartel plac sous
  ces attributs, sont gravs six vers, extraits d'une lgie
  touchante que tout le monde connat; elle est intitule _Lucie_:

    Mes chers amis, quand je mourrai,
    Plantez un saule au cimetire;
    J'aime son feuillage plor,
    La pleur m'en est douce et chre,
    Et son ombre sera lgre
    A la terre o je dormirai.

  ...Enfin, sur les deux cippes parallles, sont gravs: d'un ct,
  quatre titres d'oeuvres en vers: _Namouna_, _Rolla_, _Mardoche_,
  _Les Nuits_; de l'autre, trois titres d'ouvrages en prose: _Un
  Caprice_, _Lorenzaccio_, _Frdric et Bernerette_.

Un saule pleureur est plac prs du tombeau qu'il recouvre de ses
branches; mais le pauvre arbre a bien peu de terre et il faut le
remplacer souvent, ce  quoi veilla d'abord le frre et veille
aujourd'hui la soeur du pote. Frquemment, des mains amies vont y
dposer des fleurs et tous les ans, le 2 mai, une manifestation a
lieu, organise par des jeunes gens enthousiastes et des admirateurs
de l'auteur des _Nuits_.

Le 9 mai 1880, une reprsentation extraordinaire fut donne au Palais
du Trocadro, organise par MM. Grippa de Winter, Buchelbry, Raymond
Bonnial, le comit des ftes du Quartier-Latin, l'cole de M. Talbot
et les dlgations des Facults de Bruxelles, Lille, Lige, etc...,
sous la prsidence d'honneur de M. Paul de Musset. Une qute fut
faite par Mmes Sarah Bernhardt, Leslino, Hess, Schriwanech, etc...,
dont le produit devait tre affect  l'embellissement de la tombe
d'Alfred de Musset, qute contre laquelle protesta Paul de Musset par
cette lettre adresse au _Figaro_:


    _A Monsieur le Rdacteur du_ Figaro.

    Le 10 mai 1880.

    Monsieur le Rdacteur,

  L'tat de ma sant ne m'a pas permis d'assister hier, 9 mai,  la
  reprsentation extraordinaire qui a eu lieu dans la salle du
  Trocadro, en l'honneur d'Alfred de Musset. Mais je viens
  d'apprendre qu'une qute, organise par des dames, a t faite,
  malgr ma dfense, dont le produit est destin  l'embellissement
  de la tombe d'Alfred de Musset.

  Je proteste contre cette trange prtention d'_embellir_ la tombe
  de mon frre. Cette tombe est connue de toute la terre par la
  photographie; elle n'a besoin d'aucun embellissement, et je ne
  permettrai  personne d'y porter les mains.

  Si le saule pleureur a t gel, le jardinier du cimetire le
  remplacera; il est pay pour cela. Que ces dames portent des
  couronnes et des fleurs tant qu'elles voudront, elles ne seront
  pas les seules. Mais l'entretien du tombeau n'appartient qu' la
  famille du pote.

  Je vous serai trs oblig, monsieur le Rdacteur, si vous voulez
  bien prter  ma protestation le secours de votre grande
  publicit.

  Recevez, Monsieur, l'assurance de ma considration la plus
  distingue.

    PAUL DE MUSSET.

A l'occasion de cette fte, on moula le buste d'A. de Musset, d au
ciseau de Barre, et ce buste fut couronn au cours de la
reprsentation; moule et buste sont depuis lors chez Mme Lardin de
Musset. Un programme, orn d'une vignette lithographie par H. Dillon,
fut imprim.

Le _Petit Journal_ du 2 novembre 1891 donne une petite vignette du
tombeau, qu'accompagne un article descriptif.

A propos de la manifestation du 3 mai 1892, M. Paul Ferrier composa
une pice de vers Sur la tombe d'Alfred de Musset:

    Portez des fleurs au cimetire,
    Les fleurs du printemps que j'aimai
    Les lilas  la grappe altire
    Et les ples roses de mai;
    Venez avec une prire
    Sur la tombe o je dormirai.
    ...........................

que publirent le _Gaulois_ du 8 mai 1892 et la _Semaine Politique et
Littraire_ du 6 novembre de la mme anne.


MEZZARA

1865.

Buste en marbre, sculpt par Mezzara en 1865 et dont la physionomie
semble inspire principalement par le portrait de Landelle. Alfred de
Musset est reprsent de trois quarts  gauche, le col dcouvert, la
cravate retombant au milieu de la poitrine, les paules drapes dans
un manteau. Sur le socle, on lit: Alfred de Musset, n  Paris le 11
dcembre 1810, mort le 2 mai 1857.

    _A Monsieur Alfred Arago._

    20 avril 1865.

    Mon cher Alfred,

  Le buste de Mezzara est termin. Je le trouve vraiement trs
  ressemblant. On a dit  l'auteur qu'on lui enverrait l'Inspecteur
  des Beaux-Arts. Tchez donc que ce soit vous, car un autre n'ayant
  pas connu mon frre ne pourrait point juger de la ressemblance,
  qui est une chose trs importante.

  Je voudrais bien que ce buste ft mis dans le foyer de la
  Comdie-Franaise. Il y serait bien  sa place. M. Mezzara m'a
  l'air d'un homme trs modeste, sans protections, comme beaucoup de
  gens de talent. Il ne semble pas que ce soit une raison de
  l'abandonner. Tchez de faire quelque chose pour lui.

    Tout  vous,

    PAUL DE MUSSET.

    _A Monsieur Alfred Arago._

    10 fvrier 1868.

    Mon cher Alfred,

  J'ai revu pour la dernire fois le buste de mon frre dans
  l'atelier de M. Mezzara et je l'ai trouv parfait. Ma soeur et
  moi, nous avons presqu't scandaliss de ne plus trouver une
  seule observation  faire  l'auteur sur la ressemblance. M.
  Mezzara a rellement beaucoup de talent. Il pense avec raison que
  le foyer de la Comdie Franaise sera pour lui la meilleure des
  expositions. Je suis aussi press que lui de voir ce beau buste
  dans les rangs des Corneille et des Molire. Faites crire 
  l'artiste de vous l'envoyer. douard Thierry l'attend.

  Je vous serre la main bien cordialement et suis tout  vous.

    PAUL DE MUSSET.

Le buste est plac dans la galerie du Foyer public au thtre de la
Comdie-Franaise: Musset, le pote aim qui revit dans l'oeuvre de
Mezzara, dit M. Ren Delorme, reoit chaque jour de pieuses visites.
Souvent, des groupes s'arrtent pour le contempler; aucune physionomie
ne reste indiffrente alors: les unes s'assombrissent, les autres
s'clairent, double hommage de regret et d'admiration[4].

  [4] _Le Muse de la Comdie-Franaise._ Paris, Ollendorff, 1878.
  1 vol. in-8, p. 46.

Quatre reproductions: 1 Gravure  l'eau-forte in-32 par A. Lamotte,
faite en 1876 pour l'dition des _OEuvres_ dans la Petite Bibliothque
Charpentier.

2 Gravure  l'eau-forte par Monzis, en 1877, pour l'dition in-18
des _OEuvres_  la librairie Lemerre.

3 Peinture sur mail faite en 1881 par Mme Rosine Mezzara.

4 Glyptographie in-4, publie en tte du tome I de l'dition
populaire illustre des _OEuvres_  la librairie Charpentier, 1889. (5
vol. in-4).


EUGNE LAMI

1879.

Dans le portrait d'Alfred de Musset peint en 1879 par M. Eugne Lami,
le pote est reprsent  mi-corps, de trois quarts, la figure 
droite. Il est appuy sur la tablette d'une chemine et de la main
gauche tient un livre  demi ferm.

Grav  l'eau-forte par Waltner, pour l'dition in-32 des _OEuvres_
dans la Petite Bibliothque Charpentier.


PIERRE GRANET

1882.

Statue en pied, excute en 1882 par Pierre Granet, et figurant au
Salon de la mme anne. Alfred de Musset est reprsent de face; de la
main gauche, il tient son chapeau appuy sur la cuisse; son bras droit
est repli, et, dans la main droite, il tient un stick et des gants;
un long manteau, tombant de l'paule droite, lui couvre une partie du
dos.

Cette statue a t inspire pour la pose et l'attitude par les
portraits en pied d'Eugne Lami et de Gavarni; pour la figure,
beaucoup par celui de Mlle Marie Moulin et un peu par celui de
Landelle. Elle tait primitivement destine au concours ouvert par la
Ville de Paris pour l'ornementation des faades de l'Htel de Ville;
mais, par suite de circonstances indpendantes de sa volont, M.
Granet n'ayant pu prendre part  ce concours, il prsenta son oeuvre 
Mme Lardin de Musset qui l'accepta et,  son tour, proposa  la
Socit des Gens de lettres de dresser cette statue sur l'une des
places publiques de Paris; mais, comme on le verra plus loin, ce
projet choua. Aujourd'hui, cette statue est au Louvre.

Une reproduction a t grave  l'eau-forte  la fin de l'anne 1882
par Louis Charbonnel, pour servir de frontispice  ma _Bibliographie
des OEuvres d'Alfred de Musset_ (Rouquette, 1883, gr. in-8). Voir
dans le _Salon de 1882_ dit chez Baschet, (1 vol. in-4, p. 253), le
jugement port par M. Philippe Burty sur cette statue. Une contrefaon
en phototypie, un peu rduite, de l'eau-forte de Charbonnel, est
publie dans _A Selection from the Poetry and comedies of Alf. de
Musset_, edited by Oscar Kuhns. (Boston, 1895, in-8).


IDRAC

1883.

Statue en pied, excute en 1883 par M. J.-M.-A. Idrac et place dans
l'une des niches de la faade de l'Htel de Ville de Paris, ct du
quai, pavillon de droite, 1er tage.

Alfred de Musset est de face: la main gauche, glisse dans la poche de
son pantalon, soulve le pan de sa redingote; la main droite merge en
avant, sortant des plis du manteau, qui, tombant de l'paule, recouvre
le bras droit qui le soutient.

Une reproduction par M. D. Cauconnier se trouve page 145 de l'ouvrage
intitul: _Les Statues de l'Htel de Ville, par Georges Veyrat_.
(Paris, ancienne librairie Quantin, 1892, 1 vol. gr. in-8.)--_L'Art_
du 1er octobre 1892 donne galement le dessin de cette statue.


FALGUIRE et MERCI

_Monument d'Alfred de Musset._

Il y a vingt-deux ans que l'on parle, si je ne me trompe, d'lever une
statue  Alfred de Musset, et je crois que ce fut M. Flix Platel qui,
le premier, en eut l'ide; il crivait dans le _Figaro_ du 27 juin
1877:

  ....Un autre pote franais, Ponsard, que j'ai beaucoup connu, a
  dj sa statue. Musset ne l'a pas, quoique bien plus grand. C'est
  que Musset est parisien, et seule, la province lve des statues 
  ses compatriotes.... Pour le pote immortel, coupez dans la
  carrire une belle tranche de marbre. Musset! C'est toi et moi, 
  lecteur! C'est l'homme fait d'me et de chair, que vous aimez,
  avez aim ou aimerez,  lectrice! C'est notre jeunesse!--IGNOTUS.

Trois ans plus tard, le 9 dcembre 1880, dans le mme journal, mile
Zola revient sur cette ide, alors qu'il tait question d'riger une
statue  Balzac:

  ....O Paris ingrat! s'il te faut des gloires littraires, o est
  la statue de Musset, ce grand pote du sicle, le plus humain et
  le plus vivant? o est celle de Thophile Gautier, cet artiste
  parfait...?

Mais ce n'taient encore que propos d'atelier ou de salon et c'est
seulement en 1887 qu'on tenta rellement de mettre ce projet 
excution. M. Marquet de Vasselot, auteur de la statue de Lamartine
qui se dresse  Passy, offrit de sculpter gratuitement une statue 
Alfred de Musset. Un comit se forma, prsid par Arsne
Houssaye[5].--D'autre part, Mme Lardin de Musset s'entendait avec la
Socit des Gens de Lettres et lui soumettait une maquette par Pierre
Granet, excute depuis 1882. Mais la Socit, occupe de la statue de
La Fontaine, n'eut pas le temps ou ne voulut pas s'occuper de celle
d'Alfred de Musset[6].

  [5] Voir: Le _Figaro_, 12 mars 1887, Suppl. Art. par George
  Herbert.--Le _Gil Blas_, 19 avril 1887, art. par F. Xau.

  [6] Voir: L'_cho_ de Paris, 13 avril 1887.--La _Petite Presse_,
  17 avril 1887, etc.

En 1888, cette mme Socit des Gens de Lettres, sur la proposition de
M. Philibert Audebrant, dcidait qu'un Congrs littraire
international serait ouvert  Paris en 1889, qui devait concider avec
le centenaire de 1789 et l'Exposition Universelle, et que trois
statues seraient riges  Balzac, A. de Musset et V. Hugo, mais cette
dcision resta toujours  l'tat de voeu.

Pendant que ces divers projets s'laboraient sans aboutir, un riche
Amricain, M. Osiris, agissait: il mettait  la disposition du Conseil
municipal de Paris la somme ncessaire  l'rection d'un monument; MM.
Falguire et Merci, de l'Institut, seraient chargs de son excution:
M. Merci, de la statue elle-mme, M. Falguire, du pidestal et des
allgories qui l'orneront. _La Cocarde_, du 27 fvrier 1889, le dcrit
ainsi:

  ....Ce monument se compose d'un pidestal sur lequel est place
  la statue du pote; une figure allgorique, reprsentant la
  Jeunesse, dpose des fleurs  ses pieds. MM. Falguire, Merci et
  Osiris ont demand, pour y difier leur oeuvre, le terre-plein
  situ devant la Comdie-Franaise.

Le Conseil Municipal prfrait voir la statue de Musset s'lever sur
le square situ devant l'glise Saint-Augustin.

La mme anne 1889 voit se former un nouveau comit ayant pour but
d'riger par souscription une statue  Alfred de Musset[7]. Cette
affiche fut placarde un peu partout:


    SOUSCRIPTION

    _ouverte par la Jeunesse de France
    pour lever une statue _

    ALFRED DE MUSSET

    Camarades,

  On parle depuis longtemps d'lever une statue  Alfred de Musset.
  L'heure nous semble venue de passer de la parole  l'action. C'est
   nous, les jeunes, qu'il appartient de prendre l'initiative d'un
  monument  celui qui est et restera le pote des jeunes.

    Camarades,

  Vous entendrez notre appel, et bientt, grce  vous, Paris verra
  se dresser sur l'une de ses places, l'image imprissable d'Alfred
  de Musset.

    LE COMIT.

  [7] Voir: Le _Gaulois_, 24 avril 1889.--Paris, 11 juillet.--Le
  _Public_, Le _Voltaire_, 18 juillet.--Le _Parisien_, 25
  septembre, etc.

Une longue liste de noms suivait. Le comit se subdivisait: 1 En
comit d'initiative: MM. Frdric Giraud et Auguste Renucci,
secrtaires.--2 En comit d'honneur: M. mile Augier, prsident. MM.
J. Claretie, F. Coppe, A. Dumas, L. Halvy, Ed. Pailleron, Ch. Buloz,
H. Fouquier, A. Houssaye, J. Richepin, F. Sarcey, E. Zola, Delaunay,
Got, G. Charpentier, etc. Les souscriptions taient reues  la
librairie Lemerre.--Mais 912 francs seulement furent recueillis, qui
suffirent  peine  solder les frais de publicit.

Il ne restait plus que le monument Falguire-Merci. Plusieurs
maquettes furent successivement modeles.

  1891. Le _Gaulois_, 13 avril.--....Musset est reprsent assis,
  les yeux fixs sur un livre. Devant lui, passe une figure
  allgorique, la Muse de la Posie, effeuillant des fleurs dans
  l'espace. L'ensemble est imposant et d'une grce empreinte de
  mlancolie. Le monument aura environ 7m 50 de hauteur. Les deux
  grands sculpteurs esprent que leur oeuvre sera acheve vers le
  mois de juillet.

  1892. Le _Temps_, 26 fvrier.--....On verra dans la partie
  infrieure, une Muse, foulant d'un pied lger le soubassement, se
  tourner au passage vers le pote; du bras droit, elle tiendra une
  lyre appuye contre sa poitrine; elle dposera de la main gauche
  une palme aux pieds du chantre des _Nuits_, que M. Merci
  reprsentera assis, les jambes croises, sur une roche, et le bras
  appuy sur son genou, le menton dans sa main, mditant.

Dans une lettre que publie l'_vnement_ du 18 aot 1892, M. Osiris
dclare que le monument est presque termin, et cependant les mois et
les annes se passent sans qu'Alfred de Musset ait sa statue. La cause
de ce retard? La raison donne est que MM. Merci et Falguire
attendent que le Conseil municipal leur dsigne l'emplacement, pour
savoir quelles proportions ils doivent donner  leur monument. De son
ct, le Conseil municipal dclare attendre que MM. Falguire et
Merci aient termin leur oeuvre avec ses dimensions pour dsigner
l'emplacement. Le _Gaulois_ du 29 octobre 1896 s'tonne  bon droit
d'un pareil retard, alors que depuis plus de deux ans la maquette est
accepte par le Conseil municipal, et, sans rsultat du reste, demande
des explications. Le plus ennuy est M. Osiris, qui, sur la somme de
quarante mille francs  laquelle la Commission des Beaux-Arts a valu
le prix du Monument, en a vers dix mille et voudrait remettre le
surplus aux mains du Conseil municipal.

A la fin de l'anne 1897, M. Falguire se retire de l'association:

  ....Il a considr, d'accord avec son ami Merci, que ce serait
  trop de deux auteurs pour une oeuvre qui ne saurait tre de
  dimensions trs grandes. Et comme M. Merci tait charg de la
  figure principale, il a t convenu que le mme artiste
  s'occuperait galement des motifs accessoires....

Telle est l'explication que donne le _Figaro_ du 10 octobre 1897. Je
crois que l'ennui caus par tous ces retards est la vritable raison
de la retraite de M. Falguire. Et,  mon humble avis, il se passera
bien du temps encore, avant que nous ne voyions la statue d'Alfred de
Musset se dresser  Paris, sur une place publique; cependant,
l'Exposition universelle de 1900 prsente une excellente occasion
d'inaugurer ce monument.

M. Antonin Merci reste donc seul charg de l'excution. Le _Figaro_
du 17 janvier 1898 donne la description de la maquette du dernier
projet:

  ....Merci nous a montr une cire reprsentant Alfred de Musset
  assis sur un banc, un livre  la main, un manteau tombant de ses
  paules, le regard perdu dans un rve. Ingres n'et pas mieux
  dessin l'lgant pote dandy, que Merci nous a rendu vivant:
  C'est tout. Peut-tre encore sur le pidestal, un bas-relief
  donnant quelques scnes des proverbes. Cela dpendra de l'ampleur
  du monument, c'est--dire de la place que va me dsigner le
  Conseil.

place du Thtre-Franais, qui fait face  la rue Saint-Honor, et sur
lequel donne l'entre des artistes de la Comdie Franaise; on le
dbarrassera des dicules qui l'encombrent. Il avait galement t
question d'riger la statue d'Alfred de Musset, place de la Sorbonne,
au milieu de la jeunesse des coles; ce projet semble abandonn.

Quant  la _physionomie_ elle-mme de la statue, M. Merci l'a
compose d'aprs les portraits excuts du vivant d'Alfred de Musset
et les donnes que lui fournirent diverses personnes, parents et amis,
ayant connu le pote. Mme Lardin de Musset a remis au sculpteur des
vtements ports par l'auteur de _Un Caprice_ et est mme venue poser
pour les yeux et le haut de la figure qu'elle a semblables  ceux de
son frre.


PORTRAITS DIVERS

I.--Portrait-charge dessin par Alfred de Musset sur l'album de son
ami Alfred Tattet. Mme Tattet avait bien voulu me faire voir ce
portrait; mais aujourd'hui cette dame est morte et j'ignore lequel de
ses hritiers le possde actuellement.

II.--Un matin de l'anne 1882, le graveur Louis Charbonnel m'apporta
un portrait peint  l'huile sur une toile colle sur carton fort; il
prtendait que c'tait Alfred de Musset par Eugne Delacroix: le pote
tait reprsent en buste, de face et vtu d'une chemise de femme. Je
ne pouvais discuter avec lui l'authenticit du Delacroix, car il avait
sous ce rapport beaucoup plus de connaissances que moi; mais, ce que
je pus lui affirmer, c'est que son tableau me semblait une affreuse
crote et que ce n'tait srement pas Alfred de Musset. Charbonnel
n'en voulut pas moins graver  l'eau-forte ce portrait, le rduisant 
peu prs au quart, et me donna le cuivre. Cet ami est mort en 1884 et
je ne sais ce qu'est devenu l'original; quant au cuivre j'en ai, cette
mme anne 1884, fait tirer 25 preuves  l'imprimerie Lemercier et
l'ai mis au tond d'un de mes tiroirs o il est encore.

III.--Une vignette de Bertall, grave sur bois par Le Blanc: Panthon
du Diable  Paris: la posie, la philosophie, la littrature, publie
dans le _Diable  Paris_, (Hetzel, 1845, 2 vol. in-4, tome II, page
336), renferme un petit portrait-charge d'Alfred de Musset.

IV.--On prtend qu'Alfred de Musset aurait, sans le savoir, t pris
comme modle pour cette gravure de modes: L'Homme du Monde, par
Humann, 83, rue Neuve-des-Petits-Champs, lithographie in-4 par
Gavarni, publie dans: _Le Voyageur_, journal de l'office aqw
universel, place de la Bourse, 27. 1847;--_La Mode_, 15 dcembre 1847.
Puis isolment avec cette lgende: L'Homme du Monde au foyer de
l'Opra, par Humann. (Imp. Lemercier.)--Je ne connais aucune preuve 
l'appui de ce dire.

V.--Vignette sur bois non signe, publie dans le _Livre des 400
auteurs_. (Paris, Bureau du Magasin des Familles, 1850, 1 vol. in-4,
page 8): Pourquoi Alfred de Musset rsiste-t-il avec tant de froideur
 la Muse, que pour lui chapper il lui laisse aux mains son manteau
de pote. La vignette reprsente la scne de Joseph et la femme de
Putiphar.

VI.--Dans l'_Album des portraits comiques_, contenant plus de 100
sujets varis, (Paris, Bureau du Magasin des Familles, s. d., in-8
oblong), on trouve page 11, un portrait-charge d'Alfred de Musset en
berger, qui n'est autre que le portrait d'Arsne Houssaye.

VII.--La Comdie des comdiennes, no 2. C'est une belle chose que
l'Amour, n'est-ce pas, pote? C'est Dieu qui a fait l'Amour!--Oui,
mais c'est le diable qui a fait la femme. Lithographie in-4 par
Cisneros d'aprs Talin, (Imp. Bertauts), publie dans l'_Artiste_ du
16 dcembre 1855. Ce sont, dit-on, Alfred de Musset et Rachel.

VIII.--Portrait d'Alfred de Musset, tableau par M. Eugne Carrire.
Salon de 1878 (no 412).

IX.--En 1881, le libraire et marchand d'estampes Fabr vendait un
portrait in-8, grav au vernis mou, sign: Ch. Senties et portant 
ct de ce nom le fac-simil de la signature d'Alfred de Musset.
J'ignore quel personnage M. Ch. Senties a voulu reprsenter; mais,
quel qu'il soit, ce n'est pas un portrait d'Alfred de Musset.

X.--Buste en pltre, par Zacharie Rimbez. Salon de 1885 (no 4139).

XI.--Trinit Potique: Alfred de Musset, Victor Hugo, Lamartine.
Tableau par Guillaume Dubuffe. Salon de 1888 (no 887).

XII.--Collection Prunaire, no 43. Alfred de Musset. Portrait in-8
colori, grav sur bois par A. Prunaire, d'aprs le dessin de E.
Loevy, (Picard et Kaan, diteurs  Paris. Imp. de Ch. Unsinger), avec,
au verso, une notice par H. Mossier. Image donne en rcompense dans
les coles.

XIII.--Caricature in-32, grave au trait par Malatesta,  propos de
_Lorenzaccio_:

    Publiez mes secrets, dfigurez mon drame,
    Mais pargnez du moins l'interview  mon me.

publie dans l'_Illustration_ du 30 janvier 1897.




  ALFRED DE MUSSET

  ET

  GEORGE SAND


Cette tude a paru primitivement dans la _Revue de Paris_ du 15 aot
1896. Depuis lors, les lettres de George Sand  Alfred de Musset et 
Sainte-Beuve ont t publies. Des fragments assez tendus, mais
toutefois peu corrects quant au texte, des lettres d'Alfred de Musset
 George Sand, ainsi que beaucoup d'autres documents, ont galement
t mis au jour. Cela a ncessit quelques remaniements dans cet
article.

Je rponds en mme temps  des objections qui m'ont t faites et
rectifie certaines erreurs de ma relation. Enfin, la faon peu
courtoise dont une personne qui avait eu momentanment entre les mains
le dossier runi par moi, n'a pas hsit  le communiquer,  mon insu,
 d'autres personnes, me permet de parler aujourd'hui de choses que
j'avais cru devoir taire jusque-l.

Une dame russe, Mme Wladimir Karenine, vient de publier un ouvrage
d'rudition intitul: _George Sand, sa vie et ses oeuvres_ (Paris,
Ollendorff, 1899; 2 vol. in-8) dans lequel on trouve l'analyse de
tout ce qui a t crit sur les amants de Venise, ainsi que quantit
de documents indits. Je ne puis en donner le dtail, mais j'engage le
lecteur  consulter cette tude qui est la plus complte et la plus
prs de la vrit de celles qui ont t crites sur la question
Sand-Musset. Je n'ai pas l'honneur de connatre Mme Karenine, mais je
la prie de vouloir bien recevoir ici tous mes remerciements pour la
bonne opinion qu'elle veut bien avoir de moi.

    M. C.

    Juillet 1899.




ALFRED DE MUSSET ET GEORGE SAND


La _Vritable histoire de Elle et Lui_ rcemment publie par M. le
vicomte de Spoelberch de Lovenjoul[8], a rouvert de la faon la plus
curieuse, entre Alfred de Musset et George Sand, un dbat qui ne sera
pas dcidment clos, ni l'quitable jugement prononc, avant la mise
en plein jour des lettres changes par ces amants illustres[9]. La
rputation du clbre _Chercheur_ n'est plus  faire et nous nous
garderons de dire le bien que nous en pensons. Nous ne voulons, 
notre tour, que joindre au dossier commun quelques pices
authentiques. La vritable histoire de cette liaison, apparemment,
ce n'est pas _Elle et Lui_, ce n'est pas davantage _Lui et Elle_--et
nous ne disons rien de _Lui_, qui fut l'oeuvre d'une personne
trangre au dbat, et l'exercice de rancunes particulires:--on ne
saurait prparer avec trop de soin le difficile triomphe de la vrit.

  [8] _Comospolis_, revue internationale des 1er mai et 1er juin
  1896. L'ouvrage a reparu trs augment,  la librairie
  Calmann-Lvy. 1897. 1 vol. in-12.

  [9] Les _Lettres de George Sand  Alfred de Musset et 
  Sainte-Beuve_ ont t publies  la librairie Calmann-Lvy. 1897.
  1 vol. in-12.

Mais, d'abord, adressons l'hommage de notre plus respectueuse
gratitude  Mme Lardin de Musset, la soeur de Lui;  Mme Lina Sand,
la veuve du fils d'Elle, qui ont mis gnreusement  notre
disposition tous les documents qu'elles possdent. Il nous faut
remercier aussi M. Alexandre Tattet, qui nous a communiqu les lettres
adresses  son frre.

       *       *       *       *       *

Alfred de Musset et George Sand se virent pour la premire fois au
mois d'avril ou de mai 1833. crivant l'un et l'autre  la _Revue des
Deux-Mondes_, ils avaient naturellement l'occasion de se rencontrer;
des amis communs, Sainte-Beuve surtout, firent le reste. Relations de
courtoisie littraire, d'abord: Alfred de Musset envoyait des vers 
George Sand, _Aprs la lecture d'Indiana_, dats du 24 juin 1833[10],
puis des fragments de son pome _Rolla_ qu'il crivait en ce moment.
Peu  peu leur intimit devint plus grande et George Sand adresse 
Musset un exemplaire de _Lelia_ portant ces ddicaces:

Tome I: A Monsieur mon gamin d'Alfred, George.

Tome II: A Monsieur le vicomte Alfred de Musset, hommage respectueux
de son dvou serviteur, George Sand.

Envoi auquel Musset rpond: prouver de la joie  la lecture d'une
belle chose, faite par un autre, est le privilge d'une ancienne
amiti. Je n'ai pas ces droits auprs de vous, madame; il faut
cependant que je vous dise que c'est l ce qui m'est arriv en lisant
_Llia_...

  [10] Cette posie ne se trouve pas dans les OEuvres d'Alfred de
  Musset, mais Paul de Musset l'a publie dans la _Revue des
  Deux-Mondes_ du 1er novembre 1878.

[Illustration: George Sand, portrait-charge dessin au crayon
par Alfred de Musset.]

Dans des stances burlesques fort connues, le _Songe du Reviewer ou
Buloz constern_, Musset chante les rdacteurs de la _Revue des
Deux-Mondes_:

    George Sand est abbesse
    Dans un pays lointain;
    Fontaney sert la messe
    A Saint Thomas d'Aquin;
    Fournier, aux inodores,
    Prsente le papier,
    Et quatre mtaphores
    Ont touff Barbier.

    Cette nuit, Lacordaire
    A tu de Vigny;
    Lherminier veut se faire
    Grotesque  Franconi;
    Planche est gendarme en Chine;
    Magnin vend de l'onguent;
    Le monde est en ruine:
    Bonnaire est sans argent!!![11]

  [11] Je cite ces deux dernires strophes, dont le texte publi
  jusqu' ce jour, est fort incorrect.

Dans une autre pice de vers, demeure indite, Alfred dcrit
familirement les soires de son amie:

    George est dans sa chambrette,
    Entre deux pots de fleurs,
    Fumant sa cigarette,
    Les yeux baigns de pleurs.

    Buloz, assis par terre,
    Lui fait de doux serments;
    Solange, par derrire,
    Gribouille ses romans.

    Plant comme une borne,
    Boucoiran[12] tout crott
    Contemple d'un oeil morne
    Musset tout dbraill.

    Dans le plus grand silence
    Paul se versant du th
    coute l'loquence
    De Menard tout crott.

    Planche, saoul de la veille,
    Est assis dans un coin
    Et se cure l'oreille
    Avec le plus grand soin.

    La mre Lacouture[13]
    Accroupie au foyer
    Renverse une friture
    Et casse un saladier.

    De colre pieuse,
    Gueroult tout palpitant
    Se plaint d'une dent creuse
    Et des vices du temps.

    Ple et mlancolique
    D'un air mystrieux
    Papet[14] pris de colique
    Demande o sont les lieux.

  [12] Prcepteur de Maurice Sand.

  [13] Femme de mnage de George Sand.

  [14] Gustave Papet, ami de George Sand.

Dbraill ou non, Musset dessine sur un album la charge des habitus
de la maison, Rollinat, Gueroult, Mrime, Dumas charpentant un
viol, Sainte-Beuve, qu'il appelle le bedeau du temple de Gnide,
Buloz, et, aprs beaucoup d'autres, lui-mme, en ballade  la lune,
en Don Juan allant emprunter dix sous, en pote chevelu[15], et,
pour se faire pardonner ses caricatures, essaye un portrait plus
srieux de Lelia:

    Mon cher George,

  Vos beaux yeux noirs que j'ai outrags hier m'ont trott dans la
  tte ce matin. Je vous envoy cette bauche, toute laide qu'elle
  est, par curiosit, pour voir si vos amis la reconnatront et si
  vous la reconnatrez vous-mme.

  Good night.--I am gloomy to-day.

    ALFD DE MUSSET.

  [15] Cet album de dessins d'Alfred de Musset, renferme huit
  portraits de George Sand. M. A. Brisson a donn dans le _Temps_
  du 4 novembre 1896 la description dtaille de plusieurs de ces
  pages, qui sont en bonnes mains.--Maurice Sand a galement
  caricatur les amis de sa mre; ses charges de A. Gueroult,
  Buloz, Ch. Didier, etc., ont beaucoup de rapport avec celles
  qu'en avait fait Alfred de Musset. George Sand a fait aussi
  plusieurs caricatures de ses habitus.--A la mme poque, le
  pote s'est encore rendu coupable de certaine _Revue Romantique_,
  absolument inconnue, gnralement attribue  M. de
  Chateaubriand, et que George Sand a consigne pages 79 et 80 de
  son journal intime, _Sketches and Hints_.

A la fin du mois d'aot, ils sont amants[16]. Leur vie, durant cette
priode, est semblable  celle des peuples heureux et n'a pas
d'histoire. Il suffit,  la rigueur, de lire ce qui est publi de la
correspondance de George Sand et de Sainte-Beuve, dans le tome I des
_Portraits contemporains_, dition de 1888, et ce que Paul de Musset
raconte dans la _Biographie_ de son frre. On devine le reste. On nous
permettra de ne pas les suivre avant leur voyage en Italie.

  [16] Voir un fragment de lettre de George Sand  Sainte-Beuve,
  publi par celui-ci dans les _Portraits contemporains_, nouvelle
  dition. Paris, 1869, in-12, tome I, page 516.


I

VOYAGE EN ITALIE

Le 12 dcembre 1833, dans la soire, Paul de Musset conduisit les deux
voyageurs jusqu' la malle-poste. Ils s'arrtrent  Lyon, o ils
rencontrrent Stendhal;  Avignon, Marseille[17], Gnes, et le 28 se
trouvaient  Florence. Ce fut probablement pendant le court sjour
qu'ils y firent qu'Alfred de Musset entreprit des recherches sur
quelques-uns de ses anctres[18] et trouva ce fragment du livre XV des
_Chroniques Florentines_ qui lui fournit le sujet de _Lorenzaccio_.

  [17] Dans la _Correspondance_ de George Sand, tome I, pages 256
  et 258, deux lettres d'elle sont publies, crites de cette ville
  et dates, l'une du 18, l'autre du 20 dcembre.

  [18] Guillaume de Musset, seigneur de la Rousselire, du Prai, du
  Lude, d'Ozouer-le-Breuil et de la Courtoisie, avait pous le 9
  novembre 1580, demoiselle Cassandre d'Epeigney, fille de Jean
  d'Epeigney et de Cassandre de Salviati, dont l'aeul, Bernard de
  Salviati avait quitt Florence, appel en France par Catherine de
  Mdicis, sa parente.

De cette ville, les dates prcises nous sont fournies par le passeport
d'Alfred de Musset:

  _Firenze, 28 Dic. 1833. Visto alla Legazione d'Austria per
  Venezia._

  _Firenze, 28 Dic. 1833. Visto buono per Bologna et Venezia.--G.
  Molinari._

  _Visto, buono per Bologna--Dellaca, 29 dicembre 1833._

  _Bologna, 29 Dic. 1833. Per la continuazione del suo viaggio via
  di Ferrara._

  _Francolino. 30 Dic. 1833. Visto sortire._

  _Rovigo, 30 Dic. 1833. Buono per Padova._

  _Vu au Consulat de France  Venise. Bon pour sjour. Venise, te 19
  janvier 1834.--Le consul de France: Silvestre de Sacy._

Les divers incidents du voyage, qui, du reste, n'ont rien de
particulier, sont raconts par George Sand dans son _Histoire de ma
vie_, et par Paul de Musset dans la _Biographie_ de son frre. Alfred
de Musset en a mme consign quelques pisodes sur un petit carnet de
voyage, dessins faits  la hte, mais qui reprsentent bien ce qu'ils
veulent peindre: ce sont d'abord un vieux monsieur et une vieille
dame, types de provinciaux probablement aperus  travers les vitres
d'une portire de diligence. Plus loin, un marchand de bibelots offre
sa pacotille  nos deux voyageurs dont un troisime dessin nous donne
les portraits. Ce sont ensuite la douane de Gnes, et, sur le bateau,
la rencontre d'un voyageur trop bavard. Puis vient Stendhal, 
Pont-Saint-Esprit: Il fut l d'une gaiet folle, dit George Sand, se
grisa raisonnablement, et dansant autour de la table avec ses grosses
bottes fourres[19] fit l'admiration de la servante d'auberge. Voici
maintenant George Sand se masquant le bas de la figure avec son
ventail; un autre portrait de Stendhal; une tte de vieillard avec
cette lgende: Il dottor Rebizzo; et enfin, la dernire scne de la
traverse: l'auteur, affal sur le bord du bateau, paye son tribut 
la mer, tandis que sa compagne fume gaillardement une cigarette: Homo
sum et nihil humani a me alienum puto[20]. A cela vient se joindre un
autre dessin, sur une feuille spare, reprsentant Il signor
Mocenigo.

  [19] _Histoire de ma vie_, 5e partie, chapitre 3.

  [20] Mme Arvde Barine, dans son livre sur Alfred de Musset,
  avait dj mentionn cet album, qu'il ne faut pas confondre avec
  celui ayant appartenu  George Sand.

A Gnes, George Sand avait senti les premires atteintes des fivres
du pays; son tat ne fit que s'aggraver dans la suite du voyage, elle
arriva malade  Venise.

Les deux amants s'installrent sur le quai des Esclavons,  l'htel
Danieli, que tenait il signor Mocenigo. Jadis, lord Byron avait habit
un palais sur le Grand Canal: _Aveva tutto il palazzo, lord Byron_,
leur dit leur hte. Ce souvenir du pote anglais est demeur si vivace
chez Alfred de Musset, que huit ans plus tard, on le retrouve dans son
_Histoire d'un merle blanc_[21]: J'irai  Venise et je louerai sur
les bords du Grand Canal, au milieu de cette cit ferique, le beau
palais Mocenigo, qui cote quatre livres dix sous par jour: l, je
m'inspirerai de tous les souvenirs que l'auteur de _Lara_ doit y avoir
laisss.

  [21] _Scnes de la vie prive et publique des Animaux._ Paris,
  Hetzel, 1842. T. II, p. 362.

Les premiers temps de leur sjour furent calmes; malgr son tat
maladif, George Sand accompagnait Musset, qui, tout en visitant la
ville, prenait des notes sur les usages, sur les dnominations des
lieux: nous avons de lui plusieurs pages d'adresses, de recettes
culinaires, mots du dialecte vnitien, courtes notices sur des
familles ou des noms clbres  Venise, inscriptions copies sur les
monuments, tout cela ple-mle, au hasard des rencontres. Nous voyons
l qu'ensemble ils visitrent Chioggia, djeunrent au restaurant du
Sauvage,  Venise, et se promenrent dans les jardins de Saint Blaise,
 la Zuecca:

    A Saint Blaise,  la Zuecca,
    Vous tiez, vous tiez bien aise,
        A Saint Blaise;
    A Saint Blaise,  la Zuecca,
    Nous tions bien l!....[22]

  [22] Publi dans les _Nouvelles Posies_, avec la date de:
  Venise, 3 fvrier 1834.

C'est probablement pendant l'une de ces promenades qu'Alfred de Musset
recueillit cette chanson italienne, retrouve dans ses papiers, que
l'on peut rapprocher de la _Serenata_ du Dr Pagello, dont George Sand
cite une version non signe dans sa _Deuxime lettre d'un voyageur_ et
que M. le vicomte de Spoelberch a publie en entier[23]:

   LE FOU

    Lascia, lascia, il cimitero
    Siedi tosto a me d'accanto.
    Tra la la! Quel loco e nero!
    Vieni, vieni, io t'amo tanto!
    Amor mio, vieni con me!
        Povero me!

    Oh! perche quel caro viso
    Mi nascondi entro una fossa.
    Tra la la! Voglio il tuo riso,
    E mi mostri 'sol quel ossa?
    Amor mio, vieni con me!
        Povero me!

    Ecco l'sole e dormi ognora!
    Sorgi su! senti l'amante!
    Tra la la! Che si t'adora,
    Che si strugge a te davante!
    Amor mio, vieni con me
        Povero me!

   Eri bella, ora sei brutta,
   Fredda resti ai bacci miei!
   Tra la la! Se mia sei tutta!
   Che mi fa che morta sei!
   Amor mio, vieni con me!
       Povero me!

_Traduction:_

  Quitte, quitte le cimetire--Assieds-toi vite auprs de moi--Tra
  la la! Ce lieu est noir--Viens, viens, je t'aime tant!--Mon amour,
  viens avec moi!--Pauvre moi!

  Oh! pourquoi ce cher visage--Se cache-t-il dans une tombe?--Tra la
  la! je voudrais ton sourire!--Pourquoi ne me montrer que tes
  os?--Mon amour, viens avec moi!--Pauvre moi!

  Voici le soleil, et tu dors toujours!--Allons, lve-toi, entends
  le bien aim!--Tra la la! qui tellement t'adore--Qui fait tant
  d'efforts pour aller au-devant de toi--Mon amour, viens avec
  moi!--Pauvre moi!

  Tu tais belle! A prsent tu es laide!--Tu restes froide  mes
  baisers!--Tra la la! Puisque tu es toute  moi--Que m'importe que
  tu sois morte?--Mon amour, viens avec moi!--Pauvre moi!

  [23] _Vritable Histoire de Elle et Lui._ Paris, C. Lvy, 1897, 1
  vol. in-12, p. 36.--Cette Serenata avait dj t imprime dans
  le _Corriere della Sera_ (Milan) du 29-30 janvier 1881; dans
  _Racconti, Scene, Bozzetti_, etc... di Luigia Codemo, Trevise,
  Zopelli, 1882. 2 vol. in-12. Tome I, p. 153; etc.

Mais bientt George Sand dut garder la chambre et son ami continua
seul ses excursions.

Alfred de Musset avait crit plusieurs fois  sa mre depuis son
dpart: de Marseille, de Gnes, de Florence, puis de Venise. Les
premires lettres parvinrent  leur adresse[24]; mais vers la fin de
janvier, les nouvelles cessrent brusquement. Mme de Musset s'en
plaignit  son fils:


    Paris, ce jeudi, 13 fvrier 1834.

  Il m'est impossible, mon cher enfant, de me rendre compte des
  motifs que tu peux avoir pour me laisser si longtemps sans
  nouvelles, aprs la promesse que tu m'avais faite de m'viter au
  moins ce chagrin l. Tu connais ma facilit malheureuse 
  m'inquiter; si tu lui laisses un libre cours, je ne puis pas
  prvoir o elle me conduira. Ces jours derniers, Hermine[25] tait
  malade, elle a pris un rhume en sortant d'un bal chez Mme
  Hennequin, qui nous avait invites. Je veillais prs d'elle et
  passais de longues nuits, que l'incertitude de ta position, de ta
  sant, rendaient bien tristes. Le matin, j'avais une fivre
  nerveuse, la tte me tournait, il me semblait que j'allais devenir
  folle; je pleurais, je marchais  grands pas dans ma chambre,
  cherchais quel moyen je pourrais imaginer pour me procurer de tes
  nouvelles. Enfin, j'ai suppli Paul[26], aprs plusieurs jours de
  cet tat intolrable, d'aller voir Buloz et de savoir de lui si
  quelqu'un des amis de Mme Sand avait eu de ses nouvelles.
  Heureusement Buloz avait reu une lettre de toi, date du 27
  janvier; Paul m'a calm le sang en me rapportant cette nouvelle.
  Je ne suis plus malade, mais je suis bien triste; car il faut que
  tu aies des raisons pour me laisser dans une pareille inquitude,
  si tu n'es pas malade, ce que cette lettre  Buloz ne prouve
  nullement, puisque je ne l'ai pas lue; au moins, tu es ennuy,
  lui-mme l'a dit  Paul; tu ne te plais plus  Venise, peut-tre
  en es-tu parti; je t'cris  tout hasard; ma lettre ne te
  parviendra probablement pas, mais c'est le moindre de mes soucis.
  Je me soulage en t'crivant; il me semble au moins, pendant que je
  promne ma plume sur ce papier, que tu m'entends et que tu vas te
  hter de soulager mon ennui en m'crivant bien vite. Fais-le, mon
  bon fils, si cette lettre arrive jusqu' toi et surmonte la
  paresse ou le malaise qui t'en a empch depuis six semaines, car
  il y a rellement tout ce temps que je n'ai reu un mot de toi. La
  dernire [lettre], qui m'a fait tant de plaisir, est date du 6
  janvier; je l'ai relue bien des fois, mais maintenant je ne puis
  plus la relire, elle me fait mal, car cette phrase par laquelle tu
  la termines: Ne crains pas, ma chre mre, il t'en cotera des
  ports de lettres... etc.: n'y a-t-il pas dans cette assurance de
  quoi faire natre les plus vives inquitudes? Car, qui peut te
  dtourner d'une si bonne et si chre rsolution, que des accidents
  graves ou un tat d'abattement caus par la maladie? Je sens, mon
  cher enfant, que si rien de tout cela n'existe, je vais l'ennuyer
  par mes dolances; mais figure toi un peu ce que c'est que d'tre
   trois cents lieues de son fils chri, et de ne savoir  quels
  saints se vouer pour savoir s'il existe ou s'il est mort,
  assassin, noy, que sais-je? Il y a de quoi en perdre l'esprit et
  c'est ce que je fais.

  Nous avons pass un triste carnaval.... (Dtails sur les bals o
  elle tait invite avec sa fille.)

  Je ne sais pas si tu as reu les deux lettres que je t'ai
  adresses  Venise? La premire tait adresse poste restante, 
  Venise; la seconde, quai des Esclavons ou bureau restant. Mais
  j'avais mis sur l'adresse _Monsieur de Musset_ sans le prnom
  d'_Alfred_; je crains que si tu l'as t chercher on ne te l'ait
  pas donne. Enfin je me persuade que tu n'as pas reu mes lettres,
  puisque tu n'as rpondu  aucune. Celle-ci sera-t-elle plus
  heureuse? Cela est fort douteux. Fais rclamer les autres si on ne
  te les a pas encore donnes. Il faudrait y aller toi-mme, car on
  ne les donne pas  d'autres qu' la personne mme  laquelle elles
  sont adresses.

  Mais cela est du bavardage, tu le sais aussi bien que moi.

  Je te quitte en t'embrassant bien tendrement; ton frre et ta
  soeur en font autant, mais personne au monde ne t'aime comme

    Ta mre.

  [24] Ces lettres, qui taient entre les mains de Paul de Musset,
  ont disparu, et ne se sont pas retrouves parmi les papiers
  laisss par Mme Paul de Musset.

  [25] La soeur d'Alfred de Musset.

  [26] Le frre an d'Alfred.

Ce n'tait ni la paresse ni la maladie qui empchaient Alfred de
Musset de donner de ses nouvelles; il crivait rgulirement et
confiait ses lettres  un gondolier, nomm Francesco, pour les porter
 la poste avec l'argent ncessaire  leur affranchissement: mais
Francesco dpensait l'argent au cabaret et jetait la lettre  l'eau.


II

A VENISE

Il y avait un peu plus d'un mois que les deux amants taient  Venise,
quand clata la crise terrible dont s'est ressentie leur vie entire:
fatigu au physique et au moral par le voyage, affaibli par le climat,
ennuy de cette compagne toujours malade qui lui faisait si triste
figure, Alfred de Musset devint nerveux, irritable, s'emportant  la
moindre contradiction, au moindre obstacle; George Sand, que la fivre
rendait non moins irascible et maussade, reut mal ses observations ou
ses dolances: de l ces querelles qui firent de leur chambre d'htel
un enfer. Ce ne fut pas leur faute, il ne faut les accuser ni l'un ni
l'autre: le milieu seul fut coupable. Et puis, sans vouloir en
convenir avec eux-mmes, ils commenaient malgr eux  sentir que leur
beau rve tait irralisable et que l'amour idal ne se trouvait pas
sur terre. C'est alors qu'Alfred de Musset fut  son tour atteint par
la fivre; et dans l'tat d'excitation o il vivait, le mal ne fit pas
chez lui de lents progrs comme chez George Sand: il l'abattit d'un
seul coup. George Sand perdue, ne sachant o donner de la tte, manda
par une lettre pressante[27] un jeune mdecin, qui, peu de temps
auparavant, l'avait soigne pour une migraine, le docteur Pierre
Pagello:

  ...E mi pregava di accorrer subito, e, se lo credessi opportuno,
  di condur meco un altro medico, per consultare, trattandosi d'un
  uomo di grande ingegno poetico e di un individuo che cio che di
  meglio amava sulla terra. Accorsi subito e mi associai al dottor
  Zuanon, valentissimo giovane e collega, assistente all'ospitale
  dei S.S. Giovanni e Paolo. Abbiamo diagnosticata la malattia per
  febbre tifoidea nervosa.....[28].

  ...Elle me priait de venir aussitt, et, si je le jugeais
  opportun, d'amener avec moi un autre mdecin pour une
  consultation; il s'agissait d'un homme d'un grand gnie potique,
  d'une personne qui tait ce qu'elle aimait le mieux sur la terre.
  J'accourus de suite et m'adjoignis le docteur Zuanon, jeune homme
  fort remarquable et mon collgue, assistant  l'hpital des Saints
  Jean et Paul. Nous avons diagnostiqu la maladie: une fivre
  typhode nerveuse....

  [27] Cette lettre a t publie par M. le vicomte de Spoelberch
  de Lovenjoul (_Cosmopolis_). Le docteur Cabanes a crit dans la
  _Revue Hebdomadaire_ une trs curieuse tude sur les relations de
  George Sand, Pagello et Alfred de Musset; son rcit diffre
  quelque peu du ntre dans les dtails, mais le fond de l'histoire
  est le mme.

  [28] Extrait d'une lettre du Dr Pagello, publie dans le
  _Corriere della sera_, de Milan, du 29-30 janvier 1881.

Pagello vint et remplaa avantageusement un vieux mdecin qui, nous ne
savons comment, se trouvait au chevet de Musset, ds le dbut de sa
maladie, le docteur Rebizzo[29].

  [29] M. Raffaello Barbiera, dans l'_Illustrazione Italiana_ du 15
  novembre 1896, rpond  cette allgation: _La Revue de Paris_ e
  altre reviste scambiano il Rebizzo con un decrepito, tremebundo
  chirurgo, che s'era provato invano, a Venezzia, ad aprir la vena
  di Alfredo de Musset malato di febbre cerebrale. Quel tremante
  salassatore era, invece, un provero avanzo della Republica
  Veneta, certo Santini, piu che ottuagenario. Je me suis appuy
  pour donner ce nom de Rebizzo sur le dessin de l'album d'Alfred
  de Musset reprsentant un vieillard, une lancette entre les
  lvres, la tte recouverte d'une perruque  longs cheveux et qui
  prononce ces paroles: Non v'e arteria!. Sous le dessin, ce nom,
  crit par Paul de Musset: Il dottor Rebizzo.

Pagello ordonna des compresses d'eau glace et une potion calmante:

    _Aq. ceras nigr_                [Greek: x] _ij_
    _Laud. liquid. Sydn. gutt_           _XX_
    _Aq. coob. laur. ceras, gutt_        _XV_

    _Dr PAGELLO._

Autrement dit:

    Eau de cerises noires              1 once, 2 gros.
    Laudanum liquide de Sydenham       20 gouttes.
    Eau distille de laurier cerise    15 gouttes.

[Illustration: Fac-simil de l'Ordonnance du docteur Pagello.]

Pendant plus de huit jours, le pote fut soign avec un admirable
dvouement par George Sand et Pagello qui ne quittrent pas son
chevet:

  ....Par instants les sons de leurs voix me paraissaient faibles
  et lointains; par instants ils rsonnaient dans ma tte avec un
  bruit insupportable. Je sentais des bouffes de froid monter du
  fond de mon lit, une vapeur glace, comme il en sort d'une cave ou
  d'un tombeau, me pntrer jusqu' la moelle des os. Je conus la
  pense d'appeler, mais je ne l'essayai mme pas, tant il y avait
  loin du sige de ma pense aux organes qui auraient d l'exprimer.
  A l'ide qu'on pouvait me croire mort et m'enterrer avec ce reste
  de vie rfugi dans mon cerveau, j'eus peur, et il me fut
  impossible d'en donner aucun signe. Par bonheur, une main, je ne
  sais laquelle, ta de mon front une compresse d'eau froide que
  j'avais depuis plusieurs jours et je sentis un peu de chaleur.
  J'entendis mes deux gardiens se consulter sur mon tat, ils
  n'espraient plus me sauver.......[30].

  [30] Relation de ce qui s'est pass  Venise, par Paul de Musset,
  manuscrit indit.--Voir un peu plus loin.

Le 5 fvrier, George Sand crivait  Boucoiran: ...Je viens
d'annoncer  Buloz l'tat d'Alfred, qui est fort alarmant ce
soir...... Et le 8, au mme: .....La maladie suit son cours sans de
trop mauvais symptmes, mais non pas sans symptmes alarmants......
Heureusement j'ai trouv enfin un jeune mdecin excellent, qui ne le
quitte ni jour ni nuit et qui lui administre des remdes d'un trs bon
effet...... Gardez toujours un silence absolu sur la maladie d'Alfred
et recommandez le mme silence  Buloz......

A des crises nerveuses d'une violence extrme, succdait cette
lthargie qui ressemblait  la mort. Le neuvime ou le dixime jour,
Musset, comme s'il sortait d'un rve, ouvrit les yeux en poussant un
lger cri, et reconnut les deux personnes prsentes: .....J'essayai
alors de tourner ma tte sur l'oreiller et elle tourna. Pagello
s'approcha de moi, me tta le poulx et dit: Il va mieux; s'il
continue ainsi, il est sauv.....[31]. Musset tait hors de danger,
en effet, mais il s'en fallait de beaucoup qu'il ft guri: dans une
lettre adresse  George Sand, date du 4 avril 1834, il dit que cette
crise a dur dix-huit jours.

  [31] Extrait de la mme relation de Paul de Musset.

Ici nous sommes oblig de toucher un point dlicat: pendant cette
priode aigu de sa maladie, Alfred de Musset a-t-il rellement vu ou
s'est-il imagin voir George Sand entre les bras de Pagello?

Dans une relation date de dcembre 1852, crite entirement de sa
main, Paul de Musset dclare que son frre lui a toujours dit l'avoir
_vue_, pendant qu'il tait tendu sur son lit de douleur, mais sans
pouvoir prciser le moment: En face de moi, je voyais une femme
assise sur les genoux d'un homme, elle avait la tte renverse en
arrire..... Je vis les deux personnes s'embrasser. Et plus loin: Le
soir mme ou le lendemain, Pagello s'apprtait  sortir, lorsque
George Sand lui dit de rester et lui offrit de prendre le th avec
elle..... En les regardant prendre leur th, je m'aperus qu'ils
buvaient l'un aprs l'autre dans la mme tasse. Mais c'est Paul qui a
crit cela et non Alfred, et pas une ligne d'Alfred ne fait allusion 
ce fait; il reproche bien des choses  sa matresse, mais jamais cela.

Il ne nous parat gure possible d'admettre que George Sand, puise
par les veilles, malade elle-mme, se soit donne  un autre homme
sous les yeux de celui qu'elle soignait avec un dvouement sans
bornes. Toute sa vie, elle a protest contre cela; elle s'est
dfendue, non pas d'avoir t la matresse de Pagello, mais de l'tre
devenue dans les circonstances que voil.--Je parle du fait matriel
et non de la _dclaration_ adresse par elle  Pagello et signale par
le docteur Cabans. Le meilleur moyen de dtruire cette lgende, ne
serait-il pas de publier la correspondance des deux amants? Mais une
correspondance complte, et non des lettres tronques comme celles qui
circulent sous main.

D'autre part, madame Tattet, lorsqu'elle me fit l'honneur de me
recevoir, m'a dclar que son mari lui avait toujours dit que c'tait
lui, Alfred Tattet, qui s'tait aperu de l'intimit existant entre G.
Sand et le docteur, ce dont il avait averti Alfred de Musset dj
convalescent. Musset, qui n'avait jamais eu la moindre _Vision_ au
sens o l'entend son frre, entra dans une rage folle  cette
nouvelle; il voulut se lever pour tuer G. Sand et Pagello; Tattet
parvint  le calmer, et il se contenta de provoquer Pagello en duel.
C'est  cela que G. Sand fait videmment allusion dans la lettre
qu'elle adressa le 24 aot 1838  Alfred Tattet: ...Je trouvais
lgitime que vous me prfrassiez votre ami; et, aprs tout, vous me
rendiez un plus grand service que de me garder le secret, car vous
l'empchiez de se battre et je n'eusse pas voulu payer votre silence
au prix de la moindre goutte de son sang.... Enfin, G. Sand parvint 
illusionner Alfred de Musset et  lui persuader que Tattet avait mal
vu. Cela ne vous semble-t-il pas plus vraisemblable que le rcit
alambiqu de Paul de Musset?

Cette mme relation de Paul de Musset parle aussi d'une querelle
survenue pendant la convalescence d'Alfred. Une nuit, Alfred surprit
George crivant sur ses genoux; il voulut savoir ce qu'elle disait
dans cette lettre et  qui elle l'adressait. George Sand refusa toute
explication et plutt que de lui remettre son papier, elle le lana
par la fentre. Alfred de Musset fut convaincu par cela seul qu'elle
crivait  Pagello pour lui donner un rendez-vous.--Nous parlons
toujours d'aprs Paul de Musset.

Dans une note jointe  une lettre d'Alfred de Musset, date du 30
avril 1834, George Sand affirme qu'elle donnait simplement des
nouvelles d'Alfred  Pagello et qu'elle ne voulut pas lui faire voir
le billet parce qu'elle y parlait de folie: Plus tard, _elle_
consentit,  Paris, _ lui_ remettre cette fameuse lettre; car,
Alfred de Musset parti, elle descendit aussitt dans la rue o elle la
retrouva.

Or, il y a, dans les papiers d'Alfred de Musset, une _Canzonetta nuova
supra l'Elisire d'Amore_, qui rpond en tous points  la pice dcrite
par George Sand dans la note cite plus haut: c'est une sorte de
placard de quatre pages, imprim  Venise, sur mauvais papier, et qui
se vendait quelques sous dans la rue. Au dos de cette romance, on lit
cette phrase crite, au crayon, par George Sand: _Egli e stato molto
male questa notte, poveretto! credeva si vedere fantasmi intorno al
suo letto, e gridava sempre: Son matto_, je deviens fou. _Temo molto
per la sua ragione. Bisogna sapere dal gondoliere se non ha bevuto
vino di Cipro, nella gondola, ieri. Se forse ubri....._ C'est--dire:
Il s'est trouv trs mal cette nuit, le pauvre! Il croyait voir des
fantmes autour de son lit et criait sans cesse: _Je suis fou, je
deviens fou._ Je crains beaucoup pour sa raison. Il faut savoir du
gondolier s'il n'a pas bu du vin de Chypre, en gondole, hier. Si
peut-tre il tait gris..... George Sand ajoute: La phrase devait
probablement se terminer ainsi: _S'il n'tait que gris, cela ne serait
pas si inquitant._ Il prouvait un insurmontable besoin de relever
ses forces par des excitants, et deux ou trois fois, malgr toutes les
prcautions, il russit  boire en s'chappant, sous prtexte de
promenade en gondole. Chaque fois, il eut des crises pouvantables, et
il ne fallait pas en parler au mdecin devant lui, car il s'emportait
srieusement contre ces rvlations.

On tait alors aux premiers jours de mars; un secours inattendu arriva
aux malheureux voyageurs. M. Alfred Tattet visitait l'Italie, en
compagnie d'une personne dont le nom fut clbre au thtre[32]; il
fit un dtour pour venir voir  Venise son ami Alfred de Musset, qu'il
croyait en bonne sant. Il le trouva revenant  la vie; lui aussi se
fit garde-malade et ils furent trois au lieu de deux:

...J'ai tch pendant mon sjour  Venise, crivait-il 
Sainte-Beuve, de procurer quelques distractions  Madame Dudevant, qui
n'en pouvait plus; la maladie d'Alfred l'avait beaucoup fatigue. Je
ne les ai quitts que lorsqu'il m'a t bien prouv que l'un tait
tout  fait hors de danger et que l'autre tait entirement remise de
ses longues veilles.....[33].

  [32] Je n'avais pas cru devoir donner le nom de Mlle Dejazet par
  gard pour Mme Tattet. M. Mariton ayant trouv ce nom dans _mes_
  notes s'est empress de le publier.

  [33] Cette lettre, date de Florence, 17 mars 1834, a t publie
  par M. le Vicomte de Spoelberch de Lovenjoul (_Cosmopolis_).

Un billet de George Sand vient confirmer cette lettre:


    _A Monsieur Alfred Tattet, htel de l'Europe._

  Alfred ne va pas mal; nous irons au spectacle si vous voulez.
  Mais gurissez-vous de votre rhume et soignez-vous.

    Tout  vous.

    GEORGE.

Ds qu'il avait pu le faire, Alfred de Musset avait crit  sa mre
pour lui dire son tat et lui annoncer son retour: Je vous
apporterai un corps malade, une me abattue, un coeur en sang, mais
qui vous aime encore.[34].

  [34] _Biographie_, p. 129.

Voici la rponse de Mme de Musset:


    Paris, 17 mars 1834.

  Oh! mon pauvre fils! mon pauvre fils! Quel fatal voyage tu as
  fait l! Et quelle affreuse maladie! Ta lettre m'a bouleverse;
  j'en, suis reste trois heures sans pouvoir parler. D'aprs le
  traitement qu'on t'a fait subir, ton frre conclut que tu as eu
  une fivre crbrale. Pour moi, je me perds dans les conjectures
  les plus sinistres pour deviner quelle complication de maladies a
  pu l'assaillir, toi si sain, si fort jusque-l, et qui n'as jamais
  fait sous mes yeux ce qu'on peut appeler une maladie. Je suis
  persuade que le malsain climat dans lequel vous tes alls vous
  fixer a contribu  ton malheur. Venise est inhabitable une grande
  partie de l'anne; je voudrais  tout prix t'en savoir dehors. Il
  ne faut pas cependant que tu te mettes en route pour la France
  avant que ta pauvre sant soit consolide; tu n'aurais pas la
  force de supporter le voyage et une rechute serait plus dangereuse
  encore. Mais si tu t'en sens la force, tche d'aller passer ta
  convalescence loin de Venise, elle en sera plus courte et plus
  sre. J'ai une bien grande reconnaissance pour Madame Sand et pour
  tous les soins qu'elle t'a donns. Que serais-tu devenu sans elle?
  C'est affreux  penser. J'tais, lorsque j'ai reu ta lettre, dans
  une inquitude impossible  exprimer. J'avais t jeudi chez
  Buloz, qui venait de recevoir une lettre de Madame Sand; il ne
  voulait pas me la montrer et il feignait de l'avoir perdue. Il
  avait imprudemment lch le mot d'indisposition: Alfred a une
  indisposition! Il n'en fallait pas tant pour me faire deviner la
  vrit, l'horrible vrit; et je suis sortie de chez lui plus
  morte que vive.

  Je n'ai pas besoin de te dire, mon bien cher enfant, que tout ce
  que tu dsires de changements dans notre appartement sera fait de
  suite...... (Description des modifications  oprer)...... Si ce
  projet te convient, cris-le moi, je le ferai excuter avant ton
  retour, pour t'viter l'ennui des ouvriers, autrement, nous
  attendrons ton retour et je me bornerai  faire ce que tu me
  demandes.

  Je te supplie de m'crire lettres sur lettres, mon cher enfant;
  tu comprends combien cela m'est ncessaire en ce moment. Je suis
  si malheureuse, si tourmente! Ton frre et ta soeur sont bien
  inquiets aussi. J'ai appris avec plaisir que M. Tattet est avec
  vous; ce te sera une distraction agrable: un ami est bien
  prcieux  trois cents lieues de tous les siens.

  Nous nous portons tous bien,  l'inquitude prs, qui est un mal
  insupportable pour moi. Je t'embrasse, mon cher fils, de toute mon
  me et t'aime plus que ma vie.

    Ta mre

    EDME.

  Tu ne m'as pas donn d'adresse positive et pas dit si tu as reu
  une seule de mes lettres; de sorte que je crains toujours qu'elles
  ne te soient pas parvenues.

Le timbre d'arrive  Venise porte la date du 25 mars. A cette poque,
Alfred de Musset tait donc suffisamment rtabli pour sortir et aller
lui-mme chercher ses lettres  la poste.

D'autre part, George Sand crivait  Alfred Tattet, qui lui demandait
des nouvelles:

  Votre lettre me fait beaucoup plaisir, mon cher monsieur Alfred,
  et je suis charme que vous me fournissiez l'occasion de deux
  choses. D'abord de vous dire qu'Alfred, sauf un peu moins de force
  dans les jambes et de gaiet dans l'esprit, est presque aussi bien
  portant que dans l'tat naturel. Ensuite de vous remercier de
  l'amiti que vous m'avez tmoigne et des moments agrables que
  vous m'avez fait passer en dpit de toutes mes peines. Je vous
  dois les seules heures de gaiet et d'expansion que j'aie gotes
  dans le cours de ce mois si malheureux et si accablant. Vous en
  retrouverez de meilleures dans votre vie; quant  moi, Dieu sait
  si j'en rencontrerai jamais de supportables. Je suis toujours dans
  l'incertitude o vous m'avez vue, et j'ignore absolument si ma
  vieille barque ira chouer en Chine, ou  toute autre morgue,
  _questo non importa_, comme dirait notre ami Pagello, et je vous
  engage  vous en soucier fort peu. Gardez-moi seulement un bon
  souvenir du peu de temps que nous avons pass  bavarder au coin
  de mon feu, dans les loges de la Fenice et sur les ponts de
  _Venezia la Bella_, comme vous dites si lgamment. Si quelqu'un
  vous demande ce que vous pensez de la froce Llia, rpondez
  seulement qu'elle ne vit pas de l'eau des mers et du sang des
  hommes, en quoi elle est trs infrieure  Han d'Islande; dites
  qu'elle vit de poulet bouilli, qu'elle porte des pantoufles le
  matin et qu'elle fume des cigarettes de Maryland. Souvenez-vous
  tout seul de l'avoir vue souffrir et de l'avoir entendue se
  plaindre, comme une personne naturelle.--Vous m'avez dit que cet
  instant de confiance et de sincrit tait l'effet du hasard et du
  dsoeuvrement. Je n'en sais rien, mais je sais que je n'ai pas eu
  l'ide de m'en repentir, et qu'aprs avoir parl avec franchise
  pour rpondre  vos questions, j'ai t touche de l'intrt avec
  lequel vous m'avez coute. Il y a certainement un point par
  lequel nous nous comprenons: c'est l'affection et le dvouement
  que nous avons pour la mme personne. Qu'elle soit heureuse, c'est
  tout ce que je dsire dsormais. Vous tes sr de pouvoir
  contribuer  son bonheur, et moi, j'en doute pour ma part. C'est
  en quoi nous diffrons et c'est en quoi je vous envie. Mais je
  sais que les hommes de cette trempe ont un avenir et une
  providence. Il retrouvera en lui-mme plus qu'il ne perdra en moi;
  il trouvera la fortune et la gloire, moi je chercherai Dieu et la
  solitude.

  En attendant, nous partons pour Paris dans huit ou dix jours, et
  nous n'aurons pas, par consquent, le plaisir de vous avoir pour
  compagnon de voyage. Alfred s'en afflige beaucoup, et moi, je le
  regrette rellement. Nous aurions t tranquilles et _allegri_
  avec vous, au lieu que nous allons tre inquiets et tristes. Nous
  ne savons pas encore  quoi nous forcera l'tat de sa sant
  physique et morale. Il croit dsirer beaucoup que nous ne nous
  sparions pas et il me tmoigne beaucoup d'affection. Mais il y a
  bien des jours o il a aussi peu de foi en son dsir que moi en ma
  puissance, et alors, je suis prs de lui entre deux cueils: celui
  d'tre trop aime et de lui tre dangereuse sous un rapport, et
  celui de ne pas l'tre assez, sous un autre rapport, pour suffire
   son bonheur. La raison et le courage me disent donc qu'il faut
  que je m'en aille  Constantinople,  Calcutta ou  tous les
  diables. Si quelque jour il vous parle de moi et qu'il m'accuse
  d'avoir eu trop de force ou d'orgueil, dites-lui que le hasard
  vous a amen auprs de son lit dans un temps o il avait la tte
  encore faible, et qu'alors, n'tant spar des secrets de notre
  coeur que par un paravent, vous avez entendu et compris bien des
  souffrances auxquelles vous avez compati. Dites-lui que vous avez
  vu la vieille femme rpandre sur ses tisons deux ou trois larmes
  silencieuses, que son orgueil n'a pas pu cacher. Dites-lui qu'au
  milieu des rires que votre compassion ou votre bienveillance
  cherchait  exciter en elle, un cri de douleur s'est chapp une
  ou deux fois du fond de son me pour appeler la mort.

  Mais je vous ennuye avec mes bavardages, et peut-tre vous aussi,
  vous pensez que, par habitude, j'cris des phrases sur mon
  chagrin. Cette crainte l est ce qui me donne ordinairement de la
  force et une apparence de ddain. Je sais que je suis entache de
  la dsignation de _femme de lettres_, et, plutt que d'avoir l'air
  de consommer ma marchandise littraire par conomie dans la vie
  relle, je tche de dpenser et de soulager mon coeur dans les
  fictions de mes romans; mais il m'en reste encore trop, et je n'ai
  pas le droit de le montrer sans qu'on en rie. C'est pourquoi je le
  cache; c'est pourquoi je me consume et mourrai seule, comme j'ai
  vcu. C'est pourquoi j'espre qu'il y a un Dieu qui me voit et qui
  me sait, car nul homme ne m'a comprise, et Dieu ne peut pas avoir
  mis en moi un feu si intense pour ne produire qu'un peu de
  cendres.

  Ensuite, il y a des gens qui prennent tout au srieux, mme la
  Mort, et qui vous disent: Cela ne peut pas tre vrai, on ne peut
  pas plaisanter et souffrir, on ne peut pas mourir sans frayeur, on
  ne peut pas djeuner la veille de son enterrement. Heureux ceux
  qui parlent ainsi. Ils ne meurent qu'une fois et ne perdent pas le
  temps de vivre  faire sur eux-mmes l'ternel travail de
  renoncement, ce qui est, aprs tout, la plus stupide et la plus
  douloureuse des oprations.

  A propos d'oprations, _l'illustrissimo professore Pagello_ vous
  adresse mille compliments et amitis. Je lui ai traduit
  servilement le passage sombre et mystrieux de votre lettre o il
  est question de lui et de mademoiselle Antonietta, sans y ajouter
  le moindre point d'interrogation, sans chercher  soulever le
  voile qui recouvre peut-tre un abme d'iniquits. Le docteur
  Pagello a souri, rougi, pli; les veines colossales de son front
  se sont gonfles, il a fum trois pipes; ensuite, il a t voir
  jouer un opra nouveau de Mercadante,  la Fenice; puis il est
  revenu, et, aprs avoir pris quinze tasses de th, il a pouss un
  grand soupir, et il a prononc ce mot mmorable que je vous
  transmets aveuglment pour que vous l'appliquiez  telle question
  qu'il vous plaira: _Forse!_

  Ensuite, je lui ai dit que vous pensiez beaucoup de bien de lui,
  et il m'a rpondu qu'il en pensait au moins autant de vous, que
  vous lui plaisiez _immensamente_ et qu'il tait bien fch que
  vous ne vous fussiez pas cass une jambe  Venise, parce qu'il
  aurait eu le plaisir de vous la remettre et de vous voir plus
  longtemps. J'ai trouv que son amiti allait trop loin, mais j'ai
  partag son regret de vous avoir si tt perdu.

  Je n'cris pas  Sainte-Beuve parce que je ne me sens pas le
  courage de parler davantage de mes chagrins, et qu'il m'est
  impossible de feindre avec lui une autre disposition que celle o
  je suis. Mais si vous lui crivez, remerciez-le pour moi de
  l'intrt qu'il nous porte. Sainte-Beuve est l'homme que j'estime
  le plus; son me a quelque chose d'anglique et son caractre est
  naf et obstin comme celui d'un enfant. Dites-lui que je l'aime
  bien; je ne sais pas si je le verrai  Paris; je ne sais pas si je
  le reverrai jamais.

  Ni vous non plus, mon cher; mais pensez  moi quelquefois, et
  tchez d'en penser un peu de bien avec ceux qui n'en penseront pas
  trop de mal. Je ne vous dis rien de la part d'Alfred, je crois
  qu'il vous crira de son ct. Amusez-vous bien, courez, admirez
  et surtout ne tombez pas malade.

    T.  v.

    GEORGE SAND.

    22 mars [1834].

  crivez-moi  Paris, quai Malaquais, 19, si vous avez quelque
  chose  me dire.


III

RETOUR D'ITALIE

Le 22 mars 1834, il tait donc dcid que George Sand et Alfred de
Musset revenaient ensemble  Paris; mais le 28, tout tait chang: les
troisime, quatrime et cinquime chapitres de la dernire partie de
la _Confession d'un Enfant du sicle_ donnent une ide de ce qui a d
se passer durant ces quelques jours. Musset, apparemment, crut faire
acte de grandeur d'me et de gnrosit en partant seul, laissant
George Sand en compagnie de Pagello.

Avant de le quitter, ses deux grands amis remirent au voyageur un
petit portefeuille portant ces deux ddicaces autographes[35]. Sur la
premire page:

    A son bon camarade, frre et ami Alfred
    Sa matresse George
    Venise 28 mars 1834.

sur la dernire:

    _Pietro Pagello
    Raccomanda
    Mr Alfred de Musset
    A Pietro Pirzio
                         Ingegnesi
    A Vincenzo Stefanelli
    A Mr J. R. Aggiunta._

  [35] Ce carnet a soixante-douze feuillets. Sur le premier, envoi
  de George Sand. Les feuillets 3  12 portent des notes
  manuscrites d'Alfred de Musset: maximes, extraits de divers
  auteurs: Snque, Pindare, Marc-Aurle, Homre, Byron, etc...;
  d'autres encore, franais, anglais, italiens.

  Les feuillets 2, 15  48, 57  71 sont rests blancs.

  Les feuillets 13, 14, 49  56 sont arrachs. Sur les fragments qui
  en restent, on distingue des traces d'criture au crayon.

  Sur le feuillet 72 et dernier, envoi de Pagello, crit en sens
  inverse des autres pages. C'est de ce carnet qu'il s'agit dans la
  lettre d'Alfred de Musset  George Sand, date du 15 juin 1834.

[Illustration: Fac-simil de la Ddicace crite par George Sand
sur le carnet d'Alfred de Musset.]

[Illustration: Fac-simil de la Ddicace crite par Pierre Pagello
sur le carnet d'Alfred de Musset.]

Alfred de Musset quitta Venise dans la journe ou dans la soire du 29
mars 1834; son passeport nous fournit encore des indications prcises:

  _Venezia, 28 marzo 1834. Dir Gen. di Poli. Buono per Milano._

  _Vu au Consulat de France  Venise. Bon pour se rendre  Paris.
  Venise, 29 mars 1834. Le Consul de France: Silvestre de Sacy._

  _Visto al Comando. Arona, 1 aprile 1834._

  _Vu au Pont Saint Maurice, le 3 avril 1834, allant en France._

  _Vu  Genve, le 5 avril 1834. Bon pour Paris._

  _Vu  Bellegarde, le 6 avril 1834._

Il tait accompagn par une sorte de domestique, nomm Antonio, que
George Sand avait charg de veiller sur son matre pendant le voyage
et qui devait la tenir au courant des incidents de la route. Elle-mme
reconduisit Musset jusqu' Mestre, dit-elle dans son _Histoire de ma
vie_,--jusqu' Vicence, d'aprs une lettre d'elle  Boucoiran[36].

  [36] Date du 6 avril 1834, et publie dans sa _Correspondance_,
  tome I, p. 265.--D'aprs une lettre qu'elle crivit le 15 avril
  1834  Musset lui-mme, c'est le lendemain de son dpart qu'elle
  est alle  Vicence, pour savoir comment il avait pass sa
  premire nuit de voyage.

Il lui crivit de Padoue et de Genve:

    Monsieur Pagello, Dr mdecin
    Pharmacie Ancilla, C. Sn Luca

    _Pour remettre  Madame Sand._      Venise.

    [Genve], vendredi, 4 avril [1834].

  Mon George chri, je suis  Genve. Je suis parti de Milan sans
  avoir trouv de lettre de toi  la poste. Peut-tre m'avais-tu
  crit; mais j'avais retenu mes places tout de suite en arrivant,
  et le hasard a voulu que le courrier de Venise, qui arrive
  toujours deux heures avant le dpart de la diligence de Genve,
  s'est trouv en retard cette fois. Je t'en prie, si tu m'as crit
   Milan, cris au directeur de la poste de me faire passer ta
  lettre  Paris. Je la veux, n'et-elle que deux lignes. cris-moi
   Paris..... Quand tu passeras le Simplon pense  moi, George.
  C'tait la premire fois que les spectacles ternels des Alpes se
  levaient devant moi dans leur force et dans leur calme. J'tais
  seul dans le cabriolet; je ne sais comment rendre ce que j'ai
  prouv: il me semblait que ces gants me parlaient de toutes les
  grandeurs sorties de la main de Dieu: Je ne suis qu'un enfant, me
  suis-je cri, mais j'ai deux grands amis, et ils sont
  heureux!....

Elle, de son ct, lui adressa une lettre  Milan.

Je ne parlerai pas de l'existence  Venise de George Sand et de
Pagello, aprs le dpart d'Alfred de Musset. La publication, par M. le
Dr Cabans, dans la _Revue Hebdomadaire_ des 1er aot et 15 octobre
1896, de longs fragments du journal intime de P. Pagello et autres
documents; les rvlations de M. R. Barbiera dans l'_Illustrazione
Italiana_, de Milan, des 15, 22 et 29 novembre 1896, joints au livre
de Mme L. Codemo, que nous citons ci-dessus, permettent de retrouver,
presque jour par jour, les dtails de leur vie prive. Suivons donc le
pote dans son voyage.

Le 12 avril, Alfred de Musset arriva  Paris (le 10, dit Paul dans la
_Biographie_), extnu au physique et au moral. Il s'enferma dans sa
chambre, et, pendant plus d'un mois, ne voulut voir personne:

  ....Je fus saisi d'une souffrance inattendue, raconte-t-il plus
  tard dans son _Pote dchu_[37]; il me semblait que toutes mes
  ides tombaient comme des feuilles sches, tandis que je ne sais
  quel sentiment inconnu, horriblement triste et tendre, s'levait
  dans mon me. Ds que je vis que je ne pouvais lutter, je
  m'abandonnai  la douleur, en dsespr... La douleur se calma
  peu  peu, les larmes tarirent, les insomnies cessrent, je connus
  et j'aimai la mlancolie...

  [37] En 1839.--Paul de Musset en cite des fragments dans la
  _Biographie_.

Ce qui entretenait encore le pote en ce malheureux tat, c'tait la
correspondance tablie entre _lui_ et _elle_: n'tant plus en contact,
ils renouvelaient leur rve et potisaient jusqu' leurs querelles
passes:

    _Alfred de Musset  George Sand._

  Paris, 19 avril 1834.--..... Je regardais l'autre soir cette table
  o nous avons lu ensemble Goetz de Berlichingen. Je me souviens du
  moment o j'ai pos le livre sur la table, aprs le dernier cri du
  hros mourant: Libert! Libert! Tu tais beaucoup pour moi, ma
  pauvre amie, plus que tu ne croyais et que je ne croyais moi-mme.
  Tu es donc dans les Alpes? N'est-ce pas que c'est beau? Il n'y a
  que cela au monde. Je pense avec plaisir que tu es dans les Alpes.
  Je voudrais qu'elles pussent te rpondre; elles te raconteraient
  peut-tre ce que je leur ai dit....

    _George Sand  Alfred de Musset_[38].

  Venise, 29 avril.--..... Ta lettre est triste, mon ange, mais elle
  est bonne et affectueuse pour moi. Oh! quelle que soit la
  disposition de ton esprit, je trouverai toujours ton coeur,
  n'est-ce pas, mon bon petit?....

  [38] Publie dans la _Revue de Paris_ du 1er novembre 1896,
  lettre 4.

    _Alfred de Musset  George Sand._

  Paris, 30 avril--..... Ce n'est donc pas un rve, mon enfant
  chri? Cette amiti qui survit  l'amour, dont le monde se moque
  tant, dont je me suis tant moqu moi-mme, cette amiti-l existe!
  C'est donc vrai, tu me le dis et je le crois, je le sens, _tu
  m'aimes!_.....

Dans son journal intime, _Sketches and Hints_, George Sand consigne
sous le titre de _Venise_ une sorte de pome du dsespoir: O
Venise, pourquoi es-tu si belle et pourquoi m'es-tu si chre,  moi
qui ne dois plus aimer et qui vais mourir?

En outre des lettres qu'ils s'adressaient tous les trois ou quatre
jours, George Sand lui envoyait ses _Lettres d'un Voyageur_: la
premire, le 29 avril; la deuxime, dans les premiers jours de juin,
par l'entremise de Buloz:

  .....Buloz, crit le 15 juin Alfred de Musset  George Sand,
  vient de m'apporter la lettre que tu lui as envoye pour la
  _Revue_. Il me l'a lue en nonnant, jusqu' ce que, impatient des
  coups d'pingles que sa lourde dclamation me donnait dans le
  coeur, je lui ai arrach le papier des mains, pour le finir 
  haute voix. Maintenant le voil parti, et le coeur me bat si fort
  qu'il faut que je t'crive ce que j'prouve.....

Puis, le 17 juin, la seconde moiti du second volume de _Jacques_,
avec mission de la lire et d'y faire les coupures qu'il jugerait
ncessaires[39]. C'est Musset qui s'occupait  Paris des affaires de
George Sand, reste  Venise, voyait ses fournisseurs, s'entendait
pour elle avec Buloz, et lui faisait expdier par ses diteurs les
sommes dont ils lui taient redevables; il tait aid en cela par
Boucoiran.

  [39] En tte de l'exemplaire de _Jacques_ que possdait Alfred de
  Musset, se trouve cet envoi autographe: _George  Alfred_.

D'autre part, il mandait ceci, ds le 30 avril,  son amie: J'ai bien
envie d'crire notre histoire; il me semble que cela me gurirait et
m'lverait le coeur. Je voudrais te btir un autel, ft-ce avec mes
os; mais j'attendrai ta permission formelle.--Et le 12 mai, George
Sand lui rpondait: Il m'est impossible de parler de moi dans un
livre, dans la disposition d'esprit o je suis; pour toi, fais ce que
tu voudras, romans, sonnets, pomes; parle de moi comme tu
l'entendras, je me livre  toi les yeux bands.--Ce projet, on le
sait, est devenu la _Confession d'un enfant du sicle_. On a donc eu
tort de prtendre que George Sand avait imagin _Elle et Lui_ pour
rpliquer  cette confession[40]. Non seulement elle tait prvenue
des intentions d'Alfred de Musset, mais elle l'autorisait  crire.
Bien plus, la rupture dfinitive s'tant consomme dans les premiers
jours de mars 1835, et la _Revue des Deux-Mondes_ publiant ds le 15
septembre le deuxime chapitre de la premire partie de la
_Confession_, celle-ci fut commence probablement avant cette rupture.

  [40] L'exemplaire de la _Confession d'un enfant du sicle_
  appartenant  George Sand, porte cette ddicace manuscrite: _A
  George Sand.--Alfd Mt._.

  Au verso de la couverture de _Leone Leoni_, par G. Sand (Paris,
  Bonnaire et Magen, 1835. 1 vol. in-8) se trouve cette annonce de
  librairie:

    Pour paratre prochainement:

  AU-DELA DU RHIN, par Lherminier, professeur au Collge de France.
  2 vol. in-8.

  LA CONFESSION D'UN ENFANT DU SICLE, par Alfred de Musset. 2 vol.
  in-8.

  SERVITUDE ET GRANDEUR MILITAIRES, par Alfred de Vigny. 1 vol.
  in-8.

  LA SECONDE CONSULTATION DU DOCTEUR NOIR, par le mme. 1 vol.
  in-8.

  UN NOUVEAU ROMAN, par George Sand. 2 vol. in-8.

  GRANGENEUVE, par H. Delatouche. 2 vol. in-8.

Pagello, emport dans le mme tourbillon, crivait des lettres, lui
aussi; mais il n'osait pas encore s'adresser directement  Alfred de
Musset: il s'en prenait  son ami Tattet. Voici la premire de ces
lettres que nous avons retrouves:

    7 giugno 1834, Venezia.

    Mio caro amico,

  Mi sono affrettato di eseguire la vostra commissione, son
  assicurato che le due casse di bottiglie sono gi sulla strada
  della Francia.--Se niente arrivasse al contrario, scrivetemi, e vi
  serviro.--Madame G. vi saluta cordialmente, sta bene e si diverte
  abbastanza per questo poco che puo offrire Venezia in confronto di
  Parigi.--Addio, buon amico. La nostra amicizia di un giorno sembra
  quella di due anni: forse ci vedremo a Parigi.--Non vi so dire ne
  il quando ne il come, so che ci rivedremo.--Si vedete Alfred de
  Musset, bacciatelo per me.

    Addio, addio, vostro sincero

    PIETRO PAGELLO.

  _Traduction._

    Venise, 7 juin 1834.

    Mon cher ami,

  Je me suis ht de faire votre commission, et je me suis assur
  que les deux caisses de bouteilles sont dj sur la route de
  France.--S'il n'arrivait rien, au contraire, crivez-moi, et je
  vous servirai.--Madame G. [George] vous salue cordialement; elle
  va bien de sant et se divertit suffisamment, pour le peu qu'offre
  Venise en comparaison de Paris.--Adieu, bon ami; notre amiti d'un
  jour semble celle de deux annes; peut-tre nous verrons-nous 
  Paris.--Je ne sais vous dire ni quand ni comment, je sais que nous
  nous reverrons.--Si vous voyez Alfred de Musset, embrassez-le pour
  moi.

    Adieu, adieu, votre sincre

    PIERRE PAGELLO.

       *       *       *       *       *

Pendant que s'changeaient toutes ces lettres, on s'occupait d'Alfred
de Musset et de George Sand,  Paris, beaucoup plus qu'ils ne
l'auraient dsir. Buloz, et surtout Boucoiran, tenaient George Sand
au courant de ce qui se disait, bien qu'elle le leur dfendt. Cela
devint tel, qu'elle crut devoir mettre sa mre elle-mme en garde
contre tous ces racontars:

    _A madame Dupin,  Paris._

    Venise, 5 juin 1834.

  Ma chre maman, il y a bien longtemps que je veux rpondre 
  votre bonne lettre. J'ai t malade, j'ai voyag, j'ai eu du
  chagrin et des inquitudes trs graves, mais enfin, je suis bien
  portante et tranquille. Vous avez peut-tre entendu dire que mon
  compagnon de voyage, aprs avoir fait une maladie mortelle 
  Venise, a t forc, par l'tat de sa poitrine, de quitter l'air
  de l'Italie et de retourner en France. Je suis reste ici pour
  achever mon travail et jouir encore quelque temps du sjour de ce
  beau pays.....[41]

  [41] Lettre indite.

Le brusque retour du pote sans sa compagne avait prt  des rcits
fort loigns de la vrit: ne sachant rien, on inventait. Les
premires semaines, confin dans sa solitude volontaire, Musset ignora
ce qui se disait; mais ds sa rentre dans le monde, ces mchants
propos parvinrent  ses oreilles. Ce fut Buloz qui, sans le savoir,
veilla ses soupons. Alfred de Musset donna le dmenti le plus formel
 tous ces mensonges et dfendit nergiquement George Sand. Mais les
insinuations malveillantes de Gustave Planche avaient fait leur
chemin; malgr ses efforts, Musset ne put imposer silence aux
calomniateurs. De leur ct, les amis de George Sand avaient jas 
tort et  travers, et quand on sut qu'elle allait revenir avec le
troisime complice, ce fut un vritable scandale.

Le 15 juin, Pagello avait crit directement  Alfred de Musset. Sa
lettre, dont Mme A. Barine avait publi un fragment[42], a t cite
en entier par M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul[43]. Le 11
juillet, Alfred de Musset lui rpondait:

    Al mio caro P. Pagello,

  Mon cher, vous tes bien gentil de m'avoir un peu crit; je dis
  un peu, car ce n'est gure; mais si petit que soit le morceau de
  papier qui me parle de votre amiti, en quel moment de ma vie ne
  sera-t-il pas bien reu? Il n'en est peut-tre pas de mme de vos
  recommandations sur le vin de champagne, et je n'ose avouer au
  grand salviatico Pietro, combien tait fond le juste remords qui
  m'a saisi  cet article de votre lettre. Mais je vous promets que
  jamais, jamais, je ne boirai plus de cette maudite boisson--sans
  me faire les plus grands reproches.

  George me mande que vous hsitez  venir ici avec elle; il faut
  venir, mon ami, ou ne pas la laisser partir. Trois cents lieues
  sont trop longues pour une femme seule.....

    ALFd DE Mt.

  [42] _Alfred de Musset_, par A. Barine. Paris, Hachette, 1893. 1
  vol. in-12, p. 73.

  [43] _Vritable histoire_, etc...., p. 39.

Un mois plus tard, le 19 juillet 1834, George Sand crivant 
Boucoiran, pour lui annoncer son retour, lui disait:

  .....J'en ai fini avec les passions; la dernire est celle qui
  m'a fait le plus de mal, mais c'est la seule dont je ne me repente
  pas, car il n'y a eu dans mes chagrins ni de ma faute ni de celle
  d'autrui. Vous dites que vous ne l'approuviez pas, mon ami! Il y a
  des choses entre deux amants dont eux seuls au monde peuvent tre
  juges!....

Elle ne prvoyait pas alors les orages futurs.


IV

VOYAGE DE MUSSET A BADE

George Sand,  son tour, avait quitt Venise; le 29 juillet, elle
tait  Milan, puis elle traversait la Suisse; elle arrivait  Paris
vers le 10 aot--avec Pagello.--Alfred de Musset, qu'elle avait
prvenu depuis longtemps, l'attendait, et leur premier soin fut
de se revoir. C'est par le livre de Mme Arvde Barine[44] qu'il
faut connatre cette priode de leur existence: brouilles et
raccommodements se succdent sans interruption, compliqus par la
prsence de Pagello, devenu jaloux. Ajoutez  cela que tout le bruit
fait autour d'eux dchire brutalement le bandeau qui les aveuglait:
ils comprennent combien leur situation est fausse et ridicule.

  [44] L'auteur a consacr un long chapitre aux relations d'Alfred
  de Musset et de George Sand. Des documents prcis, habilement
  groups, des extraits de lettres, en font un ensemble
  psychologique des plus attrayants.

Aprs un de ces orages, Alfred de Musset, n'y pouvant plus tenir,
envoie ce billet  George Sand: Je vais mettre une seconde fois la
mer et la montagne entre nous; si Dieu le permet, je reverrai ma mre,
mais je ne reverrai jamais la France.

Quelques jours plus tard, nouvelle lettre dans laquelle il la remercie
de lui accorder un rendez-vous: ...Quant  ma rsolution de partir,
n'en parlons pas, elle est irrvocable. Je l'ai prise hier soir en me
couchant. Ce matin, j'ai ouvert ma fentre et j'ai regard le soleil;
lui-mme, du haut des sphres clestes, il n'aurait rien vu qui put la
changer. Quoique tu m'aies connu enfant, crois aujourd'hui que je suis
homme; je ne m'abuse sur rien, je ne crains, ni n'espre rien.....

En mme temps, il crivait  Buloz:

    Lundi, 18 [aot 1834.]

  Mon ami, ma mre me donne de quoi aller aux Pyrnes, et je vais
  partir. Dites-moi si vous croyez pouvoir, quand je serai l-bas,
  m'envoyer quelqu'argent. J'y vais pour travailler; je vous
  donnerai d'abord les vers que je vous ai promis, vous aurez
  ensuite et bientt mon roman. Je m'engagerai, si vous voulez,  un
  ddit pour une poque que vous fixerez, et  laquelle vous
  recevrez le manuscrit entier,  moins de maladie grave, auquel
  cas, tout vous sera fidlement rendu. Rpondez-moi un mot ou venez
  me voir si vous avez le temps. Mais tout de suite, car je ne serai
  pas ici vendredi.

    T.  v.       ALFd DE MUSSET.

Il devait aller  Toulouse voir son oncle, M. Desherbiers, alors
sous-prfet  Lavaur; de l aux Pyrnes, puis  Cadix. En
consquence de quoi, il partit pour..... Bade. Nous avons de nouveau
recours au passeport:

  _Vu au Ministre des Affaires trangres. Paris, 20 aot 1834.

  Vu pour Francfort et les bords du Rhin. Paris, 20 aot 1834.
  Prfecture de Police.

  Vu  la Lgation de Bade. Paris, 21 aot 1834.

  Vu  la Lgation des Villes Libres d'Allemagne. Paris, 21 aot
  1834.

  Vu pour les eaux de Bade. Strasbourg, 28 aot 1834.

  Baden, 30 august 1834. (Signature illisible)._

D'autre part, George Sand s'tait rfugie  Nohant; elle y tait dj
installe le 31 aot, seule, ayant eu la sagesse de laisser Pagello 
Paris. Mais ses ides de suicide l'avaient reprise, et,  cette date,
elle crivait  Boucoiran: .....Je lui dois ( Pagello) la vie
d'Alfred et la mienne. Pour ce qui est de la mienne, je sais bien
l'usage que je vais en faire; quant  celle d'Alfred, rien ne peut la
payer.....[45]. Et elle lui donne des instructions en consquence.

  [45] Fragment indit d'une lettre publie dans la
  _Correspondance_, tome I, p. 279-281.

Cependant, entre Nohant et Bade recommena une nouvelle correspondance
encore plus passionne que celle change entre Paris et Venise[46];
et, pendant ce temps-l, Pagello, rest seul  Paris, inconnu, se
lamentait de son isolement et crivait  Alfred Tattet:


    Parigi, 6 settembre 1834.

    Mio caro Alfredo,

  Il vostro povero amico e a Parigi.--Ho domandato di voi alla
  vostra casa, mi fu detto che siete alla campagna. Se avessi tempo,
  sarei venuto a darvi un bacio, ma come sono qui per poco ve lo
  mando in questo foglio. Non so quanti giorni ancora restero a
  Parigi.--Voi sapete che io son obbligato di obbedire alla mia
  piccola borsa, e questa mi comanda digia la partenza.--Addio.--Se
  potro vedervi a Parigi, saro fortunato; se non potro, mandatemi un
  bacio anche voi in un pezzetto di carta, Htel d'Orlans, no 17,
  rue des Petits-Augustins.--Addio, mio buono, mio sincero amico,
  addio.

    Vo affmo amico          PIETRO PAGELLO.

  _Traduction._

    Paris, 6 septembre 1834.

    Mon cher Alfred,

  Votre pauvre ami est  Paris.--Je suis all chez vous demander de
  vos nouvelles; on m'a dit que vous tiez  la campagne. Si j'avais
  eu le temps, je serais all vous embrasser, mais comme je suis ici
  pour peu, je vous embrasse par cette feuille. Je ne sais combien
  de jours encore je resterai  Paris; vous savez que je suis oblig
  d'obir  ma petite bourse et celle-ci me commande dj le
  dpart.--Adieu.--Si je puis vous voir  Paris, je serai heureux;
  si je ne puis, envoyez-moi un baiser, vous aussi, sur un petit
  bout de papier, Htel d'Orlans, no 17, rue des
  Petits-Augustins.--Adieu, mon bon, mon sincre ami, adieu.

    Votre trs affectionn

    Pierre _Pagello_.

  [46] L'une des lettres de Musset  George Sand a t publie dans
  l'_Homme Libre_ du 14 avril 1877 et dans le _Figaro_ du 28 avril
  1882.

Alfred de Musset, dans _Une bonne fortune_, raconte un des incidents
de son sjour  Bade[47]. Aprs un mois de promenades et de
distractions varies, entremles de travail, Alfred de Musset songea
au retour; son amour, qu'il pensait calmer par l'absence, n'avait fait
que s'exalter. Le 10 octobre, il passe  Strasbourg, et ds son
arrive  Paris, le 13, il crit  George Sand, encore  Nohant: Mon
amour, me voil ici; tu m'as crit une lettre bien triste, mon pauvre
ange, et j'arrive bien triste aussi. Tu veux bien que nous nous
voyions! Et moi, si je veux!.... Quelques jours aprs, George Sand
venait le rejoindre.

  [47] On trouvera d'autres dtails dans: 1 _Alfred de Musset 
  Bade_ par mile Krantz. Extrait des Annales de l'Est. Nancy,
  Imprimerie Berger-Levrault et Cie, 1888. In-8.--2 _Kleine
  beitrge zur Wurdigung Alfred de Musset_ (Posies Nouvelles), von
  Dr Moritz Werner. Berlin, C. Vogt, 1896. In-8.--De l'enqute 
  laquelle s'est livr le Dr Werner, il semble rsulter qu'Alfred
  de Musset voyageait en compagnie d'un monsieur Roussel:
  .....Voici ce que j'ai trouv, m'crit le Dr Werner, dans le
  recueil des listes des trangers que je m'tais fait envoyer de
  Bade. Dans la liste du dimanche 31 aot, qui indique les
  trangers arrivs de la veille, il y a  l'htel Zahringer
  Hoff: M. de Musset _et_ M. Roussel, de Paris. (Je souligne cet
  _et_ parce qu'il ne se trouve que dans le cas o les trangers se
  sont fait inscrire ensemble). Le jour suivant, 1er septembre,
  trangers arrivs le 31 aot, on trouve chez M. le secrtaire
  Mesmer: M. le vicomte de Musset, et dans la rubrique spciale
  qui contient les changements de logis: M. Roussel, de Paris,
  qui a chang de logis en passant lui aussi chez Mesmer. Vous
  voyez qu' prendre ces indications au pied de la lettre, il y
  aurait eu deux Musset  Bade. Mais ce ne sera qu'une faute
  d'impression ou bien de rubrication, de sorte que la 2e fois
  Musset devrait se trouver lui aussi parmi les changements de
  logis et non parmi les rcemment arrivs.....

Pagello n'tait pas encore parti; mais ce double retour le dcida bien
vite  reprendre le chemin de Venise, non sans avoir adress une
lettre d'adieu  son ami Alfred Tattet, en lui recommandant le
silence:

    Monsieur Alfred Tattet,
    rue Grange Batelire, no 13, Paris.

    Parigi, 23 ottobre 1834.

    Mio buon amico,

  Prima di partire, vi mando un bacio ancora. Vi congiuro di non
  dar parola giammai del mio amore con la George.--Non voglio
  vendette.--Parto colla sicurezza d'aver agito in homo
  onesto.--Questo mi fa dimenticare la mia sofferenza e la mia
  poverta.--Addio, mio angelo.--Vi scrivero da Venezia. Addio,
  addio.

    PIETRO PAGELLO.

  _Traduction_.

    Paris, 23 octobre 1834.

    Mon bon ami,

  Avant de partir je vous envoye encore un baiser. Je vous conjure
  de ne souffler jamais mot de mon amour avec la George.--Je ne
  veux pas de vengeances[48].--Je pars avec la certitude d'avoir agi
  en honnte homme.--Ceci me fait oublier ma souffrance et ma
  pauvret.--Adieu, mon ange.--Je vous crirai de Venise.--Adieu,
  adieu.

    PIERRE PAGELLO.

  [48] De plusieurs lettres de George Sand, il ressort qu'au moment
  o elle est devenue la matresse de Pagello, il s'est trouv
  dans sa vie  lui, de ses liens mal rompus avec d'anciennes
  matresses, des situations ridicules et dsagrables; au moment
  de la quitter, il semble craindre de voir se renouveler ces
  ennuis.


V

A PARIS

Alfred Tattet avait dissuad Alfred de Musset de revoir George Sand;
d'o brouille entre les deux amis: Musset convenait bien, en son for
intrieur, qu'il avait tort, mais il ne voulait pas qu'on le lui dt.
George Sand, ne connaissant pas encore les raisons invoques par
Tattet, voulut dissiper ce nuage:

    Mardi, 28 octobre 1834.

    Mon cher Tattet,

  J'apprends que j'ai t la cause indirecte et trs involontaire
  d'un diffrend entre vous et Alfred. Je serais bien fche de
  savoir deux vieux amis dsunis par rapport  moi. J'espre bien
  que cela ne sera pas.

  Dans tous les cas, je vous prie de venir me voir; aprs l'intrt
  que vous m'avez tmoign, j'ai lieu d'tre surprise et afflige de
  votre oubli. Je dsire causer avec vous et vous attends  votre
  premier retour  Paris. Toujours quai Malaquais, 19.

    GEORGE SAND.

  Quand vous serez ici[49], crivez-moi un mot, je vous donnerai
  rendez-vous, car je suis souvent dehors ou enferme.

  [49] Alfred Tattet avait un domicile  Paris, 15 (et non 13), rue
  Grange-Batelire, mais il habitait le plus souvent une grande
  proprit qu'il possdait  Bury, prs Margency, dans la valle
  de Montmorency.

Mais  peine les deux amants se sont-ils revus qu'ils ne peuvent plus
eux-mmes s'entendre:

    _George Sand  Alfred de Musset._

  N'ai-je pas prvu que tu souffrirais de ce pass qui t'exaltait
  comme un beau pome, tant que je me refusais  toi, et qui ne te
  parat plus qu'un cauchemar,  prsent que tu me ressaisis?

    _Alfred de Musset  George Sand._

  Ne penses pas au pass! Non, non! Ne compare pas! Ne rflchis
  pas! Je t'aime comme on n'a jamais aim!

Les crises se succdent avec rapidit: ils s'adorent le matin et se
disent des injures le soir, pour retomber le lendemain dans les bras
l'un de l'autre. C'est la phase de leurs amours la plus tourmente, la
plus poignante:  la lecture de ce qui a t publi de leurs lettres,
on se demande comment ils n'y ont pas laiss tous deux leur raison.

Alfred de Musset a la fivre, et George Sand veut prendre un
dguisement pour venir le soigner chez sa mre: Si je peux me lever,
je t'irai voir, lui rpond-il.

Le 8 novembre, Alfred de Musset provoque en duel Gustave Planche qui a
mal parl de George Sand; Planche lui fait des excuses, et le 12
novembre, Alfred de Musset crit  Alfred Tattet:

    Mon cher ami,

  Tout est fini.--Si par hasard on vous faisait quelques questions
  (comme il est possible qu'on vous souponne de m'avoir parl); si
  enfin peut-tre, on allait vous voir pour vous demander 
  vous-mme si vous ne m'avez pas vu, rpondez purement que non, que
  vous ne m'avez pas vu et soyez sr que notre secret commun est
  bien gard de ma part.--J'irai vous voir bientt.

    A vous de coeur.

    ALFRED DE MUSSET.

Puis il va dans la Cte-d'Or,  Montbard, chez l'un de ses parents.
Quelques jours aprs le pauvre vieux lierre est revenu o il
s'attache.

Le 25 novembre, George Sand crit  Sainte-Beuve que Musset ne veut
plus la voir[50]; son exaltation touche  la folie: la rupture parat
complte. Le 15 dcembre, George Sand est  Nohant, d'o elle crit 
Boucoiran: Si Alfred vous fait demander de mes nouvelles, dites que
vous ne savez rien de moi, que je ne vous ai pas crit. Recommandez 
Buloz de dire la mme chose..... Et le 13 janvier 1835, elle adresse
cette lettre  Alfred Tattet:

    Monsieur,

  Il y a des oprations qui sont fort bien faites et qui font
  honneur  l'habilet du chirurgien, mais qui n'empchent pas la
  maladie de revenir. En raison de cette possibilit, Alfred est
  redevenu mon amant; comme je prsume qu'il sera bien aise de vous
  voir chez moi, je vous engage  venir dner avec nous au premier
  jour de libert que vous aurez. Puisse l'oubli que je fais de mon
  offense ramener l'amiti entre nous.

    Adieu, mon cher Tattet.

     Tout  vous.             GEORGE SAND.

  [50] Lettre publie par M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul,
  ainsi que celle d'Alfred de Musset au mme (_Cosmopolis_ puis
  _Vritable Histoire_, etc...).

Combien le ton de ce billet diffre de celui du 28 octobre 1834! C'est
que Musset avait parl et racont  George Sand, dans un moment
d'expansion, que son ami Tattet avait fait de son mieux pour empcher
leur rapprochement: de l, colre de la matresse contre le gneur,
et, charme de prendre sa revanche, elle tient  le lui faire savoir.
Six jours plus tard, Liszt reoit les confidences de George Sand:

  .....Je vais partir pour essayer de rompre une passion bien
  srieuse pour moi et bien terrible. Je doute que cela me serve 
  quelque chose, car chaque nouveau jour de cette passion m'apprend
   douter de mon libre arbitre..... Je compte sur vous aussi pour
  me rendre cette justice, qu'aux jours de ma plus grande douleur,
  je n'ai point accus l'auteur de mes souffrances. Je vous l'ai
  dit, moi seule suis coupable et porte la peine d'une faute
  immense. En fuyant un pardon trop humiliant, je fais preuve de
  faiblesse et non de force.....[51].

  [51] Cette lettre, date du 19 janvier 1835, est publie dans:
  _Briefe hervorragender Zeitgenassen an Frantz Liszt....,
  herausgegeben von La Marra_. Leipzig, Breitkopf und Hrtel, 1895.
  2 vol. in-8. Tome I, p. 9.

Peu aprs se produit un incident qui remet Pagello en scne et sur
lequel nous n'avons pas de renseignement antrieur  cette lettre
crite par George Sand  Alfred Tattet:

    14 fvrier 1835.

    Monsieur,

  J'ai une affaire indispensable  terminer avec vous. Il s'agit
  d'une affaire d'argent dans laquelle je suis compromise d'honneur
  aux yeux de Pierre Pagello. J'ai besoin d'une attestation de vous
  et vous tes trop galant homme pour me la refuser. Je sais que
  vous m'tes extrmement hostile, et j'ai peu sujet de vous bnir.
  Mais soyez sr que j'ai trop le sentiment des convenances, pour
  vous en faire des reproches, et que jamais aucune vengeance de ma
  part ne cherchera  vous atteindre. Ayez donc, monsieur, la bont
  de recevoir chez vous quatre tableaux qui appartiennent  Pierre
  Pagello et que je m'tais charg de vendre. Voyant qu'il avait
  besoin d'argent, et sachant, par l'avis d'un expert, que les
  tableaux ne valaient rien, je lui en donnai la somme de deux mille
  francs, et j'y ajoutai le procd de lui cacher le secours que
  [je] lui apportais. Je lui remis mille francs en argent et le tins
  quitte d'une somme plus forte qu'il me devait. Je crus devoir ces
  mnagements  sa position fcheuse et dlicate  Paris.
  Aujourd'hui, Pierre Pagello, averti par un de mes amis, me fait un
  grand crime de cette action et pense que je l'ai faite  dessein
  de la divulguer et d'avilir son nom; d'abord, en racontant
  l'histoire telle qu'elle est, je n'ai point sujet de l'avilir;
  ensuite, je ne l'ai raconte qu' Alfred, qui vous l'a redite, 
  vous seul. Voulez-vous avoir la bont, monsieur, de rendre
  tmoignage de ma discrtion, lorsque vous crirez  Pierre
  Pagello?

  En second lieu, cette personne insinue que je pourrais bien
  m'tre dfaite des tableaux  mon avantage, afin de me donner en
  mme temps les gants d'une gnrosit singulire. Elle ajoute que,
  s'ils sont entre mes mains, _en effet_, elle espre que vous
  voudrez bien les recevoir, afin de les lui renvoyer ou de les lui
  faire vendre. Je fais porter les tableaux chez vous; voulez-vous
  bien en accuser rception  Pierre Pagello? J'espre que oui. Vous
  avez pens que le sentiment d'quit vous forait  vous faire le
  bourreau d'une me criminelle. Je ne savais pas que vous eussiez
  l'me aussi austre et le bras aussi ferme. J'en souffre, mais je
  vous en estime d'autant plus, monsieur, et  cause de cela, je
  pense que vous me laverez de l'accusation de friponnerie, car si
  votre amour de la vrit vous a command de me nuire, il doit vous
  commander de me rhabiliter sous les rapports par o je le mrite.

  Veuillez m'honorer d'un mot de rponse. J'ai l'honneur de vous
  saluer.

    GEORGE SAND.

Monsieur Just Pagello, parlant au nom de son pre, a dclar au Dr
Cabans: Que ces toiles, sans tre des Raphal, taient loin d'tre
des oeuvres mdiocres. Elles taient signes du peintre Ortesiti, un
matre[52]. J'ignore quelle tait la valeur de ces peintures, mais
prcieuses ou non, le Dr Pagello me semble en avoir fait peu de cas,
car, trois ans plus tard, George Sand rpondait le 24 aot 1838 
Alfred Tattet, qui lui demandait ce qu'il fallait faire de ce dpt:

  .....Je ne pense pas qu'il y ait lieu de vous occuper de ces
  tableaux; votre maison est assez vaste pour que vous les laissiez
  relgus dans un coin de cave ou de grenier. Je n'ai pas eu plus
  de relations que vous avec Pagello, depuis le triste temps vers
  lequel vous reportez mes souvenirs, et j'aime  penser qu'aprs
  ces orages, ses ides sont devenues justes et leves, comme son
  me l'tait dans le calme. Nous sommes tous ainsi plus ou moins;
  la colre et la haine sont des maladies qui nous tueraient, si la
  Providence ne les avait faites de courte dure. Je ne suis pas
  plus qu'une autre  l'abri de ces passions.....

  [52] _Revue Hebdomadaire_, 24 octobre 1896, p. 618.

Et  la mort d'Alfred Tattet, en novembre 1856, ces tableaux, m'a dit
une personne de sa famille, furent retrouvs dans le grenier o ils
avaient t mis en 1835 et o peut-tre ils sont encore.

Cependant Alfred de Musset et George Sand sont tous deux moralement 
bout de forces; ils ne peuvent plus se voir sans se quereller et n'ont
pas le courage de se quitter. Ils se rencontrent, ils s'crivent
encore, mais le dnouement est proche:

  .....Il me semble comprendre  ta lettre, rpond Musset  un
  billet de G. Sand, que nous ne nous verrons plus avant ton dpart
  et le mien. Je pars lundi; ma place est retenue dans la
  malle-poste de Strasbourg[53]; les derniers mots de ton billet ont
  l'air d'un adieu et un mot de notre dernire conversation m'a
  presqu't le courage de t'en dire un autre. Je suis tonn qu'il
  reste dans mon coeur de la place pour une souffrance nouvelle.
  Qu'il en soit ce qui plat  Dieu.....

  [53] Si Alfred de Musset est parti, ce qui est peu probable, il
  est retourn  Montbard, dans la Cte-d'Or. C'est alors qu'il
  aurait visit la maison de Buffon et crit sur un panneau de la
  boiserie les vers qu'on lui attribue.--Voir  ce sujet la
  plaquette intitule: _Le Centenaire de Buffon. Troyes,
  Mongolfier. 1889._ In-8.

C'est George Sand qui se reprend la premire; le 6 mars, elle crit 
Boucoiran: Aidez-moi  partir aujourd'hui. Et le lendemain, Musset
venant au rendez-vous, trouve la maison vide:


    _A Monsieur Boucoiran, Passage Choiseul, 28._

    Monsieur,

  Je sors de chez Madame Sand et on m'apprend qu'elle est  Nohant.
  Ayez la bont de me dire si cette nouvelle est vraie. Comme vous
  avez vu Madame Sand ce matin, vous avez pu savoir quelles taient
  ses intentions, et si elle ne devait partir que demain, vous
  pourriez peut-tre me dire si vous croyez qu'elle ait quelques
  raisons pour dsirer de ne point me voir avant son dpart. Je n'ai
  pas besoin d'ajouter, que dans le cas o cela serait, je
  respecterais ses volonts.

    ALFRED DE MUSSET.

Cette fois, c'tait fini et bien fini. Ce fut une dtente, un
soulagement:

    _George Sand  Boucoiran_[54].

    9 mars 1835.

  Je suis trs calme, j'ai fait ce que je devais faire; la seule
  chose qui me tourmente, c'est la sant d'Alfred.

  [54] Publi par M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul
  (_Cosmopolis_ puis dans _Vritable Histoire_, etc...).

Pendant un mois environ, elle fut en proie  une sorte de maladie de
langueur, puis le calme vint rellement, et bientt l'indiffrence.

Chez Alfred de Musset, au contraire, l'apaisement parut se faire tout
de suite, mais ce n'tait qu'une apparence trompeuse.

    J'ai vu le temps o ma jeunesse
    Sur mes lvres tait sans cesse
    Prte  chanter comme un oiseau;
    Mais j'ai souffert un dur martyre,
    Et le moins que j'en pourrais dire,
    Si je l'essayais sur ma lyre,
    La briserait comme un roseau.[55]

  [55] _La Nuit de Mai_, crite en mai 1835.--On prtend que
  _toutes les Nuits_ sont adresses  George Sand. Tel n'est pas
  mon avis. Ce n'est pas elle l'inconnue de la _Nuit d'Octobre_ 
  laquelle il dit: Honte  toi qui la premire, etc... Ce n'est
  pas elle l'innomme de la _Lettre  Lamartine_. Je crois qu'il
  faut remonter au moins  l'anne 1828 pour la retrouver. Ce ne
  serait qu'un _Souvenir_, voqu non par une rencontre, comme
  celui de 1841, mais cette fois par une mort.--Mme Wladimir
  Karenine donne son nom: Madame de Groiselliez (T. II, p. 28).

Le 21 juillet, il crivait  son fidle ami:

    _Monsieur Alfred Tattet,  Baden, poste restante._

  Votre lettre, mon cher Alfred, est arrive comme je n'tais pas 
  Paris, ce qui fait que ma rponse est en retard de quelques jours.
  Pour rpondre d'abord  votre question sur ce qui regarde
  Madame.... (Affaire personnelle  Alfred Tattet).... je crois que
  ce que je peux vous dire de mieux, c'est qu'il y a tantt huit ou
  neuf mois, j'tais o vous tes, aussi triste que vous, log
  peut-tre dans la chambre o vous tes, passant la journe 
  maudire le plus beau, le plus bleu ciel du monde et toutes les
  verdures possibles. Je dessinais de mmoire le portrait de mon
  infidle; je vivais d'ennuis, de cigares et de pertes  la
  roulette. Je croyais que c'en tait fait de moi pour toujours, que
  je n'en reviendrais jamais. Hlas! Hlas! Comme j'en suis revenu!
  comme les cheveux m'ont repouss sur la tte, le courage dans le
  ventre, l'indiffrence dans le coeur, par dessus le march! Hlas!
  A mon retour, je me portais on ne peut mieux; et si je vous disais
  que le bon temps, c'est peut-tre celui o l'on est chauve, dsol
  et pleurant! Vous en viendrez l, mon ami. Je vous plains
  aujourd'hui bien sincrement, parce que vous souffrez. Quand vous
  serez guri, vous n'en serez pas fch, soyez-en sr. Tout ce qui
  fait vivre est bon et sain. Je vous promets de vous tenir au
  courant de tout ce que je pourrai savoir....

  Je travaille  force. Combien de temps comptez-vous rester 
  Bade? Adieu. Je suis  vous.

    ALFRED DE MUSSET.

Hlas! Non, Alfred de Musset n'en tait pas revenu. Quelque chose
s'tait bris en lui, laissant une plaie qui saigna jusqu' sa mort.


VI

APRS

Aprs leur rupture, Alfred de Musset avait continu d'crire  George
Sand,  des intervalles plus ou moins longs; une correspondance d'un
nouveau genre, toute amicale, s'tait tablie entre eux:

    _George Sand  Alfred de Musset._

  Avec les gens qu'on n'aime ni n'estime, on peut avoir des
  exigences et ne pas se donner la peine de les motiver. De moi 
  toi, il n'en sera jamais ainsi et je ne te demanderai jamais rien
  sans savoir de toi-mme  quel point tu approuves ma demande.

    [1836]

Lorsqu'au mois de janvier 1836 la _Confession d'un Enfant du Sicle_
parut en librairie, George Sand fit part  Mme d'Agoult de ses
impressions:

  ....Je vous dirai que cette _Confession d'un Enfant du Sicle_
  m'a beaucoup mue en effet. Les dtails d'une intimit malheureuse
  y sont si fidlement rapports depuis la premire heure jusqu' la
  dernire, depuis la _soeur de charit_ jusqu' l'_orgueilleuse
  insense_, que je me suis mise  pleurer comme une bte, en
  fermant le livre. Puis j'ai crit quelques lignes  l'auteur pour
  lui dire je ne sais quoi: que je l'avais beaucoup aim, que je lui
  avais tout pardonn et que je ne voulais jamais le revoir... Je
  sens toujours pour lui, je vous l'avouerai bien, une profonde
  tendresse de mre au fond du coeur; il m'est impossible d'entendre
  dire du mal de lui sans colre, et c'est pourquoi quelques-uns de
  mes amis s'imaginent que je ne suis pas bien gurie....[56]

  [56] Fragment indit d'une lettre date de La Chtre, 25 mai
  1836, publie dans la _Correspondance_ de G. Sand (Paris, C.
  Lvy, in-12, T. I, p. 365), lequel a t publi postrieurement
  par M. Rocheblave dans la _Revue de Paris_ du 15 dcembre 1894,
  p. 812.

Pendant l'hiver de 1837, George Sand vint passer quelques jours 
Paris; ils se retrouvent et ont six heures d'intimit fraternelle,
aprs lesquelles il ne faudra jamais se mettre  douter l'un de
l'autre, ft-on dix ans sans se voir et sans s'crire.

Tu peux disposer de moi comme d'un ami, et compter que je ferai avec
joie tout ce qui te sera agrable, rpond-elle le 19 avril 1838 
Alfred de Musset qui lui avait recommand quelqu'un.

La mme anne ou l'anne suivante, Alfred de Musset impose silence 
Alfred Tattet qui avait racont divers incidents du voyage  Venise:

  J'apprends, mon cher Alfred, que vous avez manqu plusieurs fois
   la parole que vous m'aviez donne de garder le silence sur tout
  ce qui s'est pass en Italie. Cela m'a fait beaucoup de peine,
  d'abord pour vous, qui manquez  votre promesse, et ensuite pour
  moi, qui ai cru, pendant plus de quatre ans, avoir un vritable
  ami.

    T.  v.

    ALFD DE MUSSET.

En 1839, Alfred de Musset crit _Le Pote Dchu_, sorte
d'autobiographie indite, qui ne fut pas termine et dont le manuscrit
a t presqu'entirement dtruit par son frre Paul (il n'en subsiste
plus gure que les divers fragments publis dans la _Biographie_).
Alfred de Musset y dpeint ainsi son tat moral, aprs sa rupture avec
George Sand:

  ....J'tais si sr de moi, que je crus d'abord n'prouver ni
  regret ni douleur. Je m'loignai firement. Mais  peine eus-je
  regard autour de moi, que je vis un dsert.... Je rompis avec
  toutes mes habitudes, je m'enfermai dans ma chambre, j'y passai
  quatre mois  pleurer sans cesse, ne voyant personne.... Plus
  tranquille, je jetai les yeux sur tout ce que j'avais quitt; au
  premier livre qui me tomba sous la main, je m'aperus que tout
  avait chang: rien du pass n'existait plus, ou du moins, ne se
  ressemblait. Un monde nouveau m'apparaissait comme si je fusse n
  de la veille.... Je compris alors ce que c'est que l'exprience,
  et je vis que la douleur apprend la vrit....[57]

  [57] Publi dans la _Biographie_ d'Alfred de Musset par Paul de
  Musset (Charpentier, 1877. 1 vol. in-12, p. 133). J'ai rectifi
  le texte sur l'autographe.--Un autre fragment est dj cit
  ci-dessus.

M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul, dans son livre, cite les
lettres qu'Elle et Lui changrent en 1840  propos de leur
correspondance passe.--Moi-mme ai dj racont dans une lettre
publie par _l'Intermdiaire des chercheurs et curieux_ du 20 novembre
1892, comment M. Jules Grvy, pour Alfred de Musset, et M. F.
Rollinat, pour George Sand, furent chargs, en vue d'un change, de
reconnatre les paquets de lettres confis pour le moment  Gustave
Papet (qui les tenait de Mme Ursule Josse, et j'ajouterai qu'ils
passrent ensuite par les mains de MM. Alexandre Manceau, Ludre
Gabillaud, et enfin mile Aucante, dtenteur actuel) et comment
l'affaire n'aboutit pas.

Dans les premiers jours de 1841, nouvelle rencontre des deux anciens
amants, qui inspire  Alfred de Musset son _Souvenir_[58].

  [58] Publi dans la _Revue des Deux-Mondes_ du 15 fvrier 1841.
  M. Maxime Du Camp, dans ses _Souvenirs Littraires_ (Hachette,
  1882-1883, 2 vol. in-8, T. II, p. 358) fait un rcit diffrent de
  celui de Paul de Musset.

Au commencement de l'anne 1844, Paul de Musset visite l'Italie et son
frre lui rappelle l'ancien amour dans les stances qu'il lui
ddie[59]:

    Toits superbes, froids monuments,
    Linceul d'or sur des ossements,
            Ci-gt Venise!
    L, mon pauvre coeur est rest!
    S'il doit m'en tre rapport,
            Dieu le conduise!
  Mon pauvre coeur, l'as-tu trouv,
    Sur le chemin, sous un pav,
            Au fond d'un verre?
    Ou dans ce grand palais Nani
    Dont tant de soleils ont jauni
            La noble pierre[60]

    . . . . . . . . . . . . . .
    L'as-tu trouv tout en lambeaux
    Sur la rive o sont les tombeaux?
            Il y doit tre.
    Je ne sais qui l'y cherchera
    Mais je crois bien qu'on ne pourra
            L'y reconnatre.

  [59] A mon frre revenant d'Italie, _Revue des Deux-Mondes_, 1er
  avril 1844.

  [60] On peut rapprocher de ces vers, ce passage du 1er chapitre
  de _Lone Loni_ de George Sand:

  ...Nous tions tous deux seuls dans une des salles de l'ancien
  palais Nasi, situ sur le quai des Esclavons et converti
  aujourd'hui en auberge, la meilleure de Venise. Etc...--Alfred de
  Musset crit palais Nani.

En 1854, George Sand, pour repousser les attaques de la _Biographie_
de Mirecourt, adresse une lettre au journal _Le Mousquetaire_[61]:

  ...Je ne dfendrai pas M. de Musset des offenses que vous lui
  faites. Il est de force  se dfendre lui-mme, et il ne s'agit
  que de moi pour le moment. C'est pourquoi je me borne  vous dire
  que je n'ai jamais confi  personne ce que vous croyez savoir de
  sa conduite  mon gard, et que, par consquent, vous avez t
  induit en erreur par quelqu'un qui a invent ces faits. Vous dites
  qu'aprs le Voyage en Italie, je n'ai jamais revu M. de Musset.
  Vous vous trompez, je l'ai beaucoup revu et je ne l'ai jamais revu
  sans lui serrer la main....

  [61] Insre dans le numro du 15 fvrier 1854.

Jusqu' la mort d'Alfred de Musset, survenue comme on sait, le 3 mai
1857, les deux anciens amants restrent plutt amis qu'ennemis. Il n'y
eut jamais de guerre ouverte, ils se dfendirent mme rciproquement
dans plusieurs circonstances et nous avons donn la preuve que plus
d'une fois l'un approuva ce que l'autre avait crit sur tous deux.
Ils se sont querells, ils se sont disputs, d'accord! Mais leurs
diffrends sont rests entre eux et aucune accusation directe n'a t
formule par eux-mmes. Ce sont des amis maladroits et indiscrets, des
ennemis sournois qui, pour les exciter l'un contre l'autre,
dnaturaient les paroles de nos deux hros, qu'il faut rendre
responsables de tout le bruit qui se fit dans les salons et dans la
presse.


VII

DEUX LIVRES

Donc, malgr la correction de leurs relations, vingt mois aprs la
mort d'Alfred de Musset, le 15 janvier 1859, George Sand commenait
dans la _Revue des Deux-Mondes_ la publication de _Elle et Lui_. Il
nous est impossible de trouver le pourquoi de ce livre.

Ce n'est pas une rponse  la _Confession d'un Enfant du Sicle_; nous
avons donn la preuve que George Sand tenait ce rcit pour vrai.
Alors, pourquoi ce silence de vingt annes, si la _Confession_ tait
une accusation mensongre? Pourquoi surtout n'avoir parl que
lorsqu'Alfred de Musset n'tait plus l pour se dfendre?--Ce n'est
pas non plus une attaque directe contre Alfred de Musset, car George
Sand se donnerait  elle-mme un dmenti et renierait toute sa
conduite depuis 1835.

Est-ce le besoin de faire parler d'elle? Non, car par ses romans et
son rle politique en 1848, elle tait parvenue  la clbrit.--Le
besoin d'argent doit aussi tre cart, car,  cette poque, sa
fortune la mettait au-dessus des ncessits de la vie.

Je ne vois qu'une raison plausible: c'est que George Sand, obsde
des instances de ceux qui menaient campagne contre Alfred de Musset,
n'eut pas la volont ncessaire pour leur rsister plus longtemps et
finit, pour se dbarrasser d'eux, par dire ce qu'ils voulaient lui
faire dire, et cela, sans bien se rendre compte des consquences.

_Elle et Lui_ parut, d'abord dans la _Revue des Deux-Mondes_, puis en
volume. Grand tapage au profit de Buloz, mais scandale norme et qui
retomba sur l'auteur. Quelques amis de George Sand, qui dtestaient
Alfred de Musset et avaient toujours essay de lui nuire, furent seuls
 approuver, avec les ennemis personnels du pote; le blme fut
gnral, et il suffit de lire les journaux de l'poque pour s'en
assurer.

M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul nous raconte mme dans
_Cosmopolis_ (p. 763), puis dans sa _Vritable histoire d'Elle et Lui_
(p. 185) que lorsqu'en 1861, il fut demand  l'Acadmie Franaise de
dcerner un prix  George Sand, la publication d'_Elle et Lui_ fut un
des griefs invoqus pour refuser ce prix.

Paul de Musset prit, comme il le devait, la dfense d'Alfred, et
redemanda, sans succs du reste, les lettres de son frre. Alors, sans
rien dire  personne[62], il envoya _Lui et Elle_ au _Magasin de
Librairie_, dirig par Charpentier, l'diteur d'Alfred[63]; ce fut par
cette revue que Mme de Musset mre apprit l'existence d'une rponse:

    _A Monsieur Paul de Musset._

    Dimanche, 10 avril 1859.

  Si tu avais pris, mon cher Paul, la peine de m'crire pour me
  donner tes raisons, comme tu l'as fait dans ta lettre d'hier, je
  n'aurais pas t si vivement impressionne de cette nouvelle
  inattendue, et je m'y serais probablement rendue, comme je le fais
  aujourd'hui. Puisque la chose est faite, et sans remde, je m'y
  soumets, tout en regrettant amrement de n'en avoir rien su
  d'avance. Je trouve ta premire partie brillante de style,
  d'intrt et d'esprit; on ne dira toujours pas de ceci que c'est
  ennuyeux, comme on l'a dit de l'autre. Les portraits sont de main
  de matre et d'une ressemblance vivante.

  Mais j'en reviens  mes inquitudes. Je crois que tu te fais une
  foule d'ennemis irrconciliables. Tous ces personnages existent
  encore; sous leurs sobriquets, ils ne pourront manquer de se
  reconnatre. D'ailleurs, la dame les y aidera. C'est l vraiment la
  plus forte objection que j'ai toujours eue pour cette publication
  qui, dans ma prvision, t'attirera une foule de dsagrments. Si ce
  n'tait cette crainte, je ne pourrais m'empcher d'tre lectrise
  par des pages si belles et si bien crites. Il y en a plusieurs
  d'tonnantes; mais si j'avais t consulte, je t'aurais engag 
  ne pas oublier la scne trange qui s'est passe entre elle et moi
   l'occasion du dpart pour l'Italie.

  Je t'ai racont cent fois, qu'avant de partir, ton frre m'avait
  demand mon consentement  ce triste voyage, et que je l'avais
  obstinment refus; enfin, voyant mon dsespoir, il s'tait jet 
  mes genoux en me disant: Ne pleure pas, ma mre. Si l'un de nous
  deux doit pleurer, ce ne sera pas toi. Ce sont ses propres
  paroles. Tu comprends que je ne les ai jamais oublies; il s'en
  alla, aprs m'avoir rassure, et dclara  la dame qu'il ne pouvait
  partir, qu'il ne pouvait affliger sa mre. Le bon fils! Que fit
  cette femme? A neuf heures du soir, elle prit un fiacre et se fit
  conduire  ma porte. On vint m'avertir que quelqu'un me demandait
  en bas; je descendis, suivie d'un domestique et n'y comprenant
  rien. Je montai dans cette voiture, voyant une femme seule. C'tait
  elle. Alors elle employa toute l'loquence dont elle tait
  matresse  me dcider  lui confier mon fils, me rptant qu'elle
  l'aimerait comme une mre, qu'elle le soignerait mieux que moi. Que
  sais-je? La sirne m'arracha mon consentement. Je lui cdai, tout
  en larmes et  contre coeur, car _il avait une mre prudente_, bien
  qu'elle ait os dire le contraire dans _Elle et Lui_.

  Cette scne a son prix et je suis fche qu'elle ne se trouve pas
  dans ton rcit vridique. Vois si tu peux l'introduire en parlant
  des regrets qu'il laissa derrire lui dans sa famille.

  Adieu, mon cher fils. Je suis peine de t'avoir afflig par ma
  lettre. Le sort en est jet, nous verrons ce que l'avenir nous
  garde.

  Je t'embrasse et t'aime tendrement.

    EDME.

  [62] Depuis la publication de cette tude, une lettre de Paul de
  Musset au compositeur Ed. Garnier, du 2 novembre 1859, est
  parvenue  notre connaissance, dans laquelle il lui dit: ...
  J'ai des engagements pris qu'il serait trop long de vous
  expliquer, des travaux considrables  faire, et, entre autres,
  une biographie aussi complte que possible d'un pote aim, que
  des harpies dchirent, et dont il faut que je prpare une dfense
  crasante pour en finir...

  [63] _Lui et Elle_ est publi dans les livraisons des 10, 25
  avril et 10 mai 1859, et parut en volume  la fin de la mme
  anne, avec la date de 1860.

Certes, Paul de Musset eut raison de rpondre; nous blmons seulement
la manire dont il le fit. On ne riposte pas  un pamphlet par un
autre pamphlet; on ne rfute pas des faits dnaturs dans un sens en
les dnaturant dans le sens contraire. Selon nous, le mieux et t
d'opposer des documents certains  ces histoires plus ou moins
travesties; de publier, en un mot, la correspondance mme des deux
amants,--nous en revenons toujours l.--Paul de Musset pouvait le
faire. George Sand, ayant les originaux, se croyait  l'abri de cette
rplique: elle ignorait qu'Alfred de Musset, aussitt aprs leur
rupture dfinitive, avait confi ses lettres  Mme Caroline Jaubert,
et que celle-ci en avait pris la copie exacte[64].

  [64] C'est du moins ce qu'affirme Paul de Musset dans une note
  manuscrite.

J'ai retrouv, parmi les papiers laisss par Paul de Musset, cette
_clef_ des personnages de _Lui et Elle_, crite par l'auteur lui-mme:

    Olympe de B***           George Sand.
    douard de Falconey      Alfred de Musset.
    Diogne                  Gustave Planche.
    Jean Cazeau              Jules Sandeau.
    Pierre                   Paul de Musset.
    L'diteur                Buloz.
    Caliban                  Boucoiran.
    Hercule                  Laurens.
    Le comte Meretti         [En blanc].
    Le docteur Palmerillo    Le Dr Pagello.
    douard Verdier          Alfred Tattet.
    Hans Flocken             L'abb Liszt.

_Lui et Elle_ ne fit qu'augmenter le tapage: deux camps se formrent
et l'encre coula  flots. Nous ne prtendons pas crire l'histoire de
cette guerre; nous ne voulons plus que citer deux lettres indites, la
premire et la dernire en date, de celles que Paul de Musset
recueillit en cette occasion et dont il forma tout un dossier.

    _Mme Augustine Brohan  Paul de Musset._

    Avenue de Saint-Cloud, 28 mai 1859.

  Je viens de lire _Lui et Elle_, puis _Elle et Lui_. Cela,
  Monsieur, vous sera sans doute fort indiffrent d'avoir mon avis;
  mais votre esprit gnreux comprendra que j'aie voulu vous le
  donner.

  Si vous vous souvenez de mon nom, vous vous souviendrez aussi que,
  pendant de longues annes, notre grand pote, votre frre,
  m'appelait son _amie_, et ami, vritablement je l'tais.
  Simplement, sans que cela ft la suite ou le commencement d'un
  autre voyage du coeur, il lui avait plu de se plaindre  moi de ces
  horribles souffrances qui avaient aigri et chang sa nature
  premire, parce qu'il avait compris quelle sympathie il y avait
  dans mon me pour sa pauvre me brise. Souvent, il m'a dit que
  s'il y avait un remde pour le sauver de cette incurable maladie
  qui le minait, c'est moi qui le saurais trouver. Mais, hlas! quels
  que fussent mes efforts, le besoin d'oublier le replongeait dans
  les tourdissements qu'il recherchait. D'ailleurs, l o votre
  affection chouait, il n'y avait plus de remde.

  Quand la mort, cruelle pour nous qui le perdions, est venue le
  dlivrer, le seul regret qu'on peut raisonnablement avoir tait de
  ne plus rien pouvoir pour lui; qui donc aurait pu jamais supposer
  qu'on et  le venger? Il n'est pas besoin de vous dire quel
  dgot (il n'est pas besoin non plus d'tre femme pour l'prouver,)
  quel dgot, dis-je, prend  la gorge en lisant ce pamphlet d'_Elle
  et Lui_!...

  Assurment, mon intention n'est point de faire de grandes phrases,
  mais comment parler posment de cette audacieuse calomnie, qui a
  tent de ternir la mmoire illustre d'un gnie et d'un coeur comme
  celui que nous pleurons!

  Je ne voulais, Monsieur, que vous dire bonnement que votre rponse
  a dcharg ma colre, dont j'touffais. Je voulais vous remercier
  d'avoir remis dans mon coeur, fidle au souvenir, les mots, les
  ides, les _airs ressemblants_ du cher mort. Vous m'avez donn de
  profondes joies, et je vous devais de vous en dire ma
  reconnaissance.

  Alfred de Musset, vous l'avez bien voulu dire vous-mme,
  appartient  la jeunesse,  ce qui souffre,  ce qui aime, et j'ai
  t jeune en son temps. J'ai souffert,--qui n'a pas souffert?--et
  j'aime un bel enfant qui est le mien,  qui j'apprends  peler
  dans ces belles posies sorties du coeur du pote et qui devaient
  le protger contre tous, quand encore on n'aurait pas eu l'honneur
  d'tre aime de lui.

  Recevez, Monsieur, mes compliments les meilleurs et les plus
  empresss sur la noble faon dont vous avez rempli la tche que
  tout esprit honnte voudrait avoir  remplir.

    BROHAN.

Si vhmente que puisse paratre cette lettre, aujourd'hui que les
esprits sont calms, elle n'gale pas en violence les articles de _La
Correspondance littraire_, du _Journal des Dbats_, de la _Revue
Contemporaine_, etc.

    _Philarte Chasles  Madame Chodzko._

    29 avril 1861.

  Vous devinez avec la grce et la sret de coup d'oeil les plus
  charmantes, chre Madame, tout ce qui peut m'tre cher et
  prcieux. Il n'y a pas d'tre plus noblement dou ni que je vnre
  plus que Madame Dudevant. C'est le premier crivain de cette
  poque, et si Dieu lui avait donn un peu plus de faiblesse,
  c'est--dire un peu plus d'amour, et, avec ce don, un peu plus
  d'indulgence (l'amour n'est que pardon), elle ne serait peut-tre
  pas un peintre aussi incomparable. Elle n'aurait pas non plus
  commis les deux seules erreurs graves de sa vie, de parler de ses
  anctres fminins dans ses Mmoires et d'Alfred de Musset dans son
  livre. Deux malheurs que l'honnte homme a pu se permettre, mais
  que _la femme_, si elle et t plus terriblement femme, n'aurait
  pas admises, alors mme que le vilain monstre pcuniaire et
  corrupteur qui lui a souffl ces crimes contre la dlicatesse
  d'me, l'et encore plus violemment entrane  les commettre.

  Mais il faut accepter ce que Dieu nous donne, la cerise avec son
  poison et l'ananas avec son ivresse et le soleil de l'Inde avec la
  fivre. Il y a chez George Sand un gnie de peinture, une grandeur
  de sentiment, une largeur chaude de style artistique, rares chez
  les gnies les plus rares, qui, mls  une probit et  une
  quit superbes, en font un des plus beaux honneurs de notre
  France actuelle.

  Je serai trs heureux qu'elle veuille bien agrer mon humble
  hommage et je vous remercie bien cordialement d'une entremise qui
  me rend, certes, notre grand homme plus favorable....

  Mille tendres et respectueux remerciements.

    PHILARTE CHASLES.

       *       *       *       *       *

Aujourd'hui, toutes ces haines sont mortes; le pote est couch selon
ses voeux sous le saule qu'il a lui-mme demand:

    Mes chers amis, quand je mourrai,
    Plantez un saule au cimetire;
    J'aime son feuillage plor,
    La pleur m'en est douce et chre,
    Et son ombre sera lgre
    A la terre o je dormirai.

Tandis que l-bas, sous le grand cyprs, la Bonne Dame de Nohant
repose auprs de son fils et de son petit-fils. Alors, pourquoi la
soeur du pote ne veut-elle pas laisser dire toute la vrit et, comme
la famille de George Sand, autoriser la publication des lettres, pour
dissiper toute quivoque? Ni l'un ni l'autre des amants n'a rien  y
perdre, tous deux ont beaucoup  y gagner.




INDEX BIBLIOGRAPHIQUE




INDEX BIBLIOGRAPHIQUE


1833

20 et 25 juin.--Le Temps. Critique de _Un Spectacle dans un Fauteuil_,
par A. G. (2 articles).

11 juillet.--Journal des Dbats. Critique de _Valentine_, par C. R.
(Cuvillier-Fleury).

28 juillet.--Journal des Dbats. Critique de _Un Spectacle dans un
Fauteuil_ et des _Contes d'Espagne et d'Italie_, par J. S.

LLIA, PAR GEORGE SAND. Paris, Dupuis et Tenr, 1833. 2 vol. in-8.

7 aot.--Bagatelle. Critique de _Llia_, par Lottin de Laval.

9 aot.--L'Europe littraire. Les Bas-Bleus, par Capo de Feuillide.

Rimprim dans: CHRONIQUES DU CAF DE PARIS, 1er LIV., LE JEUNE
HOMME. Paris, U. Canel et A. Guyot, 1833. 2 vol. in-8. Tome II, p.
283.

15 aot.--Revue des Deux-Mondes. Critique de _Llia_, par G. Planche.

22 aot.--L'Europe littraire. Critique de _Llia_, par Capo de
Feuillide.

24 aot.--Le Figaro. Il ou Elle. (Sur le duel Planche-De Feuillide).

30 aot.--L'cho de la Jeune France, p. 216. Le Duel de G. Planche et
C. de Feuillide.

1er septembre.--Le Petit Poucet. Le Duel de G. Planche et de C. de
Feuillide.

1er septembre.--Journal des Dbats. Critique de _Llia_, par C. R.
(Cuvillier-Fleury).

29 septembre.--Le National. Critique de _Llia_, par Sainte-Beuve.

4 novembre.--Journal des Dbats. Sur G. Sand,  propos d'_Indiana_,
par J. J. (J. Janin).

29 novembre.--Journal des Dbats. G. Sand et les _Heures du Soir_, par
J. J. (J. Janin).


1834

9 janvier.--L'Europe littraire. G. Sand et J. Sandeau, par A. Luchet.

24 mars.--Journal des Dbats. G. Sand  propos de _Valentine_, par J.
J. (J. Janin).

15 mai.--Revue des Deux-Mondes. 1re Lettre d'un Voyageur, par G. Sand.

15 juillet.--Revue des Deux-Mondes. 2e Lettre d'un Voyageur, par G.
Sand.

15 septembre.--Revue des Deux-Mondes. 3e Lettre d'un Voyageur, par G.
Sand.

1er octobre.--Journal des Femmes. Critique de _Un Spectacle dans un
Fauteuil_, par Mme Cl. Robert.

1er octobre.--Revue des Deux-Mondes. Critique de _Jacques_, par G.
Planche.

15 octobre.--Revue des Deux-Mondes. 4e Lettre d'un Voyageur, par G.
Sand.


1835

1er janvier.--Revue des Deux-Mondes. Une bonne fortune, par Alfred de
Musset.

15 janvier.--Revue des Deux-Mondes. 5e Lettre d'un Voyageur, par G.
Sand.

15 juin.--Revue des Deux-Mondes. La Nuit de Mai, par Alfred de Musset.

15 juillet.--Le Mercure de France. Quelques gens de Lettres dans leur
intrieur, par Une Contemporaine. (Mme Ida Saint-Elme).

15 septembre.--Revue des Deux-Mondes. Fragment de la _Confession d'un
Enfant du sicle_, par Alfred de Musset.

1er dcembre.--Revue des Deux-Mondes. La Nuit de Dcembre, par Alf. de
Musset.


1836

LA CONFESSION D'UN ENFANT DU SICLE, PAR ALFRED DE MUSSET. Paris,
Bonnaire, 1836. 2 vol. in-8.

7 fvrier.--Revue de Paris, p. 53.--Critique de _La Confession_, par
B. Z.

15 fvrier.--Revue des Deux-Mondes. Critique de _La Confession_, par
Sainte-Beuve.

21 fvrier.--Chronique de Paris. Critique de _La Confession_, par C.
A. (Chaudesaigues).

24 fvrier.--La Quotidienne. Critique de _La Confession_ et
comparaison avec _Llia_, par Th. Muret.

1er mars.--Revue des Deux-Mondes. Lettre  Lamartine, par Alfred de
Musset.

10 mars.--Petit Courrier des Dames. Critique et Extrait de _La
Confession_, non sign.

10 mars.--Le Voleur. Critique de _La Confession_, par H. C.

15 mars.--Le Mercure de France. Critique de _La Confession_, par S.-H.
Berthoud.

15 juin.--L'cho de la Jeune France. Critique de _La Confession_, non
sign.

1er juillet.--Revue des Deux-Mondes. Portrait de G. Sand, grav sur
acier par Calamatta, d'aprs Eugne Delacroix.

15 aot.--Revue des Deux-Mondes. La Nuit d'Aot, par Alfred de Musset.

CRITIQUES ET PORTRAITS LITTRAIRES, PAR SAINTE-BEUVE. Paris, Renduel,
1832-1836. 3 vol. in-8.--Tome II, p. 283. Les _Nuits_, la _Confession_
et les _Lettres d'un Voyageur_.

10 octobre.--Petit Courrier des Dames. Note et Extrait de _La Nuit
d'Aot_.


1837

LETTRES SUR LES CRIVAINS FRANAIS, PAR VAN ENGELGOM (Jules Lecomte).
Bruxelles, 1837. 1 vol. in-12.--p. 35. Pourquoi, au thtre, Alfred de
Musset fuyait  la vue de G. Sand.

10 mars.--La Fronde. Critique de _La Confession_, non sign.

5 juin.--Le Voleur. Lettre de G. Sand au vicomte S. de
Larochefoucault.

LETTRES D'UN VOYAGEUR, PAR G. SAND. Paris, Bonnaire, 1837. 2 vol.
in-8.

30 juillet.--Revue de Paris, p. 314. Critique des _Lettres d'un
Voyageur_.


1839

LE POTE DCHU, PAR ALFRED DE MUSSET. OEuvre indite.


1840

LA CONFESSION D'UN ENFANT DU SICLE, PAR ALFRED DE MUSSET. Paris,
Charpentier, 1840. 1 vol. in-12.

26 juillet.--Revue de Paris, p. 289. G. Sand et ses _Lettres d'un
voyageur_.


1841

LES CRIVAINS MODERNES DE LA FRANCE, PAR CHAUDESAIGUES. Paris.
Gosselin, 1841. 1 vol. in-12.--p. 88. Analyse de _La Confession_.
(Reproduction, avec quelques changements de l'article de la _Chronique
de Paris_ du 21 fvrier 1836).

15 fvrier.--Revue des Deux-Mondes. Souvenir, posie, par Alfred de
Musset.


1844

1er avril.--Revue des Deux-Mondes. A mon frre revenant d'Italie,
stances, par Alfred de Musset.--Le Constitutionnel du 6 avril en
publie un extrait.


1846

18 janvier.--L'Artiste. Alfred de Musset, G. Sand et le Voyage en
Italie; les _Nuits_, par H. Vermot. Extrait d'une des _Lettres d'un
Voyageur_, par G. Sand.


1847

21 fvrier.--L'Artiste, p. 249. Jugement de G. Sand sur Alfred de
Musset, par Aug. Desplaces.


1848

21-24 juin.--Le Petit-Fils du Pre Duchne. A propos du pamphlet:
_Amours et intrigues de G. Sand_ (par Brault, in-8).


1850

1er juillet.--L'Artiste. Parallle du talent d'Alfred de Musset et de
celui de G. Sand.


1853

PORTRAITS A LA PLUME, PAR CLMENT DE RIS. Paris, Didier, 1853. 1 vol.
in-12. p. 30. Critique de _La Confession_.


1854

ALFRED DE MUSSET, PAR EUGNE DE MIRECOURT. Paris, Roret, 1854. 1 vol.
in-32.

GEORGE SAND, PAR EUGNE DE MIRECOURT. Paris, Roret, 1854. 1 vol.
in-32.

15 fvrier.--Le Mousquetaire. Lettre de G. Sand  E. de Mirecourt, 
propos de sa _Biographie_.--E. de Mirecourt rpond par une lettre
insre dans le numro du 17 fvrier et toute une polmique s'engage
et se continue jusqu'au 2 mars.

12 mars.--Le Mousquetaire. Critique de _La Confession_, par A. Dumas.

HISTOIRE DE MA VIE, PAR G. SAND. Paris, Lecou, 1854-1855. 20 vol.
in-8.--Tome XVII, p. 219-233. Le Voyage en Italie.


1857

10 mai.--La Gazette de Paris. Sur _La Confession_, par Ph. Audebrand.

13 mai.--Triboulet et Diogne. Alfred de Musset, G. Sand et _La
Confession_, par Ch. de Lavarenne.

9 juin.--Les Contemporains. Comment crivaient Alfred de Musset et G.
Sand, par Mirecourt.


1858

3 juillet.--L'Artiste. Alfred de Musset et G. Sand, par L. Ratisbonne.


1859

ELLE ET LUI, PAR GEORGE SAND. Revue des Deux-Mondes, 15 janvier, 1er
et 15 fvrier, 15 mars.

ELLE ET LUI, PAR GEORGE SAND. Paris, Hachette, 1859. 1 vol. in-12.

LUI ET ELLE, PAR PAUL DE MUSSET. Magasin de Librairie, 10 et 25 avril,
10 mai.

LUI, PAR Mme LOUISE COLET. Le Messager de Paris, du 23 aot au 16
septembre (22 feuilletons).

3 mars.--Journal des Dbats. Critique de _Elle et Lui_, par
Prvost-Paradol.

5 avril.--La Correspondance Littraire. Critique de _Elle et Lui_, par
Ludovic Lalanne.

11 avril.--La Mode. Critique de _Elle et Lui_, par U. Guttinguer.

15 avril.--Revue Anecdotique. Sur _Elle et Lui_, _Lui et Elle_, clef
des personnages.

20 avril et 5 mai.--La Correspondance Littraire. Critique de _Lui et
Elle_, par Lud. Lalanne.

1er mai.--Revue Anecdotique. Rectification de la clef de _Elle et
Lui_.

21 mai.--L'Illustration. Critique de _Elle et Lui_.

24 mai.--Le Sicle. Critique de _Elle et Lui_, _Lui et Elle_, par
Delord.

5 juin.--Le Quart d'heure. Lettre  Paul de Musset, par A. Louvet.

7 juin.--La Gazette de France. Critique de _Elle et Lui_.

15 juin.--Le Pays. Critique de _Elle et Lui_, _Lui et Elle_, par
Barbey d'Aurevilly.

25 juillet.--Le Correspondant. Critique de _Elle et Lui, Lui et Elle_,
par A. de Pontmartin.

15 aot.--Revue contemporaine. Confessions de Deux Enfants du Sicle,
par H. Babou.

18 aot.--Revue de l'Instruction publique. Critique de _Elle et Lui_,
par A. Claveau.

15 octobre.--Revue des Deux-Mondes. Prface de _Jean de La Roche_, par
G. Sand.

1er novembre.--Revue Anecdotique. A propos de _Lui_, extrait du
_Causeur_.

25 novembre.--La Correspondance Littraire. La prface de _Jean de La
Roche_ et Alfred de Musset.

27 novembre.--Journal des Dbats. Critique de _Lui_, par
Cuvillier-Fleury.

10 dcembre.--Magasin de Librairie. Critique de _Lui_, par T. Delord.

L'ANNE LITTRAIRE ET DRAMATIQUE, PAR VAPEREAU. ANNE 1859. Paris,
Hachette. 1 vol. in-12.--p. 63. A propos d'_Elle et Lui_.--p. 91. Sur
_Lui et Elle_.--p. 94. Sur _Lui_.


1860

LUI ET ELLE, par Paul de Musset. Paris, Charpentier, 1860. 1 vol.
in-12.

Lui, PAR Mme LOUISE COLET. Paris, Bourdilliat, 1860. 1 vol. in-12.

EUX, DRAME CONTEMPORAIN, PAR MOI (A. Doinet). Caen, Legost-Clerisse,
1860. 1 vol. in-12.

EUX ET ELLES, par M. de Lescure. Paris, Poulet-Malassis et De Broise,
1860. 1 vol. in-12.

1er janvier.--Revue Anecdotique. Note sur _Eux_, pseudonyme de
l'auteur.

Janvier.--Bentley's quarterly review. tude sur G. Sand.

25 janvier.--La Correspondance Littraire. Critique de _Lui et Elle_,
par Lud. Lalanne.

14 fvrier.--Le Gaulois. Les Amours d'un pote, idylle en 4 colonnes
par A. Delatouche.

19 fvrier.--Le Gaulois. Note relative aux Amours d'un Pote.

JEAN DE LA ROCHE, PAR GEORGE SAND. Paris, Hachette, 1860. 1 vol.
in-12.

1er mars.--Revue Anecdotique. Stances sur _Lui_, par Andra P.

25 mars.--La Correspondance Littraire. A propos des vers d'Andra P.

1er avril.--Revue Anecdotique. Note sur le livre de M. de Lescure.

L'ANNE LITTRAIRE ET DRAMATIQUE, PAR VAPEREAU. 3e ANNE. 1860. Paris,
Hachette. 1 vol. in-12.--p. 145. Des clefs de roman,  propos de _Jean
de La Roche_.


1861

1er mars.--Revue Anecdotique, p. 97. _Elle et Lui_, pastiche en vers,
par Th. de Banville.

1er octobre.--Revue Anecdotique. Clef des personnages de _Lui_.


1862

ALFRED DE MUSSET, PAR ADOLPHE PERREAU. Paris, Poulet-Malassis, 1862. 1
vol. in-12.--p. 21  40. Alfred de Musset et G. Sand, les _Nuits_,
etc...

L'ITALIE DES ITALIENS, PAR Mme LOUISE COLET. Paris, Dentu, 1862. 4
vol. in-12. Tome I. p. 248.


1863

LES MORTS VONT VITE, PAR ALEXANDRE DUMAS. Paris, M. Lvy, 1863. 2 vol.
in-12.--T. II, p. 109, 135, 165. Sur _La Confession_, etc.


1864

15 mars.--Nouvelle Revue de Paris. Critique de _Elle et Lui_.

ALFRED DE MUSSET DEVANT LA JEUNESSE, PAR LISSAGARAY. Paris, Cournol,
1864. Brochure in-8. p. 15. Sur _La Confession_, etc...

19 mars.--La Petite Revue. Rfutation de la confrence de M.
Lissagaray, par Pincebourde.

8 mai.--Le Temps. Rfutation de la confrence de M. Lissagaray, par H.
de Lagardie.


1865

LES POSIES D'ALFRED DE MUSSET, PAR CH. BIGOT, confrence. Nevers,
tous les libraires, 1865. Brochure in-8.--p. 7. Alfred de Musset et G.
Sand, dsespoir du pote trahi.

Juin.--Revue Moderne. Deux Sonnets sur _Chatterton_ d'Alfred de Vigny,
par Alfred de Musset et G. Sand, et lettre de L. Ratisbonne.

Reproduit dans: La Petite Revue, 17 juin 1865.--Gazette Anecdotique,
28 fvrier 1877.--Les Annales, 18 dcembre 1887.--J'ai trouv dans les
papiers d'Alfred de Musset une lettre de Paul de Musset  Louis
Ratisbonne; celui-ci, en sa qualit de directeur de la _Revue Moderne_
avait communiqu au frre du pote le texte des deux sonnets avant
leur publication.

Dans cette lettre, date du 9 mai 1865, publie par nous dans la
_Revue d'Histoire Littraire_ du 15 janvier 1898, Paul de Musset nie
l'authenticit des deux sonnets. D'autre part, M. Georges Jubin met au
jour dans la _Revue Bleue_ du 3 avril 1897 des documents qui
tablissent que George Sand n'a pas compos l'un de ces sonnets et
qu'Alfred de Musset est l'auteur de tous deux. Voir p. 208.

ALFRED DE MUSSET, SES POSIES. LECTURE FAITE A AMIENS le 8 avril 1865,
(par A. Th.) Amiens, Imprimerie de Jeunet, 1865. Brochure in-8, p. 15
 36.


1866

1er avril.--Revue du XIXe sicle. La Littrature de 1830.

OEUVRES D'ALFRED DE MUSSET. dition ddie aux amis du pote, avec une
Notice biographique par son frre. Paris, Charpentier, 1865-1866. 10
vol. in-4.--Tome X, p. 19  27. Le Voyage en Italie, les _Nuits_, la
_Confession_.--p. 32-33. Sur le _Pote Dchu_, le _Souvenir_.

1er dcembre.--Revue du XIXe sicle. Alfred de Musset et G. Sand,
d'aprs Pierre Leroux.


1868

3 octobre.--L'Illustration, p. 211. Les Correspondances de G. Sand
avec Michel de Bourges, M. de La Rounat et Alfred de Musset.


1869

PORTRAITS CONTEMPORAINS, PAR SAINTE-BEUVE. Nouvelle dition. Paris, C.
Lvy, 1869. 5 vol. in-12.--Tome I, p. 516. Lettres de George Sand 
Sainte-Beuve.

UNE GRANDE VICTIME DE L'ESPRIT DE SON TEMPS, ALFRED DE MUSSET, PAR
LUCIEN DEGRON. Caen, Domin, 1869. Brochure in-8, p. 30.


1872

19 octobre.--La Renaissance littraire et artistique. Des livres
crits sur Alfred de Musset et George Sand, d'aprs Champfleury.


1873

LES COULISSES DU PASS, PAR PAUL FOUCHER. Paris, Dentu, 1873. 1 vol.
in-12.--p. 282. Le dsespoir d'Alfred de Musset.--p. 371. Alfred de
Musset et G. Sand dans les _Portraits_ de Sainte-Beuve.

11 mars.--Le Corsaire. Sonnet  G. Sand: Telle de l'Angelus, par
Alfred de Musset.

Reproduit dans: Le Constitutionnel, 12 janvier 1881.--Le Figaro, 15
janvier 1881.--Le Gaulois, 19 aot 1896, etc.


1875

ALFRED DE MUSSET, PAR H. SECRETAN. Lausanne, Imprimerie
Howard-Delisle, 1875. 1 vol. in-8.--p. 68. G. Sand et Alfred de
Musset, fragments de trois lettres de G. Sand  Sainte-Beuve.


1876

31 mars.--Gazette Anecdotique. Critique de _Lui_, par G. d'Heylli.

6 avril.--La Vie Littraire. Alfred de Musset, G. Sand et Mme Colet,
par Maxime Rude.

LA CONFESSION D'UN ENFANT DU SICLE, PAR ALFRED DE MUSSET, orn de 1
portrait et 1 vignette  l'eau-forte. Paris, Charpentier, 1876. 1 vol.
in-32.

ROMANCIERS CONTEMPORAINS, PAR MARIUS TOPIN. Paris, Charpentier, 1876.
1 vol. in-12.--p. 31. Sur _Lui et Elle_, _Elle et Lui_.


1877

BIOGRAPHIE D'ALFRED DE MUSSET, PAR PAUL DE MUSSET. Paris, Charpentier,
1877. 1 vol. in-12. Voir p. 118, 125  132, 139, 144 et 260.

Fvrier.--La Patrie. Sur les sonnets  Alfred de Vigny, par Ed.
Fournier.

25 fvrier.--Le Courrier littraire, p. 364. Critique de _La
Confession_; G. Sand et Musset, par Coriolis.

CATULLE ET ALFRED DE MUSSET, PAR EUGNE ROSTAND. Discours de rception
 l'Acadmie de Marseille, prononc le 4 fvrier 1877. Paris, Hachette
et Cie, 1877. Brochure in-8.--Voir p. 11, 12, 13, 19  29.

14 avril.--L'Homme libre. Lettre d'Alfred de Musset  G. Sand et
stances  G. Sand: Porte ta vie... par Alfred de Musset.

Stances reproduites dans: Le Figaro, 28 avril 1882.--Les Annales
politiques et littraires, 19 avril 1891.--L'Observateur franais, 21
avril 1891.--Le Courrier de Londres et de l'Europe, 26 avril
1891.--Gazette anecdotique, 15 mai 1891.--Le Figaro, 9 mai 1892.--Le
Jour, 11 mai 1892.--Simple Revue, 1er juillet 1894.--Pages d'art et de
sciences (Bruxelles), dcembre 1894.--Saint-Raphal-Revue, 28 juin
1896.--Le Courrier australien (Sidney), 3 octobre 1896.--Le Petit
Temps, 31 octobre 1896.--Le Prcurseur (Anvers), 31 octobre 1896.--La
Revue de Paris, 1er novembre 1896.--Journal des Dbats, 1er novembre
1896.--Fanfulla (Rome), 3-4 novembre 1896.--Il Resto del Carlino
(Bologne), 5 novembre 1896, etc.

ALFRED DE MUSSET, VON PAUL LINDAU. Berlin, A. Hoffmann, 1877. 1 vol.
in-8.--p. 118 et suiv. Alfred de Musset et G. Sand, les _Lettres d'un
Voyageur_, _Elle et Lui_, _Lui et Elle_, _Lui_, etc...


1878

1er mars.--Revue des Deux-Mondes, p. 17. Allusions au Voyage en Italie
fait par G. Sand dans _Leone Leoni_.

15 mars.--Revue des Deux-Mondes. Sur _Elle et Lui_, par
d'Haussonville.

CATALOGUE DE LETTRES AUTOGRAPHES, comprenant les correspondances de
Ph. Chasles, G. Planche et Sauvage. Vente rue des Bons-Enfants le 28
juin 1878. Paris, Charavay, 1878. Brochure in-8.--Nos 141 et 142.
Lettres d'Alfred de Musset  G. Planche et rponse de celui-ci, 8 et
10 novembre 1834. (Provocation en duel  propos de G. Sand et
excuses).

Septembre-octobre.--The North American review. Alfred de Musset et G.
Sand, par T. S. Perry.

LUI ET ELLE, PAR PAUL DE MUSSET, avec deux dessins de Rochegrosse.
Paris, Charpentier, 1878. 1 vol. in-32.

1er novembre.--Revue des Deux-Mondes. Aprs la lecture d'_Indiana_,
stances, par Alfred de Musset.


1879

7 fvrier.--Revue du XIXe sicle. A propos de l'dition in-32 de _Lui
et Elle_, par Ch. Bigot.

SAINTE-BEUVE ET SES INCONNUES, PAR A. PONS. Paris, Ollendorff, 1879.
1 vol. in-12.--p. 115  121. Alfred de Musset, G. Sand, leur
correspondance, extraits, etc...

ALFRED DE MUSSET. SPOWIEDZ' DZIECIECIA WIEKU przklad L. Kaczynskiej.
Warszawa. Nakladem Radakcyl Przegladu Tygodniowego. 1879. 2 vol.
in-16. Traduction de _La Confession d'un Enfant du Sicle_.


1880

UN AMOUR DE MUSSET, PAR AUGUSTE MARIN, comdie en 1 acte, en vers.
Paris, Dentu, 1880. 1 vol. in-12.--Les deux personnages de cette
pice, reprsente pour la premire fois  Marseille, sur le thtre
du Gymnase, le 13 janvier 1880, sont G. Sand et Alfred de Musset. Elle
a t rimprime en 1895 sous le titre de: Un amour de Pote.

THE POET AND THE MUSE, BEING A VERSION OF ALFRED DE MUSSET: La Nuit de
mai, la Nuit d'aot and la Nuit d'octobre, with an Introduction by
Walter Herries Pollock. London, Richard Bentley son, 1880. 1 vol.
in-12.

ALFRED DE MUSSET. LA CONFESION DE UN HIJO DEL SIGLO. Traduccion de R.
G. Madrid. Imprenta de la Gaceta Universal, 1880. 1 vol. in-12.

5 juin.--L'Illustration, p. 358. Sur la Correspondance de G. Sand avec
Alfred de Musset.

Septembre.--Temple Bar magazine (Londres). Alfred de Musset, non
sign.


1881

15 janvier.--Gazette Anecdotique. Note relative  la Correspondance de
G. Sand et d'Alfred de Musset.

29-30 janvier.--El Corriere della Sera (Milan). La Sand e il dottor
Pagello. (Lettre du Dr Pagello, Serenata  G. Sand.)

1er fvrier.--The Fortnightly review (Londres). Tennyson et Alfred de
Musset, par A.-C. Swinburne.--p. 137 et suiv. G. Sand, la
_Confession_, etc...

14 mars.--Le Figaro. George Sand et Pagello, par D***. Traduction de
la lettre de Pagello publie dans le Corriere della Sera.

1er avril.--La Revue Bordelaise. Un mot sur Alfred de Musset et G.
Sand.

1er mai.--L'Illustrazione Italiana (Milan). Le Dr Pagello et G. Sand 
Venise.

15 juin.--Revue des Deux-Mondes, p. 789. Sur G. Sand, _Elle et Lui_,
_Lui et Elle_, par E. Montgut.

DOCUMENTS LITTRAIRES, PAR MILE ZOLA. Paris, Charpentier, 1881. 1
vol. in-12.--p. 101, 207, 224, 276.

22 octobre.--Le Parlement. Note indite de Paul de Musset sur _Elle et
Lui_.


1882

26 avril.--Le Figaro. Lettre de G. Sand o il s'agit d'Alfred de
Musset.

25 juillet.--L'Intermdiaire des Chercheurs. Clef partielle de _Elle
et Lui_.

15 aot.--Revue des Deux-Mondes. Critique de _Elle et Lui_, _Lui et
Elle_, _Lui_, par Maxime Du Camp.

31 aot.--Gazette Anecdotique, p. 97. Alfred de Musset et G. Sand,
d'aprs Maxime Du Camp.

LUIGIA CODEMO. RACCONTI, SCENE, BOZZETTI, PRODUZIONI DRAMATICHE.
Treviso, coi typi di L. Zopelli editore. 1882. 2 vol. in-12 carr.--T.
I, p. 153  188: Sandiana. (G. Sand et Alfred de Musset  Venise,
fragments du Journal de Pagello, Lettre de G. Sand  Pagello, Pagello
 Paris, Serenata  G. Sand, sur _Lui et Elle_, etc...)

3 septembre.--Le Figaro. Stances  G. Sand: Te voil revenu, par
Alfred de Musset, article par Racot. (Extrait des _Souvenirs_ de
Maxime Du Camp).

Stances reproduites dans: La Gazette de France,
1882.--Saint-Raphal-Revue, 28 juin 1896.--La Revue de Paris, 1er
novembre 1896.

19-20 septembre.--La Rpublique Franaise. G. Sand et sa
correspondance, par A. Leroy.

14 octobre.--Le Figaro. Lettre de G. Sand  Mirecourt (dj publie
dans le Mousquetaire, 1854).

LAS NOCHES DE ALFREDO DE MUSSET, versio castellana en verso per
Guillermo Belmonte. Madrid, 1882. 1 vol. in-32.

CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND, 1812-1876. Paris, C. Lvy, 1882. 6 vol.
in-12.--Voir principalement les tomes II et III.

SOUVENIRS LITTRAIRES, PAR MAXIME DU CAMP. Paris, Hachette, 1882-1883.
2 vol. in-8.--Voir tome II, p. 339 et suiv., 348, 360.


1883

25 fvrier.--L'Intermdiaire des Chercheurs. Sur la clef de _Elle et
Lui_.

28 fvrier.--Gazette Anecdotique, p. 112. M. Grvy et l'change des
lettres, d'aprs Le Gaulois.

15 avril.--La Gazette Anecdotique, p. 209. G. Sand, Sandeau et Alfred
de Musset, d'aprs Barbey d'Aurevilly.

4 mai.--Le Gaulois. Sur _Elle et Lui_, _Lui et Elle_.

10 mai.--L'Intermdiaire des Chercheurs. Serenata  G. Sand, par P.
Pagello.

15 mai.--Revue des Deux-Mondes, p. 435. Les Portraits d'Alfred de
Musset et de G. Sand  l'Exposition des Portraits du Sicle.

15 octobre.--Revue des Deux-Mondes, p. 855. Chopin, Alfred de Musset
et G. Sand, d'aprs Liszt.


1884

29 fvrier.--Gazette Anecdotique, p. 105. Des papiers intimes de
George Sand remis  M. Alexandre Dumas fils.

15 mai.--Gazette Anecdotique, p. 275--Note sur Jules Sandeau et _Elle
et Lui_.

VOLUPT, PAR SAINTE-BEUVE. 11e dition. Paris, Charpentier, 1885. 1
vol. in-12, p. 399. Lettre de George Sand  Sainte-Beuve.

LES CONFESSIONS, PAR ARSNE HOUSSAYE. Paris, Dentu, 1885. 4 vol. in-8
(voir anne 1891).--Tome I, p. 271  283.--Tome II, p. 1  37.


1886

CATALOGUE D'UNE COLLECTION D'AUTOGRAPHES, vente du 29 janvier 1886,
Htel Drouot. Paris, tienne Charavay. Brochure in-8.--No 10.
Quatrain  Gustave Planche, par Alfred de Musset, autographe et texte
imprim.

Reproduit dans: L'vnement, 28 janvier 1886.--Le Temps, 28 janvier
1886.--La France, 31 janvier 1886.--Paris, 30 janvier 1886.--Revue de
France, 9 avril 1892.--Le Magasin Littraire, mars 1895, p. 99.

CATALOGUE DE LETTRES AUTOGRAPHES. Vente du 10 mai 1886, Htel Drouot.
Paris, Eugne Charavay. Brochure in-8.--No 226. Lettre de G. Sand 
Pagello et analyse de cette lettre.

30 juin.--Gazette Anecdotique, p. 272. Analyse de la Lettre de G. Sand
 Pagello. (Catalogue du 10 mai 1886).


1887

LES DITIONS ORIGINALES DES ROMANTIQUES, PAR L. DEROME. Paris,
Rouveyre, 1887. 2 vol. in-8.--Tome I, p. 63-64.

3 mai (21 avril).--Rouskya Kourier (Moscou). Alfred de Musset et G.
Sand.

Octobre.--Les Annales de l'Est, no 4.--Alfred de Musset  Bade, par E.
Krantz, lettres indites.


1888

ALFRED DE MUSSET A BADE, PAR MILE KRANTZ, avec lettres indites.
Extrait des Annales de l'Est. Nancy, imprimerie Berger-Levrault,
1888.--Brochure in-8.

3 mars.--Gil Blas. G. Sand et Alfred de Musset, par A. Silvestre.

15 juillet.--La Revue de Paris et Saint-Ptersbourg. Alfred de Musset
et G. Sand en Italie, par A. Houssaye.


1889

27 avril.--Le Figaro. G. Sand, Alfred de Musset et Mme de Belgiojoso,
par A. Houssaye.

10 juin.--La Revue de Paris et Saint-Ptersbourg. Dialogue des morts
et des vivants, par Alceste.


1891

LES CONFESSIONS, PAR ARSNE HOUSSAYE. Tomes V et VI. Paris, Dentu,
1891. 2 vol. in-8.--Tome V, p. 168.

19 avril.--Les Annales Politiques et Littraires. Alfred de Musset et
G. Sand, d'aprs M. A. Brisson.

LA CONFESSION D'UN ENFANT DU SICLE, PAR ALFRED DE MUSSET. Dix
compositions de Jazet graves  l'eau-forte par Abot. Paris, ancienne
maison Quantin, May et Motteroz, 1891. 1 vol. in-4.


1892

TUDES ET RCITS SUR ALFRED DE MUSSET, PAR Mme DE JANZ. Paris, Plon,
1892. 1 vol. in-12.--p. 26  43. G. Sand et Alfred de Musset.

6 mars.--Le Soir (Bruxelles). Sur la correspondance d'Alfred de Musset
et de G. Sand.

5 mai.--La Dpche (Toulouse). Les Femmes d'Alfred de Musset, par
Pierre et Paul.

12 septembre.--The Morning Post (Londres). Alfred de Musset et G.
Sand, d'aprs Maxime Du Camp.

15 octobre.--Revue Bleue. Alfred de Musset et G. Sand, par E. Grenier,
avec extraits de leurs lettres.

20 novembre.--L'Intermdiaire des Chercheurs. La Correspondance
Sand-Musset, par le Dr Cabans.

THE CONFESSION OF A CHILD OF THE CENTURY, BY ALFRED DE MUSSET.
Translated by Kendall Warren. Chicago. C. H. Sergel and Co. 1892. 1
vol. in-12.

21 novembre.--L'clair. La Correspondance de G. Sand et d'Alfred de
Musset.

22 novembre.--The Morning Post (Londres). Sur la correspondance
Sand-Musset.

25 novembre.--L'Estafette. A propos de l'article du Dr Cabans dans
l'Intermdiaire.

25 novembre.--La Gironde (Bordeaux). Note sur la correspondance
Sand-Musset.

26 novembre.--Le Voltaire. Sur les traces perdues de la
Correspondance.

30 novembre.--Gazette Anecdotique, p. 360. Sur la publication de la
Correspondance.

8 dcembre.--L'Indpendance Belge (Bruxelles). L'Affaire de la
Correspondance Sand-Musset, d'aprs le Dr Cabans.

15 avril 1892  15 janvier 1893.--Universit catholique. Les
_Confessions_ de Saint Augustin, J.-J. Rousseau et Alfred de Musset,
par C. Douais (8 art.).


1893

2 janvier.--Le Gaulois. Sur la correspondance Sand-Musset, par H.
Lapauze.

5 janvier.--El Correo (Madrid). La Correspondance Sand-Musset.

6 fvrier.--L'Univers. Critique du cours de M. Benoist.

8 fvrier.--Courrier de l'Ain. Sur le cours de M. Benoist, rponse 
l'Univers, par F. A.

15 et 22 fvrier.--Le Figaro. La Correspondance de G. Sand et de
Sainte-Beuve, par le Vte de Spoelberch de Lovenjoul.

18 fvrier.--L'cho de Paris. Influence de G. Sand sur Alfred de
Musset, par Armand Silvestre.

23 fvrier.--L'vnement. Les Amours de G. Sand.

Mars.--The Nineteenth Century (Londres).--p. 529. Alfred de Musset et
G. Sand, par L. Katscher.

ALFRED DE MUSSET, PAR Mme ARVDE BARINE. Paris, Hachette, 1893. 1 vol.
in-12.--p. 57  90. Alfred de Musset et G. Sand, extraits de leur
correspondance.--p. 94 et 134.

7 mai.--Le Gaulois. Les amoureux clbres: Musset, Sand, Mme de
Belgiojoso.

29 mai.--The Oriental Advertiser (Constantinople). Les Amoureux
clbres, G. Sand, Mme de Belgiojoso et Alfred de Musset. La
Correspondance d'Alfred de Musset et de G. Sand.

3 juin.--Le Gaulois. Des romans  clef, par P. Roche.

15 juin.--Le Monde Thermal. Alfred de Musset et G. Sand, d'aprs Mme
Barine, par Saint-Herem.

24 juin.--Le Sicle. Deux anctres. G. Sand et Alfred de Musset, par
Charley.

26 juin.--Gazette de France. G. Sand et Alfred de Musset, d'aprs Mme
Barine, par E. Bir.

15 juillet.--Le Tlphone. G. Sand et Alfred de Musset d'aprs Mme
Barine, par E. Trolliet.

21 juillet.--Le Temps. Critique du livre de Mme Barine, par A.
Bossert.

23 aot.--Le Moniteur Universel. G. Sand, Alfred de Musset et Pagello,
d'aprs Mme Barine, par R. Doumic.

21 septembre.--Le Gaulois. Alfred de Musset et G. Sand, d'aprs Mme
Barine, par A. Filon.

31 dcembre.--Le Figaro. Sur les portraits de G. Sand dessins par
Alfred de Musset.


1894

11 et 12 fvrier.--Le Gaulois. Sur la correspondance Sand-Musset.

14 fvrier.--La Libert. Ce qui subsiste de la correspondance
Sand-Musset.

17 fvrier.--Paris. A propos des Sonnets  Alfred de Vigny, de G. Sand
et Alfred de Musset.

17 fvrier.--The Irish Times (Dublin). Critique de la confrence de M.
Guilgault sur G. Sand et la _Nuit de Mai_.

15 mars.--Le Soir. Dclaration de Mme Lardin de Musset.

21 mars.--toile Belge (Bruxelles). Sur la correspondance Sand-Musset.

LES LUNDIS D'UN CHERCHEUR, PAR LE Vte DE SPOELBERCH DE LOVENJOUL.
Paris, C. Lvy, 1894. 1 vol. in-12.--p. 149  180. Les lettres
indites de G. Sand.

17 aot.--Le Gaulois. Quand publiera-t-on la correspondance
Sand-Musset?

ALFRED DE MUSSET AF SVEN SODERMANN. Stockolm, 1894. 1 vol. in-8.--p.
98. A. de Musset, G. Sand. Voyage en Italie, les _Nuits_, _Lettres
d'un voyageur_, _Elle et Lui_, _Lui et Elle_, etc.--p. 112. Stances 
G. Sand: Te voil revenu.

2 dcembre.--Courrier de l'Aisne (Laon). Alfred de Musset et G. Sand
en Italie, par A. Houssaye.

15 dcembre.--La Revue de Paris. Une amiti romanesque, G. Sand et Mme
d'Agoult, par S. Rocheblave, avec lettres indites.

ALFRED DE MUSSET, PAR A. CLAVEAU. Paris, Lecne et Oudin, 1894. 1 vol.
in-8--p. 37  52. La Crise, G. Sand, les _Nuits_.


1895

12 janvier.--Le Gaulois. Sur la correspondance Sand-Musset, sa
publication par H. Lapauze.

1er mai.--La Nouvelle Revue. Deux lettres indites de G. Sand 
Sainte-Beuve, par Ch. de Lomnie.

30 juin.--Gazette Anecdotique, p. 112. Dclaration de Mme Lardin de
Musset sur les lettres.

ANONYME. UN AMOUR DE POTE, un acte, en vers. Collection de
l'Impressario. Br. in-16.

Cette pice, qui a, dit-on, pour auteurs MM. Lon d'Agenais et Roger
Dubled, est la rimpression textuelle, sans le plus petit changement,
de celle publie en 1880 sous le titre de _Un Amour de Musset_, par
Auguste Marin. Elle est  deux personnages, G. Sand et Alfred de
Musset, et a t reprsente en janvier 1896 au Thtre Mondain de la
Cit d'Antin.


1896

ALFRED DE MUSSET. LES NUITS ET SOUVENIR. Un portrait d'aprs David
d'Angers et 17 vignettes d'aprs A. Grardin. Paris, Pelletan, 1896. 1
vol. in-8.

24 janvier.--Le Sicle. Critique de _Un Amour de pote_, pice en 1
acte.

23 fvrier.--Journal des Dbats. Critique de l'tude de M. Sven
Sodermann sur Musset (1894).

15 avril.--Le Gaulois. Des romans  clef, _Elle et Lui_, _Lui et
Elle_.

19 avril.--L'Estafette. Projet de M. Rocheblave de publier la
correspondance Sand-Musset.

1er mai et 1er juin. Cosmopolis. La vritable histoire d'Elle et Lui,
par M. le Vicomte de Spoelberch de Lovenjoul (2 articles)[65].

  [65] L'dition de cette Revue, publie  Londres, a donn lieu,
  dans la presse anglaise,  un certain nombre d'articles qui ne
  sont pas tous parvenus  ma connaissance. Rimprime en volume.

7 mai.--The Dundee Advertiser (Dunde). Critique de l'article de M. de
Spoelberch de Lovenjoul.

12 mai.--The Yorkshire Post (Leeds). La vritable histoire d'Elle et
Lui, d'aprs M. de Spoelberch de Lovenjoul.

15 mai.--Revue des Revues. Note sur l'article de M. de Spoelberch de
Lovenjoul.

21 mai.--Horse Guards Gazette. Note sur l'article de M. de Spoelberch
de Lovenjoul.

25 mai.--Paris. Sur _Elle et Lui_. A propos de l'article de M. de
Spoelberch de Lovenjoul.

30 mai.--Le Gaulois. Critique de l'article de M. de Spoelberch de
Lovenjoul, par A. Galdemar.

1er juin.--La Gironde (Bordeaux). Analyse de l'article de M. de
Spoelberch de Lovenjoul et extraits.

3 juin.--Le Radical (Marseille). Analyse de l'article de M. de
Spoelberch de Lovenjoul, avec 5 lettres.

4 juin.--Courrier de l'Aisne (Laon). Analyse de l'article de M. de
Spoelberch de Lovenjoul, avec 2 lettres.

6 juin.--L'cho du Nord (Lille). Analyse et extrait de la lettre de G.
Sand  Pagello.

13 juin.--Revue Encyclopdique, p. 420. Les lettres d'Alfred de Musset
et de G. Sand, d'aprs l'article de M. de Spoelberch de Lovenjoul.

13 juin.--The Saturday Review. Sur la 2e partie de l'article de M. de
Spoelberch de Lovenjoul.

15 juin.--The Daily Free Press (Aberdeen). Elle et Lui, d'aprs M. de
Spoelberch de Lovenjoul.

20 juin.--The Spectator (Londres), p. 879. Critique de l'article de M.
de Spoelberch de Lovenjoul.

10 mai  28 juin.--Saint-Raphal Revue. Alfred de Musset, par Jean
Morin (8 art.). Voir les nos des 17 mai, 21 et 28 juin.

8 juillet.--Journal de Genve. Chronique parisienne, d'aprs M. de
Spoelberch de Lovenjoul.

15 juillet.--Revue d'histoire littraire de la France. Critique de
l'article de M. de Spoelberch de Lovenjoul.

15 juillet.--La Vie contemporaine, p. 139. Les amantes lyriques, par
E. Besnus.

19 juillet.--Le Monde artiste, p. 454. Critique de l'article de M. de
Spoelberch de Lovenjoul et extraits.

19 juillet.--Neue freie Presse (Vienne). Sie und Er, Elle et Lui, par
W.

1er aot.--Revue Hebdomadaire. Un roman vcu  trois personnages:
Alfred de Musset, G. Sand et le Dr Pagello, par le Dr Cabans.

1er aot.--Paris. Alfred de Musset, G. Sand et l'Autre, par Caribert.

2 aot.--L'vnement. Des Lettres, Alfred de Musset et G. Sand, par
Maxime Rude.

2 aot.--Le Voltaire. Histoire d'amour, par Raoul Deberd.

5 aot.--Gil Blas. Alfred de Musset et G. Sand, par Gabriel Seguy.

5 aot.--Journal des Dbats. Critique de l'article du Dr Cabans.

6 aot.--Le Gaulois. Les Femmes de Musset, par H. Lapauze.

Reproduit: cho de la Semaine, 16 aot.

9 aot.--L'clair. Elle, Lui et l'Autre, d'aprs le Dr Cabans.

9-10 aot.--Le Prcurseur (Anvers). Alfred de Musset et G. Sand,
extrait de Paris.

11 aot.--Paris. Les petits papiers, par Caribert.

13 aot.--Journal des Dbats. Sur Alfred de Musset,  propos de
l'article du Dr Cabans, par Ed. Rod.

14 aot.--Le Gaulois. Alfred de Musset et G. Sand, lettres indites,
d'aprs M. Clouard, par H. Lapauze.

15 aot.--Revue de Paris, p. 709. Alfred de Musset et G. Sand, notes
et documents indits, par M. Clouard.

15 aot.--Journal de Rouen, supplment. Sur Alfred de Musset, par Ed.
Rod, extrait du Journal des Dbats.

15 aot.--The Daily Telegraph (Londres). Note sur l'article de M.
Clouard.

16 aot.--Le Progrs de la Cte-d'Or (Dijon). Pagello et G. Sand, par
Jacques de la Beaune.

16 aot.--Annales politiques et littraires. A propos des rcents
articles sur Alfred de Musset et G. Sand.

17 aot.--Le Journal. Viols de tombes, par Jean Richepin.

17 aot.--Journal des Dbats. Critique de l'article de M. Clouard.

19 aot.--Le Prcurseur (Anvers). Sur Alfred de Musset, extrait du
Journal des Dbats.

19 aot.--Journal de Rouen. Note sur l'article de M. Clouard.

19 aot.--Le Patriote (Le Mans). Vieux Cancans, par Eug. Lautier.

19 aot.--La Rpublique Librale (Arras). Deux critiques sur l'article
de M. Clouard, l'une par P. Lebeau, l'autre tire du Journal des
Dbats.

20 aot.--L'vnement. Liaisons et Passions, par P. Pascal.

20 aot.--Rotterdamsche Courant (Rotterdam). Note sur l'article de M.
Clouard.

21 aot.--cho de l'Indre (La Chtre). Lettre parisienne, par Andhr
Bouch.

22 aot.--Le Gaulois. Sur Alfred de Musset, G. Sand et Pagello, par
Solidor.

22 aot.--La Jeune Belgique (Bruxelles). Note sur l'article de M.
Clouard.

22 aot.--Le Voltaire. Dshabillage, par E. C.

24 aot.--Le Gaulois. Comment travaillait G. Sand, par Silvio.

25 aot.--Stamboul (Constantinople). Alfred de Musset et G. Sand,
d'aprs M. Clouard, par Rgis Delboeuf.

25 aot.--Le Procope. Note concernant les rcents articles.

25-26 aot.--Giornale di Sicilia (Palerme). Rflexions  propos d'une
lettre de G. Sand  Alfred Tattet dans la Revue de Paris.

27 aot.--Le Patriote (Le Mans). Alfred de Musset et G. Sand d'aprs
M. Clouard, par Berthelot.

Reproduit: La Gironde (Bordeaux), 27 aot.

28 aot.--Le Charivari. N'crivez jamais, par H. Second.

Reproduit: La France, 4 septembre; Le Patriote Landais
(Mont-de-Marsan), 9 septembre.

28 aot.--Le Figaro. Un roman d'amour, par P. Bourget.

29 aot.--Journal de Rouen. Alfred de Musset et G. Sand, par P.
Bourget, extrait du Figaro.

29 aot.--The Levant Herald (Constantinople). Note sur l'article de M.
Clouard.

29 aot.--L'cho de Paris. G. Sand et Alfred de Musset, par H. Bauer.

30 aot.--Le Gaulois. Alfred de Musset et G. Sand,  propos de
l'article de M. Brisson.

31 aot.--Le Gaulois.--Ce qui sort des tombes, par R. Doumic.

1er septembre.--La Revue de Paris. Erratum concernant l'article de M.
Clouard.

1er septembre.--Revue des Revues. Critique de l'article de M. Clouard.

2 septembre.--L'vnement. Lettres d'amour, par Baude de Maurceley.

ALFRED DE MUSSET ET GEORGE SAND, PAR MAURICE CLOUARD. Extrait de la
Revue de Paris du 15 aot 1896. Paris, Imprimerie Chaix. Brochure
in-8, orne de deux portraits de G. Sand dessins par Alfred de
Musset, du fac-simil de l'Ordonnance du Dr Pagello, et suivie d'un
Index Bibliographique.

4 septembre.--cho de l'Indre (La Chtre). De la critique, par Andhr
Bouch.

5 septembre.--Revue Encyclopdique, p. 619. Note sur G. Sand, Alfred
de Musset et Sainte-Beuve.

5 septembre.--Le Gaulois. La Correspondance Sand-Musset; Lettres de
Mmes d'Albert-Lake, Lina Sand et Lardin de Musset.

6 septembre.--Le Monde lgant (Nice). Une vieille histoire, par
Froufou.

6 septembre.--La Loire Rpublicaine (Saint-tienne). Amours de G. Sand
et d'Alfred de Musset, coupable divulgation.

7 septembre.--La Presse. Lettres dangereuses, par Ch. Formentin.

9 septembre.--L'clair. Le Coucher de la morte, par G. Jollivet.

10 septembre.--L'Abeille de Fontainebleau. Critique de _Alfred de
Musset et G. Sand_ de M. Clouard, par Maurice Bourges.

10 septembre.--Lyon Rpublicain, supplment. Feuilles volantes, par
Raoul Cinoh.

11 septembre.--Il Don Chisciotte (Rome). Un altro amore di G. Sand,
par G. P. Cavalcanti.

11 septembre.--Le Temps. Alfred de Musset et G. Sand,  propos de
Chopin, par C. Bellaigue.

12 septembre.--La Vie parisienne, p. 357. Notes sur les rcentes
publications.

12 septembre.--Courrier d'Italie (Rome). G. Sand d'aprs le Don
Chisciotte.

13 septembre.--Le Courrier (Fourmies). Lettre de Mme Lardin de Musset
 propos de la Correspondance.

13 septembre.--Il Don Chisciotte (Rome). Le plus srieux des trois,
par Febea (Mme Olga Ossani Lodi).

13 septembre.--Journal de Rouen, supplment. A propos des rcents
articles.

14 septembre.--Le Voltaire. Lettres de femme, par Bernard Kahler.

15 septembre.--Review of Reviews (Londres). Critique de l'article de
M. Clouard.

15 septembre.--Nouvelle Revue Internationale. Alfred de Musset et G.
Sand, d'aprs P. Bourget.

16 septembre.--La Lanterne. Choses d'outre-tombe, par Jean Ajalbert.

27 septembre.--Le Rveil (Saint-Girons, Arige). Chronique: Alfred de
Musset et G. Sand, par J. Francoeur.

27 septembre.--Journal d'Alsace (Strasbourg). Alfred de Musset et G.
Sand, d'aprs les articles rcents.

3 octobre.--Courrier Australien (Sydney). Le dml
Sand-Musset-Pagello, non sign.

5 octobre.--La Gazette de France. Petits mnages romantiques, par Ch.
Maurras.

15 octobre.--Revue d'histoire littraire de la France. L'histoire
d'Elle et Lui, d'aprs MM. de Spoelberch, Cabanes et Clouard.

16 octobre.--Le Gaulois. Histoire vridique des amants de Venise, I,
par P. Mariton.

17 octobre.--Le Gaulois. Histoire vridique des amants de Venise. II,
par P. Mariton.

19 octobre.--Gil Blas. Elle et Lui, d'aprs P. Mariton, par L.
Lacour.

19 octobre.--Le Gaulois. La Correspondance Sand-Musset: chez le comte
Alexandre de Musset, par J. Gubert.

19 octobre.--Le Petit Mridional (Montpellier). Sur la non publication
de la correspondance Sand-Musset.

20 octobre.--Le Figaro. G. Sand  Venise, par E.

20 octobre.--Journal des Dbats. Amours de gens de Lettres, par R.
Doumic.

20 octobre.--L'cho de Paris. La Vie de G. Sand et du Dr Pagello 
Venise, III, par P. Mariton.

21 octobre.--L'cho de Paris. G. Sand, Alfred de Musset et Pagello,
IV, par P. Mariton.

21 octobre.--L'claireur (Nice). Amours des Gens de Lettres, extrait
du Journal des Dbats.

21 octobre.--L'vnement. Le mdecin Pagello ou l'amant malgr lui,
par H. Leyret.

21 octobre.--Gil Blas. Eux trois, par Santillane.

21 octobre.--Le Gaulois. Fleurs fanes--Les amants de Venise. (2
articles).

22 octobre.--L'cho de Paris. Examen littraire, par Graindorge:--Mot
d'Alfred de Musset sur G. Sand d'aprs Sainte-Beuve. (2 articles).

22 octobre.--L'vnement. Amours de G. Sand et d'Alfred de Musset, par
Gina Saxebey.

22 octobre.--Le Soleil. La Correspondance d'Alfred de Musset et de G.
Sand, par C. Canivet.--Alfred de Musset, G. Sand, etc., par H.
Duvernois. (2 articles).

22 octobre.--La Dpche (Toulouse). Alfred de Musset et G. Sand, par
Noll.

23 octobre.--Courrier de l'Aisne (Laon). Alfred de Musset, Sand et
Pagello, d'aprs P. Mariton, non sign.

23 octobre.--Le Gaulois. Les Trois, d'aprs le Dr Cabans, par Ch.
Demailly.

23 octobre.--Patriote de Normandie (Rouen). Correspondance d'hommes
clbres, rsum de l'article du Soleil.

24 octobre.--Revue hebdomadaire, p. 609.--Une Visite au Dr Pagello: la
Dclaration de George Sand au Dr Pagello, par le Dr Cabans.

24 octobre.--L'clair. Amours de G. Sand et du Dr Pagello, d'aprs le
Dr Cabans.

24 octobre.--L'vnement. Les amours de G. Sand, par Ferville.

24 octobre.--Le Figaro. Interdiction lance par la famille Sand.--G.
Sand et Pagello, d'aprs le Dr Cabans. (2 articles).

24 octobre.--Franche-Comt (Besanon). Interdiction de la famille Sand
 la Revue Hebdomadaire.

24 octobre.--Le Journal. Affaire Sand-Pagello, interdiction de Mme
Clesinger.

Reproduit: La Libre Parole, 24 octobre.--La Paix, 24 octobre.--Le
Figaro, 25 octobre.

24 octobre.--Le Rappel. Les Correspondances d'Hommes clbres, par H.
Fouquier.

24 octobre.--Le Gaulois. Sand, Musset, Pagello, stances par Brandy and
Soda. Un procs sensationnel, affaire Sand-Pagello, par Tout-Paris. (2
articles).

24 octobre.--Le Monde Illustr, p. 263. Des rcentes publications sur
Alfred de Musset et G. Sand, par P. Veron.

24 octobre.--Revue Politique et Littraire, p. 540. _Journal_ de
Pagello, par Jean Louis.

24 octobre.--Le Soleil. Musset, Sand et Pagello, par C. Canivet.

24 octobre.--Le Temps. Le rcit du Dr Pagello au Dr Cabans; la
_Dclaration_ de G. Sand  Pagello.

24 octobre.--La Vie Parisienne. Ne va-t-on pas bientt finir avec les
amours littraires?

25 octobre.--L'clair. Elle et Eux, la _Dclaration_ de G. Sand 
Pagello, non sign.

25 octobre.--Journal de Bruxelles, supplment. Correspondances et
Rvlations, par Ch. Canivet, extrait du Soleil.

25 octobre.--Le Gaulois. Le vritable propritaire des lettres de G.
Sand.

25 octobre.--La Gironde (Bordeaux). Encore eux, n. s.

25 octobre.--Gil Blas. Cantique des Cantiques, par Santillane.

25 octobre.--Journal de Rouen, supplment. Un procs sensationnel.

25 octobre.--Journal des Dbats. Correspondance d'crivains, par Andr
Hallys.--G. Sand, Pagello et le Dr Cabans, non sign (2 articles).

25 octobre.--La Lanterne.--G. Sand et le Dr Pagello.

25 octobre.--La Patrie.--Autour d'une lettre.--La proprit des
lettres. (2 articles).

25 octobre.--La Presse. Amoureuse, par Ch. Formentin.

25 octobre.--Lyon Rpublicain, supplment (Lyon). Contre Pagello.

25 octobre.--La Rpublique Franaise. Roman d'outre-tombe, par Ad.
Brisson.

25 octobre.--Le Temps. Les amours de G. Sand, par A. B.--Vieux
papiers, par G. Deschamps. (2 articles).

25 octobre.--Lyon Rpublicain (Lyon). Note sur l'interdiction de la
famille Sand.

25-26 octobre.--Les Ardennes (Charleville). Eux et Elles, d'aprs le
Dr Cabans, la _Dclaration_ de G. Sand.

26 octobre.--Le Figaro. Cruauts de l'information, dialogue, par A.
Capus.

26 octobre.--L'claireur (Nice). Le roman  trois, d'aprs le Dr
Cabans.

26 octobre.--Le Petit Niois (Nice). Contre M. Mariton et ses
rvlations.

26 octobre.--Le Gaulois. Les lettres de G. Sand  Alfred de Musset
seront publies, dclaration de M. Aucante, par M. Hutin.

26 octobre.--Gil Blas Mode. Alfred de Musset et G. Sand, par Babiole.

26 octobre.--La Libert. Les amours de G. Sand et d'Alfred de Musset,
par Arnolphe.

26 octobre.--La Paix. Indiscrtions littraires, par douard Beaufils.

26 octobre.--Le Soir. Aprs le festin, par Alex. Hepp.

26 octobre.--Le Soir (Bruxelles). Les rvlations du Dr Cabanes, par
Piccolo.

26 octobre.--Le Stphanois (Saint-tienne). Critique et analyse de
l'article du Dr Cabans.

26 octobre.--La Presse. L'affaire Sand-Musset, par H. Duvernois. (2
articles).

26 octobre.--Gazette de France. Vieux papiers et vieilles flammes, par
G. M.--Publication des Lettres.

26 octobre.--Frankfurter Zeitung (Francfort). George Sand und Dr
Pagello in der Revue Hebdomadaire.

27 octobre.--Le Figaro. Confessions et Correspondances, par G.
Larroumet.--La dclaration de Mme Lardin de Musset au Temps.

27 octobre.--L'vnement. Note sur l'opposition de Mme Lardin de
Musset.

27 octobre.--Le Sicle. Le roman de Venise, les lettres et
l'opposition de Mme Lardin de Musset, par Lo Marchs.

27 octobre.--La Dpche (Toulouse). Paul Mariton, profil, par Nick.

27 octobre.--Le Journal. Elle, Lui et l'Autre, par m.
Bergerat.--Menus propos, par V. de Cottens. (2 articles).

27 octobre.--Le Temps. Pourquoi la famille de Musset s'oppose  la
publication des lettres, dclaration de Mme Lardin de Musset.

27 octobre.--Les Ardennes (Charleville). Elle et Lui, la dclaration
de M. Aucante.

27 octobre.--Le Prcurseur (Anvers). Les amours de G. Sand, d'aprs Le
Temps.

27 octobre.--La Libert. G. Sand et ses amis, rvlations et vieux
papiers, par P. P.

27 octobre.--Berliner Tageblatt (Berlin). Alfred de Musset und G.
Sand, die Korrespondenz.

28 octobre.--Le Charivari. Contre les rvlations du Dr Pagello, sur
G. Sand.

28 octobre.--Le Courrier du Centre (Limoges). Alfred de Musset et G.
Sand, par Clment-Janin.

28 octobre.--L'cho de Paris. G. Sand et Alfred de Musset;
l'opposition de Mme Lardin de Musset.

28 octobre.--L'vnement. Les Hritiers des grands crivains, par
Henri Leyret.

28 octobre.--Berliner Brsen Courier (Berlin). G. Sand et Alfred de
Musset, les nouvelles rvlations de la Revue Hebdomadaire.

28 octobre.--Gil Blas. La Lionne de l'hiver, par Ch. Martel.

28 octobre.--Journal des Dbats. A propos de la Correspondance
Sand-Musset par Maurice Spronck.

28 octobre.--La Paix. Elle et Lui, dialogue, par A. Cerons.

28 octobre.--Paris. Papiers posthumes, par C. de Sainte-Croix.-Lettre
de Mme Lardin de Musset.

28 octobre.--Le Peuple (Lyon). Contre la publication des documents sur
G. Sand et Pagello.

28-29 octobre.--Il Secolo (Milan). Note sur l'interdiction de Mme
Lardin de Musset.

29 octobre.--Les Ardennes (Charleville). Elle et Lui, la lettre de Mme
Lardin de Musset au Temps.

29 octobre.--Le Charivari. Vilenie du scandale actuel.

29 octobre.--El Correo (Madrid). George Sand y Alfredo de Musset, par
X.

29 octobre.--Le Gaulois. Annonce de la publication des Lettres de G.
Sand  Alfred de Musset.--Lettres de G. Sand au _Mousquetaire_ 
l'occasion de la Biographie de Mirecourt, en 1854.

29 octobre.--La Gazette de France. La Correspondance d'Alfred de
Musset et de G. Sand; dclaration de Mme Lardin de Musset.

29 octobre.--Gil Blas. Lettres et Mmoires, par Montjoyeux.--G. Sand
et le fminisme, par Ch. Bardin.

29 octobre.--Le Journal. La Sductrice, par Gustave Geoffroy.

29 octobre.--La Libert. Contre le scandale du jour, par Fabrice
Carr.

29 octobre.--Le Petit Vauclusien (Avignon). Alfred de Musset et G.
Sand, non sign.

29 octobre.--La Presse. Lettres de morts, par Marcel de Barre.

29 octobre.--Le Progrs Artistique. Annonce de la publication des
lettres de G. Sand  Alfred de Musset.

29 octobre.--Le Radical (Marseille). Contre les publications rcentes.

30 octobre.--Le Charivari. Note sur le refus de Mme Lardin de Musset.

30 octobre.--Le Rappel. Nouvelles rvlations, par P. Desachy.

30 octobre.--Le Tlgramme (Toulouse). Amours d'crivains, par A.
Alexandre, suivi d'une Lettre du Dr Cabans relative  M. P. Mariton.

31 octobre.--Don Juan. Laissez donc dormir ces secrets, par
Machecoul.--Amours littraires, stances, par Des Esquintes. (2
articles).

31 octobre.--L'vnement. G. Sand dpeinte par Alfred de Musset dans
son _Histoire d'un Merle Blanc_.

31 octobre.--Le Gaulois. Les vraies lettres de G. Sand  A. de Musset,
analyse et extraits, par H. Lapauze.

31 octobre.--L'Illustration. Les rvlations du Dr Pagello sur G.
Sand.

31 octobre.--Le Journal. Les amants de Venise, extrait du Soleil.--La
question Sand-Musset-Pagello, rponse par P. Mariton.--Analyse et
extraits des lettres de G. Sand  Alfred de Musset. (3 articles).

31 octobre.--Le Matin. Note sur les lettres de G. Sand  Alfred de
Musset.

31 octobre.--Le Monde Illustr, couverture. Vignette satirique par
Guillaume.

31 octobre.--La Petite Rpublique. Dballage posthume, par Mercutio.

31 octobre.--Le Petit Temps. Lettre de G. Sand  Musset, 29 avril
1834.--Trois pomes de Alfred de Musset  G. Sand.

31 octobre.--Le Prcurseur (Anvers). Lettre de G. Sand  Alfred de
Musset, 29 avril 1834.--Stances d'Alfred de Musset  G. Sand: Porte
ta vie.

31 octobre.--Le Dmocrate (Saint-Brieuc). La _Potinite_ aigu (sur
Sand et Musset), par Eddey.

31 octobre.--Neue Zcher Zeitung (Zurich). G. Sand et Alfred de
Musset, rvlations du Dr Cabans sur le Dr Pagello.

31 octobre.--La Semaine Littraire (Genve). Sur les indiscrtions
Sand-Pagello.

31 octobre.--Revue Encyclopdique, p. 762. Alfred de Musset, G. Sand
et le Dr Pagello.

31 octobre.--Le Soleil. Les amants de Venise, par Ch. Maurras.

31 octobre.--L'Univers Illustr. Elle et Lui, la tranquillit des
morts, par Richard O'Monroy.

31 octobre.--La Vigie Algrienne (Alger). G. Sand et le Dr Pagello,
par Pierre Batail.

1er novembre.--La Revue de Paris, p. 1. Lettre de G. Sand  M. mile
Aucante, du 10 mars 1864.--p. 5. Dix-huit lettres de George Sand 
Alfred de Musset.--p. 49. Cinq petits pomes  G. Sand par Alfred de
Musset: 1 Te voil revenu publi en 1882.--2 Puisque votre
moulin, indit.--3 Toi qui me l'as appris, indit.--4 Il
faudra bien t'y faire, indit.--5 Porte ta vie, publi en 1877.

Reproduit, stances: Toi qui me l'appris:--Le Petit Temps, 31 octobre
1896.--Journal des Dbats, 1er novembre 1896.--Fanfulla (Rome), 3-4
novembre 1896.--Il resto del Carlino (Bologne), 5 novembre
1896.--Journal de Maurice, 8 fvrier 1897, etc...

Reproduit, stances: Il faudra bien t'y faire. Le Petit Temps, 31
octobre 1896.--Journal des Dbats, 1er novembre 1896.--Fanfulla
(Rome), 3-4 novembre 1896.--Il resto del Carlino (Bologne), 5 novembre
1896.--Journal de Maurice, 8 fvrier 1897, etc.

1er novembre.--L'cho de Paris. Les hritiers, par E. Lepelletier.

1er novembre.--Journal des Dbats. Analyse et extraits des Lettres de
G. Sand  Alfred de Musset, et trois pomes  G. Sand par Alfred de
Musset.

1er novembre.--Le Matin. Note sur Alfred de Musset et G. Sand, par
Cornly.

1er novembre.--Le Peuple (Lyon). Dballage posthume, par Mercutio.

1er novembre.--La Revue Idaliste, p. 159. La lgende de G. Sand,
discussion des articles de MM. de Spoelberch de Lovenjoul et Clouard,
par S. Rocheblave.

1er novembre.--Revue des Revues. A propos de l'article du Dr Cabans.

1er novembre.--De Amsterdammer Weekblad voor Nederland (Amsterdam).
George Sand en Dr Pagello, par V. L.

1er novembre.--Le Progrs National. George Sand cuisinire  Venise.

1er novembre.--La Chronique Mdicale, p. 641. Une visite au Dr
Pagello, par le Dr Cabans; traduction de la lettre de G. Sand 
Pagello; deux fac-simils de l'criture du Dr Pagello, dans le texte;
un portrait hors texte du Dr Pagello, grav sur bois.

1er novembre.--La Semaine. Contre les publications rcentes.

1er novembre.--Le Gaulois. Approbation du refus de Mme Lardin de
Musset.

2 novembre.--Le Figaro. La dfense de George Sand: extraits des
lettres de G. Sand  M. Regnault, la correspondance Sand-Musset et Mme
Lardin de Musset, par M. Amic.

2 novembre.--La Petite Gironde (Bordeaux). Analyse et extraits des
lettres de G. Sand  Alfred de Musset.--Contre les rcentes
publications. (2 articles).

2 novembre.--Magdeburgische Zeitung (Magdebourg). Die Briefe von
George Sand.

2 novembre.--Le Journal.--Un coeur simple, par Marcel Prvost.

2 novembre.--Le Petit Parisien. Elle et Lui, par Valensol.

2 novembre.--Der Zeitgeist (Berlin). Alfred de Musset, G. Sand et le
Dr Pagello.

2-3 novembre.--Indpendance Belge (Bruxelles). La correspondance de G.
Sand avec Alfred de Musset.

2-3 novembre.--Charivari. Interview de Mme Maria Feliga, sur G. Sand,
extrait du Gil Blas.

3 novembre.--Gil Blas. Sur l'article de M. Amic au Figaro.

3 novembre.--Journal des Dbats. Critique de l'article de M. Amic.

3 novembre.--Heraldo de Madrid. Papeles viejos, non sign.

3 novembre.--Le Prcurseur (Anvers). Extraits des Lettres de G. Sand 
Alfred de Musset.

3 novembre.--Le Smaphore (Marseille). Dclaration de M. le Cte
Alexandre de Musset, d'aprs le Gaulois.

3-4 novembre.--Fanfulla (Rome). Giorgio Sand e Alfredo de Musset.
Extraits des lettres et posies publies par la Revue de Paris.

4 novembre.--Le Gaulois. Rminiscence d'une lettre de G. Sand dans _On
ne badine pas avec l'amour_.

Reproduit dans: L'vnement, 5 novembre 1896.--Journal de Vichy, 8
novembre 1896.--Revue Encyclopdique, 21 novembre 1896.--Le Stphanois
(St-tienne), 6 novembre 1896.--cho de la Semaine, 31 janvier
1897.--Le Journal, 20 fvrier 1897.--L'Intermdiaire des Chercheurs,
10 mars 1897.

4 novembre.--Gil Blas. Juges en Jugement, par Ch. Martel.

4 novembre.--L'vnement. Note sur l'article du Temps relatif  M. de
Spoelberch de Lovenjoul.

4 novembre.--La Libert. Les lettres de Alfred de Musset  G. Sand
chez M. de Spoelberch de Lovenjoul.

4 novembre.--La Mdecine Moderne. Musset, Sand et le Dr Pagello, par
F. H.

4 novembre.--Le Tlgramme (Toulouse). A propos des Ncrophores, par
mile Delbousquet.

4 novembre.--Le Temps. Une visite au Vte de Spoelberch de Lovenjoul:
l'album des dessins de Musset, G. Sand et son mari, par Ad. Brisson.

4 novembre.--Courrier de l'Ain (Bourg). Les publications posthumes,
par J. R.

5 novembre.--Gil Blas. Les lettres d'Alfred de Musset  G. Sand chez
le Vte de Spoelberch de Lovenjoul.

5 novembre.--Bordeaux-Journal (Bordeaux). G. Sand et J. Sandeau,
Alfred de Musset et l'absinthe, par Alceste.

5 novembre.--Rheinisch Westfalische Zeitung (Essen). Der Korrespondenz
von George Sand mit Alfred de Musset.

5 novembre.--Lyon Rpublicain, suppl. (Lyon). Les lettres de G. Sand 
Alfred de Musset, analyse et extraits, 1, par H. Lapauze.

5 novembre.--Le Soir. Lettres posthumes, par Lorenzi de Bradi.

5 novembre.--Le Soir (Bruxelles). Fleur de Scandale, par Van de Wiele.

5 novembre.--Le Soleil. Le scandale Sand-Musset, par A. Claveau.

5 novembre.--Le Temps. La littrature dans la passion de G. Sand et
d'Alfred de Musset; rminiscences dans _On ne badine pas avec
l'amour_.

24 octobre-5 novembre.--Novoe Wremya (Ptersbourg). Les amours
d'Alfred de Musset, de G. Sand et du Dr Pagello.

5 novembre.--Il resto del Carlino (Bologne). Trois pomes  G. Sand,
par Alfred de Musset.

6 novembre.--L'vnement. La bonne dame, par Ludovic Hamilo.

6 novembre.--Fanfulla (Rome). Critique de l'article de M. Amic dans le
Figaro.

6 novembre.--Frankfurter Zeitung (Francfort). Die Briefe der G. Sand
an Alfred de Musset.

6 novembre.--Le Gaulois. Note sur le prt d'argent fait par G. Sand 
Alfred de Musset.

6 novembre.--Berliner Tageblatt (Berlin). Briefe der G. Sand an Alfred
de Musset.

6 novembre.--Hannoverschers Tageblatt (Hanovre). Erinnerungen an
George Sand.

(?) novembre.--Knigsburger Hartungsche Zeitung (Koenigsberg). Alfred
de Musset und G. Sand, der Korrespondenz.

6 novembre.--Le Journal. Les amants de Venise (avec extraits de leurs
lettres), par M. Clmenceau.

25 octobre-6 novembre.--Novoe Wremya (Ptersbourg). Note sur
l'article de M. Amic dans le Figaro.

6 novembre.--Le Soir. Documents sur G. Sand et Alfred de Musset chez
M. de Spoelberch de Lovenjoul.

6 novembre. La Tribuna (Rome). G. Sand et Alfred de Musset, par
Rastignac.

7 novembre.--Charivari. Elle et Lui, dialogue par Rigolet.

7 novembre.--Il resto del Carlino (Bologne). Les lettres de G. Sand 
Alfred de Musset, rminiscences dans _On ne badine pas avec l'amour_.

7 novembre.--Le Moniteur Universel. La correspondance de G. Sand et
d'Alfred de Musset, par M. Trolliet.

7 novembre.--La Vie Parisienne. De quelques amours clbres et de la
faon de les exprimer, par M.--Les lettres de G. Sand  Alfred de
Musset dans la Revue de Paris, par A. A. (2 articles.)

7-8 novembre.--Giornale di Sicilia (Palerme). Extraits des lettres de
G. Sand  Alfred de Musset, traduction.

8 novembre.--La Chronique Illustre, p. 36. Indiscrtions des
rvlations actuelles.--p. 42. Le Don Juan de G. Sand (_Llia_) et
celui de Musset (_Namouna_).

8 novembre.--Elbinger Zeitung (Elbing, Prusse). Die Liebesbriefe der
G. Sand.

8 novembre.--Fanfulla (Rome). Sur un prt d'argent fait par G. Sand 
Alfred de Musset.

8 novembre.--Gnral Anzeiger (Hambourg). Alfred de Musset, G. Sand et
Sainte-Beuve.

8 novembre.--La Illustracion Espaola y Americana (Madrid). Alfred de
Musset, G. Sand et les rvlations du Dr Pagello.

8 novembre.--La Nouvelle Mode. Alfred de Musset, G. Sand et le Dr
Pagello, par Acton.

8 novembre.--Lyon Rpublicain, supplment (Lyon). Les lettres de G.
Sand  Alfred de Musset, analyse et extraits, 2 et fin, par H.
Lapauze.

9 novembre.--L'cho de Paris. L'ombre d'Elle et l'ombre de Lui, par F.
Vanderem.

9 novembre. Express (Lige). Contre les publications actuelles.

9 novembre.--Express (Lyon). A propos des rvlations sur G. Sand et
le Dr Pagello.

9 novembre.--Kieler Zeitung (Kiel). Das Liebesverhaltnitz zwischen
Alfred de Musset und der G. Sand.

9 novembre.--La Petite Gironde (Bordeaux). Causerie Bordelaise, par
Argus (sur G. Sand, A. de Sze, Alfred de Musset, etc... d'aprs le
Vte de Spoelberch de Lovenjoul).

9 novembre.--Le Rpublicain (Orlans). Extraits des lettres de G. Sand
 Alfred de Musset.

9 novembre.--The St.-James-Gazette (Londres). G. Sand, Alfred de
Musset and Dr Pagello.

9 novembre.--La Tribuna (Rome). Alfred de Musset, G. Sand et le Dr
Pagello.

9-10 novembre.--Corriere della Sera (Milan). Le lettere di Giorgio
Sand ad Alfredo di Musset.

10 novembre.--Le Figaro. Lettre de Mme Lardin de Musset demandant la
restitution des autographes des lettres d'Alfred de Musset.

10 novembre.--The Globe (Londres). An old romance revived.

10 novembre.--Stamboul (Constantinople). Sur la publication des
lettres de G. Sand  Alfred de Musset et des posies d'Alfred de
Musset  G. Sand.

11 novembre.--L'clair. Lettre de Mme Lardin de Musset au Figaro.

11 novembre.--Journal pour Tous. Le voyage d'Alfred de Musset et de G.
Sand en Italie, extrait de la _Biographie_ par Paul de Musset.

11 novembre.--Le Petit Marseillais (Marseille). Le plus heureux des
trois, les lettres de G. Sand  Alfred de Musset, par A. Theuriet.

11-12 novembre.--Giornale di Sicilia (Palerme). Intermezzi mondani:
Rileggendo, par Iobi.

12 novembre.--Le Rveil (Villeneuve-sur-Lot). Dceptions causes par
les rvlations actuelles.

12 novembre.--Pester Lloyd (Budapest). Alfred de Musset und G. Sand,
par Ferdinand Borosthauh.

12-13 novembre.--Giornale di Sicilia (Palerme). Note sur un prt
d'argent fait par G. Sand  Alfred de Musset.

13 novembre.--Fanfulla (Rome). Traduction de la lettre de Mme Lardin
de Musset au Figaro.

13 novembre.--Paris. Vivisection posthume, par H. Card.

13 novembre.--La Tribune (Laon). Dshabillage posthume, par Mme
Gaspard, avec extraits des lettres de G. Sand.

14 novembre.--Angers-Thtre (Angers). Note sur la lettre de Mme
Lardin de Musset au Figaro.

14 novembre.--Le Gaulois. Alfred de Musset dans les lettres de G. Sand
 Sainte-Beuve, par H. Lapauze.

14 novembre.--The New Saturday. (Londres). Elle et Lui, histoire des
amants de Venise.

14 novembre.--Le Progrs mdical, p. 391. Les mdecins amants:
Pagello, Rebizzo, Alfred de Musset et G. Sand, par M. Baudouin.

14 novembre.--The Publisher Circular (Londres). Sur l'article de M.
Brisson et la lettre de Mme Lardin de Musset.

14 novembre.--Revue Encyclopdique. Les prochaines rvlations de
Pagello, 1 portrait et 1 fac-simil d'autographe du Dr Pagello, 1
portrait d'Alfred de Musset et 3 portraits de G. Sand.

14 novembre.--L'Univers illustr. Sur Alfred de Musset et G. Sand, par
Richard O'Monroy.

15 novembre.--La Revue de Paris, p. 276-301. Dix-sept lettres de
George Sand  Sainte-Beuve (dont plusieurs relatives  Alfred de
Musset). 1re partie.

15 novembre.--Le Courrier Franais. Variations sur les amants de
Venise, triolets par R. Ponchon.

15 novembre.--L'cho de la Semaine, p. 106. Correspondance d'Alfred de
Musset et de G. Sand, par E. Trolliet.

15 novembre.--L'cho du Mexique (Mexico). Mot de Alfred de Musset sur
G. Sand.

15 novembre.--Gazette Anecdotique, p. 641. G. Sand et Alfred de
Musset, par G. d'Heilly.

15 novembre.--L'Illustrazione Italiana (Milan), p. 327. Il romanzo
Sand-Musset-Pagello, I, par Raffaello Barbiera, avec 2 portraits en
phototypie du Dr Pagello.

15 novembre.--Lyon rpublicain, supplment (Lyon). Suite du dballage
des petits papiers, par Jumelles.

15 novembre.--La Libert. Alfred de Musset et G. Sand dans les lettres
de G. Sand  Sainte-Beuve.

15 novembre.--Revue des Revues, p. 376-386. Extraits des lettres de G.
Sand  Alfred de Musset.

15 novembre.--Le Tam-Tam. Les Vide-Cuvettes, par Achille Lefranc.

15 novembre.--Le Temps. Alfred de Musset dans les lettres de G. Sand 
Sainte-Beuve.

15 novembre.--Thtre illustr (Angers). Note sur la lettre de Mme
Lardin de Musset au Figaro.

15 novembre.--Le Soir. Note sur le dml Sand-Musset, par B. de
Lomagne.

15-16 novembre.--Journal gyptien (Le Caire). Trois petits pomes  G.
Sand par Alfred de Musset.

16 novembre.--Le Gaulois. Testament littraire de G. Sand, sa lettre 
A. Dumas fils.

16 novembre.--Gil Blas. L'Amour qui cause, par L. Lacour.--Encore
Elle, les lettres de G. Sand  Sainte-Beuve, par Santillane. (2
articles.)

16 novembre.--La Gironde (Bordeaux). Alfred de Musset dans les lettres
de G. Sand  Sainte-Beuve.

16 novembre.--Le Journal. Les exhumations Sand-Musset-Hugo, par A.
Silvestre.

16 novembre.--Journal des Dbats. Alfred de Musset dans les lettres de
G. Sand  Sainte-Beuve.

16 novembre.--La Libert. Sur les publications actuelles: Musset,
Sand, Sainte-Beuve, Hugo.

16 novembre.--Le Temps. Note sur des ngociations qui auraient t
engages par la Revue des Deux-Mondes avec la famille de Musset.

17 novembre.--Gil Blas. Fminits, par Colombine.

18 novembre.--L'Avenir de la Vienne (Poitiers). Fleurs fanes, par
mile Chasles.

19 novembre.--Le Journal. Lettres d'amour, par F. Coppe.

19 novembre.--Le Temps. Mozart, G. Sand et Alfred de Musset,  propos
de Don Juan, par J. Claretie.

20 novembre.--The St.-James Budget (Londres). G. Sand, Alfred de
Musset and Dr Pagello.

20 novembre.--Le Rpublicain Orlanais (Orlans). Alfred de Musset
dans les lettres de G. Sand  Sainte-Beuve.

21 novembre.--Le Voltaire. Petits papiers, par V. de Cottens.

21 novembre.--La Revue Parisienne. Les rvlations de G. Sand dans ses
lettres  Alfred de Musset et  Sainte-Beuve.

21 novembre.--Neue Brger Zeitung (Neustadt). Die Liebesbriefe der
George Sand an Alfred de Musset.

22 novembre.--Journal de Rouen (Rouen). Les rvlations de G. Sand
dans ses lettres  Alfred de Musset et  Sainte-Beuve.

22 novembre.--Journal de Marseille (Marseille). A propos des
rvlations sur G. Sand et sur Alfred de Musset, le livre de M.
Rostand, publi en 1877, I, non sign.

22 novembre.--L'Illustrazione Italiana (Milan), p. 346. Il romanzo
Sand-Musset-Pagello, II, par Raffaello Barbiera.

23 novembre.--Argonaut (San Francisco). A Literary scandal, by Dorsey.

23-24 novembre.--Journal de Marseille (Marseille). A propos des
rvlations sur G. Sand et sur Alfred de Musset, etc..., II et fin.

24 novembre.--Le Temps. A propos de _Lorenzaccio_, Alfred de Musset et
G. Sand  Venise, par A. Aderer.

24 novembre.--Le Journal. De la critique actuelle, rve et ralit,
par E. Zola.

18-25 novembre.--Le Tout-Biarritz (Biarritz). Mmoires et
correspondances, par Valmy Baysse.

25 novembre.--Le Figaro. Les lettres de G. Sand  Alfred de Musset et
 Sainte-Beuve, par F. Lemaitre.

25 novembre.--Le Gaulois. La Conception de l'amour chez Alfred de
Musset; Alfred de Musset et G. Sand,  propos de _Lorenzaccio_.

25 novembre.--Le Sicle. Sainte-Beuve, G. Sand et Alfred de Musset par
Leo Marchs.

13-25 novembre.--Novoe Wremya (Ptersbourg). Alfred de Musset et G.
Sand, extraits des lettres.

25-26 novembre.--Giornale di Sicilia (Palerme). Posie du Dr Pagello 
une dame: Mentre la folla spia.

26 novembre.--Le National. Tombes ouvertes, n. sign.

26 novembre.--Le Sicle de Lyon (Lyon). Sainte-Beuve, Alfred de Musset
et les lettres de G. Sand.

27 novembre.--The Pall Mall Gazette (Londres). The romance of G. Sand
revived.

27 novembre.--Gil Blas. Alfred de Musset et G. Sand  propos des
potes  l'Odon, par Ch. Martel, et des Mmoires de Got, par M.
Guillemot. (2 articles.)

28 novembre.--La Petite Rpublique. La Vrit, par H. Brissac.

28 novembre.--L'Art et la Mode, p. 896. G. Sand et Alfred de Musset.

28 novembre.--The Queen (Londres). Sur la lettre de G. Sand 
Alexandre Dumas fils.

28 novembre.--The Publisher Circular (Londres). Sur les lettres de G.
Sand  Alfred de Musset et  Sainte-Beuve.

28 novembre.--Le Moniteur Universel. Sur les correspondances de V.
Hugo, Sainte-Beuve, Alfred de Musset et G. Sand, par L. Barracaud.

28 novembre.--Le Courrier des tats-Unis (New-York). Sur la lettre de
Mme Lardin de Musset au Figaro.

28-29 novembre.--La Meuse (Lige). Anecdote sur G. Sand.

29 novembre.--L'vnement. Note sur la publication des Lettres
d'amour.

29 novembre.--Les Annales politiques et littraires, p. 339. Le talent
d'Alfred de Musset (_Les Nuits_), par E. Faguet.

29 novembre.--Le Radical (Marseille). La Vrit, par H. Brissac.

29 novembre.--L'Illustrazione Italiana (Milan), p. 362. Il romanzo
Sand-Musset-Pagello, III et fin, par Raffaello Barbiera.

30 novembre.--Le Gaulois. Souvenirs de la crise de Venise dans _On ne
badine pas avec l'amour_, par A. Galdemar.

30 novembre.--The Freemans Journal (Dublin). Alfred de Musset et G.
Sand, Mrime et Sainte-Beuve, Correspondances.

22-30 novembre.--Nouvelle Revue Internationale, p. 733. Les amours de
G. Sand et d'Alfred de Musset, par H. de Beautiran.

1er dcembre.--Revue des Revues. Critique de la correspondance de G.
Sand et de Sainte-Beuve.

1er dcembre.--La Revue de Paris, p. 559. Lettres de G. Sand 
Sainte-Beuve, II et fin.

1er dcembre.--The Siam Free Press (Bangkok). Alfred de Musset et G.
Sand.

1er dcembre.--Revue d'art dramatique, p. 107. Alfred de Musset et G.
Sand dans _On ne badine pas avec l'amour_, par R. Sparck.

1er dcembre.--Revue illustre, p. 372. Les rvlations actuelles sur
Musset et G. Sand, par C. Legrand.

1er dcembre.--La poca (Madrid). Arte y vida, por Zeda.

1er dcembre.--Mercure de France, p. 556. Alfred de Musset, G. Sand et
le Dr Pagello.

1er dcembre.--Le Magasin littraire, p. 455-456. Les lettres de G.
Sand  Alfred de Musset et  Sainte-Beuve. Portraits d'Alfred de
Musset d'aprs E. Lami et de G. Sand d'aprs E. Delacroix.

2 dcembre.--Le Temps. Sur la 2e partie des Lettres de G. Sand 
Sainte-Beuve.

3 dcembre.--L'clair. Notes sur la correspondance
Sand-Musset-Sainte-Beuve.

3 dcembre.--Gil-Blas. Le scandale Sand-Musset,  propos du _Livre
d'Amour_ de Sainte-Beuve.

3 dcembre.--La Paix. Droit au silence, par J. Merac.--G. Sand et les
rvlations de M. Marieton. (2 articles.)

4-5 dcembre.--Giornale di Sicilia (Palerme). G. Sand et d'Alfred de
Musset, par Iobi.

5 dcembre.--Le Figaro. Mademoiselle Byron, par J. Aicard.

5 dcembre.--Heraldo de Madrid (Madrid). Note sur la correspondance de
G. Sand et d'Alfred de Musset  propos de la 1re reprsentation de
_Lorenzaccio_.

5 dcembre.--La Patrie (Montral). Le club des silencieux, par M.
Guillemot.

5 dcembre.--The Publisher Circular (Londres). Chez M. de Spoelberch
de Lovenjoul: les dessins de Alfred de Musset sur l'album de G. Sand.

6 dcembre.--Les Annales politiques et littraires, p. 360. G. Sand et
le Voyage en Italie,  propos de _Lorenzaccio_, par G. Geoffroy.

6 dcembre.--World (New-York). Comments on the newly published
letters of G. Sand to Alfred de Musset, by Mrs Anna de Koven.

7 dcembre.--Mail and Express (New-York). Alfred de Musset and G. Sand
by R. H. Stoddard.

7 dcembre.--La Patrie (Montral). Rponse  M. H. Garneau, par
Franoise.

9 dcembre.--La Dpche (Toulouse). De la gloire: diffrence de la
douleur chez Alfred de Musset et chez Chopin, trahis tous deux par G.
Sand, par A. Silvestre.

9 dcembre.--Le Libral (Cambrai). Sur le discrdit occasionn par la
publication des petits papiers, par H. Gibout.

9 dcembre.--Taegliche Rundschau (Berlin). Note sur les rvlations de
la Revue hebdomadaire.

10 dcembre.--Le Correspondant, p. 831. La littrature indiscrte, par
H. Chantavoine.

10 dcembre.--The English Mail (Francfort-Mein). The romance of G.
Sand revived.

12 dcembre.--La Revue hebdomadaire, p. 251. Les lettres d'Alfred de
Musset  G. Sand, une lettre inconnue, par O. Uzanne.

12 dcembre.--The Evening Post (New-York). L'actualit d'Alfred de
Musset.

12 dcembre.--Torch. (Londres). Note sur Alfred de Musset et G. Sand.

13 dcembre.--Le Journal illustr. Musset-Sand-Pagello, les Chercheurs
et M. J. Lemaitre, par Alf. Barbou.

13-14 dcembre.--Het Vaderland (La Haye). Les rvlations sur Alfred
de Musset et G. Sand.

14 dcembre.--Le Charivari. N'est-ce pas bientt fini?

14 dcembre.--Journal de Rouen. Le Dr Pagello dfendu par le Marquis
Paulucci di Calboli.

14 dcembre.--Journal des Dbats.--Le Dr Pagello dfendu par le
Marquis Paulucci di Calboli.

15 dcembre.--Le Charivari. Fragments de deux lettres de G. Sand sur
Alfred de Musset.

15 dcembre.--L'vnement. Le Dr Pagello dfendu par le Marquis
Paulucci di Calboli.

15 dcembre.--La Nouvelle Revue, p. 852. Sur les exhumations
actuelles, par E. Ledrain.

15 dcembre.--La Petite Gironde (Bordeaux). Pour Pagello, par P. B.

15 dcembre.--Revue des Revues, p. 570. Pagello pote, par R. Paulucci
di Calboli, avec un portrait du Dr Pagello.--G. Sand intime, ses
lettres  l'abb Rochet. (2 articles.)

15 dcembre.--Review of Reviews (Londres). Les lettres de G. Sand 
Alfred de Musset.

15 dcembre.--La Quinzaine, p. 542. L'envers des Grands Hommes, par
Gabriel Aubray.

15 dcembre.--Simple Revue, p. 369. Alfred de Musset et G. Sand, par
G. Wernert.

16 dcembre.--Le Figaro. Les premires amours de Musset et de G. Sand,
avec extraits de leurs lettres, par P. Mariton.--Jugement de
Lamartine et de Renan sur la liaison de G. Sand avec Alfred de Musset.
(2 articles.)

16 dcembre.--Journal de Maurice (Port-Louis, le Maurice). Romans
d'outre-tombe, par Ad. Brisson.

17 dcembre.--L'vnement. Lui, toujours; Elle, toujours, par Le
Sphinx. (V. Brunires.)

17 dcembre.--Le Figaro. Le marquis Paulucci et le Dr Pagello.--Note
sur l'article de O. Uzanne.--Note sur le jeu des petits papiers.

17 dcembre.--Le Temps. Encore l'affaire Sand-Musset, extrait des
Lettres d'Alfred de Musset  G. Sand.

18 dcembre.--The Daily Chronicle (Londres). Sur les femmes d'Alfred
de Musset.

18 dcembre.--The Levant Herald (Constantinople). Le Dr Pagello et le
marquis Paulucci di Calboli.

18 dcembre.--The Morning (Londres). Note relative au livre de M.
Mariton.

18 dcembre.--Le Petit Champenois (Chaumont). Les rvlations de M.
Mariton sur Alfred de Musset et G. Sand, par P. C.

18 dcembre.--La Petite Rpublique. Psychologie de Concierges: nouveau
livre de M. Mariton, extraits des lettres d'Alfred de Musset  G.
Sand, par Louis Marle.

19 dcembre.--Le Clairon (Londres). Renouvellement du scandale
Sand-Musset.

19 dcembre.--L'cho du public. Demande de renseignements.

19 dcembre.--Le Gaulois. Projets de nouveaux noms pour les galeries
du Palais-Royal.

19 dcembre.--Journal des Dbats. Les rvlations sur Alfred de Musset
et G. Sand,  propos du livre de M. Mariton.

19 dcembre.--La Patrie (Montral). Alfred de Musset et G. Sand,
d'aprs les lettres de G. Sand, par Godfroid Langlois.

20 dcembre.--La France (Santiago). La querelle Sand-Musset et Mme
Lardin de Musset, par J. Bernard.

20 dcembre.--Le Jour. Sur les Amants de Venise, de P. Mariton, par
Jean Babillard.

20 dcembre.--Le Mnestrel. Le Don Juan d'Alfred de Musset et celui de
G. Sand, par J. Tiersot.

21 dcembre.--La France. Alfred de Musset et G. Sand, le _Soir_ de G.
Sand, par E. Blavet.

Reproduit: Le Nord, 21 dcembre.

21 dcembre.--Stampa (Turin). Il cuore di Giorgio Sand: De Musset,
Pagello e l'abate Rochet.

21 dcembre.--Le Stephanois (Saint-tienne). Alfred de Musset, G. Sand
et M. Mariton, par Ignotus.

22 dcembre.--Le Journal. Le dsespoir de Llia, extrait du Journal
intime de G. Sand, par P. Mariton.

23 dcembre.--L'clair. Note relative au livre de M. Mariton.

23 dcembre.--Le Figaro. Sur le livre de M. Mariton.--Sur la _Nuit de
Venise_  la Bodinire. (2 articles.)

23 dcembre.--Le Temps. G. Sand et Alfred de Musset: extraits du
Journal intime de G. Sand, deux lettres d'Alfred de Musset  G. Sand,
par P. Mariton.

24 dcembre.--L'cho de Paris. Annonce du livre de M. Mariton.

24 dcembre.--La Presse. Les Amants de Venise, par Jane de La Vaudre.

25 dcembre.--La Chronique littraire (Nyon, Suisse), p. 2. G. Sand et
Alfred de Musset, par P. Clarensac.

26 dcembre.--L'Illustration. Grande revue de Shalon, passe par G.
Sand et Alfred de Musset, texte et dessins par Henriot.

26 dcembre.--The Academy (Londres), p. 597. Les lettres d'Alfred de
Musset  G. Sand.

28 dcembre.--Gil Blas. Citation d'une lettre de G. Sand  Alfred de
Musset, par L. Lacour.

29 dcembre.--Journal de Maurice (Port-Louis, le Maurice). Note sur
F. Mallefille,  propos de l'affaire Sand-Musset, par Vetivert.

30 dcembre.--La Rforme (Bruxelles). Lui et Elle, par Frantz Delba,
avec deux portraits.

31 dcembre.--Le Figaro. Annonce de la publication du livre de M.
Mariton.

31 dcembre.--Gil Blas. G. Sand et Alfred de Musset dans la Revue de
la Bodinire.

31 dcembre.--La Province Artistique (Orange, prs Vaucluse). Alfred
de Musset et G. Sand, le livre de M. Mariton.


1897

UNE HISTOIRE D'AMOUR. G. Sand et Alfred de Musset, documents indits,
lettres d'Alfred de Musset, par Paul Mariton. Paris, G. Havard fils.
1897. 1 vol. in-12.

1er janvier.--L'cho de Paris. Nohant, par A.

2 janvier.--L'Art et la Mode. Note humoristique sur la correspondance
Sand-Musset.

2 janvier.--La Vie Parisienne, p. 1, 9, 10. Thtre des Trtaux, texte
et dessins par Sahib.

2 janvier.--L'cho de Paris. Critique de _Une Histoire d'amour_, par
H. Bauer.

2 janvier.--Le Progrs mdical, p. 12. Les Mdecins amants, II, par
Marcel Baudouin.

3 janvier.--L'cho de Genve (Genve). Anecdote: un dner chez G.
Sand, par J. Troubat.

5 janvier.--Le Figaro. Note sur la _Vritable Histoire d'Elle et Lui_
du Vte de Spoelberch de Lovenjoul.

7 janvier.--Le Charivari. Dmolition des statues, vignette non signe.

8 janvier.--Le Gaulois. Annonce du livre de M. Mariton.

9 janvier.--The London Illustrated Strand (Londres). Alfred de Musset
et G. Sand.

9 janvier.--Le Rappel. Elle et Lui, Lui et Elle, par H. Fouquier.

9 janvier.--L'Illustration. Critique du livre de M. Mariton.

12 janvier.--Gil Blas. Ce que G. Sand voulait tre pour Alfred de
Musset, par Colombine.

12 janvier.--L'cho de Paris. Note sur le livre de M. Mariton.

14 janvier.--La Libre Parole. Note sur le livre de M. Mariton.

15 janvier.--Revue des Deux-Mondes, p. 450. Alfred de Musset et G.
Sand, par R. Doumic.

17 janvier.--Gil Blas. Un Genre, par P. Veber.

17 janvier.--Le Voltaire. Petit dialogue des morts, par M. Leblond.

22 janvier.--Le Figaro. Alfred de Musset et G. Sand,  propos de
Mrime, par Larroumet.

27 janvier.--The Daily Chronicle (Londres). L'affaire
Sand-Musset-Pagello, publications de la Revue de Paris.

30 janvier.--L'Illustration, p. 25. Portrait charg d'Alfred de
Musset, par Malatesta.

THE YELLOW BOOK AN ILLUSTRATED QUARTERLY. Volume XII, January. 1897.
John Lane, the Bodley Head London and New-York. 1 vol. in-8
carr.--p. 15  38. She and He, by Henry James.

1er fvrier.--Cosmopolis. T. V, page 417. Lettres de G. Sand  son
mari, M. C. Dudevant.

1er fvrier.--The Free Review (Londres), p. 513. Jugement sur l'tat
mental de Alfred de Musset et de G. Sand, par W. M. G.

1er fvrier.--Le Journal. Du procs intent  M. Mariton.

1er fvrier.--Le National. Quelques mots sur la correspondance
Sand-Musset.

1er fvrier.--Revue des Revues. Ce que M. Doumic dit d'Alfred de
Musset et de G. Sand dans la Revue des Deux-Mondes.

2 fvrier.--Journal des Dbats. A propos des lettres de G. Sand  son
mari.

2 fvrier.--Le Voltaire. Lettres d'amour, par Raoul Deberdt.

2 fvrier.--Le Figaro. Note sur la publication des lettres de G. Sand
 son mari.

2 fvrier.--Le Prcurseur (Anvers). G. Sand et son mari; voyage de G.
Sand avec Alfred de Musset en Italie.

5 fvrier.--L'vnement. Note sur la publication des lettres de G.
Sand  son mari.

6 fvrier.--La Semaine littraire (Genve). Extraits des lettres de G.
Sand  son mari.

7 fvrier.--The Weekly Sun (Londres). George Sand and Alfred de
Musset, by T. P.

8 fvrier.--Journal de Maurice (Port-Louis, le Maurice). Cinq petits
pomes  G. Sand, par Alfred de Musset.

8 fvrier.--La Semaine littraire (Genve). Sur les lettres de G. Sand
 son mari.

10 fvrier.--La Gironde (Bordeaux). Critique du livre de M. Mariton,
par G. Roturier.

13 fvrier.--The Queen (Londres). Ce que M. H. James dit de Alfred de
Musset et de G. Sand dans _The Yellow Book_.--Sur les lettres de G.
Sand  son mari. (2 articles.)

_Interdiction d'Une Nuit de Venise, pice de M. Mongerolle[66]._ Avant
le procs, les dbats, jugement. Le Journal, 13 fvrier.--L'vnement,
Le Gaulois, Gil Blas, Le Journal, La Libre Parole, La Libert, Le
Soleil, 14 fvrier.--L'cho de Paris, L'clair, Journal des Dbats, La
Libre Parole, The New-York Herald (Paris), Le Soleil, Le Temps, The
Daily Telegraph (Londres), La Presse, 15 fvrier.--Konigsberger
Hartungsche Zeitung (Koenigsberg), 16 fvrier.--L'Express (Mulhouse),
18 fvrier.--Neue Badischelandes Zeitung (Manheim), Le Rappel, Levant
Herald (Constantinople), 19 fvrier.--La Presse, L'Illustration, 20
fvrier.--The Referee (Londres), 21 fvrier.--Fanfulla (Rome), 25
fvrier.--La Libert, 2 mars.--Gil Blas, Le Journal, Journal des
Dbats, 3 mars.--L'clair, L'Intransigeant, La Petite Rpublique, Le
Temps, 4 mars.

  [66] UNE NUIT DE VENISE, fantaisie en 1 acte, en vers, par M. J.
  Mongerolle, devait tre reprsente le 13 fvrier 1897 sur le
  Thtre Mondain, de la cit d'Antin,  Paris, avec cette
  distribution:

    La Muse                         Mlle Augustine LERICHE.
    Beppa (George Sand)                  CAUMONT.
    Le Pote (Alfred de Musset).    M.   Paul FRANCK.
    Le Docteur (le Dr Pagello)           P. GARBAGNI.

  Les invits trouvrent la salle occupe par la police. Mais malgr
  cette interdiction et le procs qui s'en suivit, cette pice fut
  reprsente le 24 mars 1897, sous le titre de _Le Druide_, au mme
  thtre. Je ne crois pas qu'elle ait t imprime, il ne doit
  exister que le programme de la reprsentation.

The Morning (Londres), 5 mars.--La Tribuna (Rome), 7 mars.--The
Daily News (Londres), 14 mars.--Gil Blas, Journal des Dbats, Le
Temps, Le Soir, Le Gaulois, Le Figaro, La Loi, The Daily Telegraph
(Londres), 17 mars.--La Petite Rpublique, L'cho de Paris, Le
Moniteur Universel, Saint-James Gazette (Londres), The Musical
Courrier (Londres), 18 mars.--Novoie Wremya (Ptersbourg), 12-24
mars.--The New-York Times (New-York), 27 mars.

14 fvrier.--Le Salut Public (Lyon).--Critique du livre de M.
Mariton.

14 fvrier.--Petit Journal pour Rire, 5e srie, no 7. Encore Alfred de
Musset et G. Sand.

15 fvrier.--Nouvelle Revue Europenne, p. 158. Critique du livre de
M. Mariton, par H. Buffenoir.

DOCTEUR CABANS. LE CABINET SECRET DE L'HISTOIRE. 2e srie. Paris.
Librairie de A. Charles et aux Bureaux de la Chronique Mdicale, 1897.
1 vol. in-12 carr.--p. 275  332. Un roman vcu  trois personnages,
avec 4 portraits et 1 page de fac-simils d'autographes.

16 fvrier.--Gil Blas. Aux familles Sand et de Musset, par Le Facteur.

16 fvrier.--Le National. Messieurs, la famille! par G. Jubin.

Reproduit: L'Indpendant de l'Est (Bar-le-Duc), 18 fvrier.

16 fvrier.--Journal de Rouen. Alfred de Musset et G. Sand,  propos
de l'interdiction d'_Une Nuit de Venise_.

17 fvrier.--Le Charivari. Rflexions sur l'interdiction d'_Une Nuit
de Venise_, par P. Vron.

17 fvrier.--Le Progrs de la Cte-d'Or (Dijon). Au seuil d'un sicle,
par R. Des Varennes.

19 fvrier.--L'vnement. L'affaire Sand-Musset,  propos du livre de
M. Mariton et de l'interdiction d'_Une Nuit de Venise_.

20 fvrier.--Le Figaro. Lettre par A. Daudet.

_Procs intent  M. Mariton par la famille Sand_. Avant le procs,
les dbats, jugement: Le Figaro, Le Gaulois, Gil Blas, Le Journal,
Journal des Dbats, La Presse, Le Soleil, Le Temps, Gazette des
Tribunaux, The Standard (Londres), 20 fvrier.--Le Moniteur Universel,
21 fvrier.--Gazette des Tribunaux, La Libert, 26 fvrier.--Le Petit
Moniteur, The Manchester Guardian (Manchester), 27 fvrier.--La Paix,
28 fvrier.--Gazette des Tribunaux, Le Droit, Le Soir, Le Petit Temps,
Gil Blas, Journal des Dbats, Le Gaulois, Le Progrs de la Somme
(Amiens), 12 mars.--L'cho de Paris, La Loi, Journal des Dbats, 13
mars.--Franckfurter Zeitung (Francfort), 14 mars.--Revue des Grands
Procs contemporains, avril, p. 191.

20 fvrier.--The National Observer (Londres). Analyse de l'article de
_The Yellow Book_.

22 fvrier.--Le Journal. Elle, Lui, Nous, par A. Hepp.

22 fvrier.--La Libre Parole. Rclame pour le livre de M. Mariton.

22-23 fvrier.--Journal de Marseille. Lettres d'amour,  propos du
procs Mariton, d'aprs Le Figaro.

25 fvrier.--Le Journal. Annonce du livre de M. de Spoelberch de
Lovenjoul.

Vte DE SPOELBERCH DE LOVENJOUL. LA VRITABLE HISTOIRE DE ELLE ET LUI,
notes et documents. Paris, Calmann Lvy, 1897. 1 vol. in-12.

_Critiques du livre de M. de Spoelberch de Lovenjoul_: The Daily
Chronicle (Londres), 1er mars.--La Rpublique Franaise, 2
mars.--Journal de Bruxelles, 3 mars.--L'Univers Illustr,
l'Illustration, 6 mars.--L'Indpendance Belge, supplment,
(Bruxelles), 7 mars.--Le Jour, 8 mars.--La Presse, 9 mars.--Le
Moniteur Universel, 10 mars.--Thtre Illustr (Angers), Atheneum
(Londres), The Academy (Londres), Revue Encyclopdique, 13
mars.--Mmorial de la librairie franaise, 18 mars.--Le Monde
illustr, 20 mars.--L'vnement, The New-York Herald, Revue
Britannique, 22 mars.--La Paix, 31 mars.--Le Constitutionnel, Le
Figaro illustr, p. XV, Revue Suisse (Lausanne), Revue Gnrale
(Bruxelles), 1er avril.--Franckfurter Zeitung (Franckfort), 4
avril.--Bulletin de l'Office de Publicit (Bruxelles), 6 avril.--The
Publisher circular (Londres), 10 avril.--L'Art Moderne (Bruxelles), 25
avril. Revue critique d'histoire et de littrature, p. 337, 26 avril.

25 fvrier.--L're nouvelle (Tarbes). Les Morts qu'on tue, par De
Lomn.

27 fvrier.--La Jeune Belgique (Bruxelles), p. 79. Analyse de la
confrence de M. R. Cantel sur Alfred de Musset et G. Sand.

28 fvrier.--Le Cri de Paris. Note sur le livre de M. Mariton.

1er mars.--La Nouvelle Revue. Critique du livre de M. Mariton, par
Rodocanachi.

1er mars.--The Nineteenth Century (Londres), p. 428. The limits of
biography, by Ch. Whibbey.

8 mars.--La Petite Gironde (Bordeaux). Sur les lettres de G. Sand 
Chopin.

10 mars.--La Gironde (Bordeaux). Critique du livre de M. Mariton, par
G. Routurier.

10 mars.--Le Courrier de l'Aisne (Laon). Sur les lettres de G. Sand 
Chopin.

12 mars.--Le Moniteur universel. Critique du livre de M. Mariton, par
L. Barracaud.

12 mars.--Le Gaulois. La Potinire des Trpasss, par J. Montet.

15 mars.--Journal des Dbats. Note sur les livres de MM. de Spoelberch
de Lovenjoul et P. Mariton.

15 mars.--Nouvelle Revue Internationale, p. 313. La bonne dame de
Nohant, par douard Achard.

17 mars.--Gil Blas. G. Sand et M. Grvy, change de la correspondance
d'Alfred de Musset, par Santillane.

25 mars.--Le Journal. Sur la reprsentation de _Le Druide (Une Nuit de
Venise)_, de M. Mongerolle.

26 mars.--Le Rformiste. Critique du livre de M. Mariton.

31 mars.--Gazette Anecdotique, p. 189. Sur l'article du Dr Cabans,
rimprim dans son _Cabinet secret_, etc.

1er avril.--Nouvelle Revue Europenne. Article par M. H. Buffenoir.

1er avril.--Nouvelle Revue Internationale. L'affaire de Elle et Lui
d'aprs MM. de Spoelberch de Lovenjoul, Cabans, Clouard et Mariton.

2 avril.--Le Rappel. La 1re reprsentation de _Le Druide (Une Nuit de
Venise)_, par P. Desachy.

13 avril.--La Presse. Lettres posthumes, l'opinion de G. Sand, par M.
de Bare.

14 avril.--La France. Opinion de G. Sand sur les lettres posthumes,
fac-simil d'une lettre de G. Sand.

15 avril.--Nouvelle Revue Internationale, p. 427. Les Briseurs
d'idole, par Sverine.--p. 430. Fac-simil d'une lettre de G. Sand
relative aux publications posthumes.

15 avril.--Revue Universitaire, p. 406. Critique du livre de M.
Mariton et Note sur le livre de M. de Spoelberch de Lovenjoul.

LES LETTRES DE G. SAND ET D'ALFRED DE MUSSET. PLAIDOIRIE DE Me G.
BEURDELEY, dfenseur de MM. P. Mariton et Havard fils. Extrait de la
Revue des Grands Procs contemporains. Paris, A. Chevalier-Marescq,
1897. Br. in-8.

Mai.--The Bookman (New-York). Note sur le livre de M. de Spoelberch de
Lovenjoul.

3 mai.--L'cho de Paris. Que deviendront les originaux des lettres de
G. Sand?

15 mai.--La Revue de Paris, p. 312. La fin d'une lgende, par S.
Rocheblave, avec Extraits du Journal de G. Sand et des lettres
d'Alfred de Musset et de G. Sand.

15 mai.--Journal des Dbats. Sur l'article de M. Rocheblave dans la
Revue de Paris.

15 mai.--La Nouvelle Revue, p. 288. L'amour et la mort: Alfred de
Musset aprs sa rupture avec G. Sand, par Louis Proal.

19 mai.--Le Petit Temps. Analyse de l'article de M. Rocheblave.

20 mai.--Le Figaro. Critique du livre de M. de Spoelberch de
Lovenjoul.

21 mai.--La Rpublique du Var (Toulon). G. Sand et Alfred de Musset,
d'aprs M. Rocheblave.

21 mai.--L'clair. Note sur le dbat, par P. Arne.

29 mai.--The Publisher Circular (Londres). Critique du livre de M. de
Spoelberch de Lovenjoul.

31 mai.--Gazette de France. Critique des Livres de MM. de Spoelberch
de Lovenjoul et P. Mariton.

31 mai-1er juin.--Journal de Marseille. Critique de l'article de M.
Rocheblave.

1er juin.--La Gironde (Bordeaux). Critique du livre de M. de
Spoelberch de Lovenjoul.

1er juin.--Corriere di Napoli (Naples). Critique de la Confrence de
M. R. Marvasi.

HUGUES LAPAIRE ET FIRMIN ROZ. LA BONNE DAME DE NOHANT, avec le
portrait de G. Sand par Th. Couture. Paris, Socit des Publications,
F. Laur, 1897. 1 vol. in-12.

6 juin.--Le Rappel. Le droit de citation, par Andr Balz.

11 juin.--Journal des Dbats. Critique de _La Bonne Dame de Nohant_.

19 juin.--La Jeune Belgique (Bruxelles). Critique du livre de M. de
Spoelberch de Lovenjoul et note sur l'article de M. Clouard, par
Robert Cantel.

GEORGE SAND. LETTRES A ALFRED DE MUSSET ET A SAINTE-BEUVE. Paris,
Calmann-Lvy, 1897. 1 vol. in-12.

22 juin.--La Rpublique Franaise. crivassires et pistolires, par
Ad. Brisson.

24 juin.--Le Gaulois. Opinion sur le docteur Pagello par ses
concitoyens.

25 juin.--Journal du Cher (Bourges). Critique de _La Bonne Dame de
Nohant_.

26 juin.--Le Gaulois. Note sur la publication en volume des lettres de
G. Sand  Alfred de Musset et  Sainte-Beuve.

26 juin.--Le Journal. Note sur la publication en volume des lettres de
G. Sand  Alfred de Musset et  Sainte-Beuve.

27 juin.--L'claireur (Nice). Le Dr Pagello et ses concitoyens.

30 juin.--Journal de Genve (Genve). Sur la publication en volume des
lettres de G. Sand  Alfred de Musset et Sainte-Beuve, et sur la
Prface de M. Rocheblave.

3 juillet.--The Atheneum (Londres). Note sur les livres de MM. de
Spoelberch de Lovenjoul et P. Mariton.

3 juillet.--La Patrie. Sur la publication en volume des lettres de G.
Sand  Alfred de Musset et  Sainte-Beuve.

4 juillet.--Le Courrier du Soir. Note sur ceux qui peuvent lire la
correspondance de G. Sand avec Alfred de Musset.

4 juillet.--The New-York Herald. Sur la publication en volume des
lettres de G. Sand  Alfred de Musset et  Sainte-Beuve.

7 juillet.--Le Courrier du Soir. Sur le Dr Pagello et G. Sand, par P.
Baragnon.

7 juillet.--La Epoca (Madrid). Un drama de Amor (M. Rocheblave), par
Zeda.

7 juillet.--L'clair. Le plus heureux des trois, par E. Ledrain.

10 juillet.--L'Univers Illustr, p. 442. La publication en volume des
lettres de G. Sand  Alfred de Musset et  Sainte-Beuve; MM.
Rocheblave et de Spoelberch de Lovenjoul, par H. Rabusson.

15 juillet.--La Revue de Paris, couverture. Note sur les lettres de G.
Sand  Sainte-Beuve.

25 juillet.--L'Indpendance Belge, supplment. (Bruxelles). Sur ce que
MM. de Spoelberch de Lovenjoul et Rocheblave disent des amours de G.
Sand et de Alfred de Musset.

PORTRAITS INTIMES, PAR ADOLPHE BRISSON. 3e srie. Paris, A. Colin,
1897. 1 vol. in-12.--p. 79 et 89.

9 aot.--Franckfurter Zeitung (Francfort). Les Lettres de G. Sand 
Alfred de Musset et  Sainte-Beuve. Sur les articles de MM. Mariton,
de Spoelberch de Lovenjoul, Clouard, Cabans et Rocheblave.

13 aot.--Berliner Brsen Zeitung (Berlin). Les Lettres de G. Sand 
Alfred de Musset et  Sainte-Beuve; sur les tudes de Mme A. Barine,
et de MM. Mariton, de Spoelberch de Lovenjoul, Clouard, Cabanes et
Rocheblave.

15 aot.--Bulletin du Bibliophile. Critique du livre de M. de
Spoelberch de Lovenjoul.

25 aot.--L'Express (Brest). Des documents que possde M. de
Spoelberch de Lovenjoul, par Jean Bernard.

1er septembre.--Revue des Deux-Mondes, couverture. Apprciation sur
les lettres de G. Sand  Alfred de Musset et  Sainte-Beuve.

7 septembre.--Le Gaulois. Lettres de G. Sand, E. Se, V. Hugo, G. de
Nerval sur les publications posthumes, par H. Lapauze.

15 septembre.--La Revue Idaliste, p. 339. G. Sand et Alfred de Musset
d'aprs plusieurs livres rcents, par E. Trolliet.

15 septembre.--Nouvelle Revue Europenne, p. 730. Critique des lettres
de G. Sand  Alfred de Musset et de la Prface de M. Rocheblave.

19 septembre.--Neue freie Press (Vienne). Er und Sie, und der Andere.

19 septembre.--Le Messager de Paris. Critique des Lettres de G. Sand 
Alfred de Musset et  Sainte-Beuve, par J. Guillemot.

30 septembre.--Berliner Zeitung (Berlin). Neue Briefe der George Sand
(d'aprs la Nouvelle Revue).

1er octobre.--L'Express (Brest). Ce que le Dr Cabans dit d'Alfred de
Musset et de G. Sand dans son _Cabinet secret de l'histoire_.

5 octobre.--Hufvudsbladet (Helsingfors, Russie). Herr Julien
Leclercq's forelasning, par A.

7 octobre.--Courrier de Haphong. Les collections de M. de Spoelberch
de Lovenjoul, l'album de dessins d'Alfred de Musset, par Jean Bernard.

25 septembre-9 octobre.--Novoie Wremya (Ptersbourg). Critique des
Lettres de G. Sand  Alfred de Musset et  Sainte-Beuve, sur M.
Rocheblave.

16-17 octobre.--Le Gaulois, supplment. Ce que Mlle Colin dit de G.
Sand.

30 octobre.--Le Figaro. Ce que Brichanteau pense des amoureux de
Venise, par J. Claretie.

REN DOUMIC. TUDES SUR LA LITTRATURE FRANAISE. 2e srie. Paris,
Perrin et Cie, 1898. 1 vol. in-12.--p. 149. Amours Romantiques.

1er novembre.--Gil Blas. Le Rgne du Potin, par P. Weber.

8 novembre.--L'vnement. Le retour  G. Sand, critique de _La Bonne
Dame de Nohant_, par E. Des Essarts.

Reproduit dans: Le Moniteur du Puy-de-Dme (Clermont), 19
novembre.--Nouvelle Chronique Parisienne, 25 novembre.

28 novembre.--Gazette de France. Ce que M. Doumic dit d'Alfred de
Musset et de G. Sand.

7 dcembre.--La Libre Parole. Rminiscences des amours d'Alfred de
Musset et de G. Sand, par E. Drumont.

9 dcembre.--Le Figaro. Note sur la confrence de M. Doumic, relative
 Alfred de Musset,  G. Sand et au Dr Pagello.


1898

2 janvier.--La Presse. Souvenir des polmiques de 1896-1897.

10 janvier.--Le Gaulois. Qu'est devenue la copie de la correspondance
de G. Sand et d'Alfred de Musset faite par Mme C. Jaubert?

17 janvier.--Gil Blas. Note concernant M. Mariton.

20 janvier.--tudes religieuses, p. 245. Ce que M. Doumic dit de la
correspondance Sand-Musset.

3 fvrier.--Le National. Tout s'arrange, par H. Card.

26 fvrier.--L'vnement. Un Grand amoureux, par H. de Weindel.

26 fvrier.--Le Gaulois. La fin d'un roman, par Tout Paris.

26 fvrier.--Gil Blas. L'Autre, par Santillane.

26 fvrier.--Le Journal. La Gloire d'aimer, par A. Hepp.

26 fvrier.--Le National. Notes quotidiennes, par Emmanuel Franois.

Reproduit dans: La Rforme, 27 fvrier.

27 fvrier.--La Libert. Soliloques, par Pierre Valdagne.

28 fvrier.--Le XIXe Sicle. Chronique: Mort du Dr Pagello, par P.
Ginisty.

1er mars.--L'cho de Paris. Chronique, par Colomba.

1er mars.--Le Petit Provenal (Marseille). Pagello et G. Sand, par
Clovis Hugues.

1er mars.--Le Radical. Le beau Pagello, par Jean de Montmartre.

1er mars.--La Rforme (Bruxelles). Le Dr Pagello, par Milio, avec
portrait.

2 mars.--La France (Bordeaux). Le Dr Pagello et G. Sand, par Clovis
Hugues.

2 mars.--Le Matin. L'amour des illustres, non sign.

2 mars.--Le Messin (Metz). Mort du Dr Pagello et extraits des lettres
de G. Sand.

2 mars.--La Petite Gironde (Bordeaux).--Causerie, par Simplice.

3 mars.--La Fronde. Mnage d'artiste, par Marcelle Tinayre.

3 mars.--La Lanterne. G. Sand et le Dr Pagello, non sign.

3 mars.--Le Nouvelliste (Bordeaux). Le Dr Pagello, par Jacques
Curieux.

5 mars.--L'Illustration, p. 178. A propos de la mort du Dr Pagello,
par Rastignac.

5 mars.--Revue Hebdomadaire, p. 134. Le plus sage des trois, par F.
Sarcey.

Reproduit: L'Indpendance Belge (Bruxelles), 13 mars.

9 mars.--The Evening Transcript (Boston). Alfred de Musset, G. Sand et
Sainte-Beuve, d'aprs M. Doumic.

10 mars.--Le Jour. Oraison funbre, par Ed. Deschaume.

11 mars.--Fremdenblatt (Vienne). Pietro Pagello in seinen Beziehungen,
fr Henry Perl.

12 mars.--Saint-James Gazette (Londres). A propos de la mort du Dr
Pagello.

ESSAIS DE CRITIQUE DRAMATIQUE, PAR ANTOINE BENOIST. Paris, Hachette,
1898. 1 vol. in-12.--Alfred de Musset, G. Sand, leur thtre, etc...
passim de p. 1  131.

15 mars.--Revue des Revues, p. 620. Grand-Mre et petite-fille, par
Raoul Deberdt.

16 mars.--Le Sicle. Notes sur les amants de Venise  propos de Mme
Desbordes-Valmore.

XXIV MARZO MDCCCXCVIII. PIETRO PAGELLO. TRIGESIMO DELLA MORTE.
Belluno, premiata tipografica Cavessago, 1898. In-8 de 1 couverture et
32 pages avec portrait grav sur bois.--Recueil d'loges du Dr Pagello
par Luigi Zacchi, Vittorio Fontana, Feliciano Vinanti, avec des
lettres et des posies du Dr Pietro Pagello.

28 mars.--Le Temps. Note sur le livre de M. Benoist.

2 avril.--Revue Hebdomadaire, p. 102. L'Autre, par F. Chevassu.

15 mai.--La Fronde. Les Chacals, par Marcelle Tinayre.

21 mai.--La Fronde. Ce qu'on doit faire des lettres d'amour, par May
Armand Blanc.

Juin.--Deutsche Revue (Stuttgart), p. 290. G. Sand, Alfred de Musset
und Dr Pagello, persnliche Erinnerungen.

5-6 juin.--Il Pongolo Parlamentare (Naples). Conferenza Marvasi.

7 juin.--Il Don Chisciotte (Rome). Conferenza Roberto Marvasi.

15 juin.--L'Amateur d'autographes. Sur ce qui est publi de la
Correspondance de G. Sand et d'Alfred de Musset.

21 juin.--Le Rappel. Souvenir sur les bois de Verrires.

23 juin.--Journal des Dbats. Une Statue au Dr Pagello.

24 juin.--L'cho de Paris. Sur la Statue du Dr Pagello.

24 juin.--La Libert. La Statue du Dr Pagello, par P. Valdagne.

24 juin.--Le Petit Rouennais (Rouen). La Statue du Dr Pagello.

24 juin.--La Petite Gironde (Bordeaux). L'Amant, par P.B.

24 juin.--L'Est Rpublicain (Nancy). La Statue du Dr Pagello.

27 juin.--Gil Blas. Le Dr Pagello et sa statue.

30 juin.--La Dpche Algrienne (Alger). Un Mconnu, P. Pagello, par
H. Darsigny.

2 juillet.--Le Gaulois. Amours de Grands Hommes, par P. Costard.

27 aot.--La Gazette Mdicale, p. 420. Les Amants de Venise.

Octobre.--The Atlantic Monthly (Londres), p. 569. The Correspondance
of G. Sand, by Irving Babbitt.

Novembre.--Minerva (Rome). La Corrispondenza di G. Sand, d'aprs The
Atlantic Monthly.

3 novembre.--Le Soleil. Un Professionnel, par F. Sainclair.

11 novembre.--Le Soleil. La Critique  ct, par F. Sainclair.

AUGUSTE MAILLOUX. UNE FILLE D'ALFRED DE MUSSET ET DE GEORGE SAND.
Nantes, imprimerie R. Guist'hau, 1898. Brochure in-12.

C'est une bien vieille histoire que celle de la Fille d'Alfred de
Musset. Le 14 avril 1882, l'_vnement_ publiait un article de
Aurlien Scholl, intitul Une fille d'Alfred de Musset. (On ne
donnait pas le nom de la mre). L'_cho Rochelais_ le reproduisit le
19 avril 1882, et il fit ensuite le tour de la presse. Au mois
d'octobre de la mme anne, le _Bulletin de la Socit historique de
la Saintonge_ publiait, p. 399, une rponse  M. Scholl, par A. L.
Cette tude a fait l'objet d'un tirage  part  50 exemplaires. (Pons,
impr. de Nol Texier, in-8, de 10 p.), qui porte le nom de l'auteur,
M. A. Ltli.--M. Ltli tablit, avec preuves  l'appui, que la
jeune fille dcde le 8 mai 1875 sous le nom de Onda Tessum, 
Saint-Maurice de Saintonge, commune de La Leu, prs La Rochelle,
s'appelait Marie-Josphine Menard, fille lgitime de Charles Menard,
tisserand, et de Jeanne Jamin; qu'elle tait ne  Saint-Macaire
(Maine-et-Loire), le 17 septembre 1854, o habitait sa famille, et que
la personne qui l'accompagnait tait Mme veuve Coras, alors ge de 64
ans, qui avait en quelque sorte adopt Marie-Josphine  l'ge de 8
ans et l'avait leve.

Le supplment du _Figaro_ du 13 janvier 1883, ayant de nouveau insr
l'article de A. Scholl, Mme Lardin de Musset, soeur du pote, protesta
par une lettre publie dans le supplment du _Figaro_ du 17 janvier
1883.

Le _Gaulois_ des 4 et 5 dcembre 1896, ressuscita la lgende de la
fille d'Alfred de Musset, et ce fut cette fois Mme Martelet, ne Adle
Colin, la fidle gouvernante, qui protesta dans l'_clair_ du 7
dcembre, m'attribuant l'enqute faite par M. Ltli, alors que je
n'avais fait qu'en rapporter le rsultat.

Aujourd'hui, M. Mailloux rsume les divers articles crits  ce sujet,
et pour rfutation, se borne  reproduire les pices mises au jour par
M. Ltli.

18 novembre.--Le Temps. Une fille de G. Sand et d'Alfred de Musset,
par F. Sarcey.

26 novembre.--Le Gaulois. La proprit des lettres, par Esseytte.

29 novembre.--Le Phare de la Loire (Nantes). Une fille d'Alfred de
Musset et de G. Sand, non sign.

15 dcembre.--Le Petit Bleu de Paris. Lettres d'amour, par G. Vanor.

F. DE ROBERTO. UNA PAGINA DELLA STORIA DELL'AMORE. Milano, Fratelli
Treves, editori. 1898. 1 vol. in-12.


1899

19 janvier.--L'clair. Encore Alfred de Musset, G. Sand et le Dr
Pagello, par E. Bergerat.

12 fvrier.--Le Journal. Annonce de _Lui, Elle et l'Autre_, ballet de
Mascagni.

Mars.--The Glasgow Herald (Glasgow). Annonce d'un ballet de Mascagni.

12-13 mars.--Corriere della Sera (Milan). Anche Giorgio Sand?

16 avril.--The Sunday Sun (Londres). Memories of George Sand by
Richard Davey. 1er article.--23 avril, 2e article.

9 mai.--La Mtropole (Anvers). Divulgations et Confessions
littraires, par D.

1er juin.--Nouvelle Revue Internationale. G. Sand et Alfred de Musset,
par Mme C. Berton.--Reproduit dans la Petite Revue internationale, 28
mai-4 juin, p. 641.

18 juin.--La Fronde. Une Fille de G. Sand et d'Alfred de Musset, le
livre de M. Mailloux.

20 juin.--Gil Blas. La rupture de G. Sand et d'Alfred de Musset,
d'aprs Mme C. Berton.

WLADIMIR KARENINE. GEORGE SAND, SA VIE ET SES OEUVRES. 1804-1876.
Tomes I et II. Paris, Ollendorff, 1899. 2 vol. in-8.--Tome I, pages
46, 434, 443.--Tome II, p. 1  160.

Critiques du livre de Mme Karnine: La Revue de Paris, 1er juillet,
couverture.--The Morning Leader (Londres), 1er juillet.--La Libert, 9
juillet.--Le Temps, 15-16 juillet.--Le Soleil, 27 juillet.--L'clair,
8 aot.--La Gazette de France, 21 aot.--Le Temps, 28 aot.--La
Lanterne, 5 septembre, etc...

15 juillet.--Revue des Deux-Mondes, p. 441. G. Sand avant 1840, par R.
Doumic.

18 juillet.--La Fronde. Les belles amies d'Alfred de Musset, par Mary
Summer.

17 aot.--Le Soleil. Amours d'artistes, par A. Claveau.

19 aot.--Le Gaulois. La vie de G. Sand d'aprs Mme Karnine.

26 aot.--Le Prcurseur (Anvers). La vie de G. Sand, par J. Caze.

28 aot.--Le Journal. Rponse  Mme Karnine sur G. Sand, Alfred de
Musset et Pagello.

1er septembre.--Le Thtre. Phototypie par A. Bucquet: la scne
d'Alfred de Musset et G. Sand dans la _Revue Rtrospective_ du cercle
de l'Union Artistique[67].

  [67] _La Revue Rtrospective_, en 3 actes et 6 tableaux, prcde
  d'un prologue, par le marquis Philippe de Massa. Reprsente 
  Paris sur le thtre du Cercle de l'Union artistique, les 11 et
  12 juin 1899. Paris, Cerf, 1899. 1 vol. in-12 orn d'un portrait.

10 septembre.--Le Gaulois. Extrait d'une lettre d'Alfred Tattet 
Flix Arvers.

14 octobre.--Le Temps. Une chaumire et un coeur, par A. Brisson.

15 octobre.--Le Rpublicain de La Fre (Aisne). Note sur un souvenir
donn par Alfred de Musset  G. Sand, par Lon Bernard.

25 novembre.--Revue Encyclopdique. G. Sand et Alfred de Musset
d'aprs Mesdames Berton et Arnould-Plessy.

11 dcembre.--Le Gaulois. La Dame de Venise, par Tout-Paris.

19 dcembre.--L'cho de Paris. Chronique, par Colomba.




QUELQUES OEUVRES INDITES

OU PEU CONNUES

D'ALFRED DE MUSSET




QUELQUES OEUVRES INDITES

OU PEU CONNUES

D'ALFRED DE MUSSET


Lorsque la Revue Bleue analysa nagure[68], comme tant d'Alfred de
Musset, _Denise_, une nouvelle de son frre Paul[69], un journal a
demand s'il ne serait pas possible de dresser une sorte de liste des
oeuvres indites de l'auteur des _Nuits_. Cela me parat difficile,
car ces oeuvres sont par elles-mmes d'une nature trs complexe.

  [68] Livraison du 26 juin 1897.

  [69] Publie dans la _Revue de Paris_ du 2 mai 1841, o elle est
  signe: Paul de Musset et reproduite dans la _Revue
  pittoresque_ de mai 1845, avec la signature d'Alfred.

Des pices de vers comme la _Chanson pour la fte de sa mre_, les
_Stances  Mlle Z._, sont des souvenirs intimes, rests dans la
famille du pote, reliques sacres qui, par un sentiment facile 
comprendre, sont pieusement conserves dans les archives familiales
d'o elles ne doivent pas sortir.

D'autres, adresses  des jeunes filles,  des jeunes femmes surtout,
pomes d'amour qui sont demeurs un secret entre celui qui les a
crits et celles qui les ont reus, sont si soigneusement caches,
quand elles n'ont pas t dtruites, qu'il est impossible de les
retrouver. Et dans les quelques occasions o le hasard ou une
indiscrtion les a fait connatre, donner mme des initiales serait
compromettre inutilement des rputations jusqu'ici sans tache.

Quant aux essais, aux bauches de ce que j'appellerai les oeuvres de
travail, aux dbris de toutes sortes qui ont t retrouvs dans les
papiers du pote, o commencer, o finir? Paul de Musset en donne un
certain nombre dans la BIOGRAPHIE[70] de son frre:

   _La Prtresse de Diane,_ fragment d'lgie.

   _Agns,_ fragment de pome dramatique, dont une ballade est
   encore indite.

   _Stances  Ninon:_ Avec tout votre esprit...

   _La Nuit de Juin,_ quatre vers:

    Muse, quand le bl pousse, il faut tre joyeux.
    Regarde ces coteaux, et leur blonde parure!
    Quelle douce clart dans l'immense nature!
    Tout ce qui vit ce soir, doit se sentir heureux...

  [70] _Biographie d'Alfred de Musset_, par Paul de Musset. Paris,
  Charpentier, 1877. 1 vol. in-12.

Des Fragments du _Pote Dchu,_ sorte d'autobiographie, qui, avec Le
Pote et le Prosateur, publi dans les _OEuvres Posthumes_,
constituent  peu prs tout ce qui reste du manuscrit de l'oeuvre,
laiss inachev par Alfred et lacr par Paul.

Des stances _A la soeur Marcelline_, incompltes, mais donnes en
entier dans le FIGARO du 14 mai 1887.

_L'Exercice de nos facults_, fragment en prose.

_A trente ans_, fragment en prose.

_Judith et Allori_, fragment dramatique, en vers.

Un _Sonnet  sa Marraine_: Qu'un sot me calomnie...

Des _Stances  Mme Ristori_.

Une _Chanson:_ Hlas! Hlas!...

_Le petit moinillon_, stances  Mlle E. d'A.

Un _Quatrain  Mlle Melesville_, crit au bas d'un dessin de M.
Chenavard, reprsentant la premire rencontre de Petrarque et de
Laure, dessin o les deux figures du pote et de sa matresse avaient
quelque ressemblance avec les traits d'Alfred de Musset et de Mlle
Melesville. Il avait t question d'un mariage entre les deux jeunes
gens.

A ces fragments, il faut joindre les posies publies par les soins de
Paul:

_Le 3 mai 1814_, stances. MAGASIN DE LIBRAIRIE, 10 dcembre 1859.

_Aprs la lecture d'Indiana_, posie. REVUE DES DEUX-MONDES, 1er
novembre 1878.

_Variante en vers de: On ne badine pas avec l'amour_, acte I. REVUE
NATIONALE, 1er novembre 1861.

Sauf quelques exceptions que nous indiquons plus loin, les fragments
demeurs inconnus n'offrent qu'un intrt secondaire, par suite de
leur peu d'tendue ou de l'impossibilit de les rattacher  quelque
chose. Bien plus, parmi ces exceptions, se trouvent des satires, des
facties sur le personnage ou l'vnement du jour, charges d'atelier
ou de salon, faites entre amis, pour passer le temps, en riant et
sans malice ni aversion contre personne, comme Alfred de Musset le
dclare lui-mme au bas de l'une d'elles, mais qui, connues du grand
public, pourraient quelquefois tre mal interprtes. Celles qui ne
peuvent veiller aucune ide malveillante ont t publies:

_L'Anglaise en Diligence_, dans l'ART du 18 fvrier 1883.

Les premires strophes des _Stances burlesques  George Sand_, dans la
REVUE DE PARIS du 15 aot 1896.

Des fragments de la _Rponse  Ulric Guttinguer_, en vers, dans la
GAZETTE ANECDOTIQUE du 30 juin 1891.

_Le Songe du Reviewer_ ou _Buloz constern_ dans le COURRIER DE PARIS
du 19 mai 1857, la PETITE REVUE du 15 juillet 1865, et L'INTERMDIAIRE
DES CHERCHEURS du 10 octobre 1891.

_A une Muse_ ou _Une Valseuse dans le Cnacle romantique_, en partie
dans le FIGARO du 4 novembre 1855, et en entier dans le tome I de la
CURIOSIT LITTRAIRE. (Paris, Liseux, 1880. In-12).

Le _Voyage  Pontchartrain_, dans une brochure de M. Lorin: UNE
EXCURSION A PONTCHARTRAIN. Rambouillet, 1890. In-8. C'est un rcit
humoristique, adress  Charles Nodier, qui rpondit  l'auteur par
ces stances clbres, composes sur le mme rythme:

    J'ai lu ta vive odysse
        Cadence, etc...

Ajoutez  cela que Mme Lardin de Musset, faisant un nouveau choix
aprs son frre Paul, a publi encore quelques-unes de ces reliques:

_Valentin_, qui n'est autre que l'avant-propos de la nouvelle _Les
deux Matresses_, dans le GAULOIS du 22 aot 1896.

Le _Roman par lettres_, dont plusieurs passages se retrouvent dans
FANTASIO, dans le GAULOIS des 17, 18, 19 et 20 juillet 1896[71].

  [71] La donne du roman de George Sand, _Le Secrtaire intime_,
  crit en 1834, offre de trs grands points de ressemblance avec
  cette oeuvre d'Alfred de Musset. On retrouve mme chez G. Sand le
  nom de Spark.

Des posies adresses _A George Sand_, dans la REVUE DE PARIS du 1er
novembre 1896.

Restent enfin les communications faites par des tiers, amis ou
collectionneurs, qui nous fournissent une nouvelle moisson:

Variantes de _La Coupe et les Lvres_.--L'VNEMENT, 29 novembre 1881.

    Moi, je n'ai jamais fait  la nature humaine..., etc...

_Autres Variantes_ du mme pome, le VOLTAIRE, 17 mai 1887, que voici,
d'aprs le manuscrit, le texte publi tant peu correct:

    Posie! Harmonie! Amour! Larmes clestes,
    Que les douleurs de l'homme arrachrent aux yeux
    Du vengeur immortel qui les chassa des cieux,
    Si vous versez parfois, poisons doux et funestes,
    Le baume de l'oubli sur mes cuisants regrets,
    Quels trsors ignors doit recler une me
    Dont le ciel a puis l'essence  votre flamme?
    Camp o les feux sacrs ne s'teignent jamais?
        Dieu donna la beaut, dont le regard attire
    A ces tres divins qu'il cra d'un sourire,
    Leur fit un front de vierge et de longs yeux voils
    Et leur dit en partant: Allez et consolez!
        Mais eux-mmes souvent, du feu qui les habite,
    On les voit ici-bas se plaindre et s'tonner,
    Ne pouvant contenir le rayon qui s'agite,
    Et qui, venu du Ciel, y voudrait retourner.

    [ACTE I, SCNE 2].

_Ex Dono_  un astronome. BIBLIOGRAPHIE ROMANTIQUE, par Charles
Asselineau. 2e dit. Paris, Rouquette, 1874. In-8.

Un _Fragment en Vers_ qui est le dbut de l'article, en prose, Un Mot
sur l'art moderne (publi dans les _Mlanges de Littrature_). CHO DE
LA SEMAINE, 24 mai 1896:

    Pourquoi la Posie est-elle morte en France?
    On dit que le public vit dans l'indiffrence,
    Que le sicle est distrait, que tout meurt aujourd'hui;
    Bonaparte,  Wagram, tait distrait, je pense,
    Il avait cependant son Ossian avec lui..., etc...

_Stances  Buloz._ La REVUE DE PARIS ET SAINT-PTERSBOURG, 15 dcembre
1887:

    Buloz, ma dernire heure est-elle donc venue?
    Dois-je enfin vous compter parmi mes ennemis?
    N'est-il donc rien d'humain au fond d'une revue
    Et toute charit vous est-elle inconnue,
    Vous qui disiez jadis tre de mes amis,
    De demander les vers que je vous ai promis?.....

_Quatrain  Gustave Planche._ L'VNEMENT, 28 janvier 1886.

_Crayonn sous les Arbres de Louveciennes_, posie. LA REVUE DE PARIS
ET SAINT-PTERSBOURG, 25 dcembre 1890:

    Pour our les antiques
    Dans mes dlires rustiques,
    Je vais tout droit devant moi...

_Madrigal  Augustine Brohan._ LE NAIN JAUNE, 7 octobre 1877, souvent
rimprim.

_A Ppa_, stances. SOUVENIRS DE Mme JAUBERT. Paris, Hetzel, 1881. 1
vol. in-12.

_Le Comte d'Essex_, plan de tragdie. L'VNEMENT, 21 novembre 1885.

_Alliance de la prose et de la posie._ LE VOLTAIRE, 23 avril 1887.

  Alliance de la prose et de la posie, qui n'est autre chose que
  celle de la prose et de la versification. Entre les deux limites
  qui les sparent, un seul esprit franais a trouv une route,
  celui dont Molire disait: Le bonhomme vivra plus que nous.
  C'est la seule fois que Molire se soit tromp; mais le bonhomme
  allait son chemin, ne se souciant ni de la prose ni de la
  versification; il tait le matre et lorsqu'il s'endormait sous
  les arbres de Versailles, ses gros souliers pleins d'herbes
  fleuries, il revenait d'un rve dans un certain sentier o
  personne aprs lui ne passera jamais.

[Illustration: Le Comte d'Essex, fac-simil de la 4e page du
manuscrit d'Alfred de Musset.

  (transcription)

  (acte 4)

  (chez la reine)

  La reine, ses femmes.

  La Comtesse D'Essex vient implorer la grace de son mari.
  Froideur d'Elysabeth--elle la repousse. celle-ci part
  desespere--

  La reine fait demander Ccil; elle veut travailler avec lui,
  son esprit distrait la reporte toujours vers le Comte; elle
  songe  la Bague qu'elle lui a donn, et compte sur ce
  dernier moyen--

  (chez Essex)

  La Comtesse se dsespre--

  Raleigh arriva; il lui propose la grce de son mari si elle
  veut le trahir; refus en colre de la Comtesse. Raleigh sort
  furieux--

  (jugement du Comte)

  Il est condamn  mort--......]

L'ALMANACH DU JOUR DE L'AN, petit messager de Paris pour 1846, publi
par J. Hetzel, est un volume in-32, presqu'introuvable aujourd'hui,
qui,  la suite des _Vers inscrits dans la cellule no 14_ de la maison
d'arrt de la Garde Nationale (OEuvres Posthumes) donne ce _Quatrain_
indit:

    Dans cette petite chapelle
    L'ennui ne vient qu'aux ennuyeux.
    Pense un instant et pars joyeux,
    Ta matresse en sera plus belle.

On peut encore se procurer facilement:

_Un Rve_, ballade, insre dans LE PROVINCIAL DE DIJON du 31 aot
1828, et rimprime  la librairie Rouquette. (Paris, 1875. In-8.)

Les _Variantes de Venise_, crites pour tre mises en musique par
Gounod. Choudens, diteur  Paris.

_L'Habit Vert_, proverbe par Alfred de Musset et mile Augier, qui a
plusieurs ditions  la librairie Michel ou Calmann Lvy et fait
partie du THTRE d'mile Augier. C'est cette pice que le
CONSTITUTIONNEL et la REVUE DES DEUX-MONDES annonaient en 1846 sous
le titre de _La Montre_.

Les vers crits _Au bas d'un portrait d'Augustine Brohan_, dans le
DCAMRON DRAMATIQUE, no 5, chez l'diteur Heugel et qui nous semblent
si jolis que nous ne craignons pas de les citer:[72]

          J'ai vu ton sourire et tes larmes,
          J'ai vu ton coeur triste et joyeux,
          Qui des deux a le plus de charmes?
          Dis-moi ce que j'aime le mieux:
    Les perles de ta bouche ou celles de tes yeux?

  [72] Ces vers ont t publis pour la premire fois dans le
  _Journal des Femmes_, du 5 novembre 1850.

Comme cela rentre bien dans ce bon souvenir d'une amiti qui vaut
bien des amours!

Le PANTHON DES ILLUSTRATIONS FRANAISES AU XIXe SICLE, par Victor
Frond, donne, comme fac-simil d'autographe, ce fragment:

    Froide, maigre, lgre, une main palpitante
    Voltigeait sur la table o roulait des flots d'or.
    Entrons, murmurait-on! Tuons-le, puisqu'il dort!
    Le vieillard chvrotait dans sa robe sanglante:
    C'est mon pain quotidien, mon travail, ma sueur.
    Le toscin rpondait: la ville est au pillage!
    Les enfants de la mort lui fouillent dans le coeur!
    Les mres, tout en sang, couraient sur le rivage
    Appelant leurs enfants qui flottaient sur les eaux.

La _Quenouille de Barberine_, comdie en deux actes, contient des
passages et des scnes que l'on ne retrouve pas dans _Barberine_,
comdie en trois actes. Cette premire version de la mme pice se
trouve dans toutes les ditions des COMDIES ET PROVERBES antrieures
 1852, et la seconde version dans toutes les ditions postrieures.

Le _Chant des Amis_, cantate, paroles de M. Alfred de Musset, musique
d'Ambroise Thomas, excute  Lille le 21 juin 1852, dite
primitivement chez Grard, a t rimprime chez Brandus et se trouve
chez les marchands de musique.

Et mme, si l'on veut se donner la peine de chercher un peu, il n'est
pas trs difficile de mettre la main sur la _Dissertation Latine_ qui
remporta le 2e prix au Concours gnral de 1827: Quniam sint
judiciorum motiva? An cuncta ad unum possint reduci? dont le texte
est imprim in-extenso dans les ANNALES DES CONCOURS GNRAUX.
_Philosophie. Paris, Hachette, 1828. 1 vol. in-8_, ainsi que sur les
articles de critique au TEMPS, omis dans les oeuvres, parce que Paul
de Musset ne sut pas retrouver ces numros du journal, qui existent
cependant  la Bibliothque de l'Arsenal et ailleurs:

_Exposition du Luxembourg au profit des blesss_, 2e partie, 1er
janvier 1831.

    _Revue Fantastique_,  2e article, 1er fvrier 1831.
             --           5e article, 21 fvrier 1831.
             --           6e article, 28 fvrier 1831.
             --          13e article, 18 avril 1831.
             --          18e article, 30 mai 1831.

Quant  _Alceste_, tragdie qu'Alfred de Musset avait l'intention
d'crire pour Mlle Rachel, elle n'a d exister qu' l'tat de projet,
car Paul de Musset dclare que lui-mme n'en a jamais connu que le
titre.

Comme on le voit, il y aurait matire  former un volume des plus
curieux et d'un rel intrt, avec ces oeuvres indites, surtout si
l'on y ajoute les pices sur lesquelles je vais essayer de donner
quelques renseignements, n'ayant point qualit pour en publier le
texte.

Mais avant d'aller plus loin, j'indiquerai les pices apocryphes:

La _Satire contre l'Acadmie_ qui a paru dans la REVUE ANECDOTIQUE des
1er et 15 juin 1857 n'est pas d'Alfred de Musset, mais de Mme Louise
Colet. Le 24 juin 1857, Paul de Musset adressa  ce sujet une lettre
de protestation au directeur de la GAZETTE DE PARIS, qui l'insra dans
le numro du 28 juin. La meilleure preuve que je puisse fournir 
l'appui de mon dire, est que le manuscrit trouv dans les papiers du
pote tait en entier de la main de cette dame.--Le sonnet _Promenade
au Jardin des Plantes_ donn par le MONDE ILLUSTR du 9 mai 1857 et
le fragment d'une _Comdie en prose_ se passant rue Saint-Honor,
dans l'VNEMENT du 29 novembre 1881, sont du mme auteur.--La
_Branche de Myrthe_ (GRAND JOURNAL, 23 septembre 1866) n'a jamais
exist dans LA PSYCH de 1826.--La _Jeune Tarentine_ (REVUE
RTROSPECTIVE, 1er mai 1891) est de Sainte-Beuve.--Le quatrain
d'_Envoi de Denise_ (l'VNEMENT, 25 octobre 1878) est de Aurlien
Scholl.--_Sur la mort d'un parapluie_, posie, date du 5 mars 1849 et
dans laquelle il parle de ses collgues de l'Acadmie Franaise, o il
ne fut reu qu'en 1852, publie dans l'ILLUSTRATION du 20 dcembre ses
collgues de l'Acadmie Franaise, o il ne fut reu 1873, fait plus
que me sembler tre compose par le signataire de l'article, Philibert
Audebrand.--Nous avons dit plus haut quel est l'auteur du conte
_Denise_ de la REVUE BLEUE. Pour la _Critique de Notre-Dame de Paris_
dans le TEMPS des 31 mai et 17 juillet 1831[73], le _Paysage Matinal_,
sonnet, du VOLEUR du 25 aot 1876, et les stances _Ce qu'il me faut_,
du NOUVEAU PARNASSE SATIRIQUE (Bruxelles, 1881, in-8), j'ignore quels
en sont les auteurs, mais ce n'est certes pas Alfred de Musset.

  [73] Voir: _Alfred de Musset et ses prtendues attaques contre
  Victor Hugo_, par M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul.
  Paris, Rouveyre, 1878. Br. in-18.

Je citerai enfin comme une simple curiosit six _Posies
Mdianimiques_ que M. L. Vavasseur, directeur de la Revue Spirite, a
publies en 1867 dans une plaquette in-18, intitule: CHOS POTIQUES
D'OUTRE-TOMBE et une autre pice du mme genre dont M. le Vicomte de
Spoelberch de Lovenjoul donne le texte dans son HISTOIRE DES OEUVRES
DE TH. GAUTIER (Charpentier, 1887. 2 vol. in-8, II, p. 311).--LE
FIGARO du 17 janvier 1899 donne encore le texte d'une nouvelle posie
mdianimique, emprunte au livre de M. Diguet: LES VERS DE L'ESPRIT,
RECUEIL DE COMMUNICATIONS TYPTOLOGIQUES.


I

LA NUIT

Alfred de Musset, lorsqu'il tait au collge Henri IV, avait t
prsent par son condisciple Paul Foucher, dans sa famille, et ce fut
ainsi que vers 1822, il fit connaissance de Victor Hugo, qui venait
voir sa fiance, soeur de son ami. Quelques annes se passrent, et
lorsqu'un nouveau _Cnacle_ se forma chez M. et Mme Victor Hugo, pour
remplacer l'ancien cercle littraire de la _Muse franaise_, Alfred de
Musset fut l'un des premiers appels avec Sainte-Beuve, mile et
Antoni Deschamps, Ulric Guttinguer, Louis Boulanger, etc... On lisait
force vers, on causait, on discutait; on faisait de longues promenades
les soirs d't, et c'est au lendemain d'une de ces confrences
littraires que le futur pote, qui n'avait encore rien produit,
cheminant seul sous les arbres du bois de Boulogne, composa sa
premire ballade, _La Nuit_:

    Quand la lune blanche
    S'accroche  la branche
      Pour voir
    Si quelque feu rouge
    Dans l'horizon bouge
      Le soir,

    Fol qui dit un conte,
    Car minuit qui compte
      Le temps,
    Passe avec le Prince
    Des sabbats, qui grince
      Des dents...

C'tait en 1827 ou 1828, et hormis la chanson pour la fte de sa mre
(16 novembre 1824) et quelques vers adresss en octobre 1826,  une
jeune fille de son ge, Alfred de Musset n'avait encore crit que ses
devoirs de collge.


II

L'ANGLAIS MANGEUR D'OPIUM

L'ANGLAIS MANGEUR D'OPIUM, _traduit de l'anglais par A. D. M._ Tel est
le titre de ce petit volume de 221 pages, publi  la librairie Mame
et Delaunay-Valle, en 1828. Traduit est certainement exagr.
L'Anglais mangeur d'Opium d'Alfred de Musset n'est ni une traduction
ni une imitation, mais une paraphrase du roman anglais de Thomas de
Quincey: CONFESSION OF AN ENGLISH OPIUM EATER. D'un trait de plume, le
traducteur supprime les digressions longues et oiseuses, les
qualificatifs rpts, les lourdes discussions qui veulent tre
pdantes et ne sont qu'ennuyeuses. L o l'auteur anglais remplit
trois pages d'une description, Alfred de Musset potise et nous rend
plus palpable, en trois lignes, le mme tableau.

Ce sont bien les mmes faits, les mmes ides, la mme confession,
mais Alfred de Musset n'en a pris que l'essence, et, tout en suivant
la donne du rcit, l'a transpos dans son style  lui, en y ajoutant
quelques impressions personnelles. En comparant les deux textes,
anglais et franais[74], je dirai sommairement que Musset a supprim
dans l'ouvrage anglais, en totalit ou peut s'en faut: la notice, les
pages 11  15, 28  30, 55  57, 64, 65, 70, 72, 73, 75, 79  87, 96,
100, 102, 105, 109, 113, 117, 119, 135  144, 149  152, 165, 170,
180  183 et 187  206, sans compter les fragments de phrases
retranchs ailleurs; par contre, sont ajoutes, dans le texte
franais, les pages 133  163, sauf la description de la chaumire (p.
136), de la chambre (p. 139) et l'histoire des deux tasses de th (p.
140-141); le bal, le rendez-vous, l'histoire d'Anna, le duel, sont de
son invention, ainsi que la leon d'anatomie, qui occupe les pages 209
 216. Cette leon d'anatomie a son importance, non seulement parce
qu'elle est entirement due  la plume d'Alfred de Musset, mais
surtout parce qu'elle est le miroir fidle des impressions qu'il
prouva, lorsque, pendant l'anne scolaire 1827-1828, il suivit, 
l'cole de Mdecine, les cours d'anatomie descriptive de M. le docteur
Berard[75]; c'est une page de l'histoire de sa vie:

  La premire fois que j'entrai dans les salles de l'cole de
  Mdecine, je me souviens encore de l'effet que la vue des cadavres
  produisit sur moi. Nous tions deux ou trois coliers ensemble,
  qui revenions d'une classe de philosophie o l'on nous avait dit
  beaucoup de belles choses que nous croyions probablement avoir
  comprises. Nous arrivons. Il y avait sur la table un grand cadavre
  tendu dans un drap blanc; on n'en voyait que les pieds, et, 
  ct, sur la table, un bras corch qui nageait dans du sang
  caill. Je ne sais pourquoi une ide risible qui me vint 
  l'esprit, me fit tressaillir en ce moment. Je me disais tout bas:
  Voil un bras qui a l'air de demander l'aumne. Et en effet, la
  main pendante avait assez cette singulire expression.

  [74] Alfred de Musset a fait sa traduction sur la 3e dition
  anglaise, publie  Londres chez Taylor et Hessey, en 1823, 1
  vol. in-18 de IV-206 pages.

  [75] La soeur du pote possde encore sa carte d'tudiant en
  mdecine.

Le professeur n'arrivait pas, et cependant j'attendais avec
impatience que ce drap qui me cachait le cadavre ft soulev. Cet
instant vint enfin: je croyais voir quelque chose de beaucoup plus
horrible. La leon commena: je riais de mes camarades que le mal de
coeur prenait. Mais lorsque le scalpel vint  entrer dans la chair et
que le sang noir, qui coulait lentement sur la poitrine ouverte,
commena  exhaler une pouvantable odeur, je m'enfuis  toutes
jambes. Que le caractre de l'homme est bizarre! Il va dans les
cimetires arracher les cadavres aux vers et aux corbeaux; une odeur
dangereuse et dgotante l'avertit de laisser en paix les morts. Mais
la soif de connatre l'anime, et il emporte sous son manteau la tte
d'une femme ou le corps d'un enfant: Vouliez-vous que le mal de mer
arrtt de pareils hommes et leur ordonnt de s'en tenir au continent,
lorsqu'ils voyaient s'lever en rve, derrire l'Atlantique, les
montagnes d'or de la Colombie?

Cependant, rentr chez moi, je voulus manger; cela me fut impossible;
j'ai mme pris tout  fait en horreur le premier plat qu'on me servit
et il m'a t impossible d'en manger depuis. Ces impressions, reues
dans ma jeunesse, donnrent lieu  un rve que j'avais assez
frquemment.

Il me semblait que j'tais couch et que je m'veillais dans la nuit.
En posant la main  terre pour relever mon oreiller, je sentais
quelque chose de froid qui cdait lorsque j'appuyais dessus. Alors, je
me penchais hors de mon lit, et je regardais: c'tait un cadavre
tendu  ct de moi. Cependant, je n'en tais ni effray ni mme
tonn. Je le prenais dans mes bras, et je l'emportais dans la chambre
voisine en me disant: Il va tre l couch par terre; il est
impossible qu'il rentre si j'te la clef de ma chambre.

Et l-dessus, je me rendormais. Quelques moments aprs, j'tais
encore rveill; c'tait par le bruit de ma porte qu'on ouvrait; et
cette ide qu'on ouvrait ma porte, quoique j'en eusse pris la clef sur
moi, me faisait un mal horrible. Alors, je voyais entrer le mme
cadavre, que tout  l'heure j'avais trouv par terre. Sa dmarche
tait singulire: on aurait dit un homme  qui l'on aurait t tous
ses os, sans lui ter ses muscles, et qui, essayant de se soutenir sur
ses membres pliants et lches, tomberait  chaque pas. Pourtant, il
arrivait  moi sans parler et se couchait sur moi. C'tait alors une
sensation effroyable, un cauchemar dont rien ne saurait approcher;
car, outre le poids de sa masse informe et dgotante, je sentais une
odeur pestilentielle dcouler des baisers dont il me couvrait. Alors,
je me levais tout  coup sur mon sant, en agitant les bras, ce qui
dissipait l'apparition. Un autre rve lui succdait.

Il me semblait que j'tais assis dans la mme chambre, au coin de mon
feu, et que je lisais devant une petite table o il n'y avait qu'une
lumire; une glace tait devant moi au-dessus de la chemine; et,
tout en lisant, comme je levais de temps en temps la tte,
j'apercevais dans cette glace le cadavre qui me poursuivait, lisant
par dessus mon paule dans le livre que je tenais  la main. Or, il
faut savoir que ce cadavre tait celui d'un homme de soixante ans
environ, qui avait une barbe grise, rude et longue, et des cheveux de
mme couleur qui lui tombaient sur les paules. Je sentais ces poils
dgotants m'effleurer le cou et le visage.

Qu'on juge de la terreur que doit inspirer une vision pareille! Je
restais immobile dans la position o je me trouvais, n'osant pas
tourner la page, et les yeux fixs dans la glace sur la terrible
apparition. Une sueur froide coulait sur tout mon corps; cet tat
durait bien longtemps, et l'immobile fantme ne se drangeait pas.
Cependant, j'entendais comme tout  l'heure la porte s'ouvrir, et je
voyais derrire moi (dans la glace encore), entrer une procession
sinistre: c'taient des squelettes horribles, portant d'une main leur
tte et de l'autre de longs cierges qui, au lieu d'un feu rouge et
tremblant, jetaient une lumire terne et bleutre, comme celle des
rayons de la lune. Ils se promenaient en rond dans la chambre, qui, de
trs chaude qu'elle tait auparavant, devenait glace, et quelques-uns
venaient se baisser au foyer noir et triste, en rchauffant leurs
mains longues et livides, et en se tournant vers moi pour me dire: Il
fait bien froid!

On retrouve une partie de ce cauchemar dans la ballade _Un Rve_ et
dans la 18e _Revue Fantastique_; enfin Alfred de Musset se montre
encore visionnaire dans la _Nuit de Dcembre_.

_L'Anglais mangeur d'Opium_ a t rimprim dans le MONITEUR DU
BIBLIOPHILE en 1878, de faon  former un volume grand in-8, avec
titre spcial; il est prcd d'une Notice par Arthur Heulhard.


III

LA QUITTANCE DU DIABLE

_La Quittance du Diable_, pice en trois tableaux, en prose, crite
dans le courant de l'anne 1830, est le premier essai dramatique
d'Alfred de Musset. L'ide primitive lui a t fournie par un pisode
du roman de Walter Scott, REDGAUNTLET, intercal sous le titre de:
Histoire raconte par Willie le Vagabond. Quelques passages sont
mme la traduction littrale du texte anglais; mais, comme pour
_L'Anglais mangeur d'opium_, Musset a transfigur la narration de son
modle et y a ajout beaucoup du sien: le personnage de Johny, celui
de Miss Eveline et ses amours avec Stnie, sont de son invention.

Cette pice, prsente et reue au thtre des Nouveauts de la place
de la Bourse, ne fut cependant pas reprsente; toutefois, il y eut un
commencement d'excution, car sur la premire page du manuscrit, se
trouve cette distribution des rles, crite de la main du Directeur,
M. Bossange:

   Le Laird de Redgnauntley,          M.  Casaneuve.

   Johny, braconnier                      Bouff.

   Stnie, jeune fermier              Mme Albert.

   Miss Eveline, nice du Laird.          Miller.

   Gertrude, sa gouvernante               Florval.

   cuyers, Piqueurs, Varlets.--La scne est en cosse.

Mais pendant que le chef d'orchestre du thtre, M. Beaucourt,
composait la musique des vers, clata la rvolution de Juillet, et
c'est probablement ce qui empcha cette tentative d'aboutir.

Devant une interdiction aussi imprieuse qu'inattendue, de la part de
Mme H. Lardin de Musset, de donner les moindres indications sur cette
pice, interdiction devant laquelle je m'incline sans vouloir mme en
rechercher la validit, je renvoie le lecteur aux pages 95-96 de la
BIOGRAPHIE d'Alfred de Musset, par Paul de Musset.

Je dirai seulement qu'au 1er tableau, qui renferme une ballade et une
chanson en vers, nous assistons  une scne d'amour entre Miss
Eveline et Stnie, scne que le laird de Redgnauntley interrompt
brusquement en arrivant avec ses piqueurs et ses chiens; on lui amne
un braconnier, Johny, pris en flagrant dlit de chasse. Johny et le
laird sont deux compres, associs par un pacte avec le diable; et le
braconnier vient rclamer  son seigneur l'excution de certaines
promesses. Au lieu de l'couter, le laird lance sur lui ses chiens et
le fait chasser comme une bte fauve. Grce  son pouvoir magique,
Johny chappe  ceux qui le poursuivent; il revient vers Stnie, qui
pleure; le laird lui a demand son fermage, qu'il a dj pay au
dfunt matre, qui, mort subitement, n'a pas eu le temps de lui signer
sa quittance. Pour se venger, Johny dit  Stnie: Eh bien, viens avec
moi, je vais te faire dlivrer le reu qui t'est d.--Au 2e tableau,
nous sommes dans un cimetire,  minuit, et prenons part au sabbat.
Aprs bien des tentations auxquelles rsiste Stnie, Sir Robert, le
laird dfunt, lui donne enfin sa quittance, et ds que le pauvre
garon tient le prcieux papier, il s'enfuit, transi de peur,
accompagn de Johny. Cette scne comporte une chanson en vers.--Au 3e
tableau, tout en prose, nous sommes dans une salle du chteau de
Redgnauntley. Le laird vient de signifier  sa nice qu'elle va
pouser le vieux chevalier Landshaw, que cela lui plaise ou non, quand
survient Johny, qui apporte la quittance de Stnie. Le laird reconnat
immdiatement par quel moyen Johny se l'est procure; il entre en
fureur et veut tuer son acolyte; mais lui, homme de prcaution, est
arm, et, de plus, avant d'entrer, a mis le feu au chteau. Et pendant
que Miss Eveline et Stnie, prvenus, s'enfuient loin des tours
incendies, le chteau s'croule dans les flammes, ensevelissant sous
ses ruines le laird et le braconnier.

Voici la ballade que chante Stnie au premier tableau:

    --Beau fianc, lui dit la dame,
    Rattache-moi mes blonds cheveux,
    Fais m'en deux tresses et sept noeuds.
    Beau fianc, je suis ta femme;
    Emporte-moi dans ton mantel
    Jusqu'au foyer de ton chatel.

    --Hlas! mon amante chrie,
    Toute pare en argent fin,
    Qui devait m'pouser demain
    Dans l'glise Sainte-Marie!
    Elle m'attendra jusqu'au soir
    Dans la grand'salle du manoir.

    --Qu'elle t'attende et qu'elle sache
    Que ses yeux noirs ne verront plus
    Tes varlets aux brillants cus,
    Ton casque d'or au blanc panache.
    Ton pouse, beau damoiseau,
    C'est la ple Fleur du Lys d'eau!

Mais si la pice d'Alfred de Musset n'a pas t joue, le thtre de
l'Opra-Comique a donn le 31 dcembre 1833 la premire reprsentation
de _Le Revenant_, opra fantastique en deux actes, paroles de M.
Albert de Calvimont, musique de Gomis (Paris, Barba, 1834. In-8),
dont le sujet est pris  la mme source et l'intrigue presque
identique[76]. Albert de Calvimont remonte au point de dpart de la
lgende: nous assistons  la mort de Sir Robert, qui rend l'me au
moment o il va signer la quittance de Stnie; Miss Eveline est
devenue Sara, la filleule de Sir Robert, et Johny le braconnier est
remplac par le fantme du sommelier Dugald, qui agit sous les ordres
de l'ombre de Sir Arundel, aeul de Sir Robert. Par suite, la chasse 
l'homme est supprime; mme scne d'vocation et du sabbat dans les
tombeaux; Stnie obtient sa quittance. Mais le dnouement se modifie:
Sir John, le laird actuel, qui aime aussi Sara, obissant  un
commandement de l'ombre de Sir Arundel: Mon fils, sois meilleur que
ton pre! revient au bien, et, touffant son amour qui n'est pas
partag, unit Stnie et Sara.

  [76] On trouvera des comptes-rendus de cette pice dans: _Journal
  des Dbats_, 6 janvier 1834. _Le Moniteur Universel_, 6 et 13
  janvier 1834. _Revue des Thtres_, 12 janvier et 6 fvrier 1834.
  _Le Journal des Femmes_, 8 fvrier 1834. _L'Artiste_, 12 janvier
  1834, etc...


IV

ALFRED DE MUSSET CRITIQUE

Le 14 janvier 1831, Alfred de Musset crivait  Alfred Tattet:
.....Je passe ma vie avec une demi-douzaine de peintres; quels bons
garons, que les artistes, quand ils ne sont pas du mme genre que
vous! Je rends compte des petits thtres, toujours au _Temps_, je
rimaille par boutade......

Malgr toutes mes recherches, il m'a t impossible de retrouver ces
critiques. A cette poque, aucun article n'tait sign dans le _Temps_
et de l'origine du journal  la date de la lettre d'Alfred de Musset,
j'ai relev deux cent trente-six chroniques thtrales. Combien Alfred
de Musset en a-t-il crit dans ce nombre? Je l'ignore. Son premier
article _connu_, se trouve dans le numro du 27 octobre 1830
(Exposition du Luxembourg, 1re partie). Or dans les numros des 29
novembre, 6, 13 et 27 dcembre, on rencontre quatre articles portant
cette rubrique: Revue des Thtres secondaires. Peut-tre n'est-ce
qu'une simple concidence, mais dans sa lettre, Alfred de Musset parle
de petits thtres, et ces quatre revues sont publies le lundi,
comme les Revues Fantastiques, qui, elles non plus, ne sont pas
signes.

Et cette collaboration anonyme ne s'est pas borne au journal _Le
Temps_. _L'Europe Littraire_, dont la premire priode, sous la
direction de Victor Bohain et Alphonse Royer, va du 1er mars au 9 aot
1833, dans son SUPPLMENT AU PROSPECTUS, publie cette lettre:

    A Messieurs les Directeurs de l'_Europe Littraire_.

    Messieurs,

  Je serai trs heureux de pouvoir entrer pour quelque chose dans
  la rdaction de votre nouveau journal. En acceptant la proposition
  que vous avez bien voulu m'en faire, je vous remercie d'avoir
  associ mon nom  une entreprise pour le succs de laquelle tous
  les hommes de bon sens doivent faire des voeux, et tous les
  artistes des efforts.

  Agrez, messieurs, l'expression des sentiments les plus
  distingus de votre bien dvou serviteur.

    ALFRED DE MUSSET.

    Paris, 23 novembre 1832.

Bien qu'il n'y ait aucun article sign de lui dans ce journal, son nom
figure dans la liste de ses rdacteurs.

J'ai la conviction qu'Alfred de Musset a collabor sous le voile de
l'anonyme,  quelque priodique. Ce qui me confirme dans cette ide,
c'est que j'ai vu dans ses papiers:

1 Un _Compte-rendu du Gustave III_, opra en 5 actes de Scribe,
musique d'Auber, reprsent  l'Acadmie royale de musique le 27
fvrier 1833, qui,  de certaines maculatures, semble tre pass par
les mains d'un compositeur d'imprimerie.

2 Des notes prpares pour une rdaction sur le _Procs d'mile de La
Roncire_, qui fut jug en juillet 1835.

3 D'autres notes sur la _Guirlande de Julie_, offerte  Mlle de
Rambouillet, Julie Lucine d'Angennes, par le marquis de Montausier,
qui semblent se rapporter  un exemplaire de l'dition illustre
publie en 1818, chez Didot jeune.

Depuis la publication de ces lignes (15 janvier 1898), j'ai retrouv
le _Compte-rendu de Gustave III_, et le voici, tel qu'il est imprim
sans signature dans la REVUE DES DEUX-MONDES du 15 mars 1833, tome I,
page 682.

    14 mars 1833.

  Il n'y a d'important dans les nouvelles thtrales de la
  quinzaine, que _Gustave III_. Quelle drle de chose, que de rendre
  compte d'un opra! Un opra nouveau est une si drle de chose par
  lui-mme!

  Autrefois, dans une acadmie royale de musique, on se serait
  imagin qu'on allait entendre de la musique. Quant  moi, je ne
  suis point musicien, je puis le dire comme M. de Maistre, j'en
  atteste le ciel et tous ceux qui m'ont entendu jouer du piano.
  Mais je crois qu'en vrit, je n'en ai pas besoin cette fois-ci.
  Ce qu'il y a de plus joli dans _Gustave_, en fait de musique et de
  pome, c'est un galop.

  Oui, un galop! Il n'y a que cela dans la pice. Vous croyez
  peut-tre que j'en veux dire du mal. Point du tout: la pice est
  admirable, car le galop est divin. Et comment aurait-on pu amener
  le galop sans la pice? Comment la pice aurait-elle fini sans le
  galop? Vous voyez bien que cela se tient. Remarquez, je vous prie,
  comme ce galop est amen:

  Vous savez que Gustave III a t assassin par un de ses amis,
  nomm Ankastrom, par la raison qu'il lui avait fait perdre son
  argent, en changeant la valeur des papiers publics. C'est une
  raison comme une autre, et qui vaut bien celle pour laquelle M.
  Levasseur tire un coup de pistolet  M. Adolphe Nourrit, le seul
  crime de M. Nourrit tant,  ma connaissance, de chanter une
  ariette ou deux  Mlle Falcon. Ankastrom tait donc  couteau
  tir depuis un an ou deux avec son bon roi; M. Levasseur est trs
  bien avec M. Nourrit; c'est son favori, son confident intime. Le
  premier acte s'ouvre l-dessus.

  Je comprends que le caractre de Gustave est trs bien compris
  par le costumier. Sa redingote verte est admirable. Nonchalamment
  couch sur un sopha, le sage monarque se fait jouer un ballet,
  pour se dlasser des soins de son empire; mais, duss-je passer
  pour un maniaque et un ignorant, je ne saurais approuver les roses
  pompons de couleur carlate, qu'il porte  ses souliers.

  Au second acte, nous sommes chez la sorcire. Quelle sorcire?
  dites-vous. C'est ce que j'allais vous demander. Mais qu'il vous
  suffise d'apprendre que le roi est dguis en matelot. Le costume
  va  ravir au jeune page, mademoiselle Dorus. La sorcire prdit
  au roi qu'il sera assassin: _amen dico vobis._ Et comme
  Jsus-Christ, Gustave reoit de son futur meurtrier, la poigne de
  main de Judas.

  Au troisime acte, nous sommes en plein vent. La dcoration est
  superbe. Ankastrom trouve sa femme en rendez-vous avec son
  matre, et, comme le mari de Molire, il se charge de la
  reconduire voile. Il parat, d'aprs ce que j'ai entendu dire,
  que ce mari, qui ne reconnat pas sa femme, et qui lui offre
  galamment le bras pour la ramener  la ville, est d'un effet trs
  dramatique. Voil comme tout change avec le temps.

  Au quatrime acte, Ankastrom, qui a reconnu sa femme, chante
  dans ses appartements, avec un petit nombre d'amis.

  Au cinquime acte, voil o j'en voulais venir, on danse le
  galop. Ceux qui n'ont pas vu ce galop, ne savent rien des choses
  de ce monde. Jamais l'clat des bougies, le bruit d'une fte, le
  parfum des fleurs, la musique, la folie et la beaut, n'ont fait
  une heure de plaisir comparable  celle-l. Jamais les masques
  agaants, les costumes bizarrement accoupls, les dominos et les
  grotesques n'ont fait ondoyer leurs mille couleurs avec plus de
  grce et d'esprit sous l'clatante lueur des lustres. Jamais un
  collgien lisant les _Mille et Une Nuits_, n'a vu passer dans ses
  rves du soir une fantasmagorie plus voluptueuse et plus
  enivrante. L'ensemble en est blouissant; l'analyse en est
  amusante. Si c'est l ce qu'on appelle l'art du thtre, son but
  est rempli. La ralit est vaincue, et la magie n'ira pas plus
  loin.

  Et je vous le demande, que nous importe le reste? Que nous
  importe  nous qui venons nous accouder sur un balcon deux heures
  aprs dner, que l'art soit en dcadence, que la vraie musique
  fasse biller, que les pomes de nos opras dorment debout? Que
  nous importe que les bouffes aient perdu la vogue, que l'admirable
  talent de Rubini s'puise en difficults et danse sur la corde
  comme l'archet de Paganini? Que nous importe qu'on en soit venu,
  pour attirer le foule, jusqu' faire de nos opras des concerts,
  et de nos concerts, des opras; qu'on nous donne un acte de l'un,
  un acte de l'autre, qu'on mutile Don Juan (Don Juan!); qu'on n'ait
  plus ni le sens commun ni l'envie de l'avoir, qu'avaient du moins
  nos pres; que les principes soient  tous les diables et madame
  Malibran en Angleterre? Il nous reste un galop, et, du moment
  qu'on danse, qu'importe sur quel air? J'aime autant mes yeux que
  mes oreilles.

  Vous croyez peut-tre que c'est par fantaisie que l'opra est 
  la mode? Pas du tout. Il y a une raison  tout ce qui se fait sous
  la lune, et la Providence sait pourquoi un sicle porte des habits
  carrs plutt qu'un autre. C'est l'ternelle sagesse elle-mme qui
  a mis le moyen-ge en pantalon collant, et pas un atome de poudre
   la Richelieu n'est tomb impunment sur la nuque de la rgence.
  Avez-vous t au Gymnase depuis peu? aux Varits?  la
  Porte-Saint-Martin? tes-vous convaincu qu'on y bille? Je ne vous
  demande pas si vous tes all aux Franais, car il parat qu' la
  lueur de certaines lampes mal entretenues d'une huile paisse, il
  se joue chaque jour sous une vote dserte au coin du
  Palais-Royal, une certaine quantit de drames ignors. Mais pour
  tout dire en un mot, tes-vous all hier, irez-vous demain
  ailleurs qu' l'Opra? L est le sicle tout entier. Que nos
  musiciens apprennent  jouer des contre-danses; qu'ils songent 
  entourer ce divin spectacle de languissantes mlodies, de molles
  srnades;  ce prix, on veut encore de leurs efforts; que nos
  potes sachent amener une fte, une orgie; qu'ils placent  propos
  dans leur cadre douze lgres folies armes de leurs grelots;
  qu'on y assassine un roi ou deux, si vous y tenez, mais que nous
  ayons des bals  la cour et des galops.

  A propos de galop, voil le carnaval qui se meurt. C'est
  aujourd'hui la mi-carme, bien qu'il n'y ait plus de carme. N'y
  a-t-il pas eu quelque part des criailleries contre notre carnaval
  de cette anne? Il appartient  un pdant ennuy de vivre,
  d'injurier des mascarades. A qui diable une mascarade a-t-elle
  jamais fait tort de sa vie? On se plaint que les jeunes gens
  aillent aux Varits; je demande o l'on veut qu'ils aillent. Le
  faubourg Saint-Germain n'a pas donn un bal; il ne s'y prend pas
  une glace, il ne s'y attle pas quatre chevaux par jour. La
  Chausse-d'Antin bille fort aussi, quoiqu'on y attle beaucoup et
  qu'on y mange de mme. Pourquoi le jour du bal de l'Opra, lorsque
  le directeur a voulu faire une tentative hardie et nouvelle,
  personne n'y a-t-il rpondu? Pourquoi ce jour-l comme les autres,
  pas une femme du monde n'a-t-elle os prendre le masque? Je ne dis
  pas le domino; ce vieil et insipide oripeau se promne depuis
  longtemps dans le dsert. Mais on nous parle des moeurs de la
  Rgence; en quoi les ntres valent-elles mieux?

  Lorsque la Reine de France, dguise en marchande de violettes,
  venait avec sa cour  l'Opra, l'esprit pouvait entrer dans les
  plaisirs de la soire, et il sortait de ces lvres de carton rose
  d'autres choses que les hurlements de l'ivresse et les salets du
  cabaret. Vous appelez ces moeurs infmes; vous repoussez les
  femmes dans leurs mnages, et vous entourez d'une grille de fer le
  berceau de leurs filles. Cela est sage, trs juste, trs dcent.
  Mais un jeune homme ne se marie pas  vingt ans, et tous les ans
  le mardi gras vient  son heure, qu'on veuille ou non de lui.
  Accorderez-vous  la jeunesse qu'elle ait des sens, des besoins de
  plaisir, parfois mme des jours de folie? O voulez-vous qu'elle
  les passe? C'est un Anglais silencieux qui glisse sous une table
  inonde de _porter_, sans profrer une plainte, et qui s'teint
  dans l'eau-de-vie avec le papier embras qui la brle. Il faut aux
  Franais des voitures pleines de masques, des torches, des
  thtres ouverts, des gendarmes et du vin chaud. Tant pis pour le
  sicle o les cabarets sont pleins et o les salons sont vides.
  Donnez la terre aux Saint-Simoniens,  chacun une pioche et un
  bonnet de coton. Otez  l'or sa valeur, au plaisir son attrait;
  faites de la socit un champ de bl de la Beauce, o pas un pi
  ne dpasse l'autre. Vous n'aurez plus alors de _jeunesse dore_,
  ni de longchamp sur le boulevard Italien. Mais tant que vous
  voulez vivre dans un pays libre, o chacun peut faire ce qu'il
  entend, o l'or est en cours, o le plaisir est  bon march, ne
  vous tonnez pas que les jeunes gens aillent en masque; et vous,
  lgislateur prudent et circonspect, qui prchez la morale
  publique, souvenez-vous de Caton l'Ancien, qui flicitait un jeune
  homme en le voyant sortir d'un lieu de dbauche.


V

LES DERNIERS MOMENTS DE FRANOIS Ier

On ne connat des _Derniers moments de Franois Ier_, drame en vers,
que le fragment qui a t publi dans le KEEPSAKE FRANAIS. _2e Anne.
1831. Chez Giraldon Bovinet, 1 vol. in-8_, qui fut mis en vente
vers la fin de l'anne 1830.

Pour quelle raison Alfred de Musset ne termina-t-il pas ce drame ou
dtruisit-il ce qu'il en avait crit (car le manuscrit n'a jamais t
vu)? Peut-tre la connaissance d'un drame analogue, pour le sujet
comme pour la forme, la _Mort de Franois Ier_ par Flix Arvers[77].
Au mois de janvier 1850, M. Charpentier imprimant un nouveau volume
d'oeuvres d'Alfred de Musset, lui avait transmis le voeu exprim par
bien des personnes, de voir adjoindre  ce livre des posies indites
jusqu' ce jour. En ce qui concerne ce drame, l'auteur se borna  lui
rpondre: J'ai beau faire, je ne puis pas corriger ces _Derniers
Moments de Franois Ier_; il y a dix-neuf ans que c'est au
rancart[78].

  [77] Voir: FLIX ARVERS, par Charles Glinel. 2e dition. Reims,
  Michaud. Paris, Rouquette, 1897. 1 vol. in-8.

  [78] _OEuvres Posthumes_, in-12, p. 241.

Alfred de Musset et Flix Arvers se connaissaient; ils avaient des
amis communs, Paul Foucher, Alfred Tattet; tous deux se trouvrent
plus d'une fois cte  cte  la table de Ulric Guttinguer, rue de
Courcelles, dans cette maison des Lilas, rendue clbre par la fte
printanire donne en l'honneur de M. et Mme Victor Hugo. Ils se
rencontraient aux soires de l'Arsenal, chez Charles Nodier, dont ils
taient les htes assidus; ils adressaient mme des vers  la fille
du matre de ce logis, car l'_innomme_ du fameux sonnet:

    Mon me a son secret, ma vie a son mystre

et l'hrone des Stances:

    Madame, il est heureux, celui dont la pense

ne sont qu'une mme personne, mademoiselle Marie Nodier, qui devint
madame Mnessier. De plus, le 1er janvier 1830, Arvers avait fait ses
dbuts dans le notariat comme clerc chez Me Guyet-Desfontaines, ami de
la famille de Musset; en sa qualit de pote, le jeune basochien avait
ses entres au salon.

_La Mort de Franois Ier_, drame en 3 actes, en vers, ddi  mon ami
Roger de Beauvoir par Flix Arvers, porte la date de juin 1831, dans
le recueil o il a t publi[79]. On y trouve certaines similitudes
avec le drame d'Alfred de Musset; ce passage de la scne 3 du IIIe
acte, se rapproche beaucoup du dbut du dialogue entre Franois Ier et
son Fol:

    FRANOIS Ier

    . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
    S'il est vrai que souvent ma raison gare,
    Aux pompes de Satan, jadis se soit livre,
    N'ai-je rien fait aussi qui puisse retenir
    Le bras de Jsus-Christ lev pour me punir?
    Fils an de l'glise, ardent  sa querelle,
    J'ai dfendu sa gloire et combattu pour elle.
    Que me reproche-t-on? N'ai-je pas rsist
    A ce torrent du schisme et de l'impit?
    N'ai-je pas su, malgr des efforts sacrilges,
    Remettre le Saint-Pre en tous ses privilges?
    Et savez-vous un roi qui fut meilleur soutien
    Du Saint Nom de Jsus et du monde chrtien?.......

  [79] MES HEURES PERDUES par Flix Arvers. Paris, Fournier, 1833.
  1 vol. in-8, p. 156  293.

Cela se poursuit dans la rplique de Fron, et, quelques vers plus
loin, la ressemblance est encore plus grande:

    FRANOIS Ier

    ........ Ah! ce n'est pas la mort qui m'pouvante!
    L'Espagnol me connat, de reste, et je me vante
    Que dans toute l'Europe il n'est pas chevalier
    Plus pre  la besogne et plus franc de collier.
    Pourquoi, dans les combats, n'ai-je perdu la vie?
    Je serais si bien mort aux plaines de Pavie,
    Au bruit des instruments de guerre et des clairons,
    Entour de mes preux chevaliers et barons!
    Mon armure et servi de linceul militaire
    Et mes soldats pleurant m'auraient mis dans la terre
    Humide encor du sang que ma main et vers,
    Comme ils ont fait Bayard, quand il a trpass.

Et dans Alfred de Musset:

    LE ROI

    Dieu du saint vangile! O Dieu, j'ai fait pourtant
    Brler par Bonneval tout un bourg protestant!
    Dans un pourpoint de fer, certes, je fus  l'aise;
    Maintenant, je suis mort, ma cuirasse me pse!
    O mon cousin Bayard! Il mourut tout poudreux,
    Les reins tout fracasss!..... Il tait bien heureux!
    (_Dlirant_) Oh! parmi les tournois, les charpes dores,
    Les vieux barons de fer, les femmes adores!
    O soleil d'Italie! O mon beau Milanais!
    O trouver pour mourir, tes champs, si je renais?
    Mourir la dague au poing, mourir le casque en tte,
    Des clairs que l'acier croise dans la tempte!
    En bas d'un palefroi saillir contre un sol dur,
    Et tomber sur le dos, sous un beau ciel d'azur!
    Hardi, mes preux sans peur, ma vaillante noblesse!
    Hardi, mes lansquenets, dans la mle paisse!
    Hardi!--C'est d'Alenon sur la colline assis!
    C'est Chabanne et ses gens, de poussire noircis!
    Bien combattu, Dunois! Comme il court, comme il vole!
    Je te fais duc et pair, Dunois, sur ma parole!
    Trivulce! A Marignan et tant d'autres endroits,
    Mes faux serviteurs, on vous a vus tous trois!
    Marignan laissa-t-il entre vos cicatrices
    De quoi, sur votre coeur, crire vos services?
    Quelle bataille, amis! Elle dura deux jours!
    Un soir vint..... puis un autre..... on se battait toujours;
    Et de faim ni de soif, nul ne sentait l'envie.
    Deux jours!..... nul ne songea qu' sa mort ou sa vie;
    Et les bataillons noirs se heurtaient dans la nuit,
    Et fatigus du bruit, n'entendaient plus de bruit.
    On se battait!--Quand vint un matin le silence,
    Comme, tout tonn, je restais sur ma lance,
    La Tremouille arriva, qui me dit: Ils sont morts!.
    Et je vis, en effet, que l'on comptait les corps.

Dans les _Derniers moments de Franois Ier_, Fron faisant le compte
des maris outrags, qui ont voulu tirer vengeance du roi Franois,
sans y russir comme lui, met des ides qu'on retrouve dans les
scnes 3, 4 et 5 du 1er acte de _La Mort de Franois Ier_.

Malgr ces ressemblances, ces deux drames n'ont pas t copis l'un
sur l'autre, et celui de Musset a une priorit d'au moins une anne
sur celui d'Arvers.

Il existe deux autres drames clbres sur les amours de Franois Ier,
qui ont t plus d'une fois compars avec les deux pices dont je
viens de parler:

_Le Roi s'amuse_, drame en cinq actes, en vers, par Victor Hugo,
reprsent pour la 1re fois au Thtre Franais le 22 novembre 1832 et
pour la seconde fois le 22 mars 1882.

Et _Ango_, drame en cinq actes et six tableaux, avec pilogue, en
prose, par Auguste Luchet et Flix Pyat, reprsent pour la premire
fois sur le thtre de l'Ambigu le 29 juin 1835.

Enfin, M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul nous apprend dans ses
LUNDIS D'UN CHERCHEUR (C. Lvy, 1894. 1 vol. in-12, p. 8-9), que
Thophile Gautier avait song  composer un drame sur le mme sujet.

_Les Derniers moments de Franois Ier_ ont t rimprims avec plus ou
moins d'exactitude dans le KEEPSAKE FRANAIS de 1832, le KEEPSAKE
FRANAIS DE 1833, le MONDE DRAMATIQUE du 16 juillet 1835, et, sous le
titre d'_Ango_, dans l'ARTISTE du 15 juillet 1850. D'autres revues en
ont publi des fragments.


VI

   PERDICAN

_Perdican_ est un fragment de drame lyrique, compos peu de temps
avant _On ne badine pas avec l'amour_. Une seule scne est crite.

Perdican, fils d'Evrard, pleure la mort de son pre, tu dans un
rcent combat; un chevalier vient essayer d'enlever  son inaction le
fils de son ancien compagnon d'armes. Perdican rsiste; d'autres
chevaliers surviennent:

    Crois-tu que nous soyons comme le vent d'automne,
    Qui vient scher tes pleurs jusque sur ce tombeau
    Et pour qui ta douleur n'est qu'une goutte d'eau?
    Les hommes, mon enfant, ne consolent personne;
    L'herbe que nous voulons arracher de ce lieu,
    C'est ton oisivet! Ta douleur est  Dieu!
    Laisse l s'largir cette sainte blessure
    Que les noirs sraphins t'ont faite au fond du coeur;
    Rien ne nous rend si grands qu'une grande douleur!
    Montre la tienne au monde, et prends-la pour armure...

Mais malgr tous leurs discours, Perdican reste indcis.

Plusieurs vers de _Perdican_ se retrouvent dans la _Nuit de Mai_.


VII

CONFESSION D'UN ENFANT DE L'AUTRE SICLE

Cette _Confession d'un Enfant de l'autre Sicle_, compose en mai
1842, n'a, malgr son titre, aucun rapport avec la _Confession d'un
Enfant du Sicle_. C'est une sorte de prface, dans laquelle Alfred de
Musset s'excuse presque de faire encore des vers, et demande
l'indulgence de ses amis:

    . . . . . . . . . . . . .
    Mil huit cent vingt! Nous closions
    Dans les mlanges potiques
    . . . . . . . . . . . . .
    Puis dix ans nous nous reposions
    Au sein des drames romantiques.
    Venaient aprs?... je ne sais plus,
    Sinon que c'tait du plus tendre,
    Du coeur bris, des sens mus,
    Et beaucoup de voeux superflus.
    Dix nouveaux ans encor de fivre!
    Arthur[80] parat, le malheureux,
    Dplorablement vertueux,
    Triste rveil d'un charmant rve!
    Est-ce la fin? Hlas! Hlas!
    Voil que viennent des _Lilas_![81]
    C'est l'amiti qui les fait natre,
    Le temps d'clore et de paratre,
    De parfumer une fentre,
    Et tout est dit de cette fois!

  [80] _Arthur_, roman, par U. Guttinguer. Paris, Renduel, 1837. 1
  vol. in-8.

  [81] _Les Lilas de Courcelles_, posies, par U. Guttinguer.
  Saint-Germain, Imp. de Beau, 1842. 1 vol. in-8.

Mais comme ils sont ngligs, ces vers, mal prsents,

    Avec des trous  leur chemise;

grande est leur sottise de paratre en pareil accoutrement devant
leurs amis et matres; cependant, on leur pardonnera en faveur de leur
bonne intention et du grand ge de leur auteur.

Ce petit pome est adress  Monsieur ou  Madame Alfred Tattet.
Peut-tre est-ce la _lettre_ qui accompagnait l'envoi d'un volume de
posie.


VIII

LES FRRES VAN BUCH

_Les Frres Van Buch_, lgende allemande, tel est le titre d'une
nouvelle en prose publie dans le CONSTITUTIONNEL du 27 juillet 1844
et prcde d'une _Lettre_ au Directeur.

Dans une petite ville des bords du Rhin, habite le vieil orfvre
Hermann; sa fille Wilhelmine revient ce jour mme du couvent, et, ds
leur premire rencontre avec deux jeunes graveurs, voisins et htes
assidus de son pre, Henri et Tristan Van Buch, inspire un violent
amour aux deux frres. Les jeunes hommes se cachent leur mutuelle
passion, mais leurs rves les trahissent, et dans l'impossibilit o
ils sont d'pouser la mme jeune fille, ils dcident de s'en rapporter
 son choix: Ma fille, leur rpond l'orfvre, vous a vus tous deux;
elle chrira Tristan comme un poux et Henri comme un frre. Henri
s'efface devant l'heureux lu, mais bientt il se sent incapable de
tenir son serment. Un jour qu'ils chassent, il s'en ouvre  son frre
et le supplie d'attendre qu'il soit mort pour pouser Wilhelmine;
devant un si grand dsespoir, Tristan offre  Henri de lui cder ses
droits: Que je l'pouse! s'cria l'autre. Me transmettrez-vous son
amour en me transmettant vos droits? Il faut cependant que l'un de
nous en meure! ajouta-t-il d'une voix sombre. Sa main tremblait et
battait contre son couteau de chasse.--Oui, rpondit Tristan. Et la
lutte s'engage. Bientt tous deux sont mortellement frapps; Tristan
tombe  terre, mais Henri reste debout, vacillant et immobile: Du
fond de la valle, dans le crpuscule, une forme vague sembla tout 
coup se dtacher et s'avancer vers eux. Elle montait lentement la
colline et,  mesure qu'elle approchait, les fils reconnaissaient
leur mre. Au moment o le spectre parut, entirement visible et
reconnaissable, celui qui tait debout, par un suprme effort, quitta
la place o il tait clou, et alla se jeter dans les bras de celui
qui gisait  terre. Ainsi tous deux, couverts de larmes et de sang,
expirrent dans un dernier embrassement.

_Les Frres Van Buch_ ont t rimprims dans le supplment du FIGARO
du 29 aot 1875. En 1878, un admirateur d'Alfred de Musset a fait
composer et tirer cette nouvelle  huit exemplaires, pour lui et ses
amis, 19 pages in-4 sur papier verg.

_Lous dus frays bessous, per Jasmin_, balado dediato a moussu De
Salvandy (Agen, Imprimerie Noubel, 1847. In-8 de 32 pages) semblent
imits de cette nouvelle d'Alfred de Musset.


IX

EN LISANT LE JOURNAL

Le mariage de la reine Isabelle d'Espagne avec son cousin Don Franois
d'Assises et celui de sa soeur Doa Fernanda avec le duc de
Montpensier, clbrs ensemble le 10 octobre 1846, et conclus contre
le gr de l'Angleterre, avaient amen des reprsentations trs vives
de la part du cabinet anglais. Au mois de novembre de la mme anne,
l'annexion de Cracovie, ville libre, aux tats Autrichiens, par suite
d'entente entre les trois puissances qui s'taient partag la
Pologne--la Russie, la Prusse et l'Autriche--donnrent lieu  des
remontrances de la France pour cette violation des traits de 1815,
remontrances qui ne furent pas coutes. Des bruits de guerre
coururent; aussi,  l'ouverture de la session parlementaire de 1847,
une discussion trs vive eut lieu  la Chambre entre M. Guizot et M.
Thiers. Les journaux de l'opposition accusrent le ministre de
reculer et de ne pas oser soutenir l'honneur du drapeau franais.
C'est la lecture d'un de ces articles qui inspira ces stances  Alfred
de Musset, l'une de ses rares pices politiques, qui dbutent ainsi:

    J'aurais voulu, mme en tremblant,
    Mme tourdi par ton tonnerre,
    J'aurais voulu suivre sur terre,
    Csar, ton peron sanglant.

Un ami d'Alfred de Musset m'a communiqu le manuscrit d'une autre
pice du mme genre, intitule _La Lanterne magique_, crite vers
1830, dans laquelle il passe en revue la double face des choses de ce
monde.


X

SUR MES PORTRAITS

Je ne crois pas commettre une indiscrtion en donnant en entier cette
posie satirique, dont L'INTERMDIAIRE DES CHERCHEURS ET CURIEUX du 15
juillet 1891 a publi les sept premiers vers:

    Nadar, dans un profil croqu,
            M'a manqu,
    Landelle m'a fait endormi,
            A demi;
    Biard m'a produit veill,
            A moiti;
    Le seul Giraud, d'un trait rapide,
            Intrpide,
    Par amour de la vrit,
            M'a fait stupide.
    Que pourra pondre dans ce nid
            Gavarni?

La lithographie de Gavarni fut excute en 1854, ce qui nous donne la
date du morceau. Tous ces portraits ont t gravs  l'exception de
deux: celui de Giraud, charge  l'aquarelle que l'on a pu voir en 1888
 l'Exposition des Matres franais de la Caricature, et celui de
Biard, que, malgr le bon vouloir de la fille du peintre, la
spirituelle tincelle, il m'a t impossible de retrouver.


XI

NAPOLON

    Napolon, ton nom est un cri dans l'histoire....

Ce sonnet est encore une pice politique, crite en 1856 et qui semble
avoir t inspire au pote par la vue d'une peinture ou d'une
sculpture reprsentant un soldat bless, tendu aux pieds d'une
Victoire.

Un autre fragment de huit vers, sans date, adress galement 
Napolon, subsiste aussi, qui commence par ces mots: Oh! d'ennemis
sans foi....

       *       *       *       *       *

Je noterai encore quelques _brouillons_ se rattachant  des pices
publies et qui prsentent des variantes avec le texte imprim, pour
_Les Marrons du Feu_ (deux fragments), _Le Saule_ (deux), _La Coupe et
les Lvres_ (quatre, dont l'un porte le titre de _Brandel_, et qui ne
sont pas les mmes que les deux fragments indiqus ci-dessus); _Rolla_
(un); quelques phrases indites de la _Confession d'un Enfant du
Sicle_, dont un passage est publi dans le supplment du FIGARO du 14
mai 1887; cinq plans ou divisions de scnes diffrents pour
_Lorenzaccio_[82]; deux projets d'un nouveau dnoment du
_Chandelier_, faits en 1850, lors de l'interdiction de la pice; un
commencement d'tude en prose _Sur Lopardi_, qui est publi en vers
et termin sous le titre de _Aprs une lecture_; un sonnet _Au Rhin_;
un fragment de pome dramatique en trois chants, _L'Oubli des
Injures_, dont plusieurs passages se retrouvent dans _La Coupe et les
Lvres_; un autre fragment en vers, qui est un dialogue entre _Rolla
et le Grand-prtre_, sans titre; une premire version du _Sonnet au
Lecteur_ de 1850; d'autres fragments indits des stances _Sur la
Paresse_, de la chanson _Les Filles de Cadix_, de _Louison_, de
_Carmosine_, de _Faustine_ et du _Songe d'Auguste_.

  [82] L'dition in-4, des OEuvres d'Alfred de Musset publie  la
  Librairie Lemerre, de 1884  1895, est la premire qui donne un
  texte de _Lorenzaccio_ conforme au manuscrit. De nombreux
  passages sont ajouts, entre autres, toute la fin de la quatrime
  scne de l'acte IV, demeure jusqu'alors indite.

Il ne subsiste aprs cela, parmi les manuscrits d'Alfred de Musset,
que des bauches (les _Deux Magntismes_; deux _Lettres  Buloz_,
inacheves, l'une sur les rformes thtrales, l'autre sur les
voleurs de noms; cette seconde lettre est le dernier morceau en
prose sorti de la plume d'Alfred de Musset. _Un Th_; une _Comdie
sous le rgne de Louis XV_, sans titre; _A Mme ***_, sur le suicide;
_Adolphe_, etc...); des essais de tournures de phrases, des fragments
de posies o le sens finit au milieu d'un vers inachev, o les vers
s'arrtent avant le sens (_Sur Grvedon_, _A Mme Ristori_, _Conte en
vers_ se passant en Limagne, _A Willa_, _A un jeune peintre_, etc...);
des lignes de prose qui n'ont ni commencement ni fin (_Sur la Guerre
d'Orient_, _Sur la Visite de la Reine d'Angleterre_, etc...), dbris
qui ne peuvent figurer dans les oeuvres de l'crivain.

       *       *       *       *       *

Il ne me reste plus  parler maintenant que de certaines oeuvres que
l'on attribue  Alfred de Musset, sans donner la preuve certaine qu'il
en est l'auteur: Alfred de Musset n'a jamais employ de secrtaire,
dit Paul de Musset. Toute publication posthume dont on ne pourra pas
produire l'autographe, sera videmment apocryphe et mensongre.
(BIOGRAPHIE, p. 371). Il faut s'entendre sur ce mot autographe: Paul
de Musset dsigne non seulement ceux crits en entier par Alfred, mais
aussi ceux crits sous sa dicte, aprs 1842, par Mlle Colin, alors
qu'il tait malade et dans l'impossibilit de tenir une plume,
lesquels sont revus par lui et _corrigs de sa main_; le plus
important de ces seconds autographes est celui de _Carmosine_.

Tel est le cas des pices qui suivent: o est l'autographe?

1 _Chanson de Stnio_, intercale dans la premire dition de LLIA
par George Sand. (Dupuy et Tenr, 1833. 2 vol. in-8. Tome II, p.
208.)

2 _Quatrain  H. de Latouche_, compos en 1833,  propos des
polmiques sur George Sand. LA REVUE DES FAMILLES, 1er mars 1892.

3 _Deux Sonnets  Alfred de Vigny_, l'un par George Sand, l'autre par
Alfred de Musset, envoys  l'auteur de _Chatterton_ au lendemain de
la reprsentation de cette pice. REVUE MODERNE, juin 1865.

Avant de les publier dans la Revue, M. Louis Ratisbonne avait soumis
ces deux sonnets  l'apprciation de Paul de Musset, qui lui fit cette
rponse:


    Monsieur et cher confrre,

  En pensant aux deux sonnets que vous avez eu l'obligeance de me
  communiquer, j'ai conu des doutes srieux sur leur authenticit.
  A moins de preuves du contraire, je ne puis croire qu'ils soient
  de mon frre. Le mot _race bovine_, que contient l'un des deux, et
  plusieurs autres expressions de colre ou de mpris appliques aux
  critiques du drame de _Chatterton_, me semblent un peu trop forts
  en crudit. On n'a pas tant de ressentiment pour des critiques
  adresses  un autre. Je croirais volontiers que M. de Vigny a pu
  faire ces deux sonnets dans un moment d'irritation, et s'amuser
  ensuite  supposer qu'il les avait reus de personnes qui, sans
  doute, lui avaient fait des compliments sur la pice qu'on
  reprsentait alors avec succs  la Comdie Franaise. Je vous
  engage donc  ne pas publier sous le nom de mon frre celui que M.
  de Vigny lui a attribu,  moins que vous n'en retrouviez
  l'autographe, car cet autographe doit exister si le sonnet a t
  envoy. Quant  l'autre sonnet, attribu  une personne qui n'a
  jamais fait de vers, son caractre videmment pseudonyme est une
  preuve  l'appui de mon opinion que tous deux sont de l'auteur de
  _Chatterton_. Je ne vois que la dcouverte des autographes qui
  puisse me faire revenir de cette opinion. Si vous les retrouvez,
  soyez assez bon pour m'en donner avis; mais s'il n'existe dans les
  papiers de M. de Vigny que la copie crite de sa main, dont vous
  m'avez donn lecture, il sera prudent de ne les considrer que
  comme des documents incertains.

  Agrez, Monsieur et cher confrre, l'assurance de mes sentiments
  distingus.

    9 mai 1865.

    P. DE MUSSET.

Malgr cette lettre, la publication fut faite et M. L. Rastibonne eut
raison, car M. Georges Jubin, dans la _Revue bleue_ du 3 avril 1897, a
publi des documents, dont une lettre d'Alfred de Musset  Buloz, qui
ne laissent plus aucun doute sur l'authenticit de ces deux sonnets,
dont Alfred de Musset est l'auteur.

4 _Sur les Auteurs de mon temps_, strophes burlesques dont voici la
dernire:

              Lassailly
              A failli
          Vendre un livre.
    Il n'et tenu qu' Renduel
    Que cet homme immortel,
    Et enfin de quoi vivre.[83]

  [83] Publi dans: _Les Soupeurs de mon temps, par Roger de
  Beauvoir._ Paris, Faure, 1868. 1 vol. in-12, p.
  135.--_L'Illustration_, 19 septembre 1868.

L'autographe que je possde est crit par Roger de Beauvoir, qui est
_pourtraictur_ dans la troisime strophe:

        De Beauvoir
        Bel  voir
      Nous amuse
    Lorsqu'il a bien dn
    Il nous prie  djeun
    On y va, l'on s'abuse.

Les autres crivains dpeints sont Henri Blaze, d'Anglemont,
Sainte-Beuve, Capo de Feuillide, Paul de Musset et Paul Foucher.

Ce genre de plaisanterie tait trs en vogue parmi les habitus du
salon de George Sand. M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul, dans
sa VRITABLE HISTOIRE D'ELLE ET LUI (C. Lvy, 1897. 1 vol. in-12, p.
8), publie une _Complainte sur le Duel_ de Gustave Planche et de Capo
de Feuillide, que l'on attribua  la collaboration d'Alfred de Vigny
et de Brizeux, mais dont l'hrone connaissait le vritable auteur (ce
n'est pas  nous de soulever le voile). _Lui_ crivit  cette poque
une _Revue Romantique_; _Elle_, le 23 novembre 1834, une _Complainte
sur la mort de Franois Luneau_. Nous indiquons d'autre part les
_charges_ faites  l'atelier d'Achille Devria par Alfred de Musset,
qui crivit aussi une parodie des _Mmoires d'Outre-Tombe_ de
Chateaubriand; et peut-tre a-t-il aid Mme Augustine Brohan 
confectionner son beau couplet de la vierge en patache.

5 _Rves d'Hiver._ Janvier 1838. Tel est le titre d'un manuscrit
pass en vente chez Laverdet le 10 avril 1855. J'ignore ce qu'il est
et qui le possde aujourd'hui.

6 _Quatrain Italien_, inscrit sur l'album de M. le comte Dousse
d'Armanon. L'ARTISTE, 29 septembre 1844:

    La rosa e un vago fiore
      Come la giornata,
    Presto che nasce e muore
      E non ritorna piu

Cette petite pice est cite dans un article de M. Gunot-Lecointe sur
la manie des albums; il l'accompagne de cette rflexion: Au lieu de
ces quatre lignes italiennes qui ne sont mme pas des vers, pourquoi
M. Alfred de Musset n'a-t-il pas crit une strophe des Contes
d'Espagne?

La mme revue, dans sa livraison du 21 novembre 1844, donne encore une
_Prire inscrite sur l'album des moines du Carmel_.

7 _Stances  Henri Cantel_. REVUE DE FRANCE, 1er mars 1881.

8 Un ami inconnu, qui me permettra de le remercier ici, me faisait
parvenir, nagure, ce sonnet, dont il attribue la paternit  l'auteur
de la Ballade  la Lune:

    LUNA

    Ce soir, la Lune est ronde, et sa tte fantasque
    Comme un domino, passe entre les peupliers.
    --Peste! la folle nuit! et vous avez, beau masque,
    Choisi l, sur ma foi, d'tranges cavaliers.

    Quoi, jusqu'au noir clocher, qui, coiff de son casque,
    Semble prt  vous suivre! Et, parmi les halliers,
    L'pre ole intrigu, qui suspend sa bourrasque
    Pour ne pas dranger vos projets singuliers!

    Partez donc, o Luna! Le ciel clair et sans voiles
    A pour vous rallum ses claustrales toiles...
    Et moi, qu'a su charnier votre air leste et fringant,

    Voyant vos doigts si blancs rayer la toile verte
    De mes rideaux, je dis: Sur ma fentre ouverte,
    Ma mie, n'auriez-vous pas laiss choir votre gant?

9 _Quatrain  une dame_, en lui envoyant des bonbons lors de sa
grossesse. L'VNEMENT, 25 dcembre 1876.

10 _Quatrain  une vieille coquette_. L'ESTAFETTE, 24 juin 1892.

11 _A une Espagnole_, stances improvises sur un rythme de Victor
Hugo. LE VOLEUR, 2 mai 1873.

12 _Stances  Buffon_, crites sur un panneau de son cabinet de
travail,  Montbard. LE CENTENAIRE DE BUFFON, Troyes, Montgolfier.
1889. Br. in-8, page 68.

13 _Dclamation_.--_A miss Anna X***_, deux posies, dans la GRANDE
REVUE DE PARIS ET SAINT-PTERSBOURG, 25 juillet 1890.

14 Pour les vers inscrits _Sur l'Album du chteau de Clisson_,
pendant un voyage qu'Alfred de Musset fit dans la Loire-Infrieure, il
se rcuse lui-mme dans une lettre qu'il adressa d'Angers  Mme Alfred
Tattet:

   ...Quant aux vers du livre de Clisson, on m'en a parl plusieurs
   fois et je les tiens pour admirables, mais je n'ai pas l'honneur
   d'en tre le pre; il parat qu'en mettant mon nom au bas, on a
   voulu du moins m'en faire le parrain. Je n'ai jamais t par l,
   et quand cet enfant-l m'est n, j'tais probablement bien loin.
   Ma Muse aura accouch pendant mon absence, c'est pour le moins un
   cas rdhibitoire. J'ai dj assez mis au monde de mauvais
   garnements pour ne pas vouloir d'intrus dans la famille....[84]

  [84] Cette lettre est publie en partie dans LE FIGARO du 6 avril
  1883, et en entier dans la GAZETTE ANECDOTIQUE du 30 juin 1885.

Est-ce que certaine confrencire clbre, qui jadis incarna Lucretia
del Fede, ne connat pas le vritable auteur? Je suis all souvent 
Clisson et je me suis procur le fameux livre; mais les pages o se
trouvaient les soi-disant vers d'Alfred de Musset ont t arraches
par quelque visiteur peu dlicat. On voit encore des vers ou des
lignes de prose, signs Victor Hugo, Lamartine, George Sand, mais
malheureusement pour l'authenticit de ces autographes, aucun de ceux
dont je connais l'criture de leur pseudo-auteur, n'a t crit par
son signataire.

       *       *       *       *       *

Avant de mettre fin  cette longue numration que le lecteur doit
trouver bien ardue, il me faut encore indiquer quelques pices
donnes comme indites, et qui ne sont en ralit que des
rimpressions d'oeuvres publies:

1 L'_pigraphe_ place en tte du tome II de LLIA par George Sand
(Dupuy et Tenr, 1833. 2 vol. in-8).--Le _Fragment_ donn page 190 de
LES DEUX SOEURS, par Mme Agla de Corday (Louviers, Achaintre, 1838. 1
vol. in-8), ne sont que deux strophes de _Namouna_.

2 La _Nouvelle_ en prose que publie la GAZETTE DE LA NOBLESSE du 16
octobre 1856, est un extrait du _Voyage o il vous plaira_, par
Hetzel.

3 La couverture de la 87e livraison des FRANAIS PEINTS PAR EUX-MMES
(Curmer, 1840, in-4), donne comme indits 18 vers, que reproduit LE
NATIONAL de Bruxelles du 26 mars 1880, lesquels sont les 18 premiers
vers des _Secrtes penses de Rafal_.

4 LE DIOGNE du 19 octobre 1856 annonce des _Stances  Mme Dorval_,
mais rectifie son erreur dans le numro du 9 novembre; ce sont les
stances _A la Malibran_.

5 Le journal LE PLAISIR A PARIS du 26 juin 1889 publie Le Navire,
fragment du _Retour_, et l'Ennui, fragment des _Stances_: Je
mditais courb.

       *       *       *       *       *

Il reste une question que j'aurais voulu aborder, celle de la
_Correspondance_ d'Alfred de Musset, mais cela m'entranerait en des
dtails bibliographiques bien longs[85]. Les trente-cinq lettres mises
 la fin du volume des OEUVRES POSTHUMES, ne donnent qu'un bien faible
aperu de ce qu'elle est.

  [85] C'est pour la mme raison que j'omets les _Variantes_
  qu'offrent entre eux les divers textes imprims.

Par les publications faites en 1896  propos d'_Elle et Lui_, on
connat des fragments des lettres qu'Alfred de Musset crivait 
George Sand; d'autres, adresses  Buloz, Alfred Tattet, Pierre
Pagello, Alfred Arago, Boucoiran, Mme de Belgiojoso, Mme Augustine
Brohan, David d'Angers, Maxime Du Camp, Alexandre Dumas, Sainte-Beuve,
Mme Olympe Chodzko, Albric Second, Alfred de Vigny, Mme de Girardin,
Arsne Houssaye, Eugne Renduel, Mme Levrault, Frantz Liszt, mile
Phant, etc..., ont t publies dans des journaux, des revues ou des
livres; nous en avons dcouvert _cent dix_, imprimes en entier ou peu
s'en faut, dans ces conditions, sans compter les lettres ou fragments
de lettres d'Alfred de Musset  George Sand, ainsi que celles dont
tout ou partie est, pour la premire fois, publi dans le prsent
volume; et l'on peut tenir pour certain qu'il en existe un plus grand
nombre. Mais combien curieuses sont celles qui demeurent encore
inconnues parmi les noms cits plus haut et celles qu'il envoya  son
frre Paul,  ses diteurs, aux interprtes de ses comdies,  divers
membres de sa famille, aux directeurs des revues o il a crit, 
mile Augier, Ulric Guttinguer, Thophile Gautier, au comte d'Alton, 
Dsir Nisard, Ambroise Thomas, Auguste Barre, Mlle Rachel, mme  sa
gouvernante, Mlle Colin (dont la REVUE DE PARIS ET SAINT-PTERSBOURG
et les ANNALES LITTRAIRES ont publi les mmoires)[86], et  beaucoup
d'autres, dont je ne puis dire les noms.

  [86] Rimprims sous le titre de: _Dix ans chez Alfred de
  Musset_, par Mme Martellet, ne A. Colin. Paris, Chamuel, 1899. 1
  vol. in-12.

J'omets avec intention la correspondance.... amoureuse, trop intime
pour tre publie, et qui ne sera jamais connue; car, avec un tact que
je ne puis qu'approuver, lors de la mort du pote, toutes les lettres
de femmes qui furent trouves dans ses tiroirs, furent restitues sans
change  celles qui les avaient crites. Toutefois, le mystrieux
paquet dpos  la Bibliothque Nationale, pour tre ouvert et publi
en 1910, renferme, si je ne me trompe, l'une de ces correspondances;
ce n'est pas celle de George Sand, comme on l'a prtendu; celle-ci,
pensons-nous, est adresse _A une belle inconnue_:

    Si vous croyez que je vais dire
          Qui j'ose aimer,
    Je ne saurais, pour un empire,
          Vous la nommer.

Les lettres  sa Marraine sont aussi peu connues que les autres, car
les textes que Mme Jaubert a intercals dans ses SOUVENIRS (Hetzel,
1881, 1 vol. in-12) et ceux donns par Paul de Musset, sont, sauf
quelques rares exceptions, absolument altrs et dfigurs. J'ai pu en
vrifier la majeure partie sur les autographes originaux et j'ai
constat qu'ici une lettre avait servi  en faire deux; que l, deux
ou trois lettres taient fondues en une seule; ailleurs, les phrases
sont interposes, et trs souvent les dates supprimes ou changes.
N'et-il pas mieux valu rien plutt que cela! Que de jolies choses
cependant elles renferment, et que de rcits j'y ai lus, semblables 
_Un souper chez Mlle Rachel_, qui n'est que l'une d'elles, dont on a
supprim le commencement et la fin![87].

  [87] Voir ci-aprs la Notice bibliographique sur la Correspondance
  d'Alfred de Musset.

Comment conclure, si ce n'est en exprimant le dsir de voir un jour
joindre aux oeuvres du pote, toutes ces pages indites, toutes ces
lettres surtout, qui rvleront un Musset inconnu?

       *       *       *       *       *

LES ANNALES POLITIQUES ET LITTRAIRES du 19 septembre 1897 commencent
la publication de _Denise_, cette nouvelle dont je parle au dbut de
cet article, en laissant planer, par un Avertissement, un doute sur le
vritable auteur. Il suffit, pour viter toute quivoque, de se
reporter  la REVUE DE PARIS du 2 mai 1841; on y trouvera, page 5,
_Denise_, avec la signature de Paul, son seul et vritable auteur.
Cela a t rvl par M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul dans
une lettre publie par le JOURNAL DES DBATS du 1er juillet 1897. Le
mme journal donnait le lendemain une autre note rectificative (qui
manait de moi) dans laquelle je disais que le fait d'attribuer 
Alfred ce qui venait de Paul, n'tait pas unique, et je faisais
allusion  une lettre envoye par Alfred de Musset  un de ses
diteurs pour se plaindre de cela. Voici cette lettre:

    Monsieur Charpentier, 19, rue de Lille.

    Lundi, 30 septembre [1850].

    Mon cher ami,

  Je vous envoye le catalogue de l'_Assemble_, o vous trouverez
  quatre ou cinq romans de mon frre, annoncs sous mon nom. Vous
  m'avez dit que vous vous chargeriez de demander la rectification.
  J'aimerais mieux en effet que vous me rendissiez ce service,
  attendu qu'il est dlicat pour moi de parler de mon frre.

  D'ailleurs, votre position, tant _mon diteur_, vous donne, il
  me semble, toute espce de droit. Car c'est, au bout du compte,
  une sotte tromperie qui est toujours prjudiciable: le public peut
  nous croire complices.

  Si vous voulez bien vous en charger, tenez-moi au courant, parce
  que, si on ne rectifie pas l'erreur, il faudra crire dans
  d'autres journaux.

  Tout  vous.

    ALFRED DE MUSSET.

Ce catalogue est annonc dans le numro de l'ASSEMBLE NATIONALE du 26
juillet 1850, et parat pour la premire fois dans le numro du 28
juillet; il est frquemment reproduit, notamment dans le numro du 21
septembre. En ce qui concerne les deux frres, l'annonce est ainsi
faite:

  Le Bracelet, par Alfred de Musset. 1 vol. in-8.

  Samuel, par Alfred de Musset. 1 vol. in-8.

  Tte et Coeur, par Alfred de Musset. 1 vol. in-8.

  Les Amours de Planoche et de Mme de Laguette, par Paul de Musset.
  2 vol. in-8.

  Lauzun, par Alfred de Musset. 1 vol. in-8.

Dans ce numro, qui est probablement celui qui accompagnait la lettre,
le catalogue occupe toute la troisime page et la moiti de la
quatrime. Toutefois, si M. Charpentier a demand une rectification,
il ne fut pas tenu compte de sa demande, car le catalogue continue 
paratre avec ses inexactitudes; je l'ai retrouv tel jusque dans le
numro du 7 dcembre 1850.




NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE

SUR LA

CORRESPONDANCE

DE

ALFRED DE MUSSET




NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE

SUR LA

CORRESPONDANCE

DE

ALFRED DE MUSSET


La correspondance d'Alfred de Musset,  ct des dtails biographiques
qu'elle renferme et de sa valeur littraire, offre ceci de
particulier, que le pote se laisse voir tel qu'il tait dans la vie
intime: obissant  l'impression du moment, il crit sans affectation,
sans pose, mettant son coeur et son esprit  nu. Le jour o ses
lettres seront connues, bien des jugements ports sur lui devront tre
rforms.

Malheureusement, ce n'est pas dans le recueil de ses oeuvres compltes
qu'il faut aller chercher cette correspondance. Les trente-cinq
lettres publies par les soins de son frre Paul, en 1866,  la fin du
tome X de l'dition dite de souscription (OEuvres posthumes), ne
donnent qu'une bien faible ide de ce que sont les autres et n'en
reprsentent qu'une partie bien minime.

Cependant, beaucoup d'autres lettres de notre pote existent parses
dans des journaux, des revues ou des livres. Voici, avec l'indication
du recueil dans lequel je les ai trouves imprimes pour la premire
fois, celles qui sont parvenues  ma connaissance.

  ARAGO (Alfred).

1.--Sans date: J'ai connu un jeune peintre, qui avait une demoiselle
de compagnie. _Le Monde Illustr_, 27 septembre 1862. Fragment.

  AUGIER (mile).

2.--Lundi, 1848: Vous allez me trouver, mon cher Augier, une bien
ridicule crature. _Le Gaulois_, 7 aot 1893. Je n'ai pu vrifier si,
comme on me l'a dit, c'est cette lettre qui est donne en fac-simil
d'autographe dans l'_Album de l'Exposition d'art dramatique  Vienne,
en 1892. Paris, 1894. In-folio._

  BELGIOJOSO (Mme la princesse Christine Trivulce de).

3.--S. D. (1836): Je ne crois pas, princesse, toute fausse modestie 
part. _Inventaire des Autographes de M. Fillon. Sries V  VIII.
tienne Charavay, 1878. In-8_, page 148, fragment.

  BELMONT (Marquis Alfred de).

4.--Madame la vicomtesse de Janz nous apprend dans ses _tudes et
Rcits_ (Plon, 1891, in-12, p. 217) que M. de Belmont essaya 
plusieurs reprises d'enrler son ami Alfred de Musset dans la
poursuite du surnaturel, mais il ne put le persuader. Ils avaient eu
entre eux une correspondance suivie que M. de Belmont brla peu de
temps avant sa mort, survenue en 1857.

  BLANC (Edmond).

5.--4 novembre 1838. Monsieur le Secrtaire-Gnral, lorsque vous
m'avez fait l'honneur de me recevoir. _La Nouvelle Revue_, 15 janvier
1899.

  BONNAIRE (Flix), diteur.

6.--S. D. (1837 ou 1838). Mon cher ami, voil mes preuves.
_Bibliographie des OEuvres d'Alfred de Musset par M. Clouard.
Rouquette, 1883. In-8_, p. XII.

  BOUCOIRAN (Jules).

7.--7 mars 1835. Monsieur, je sors de chez madame Sand et on
m'apprend qu'elle est  Nohant. _La Revue de Paris_, 15 aot 1896.

  BROHAN (Mme Augustine).

8.--15 mars 1849. Des Haricots. O ma chre Brohan, je suis dans les
fers. _Le Parlement_, 6 avril 1883. _Annuaire des Amis des Livres,
11e anne. 1890. In-8_, p. 94.

9.--S. D. Il ne m'est pas possible, ma chre Brohan, de dner chez
vous. _Catalogue de la bibliothque de feu M. Yver, 2e partie. Paris,
E. Paul et L. Huart, 1893. In-8_, no 740. Ne manque que le
post-scriptum.

10.--S. D. Ma chre Brohan, vous avez t deux fois aimable.
_Catalogue d'autographes, vente htel Drouot le 13 juin 1890. Paris,
Gabriel Charavay. In-8,_ No 94, fragment.

11.--S. D. Ma chre Brohan, je vous cris  tout hasard. _Alfred de
Musset par Eugne de Mirecourt. Havard, 1854. In-32._ Fragment en
fac-simil d'autographe. _Le Gaulois_, 18 aot 1896.

  BULOZ (Franois), directeur de la _Revue des Deux-Mondes_.

12.--Lundi, 18 (aot 1834). Mon ami, ma mre me donne de quoi aller
aux Pyrenes. _La Revue de Paris_, 15 aot 1896.

13.--(Fvrier ou mars) 1835. Mon cher Buloz, ayez la bont de prier
Mme Dudevant, lorsque vous la verrez. _Revue Bleue_, 3 avril 1897.

14.--S. D. Mon cher Buloz, si vous voulez me rendre le service de
faire donner 200 francs. _Catalogue de la Collection Dentu.
Autographes, tome II, 3e fascicule. 1888. In-8_, p. 223.

15.--S. D. Mercredi. O mon ami, rflchissez avant de rpondre 
cette simple parole. _Catalogue d'autographes, vente le 8 dcembre
1891, htel Drouot. Paris, tienne Charavay. In-8._ No 117. Fragment.

16.--S. D. Lundi, 28. Voil, mon cher monsieur, la pice dont je vous
ai parl. Les uns voudraient que je la fisse siffler. _Bulletin de la
maison tienne Charavay, no 286. Avril-mai 1898. In-8_, no 42096.
Fragment.

   CANTEL (Henri).

17.--23 novembre 1848. Monsieur, par le plus singulier des hasards,
il m'a t donn d'apprcier votre charmant talent. _La Revue de
France_, 1er mars 1881. A tenir pour douteuse jusqu' production de
l'original.

   CARJAT (tienne).

18.--Simple billet rpondant  une demande d'autorisation de publier
un portrait-charge dans le _Diogne_: Monsieur, la gaiet des gens
d'esprit ne m'a jamais fait peur; faites de moi ce qu'il vous
plaira.--Alfred de Musset. _Polichinelle  Paris_, 22 janvier 1857.

   CHARPENTIER (Gervais), diteur.

19.--30 septembre 1850. Mon cher ami, je vous envoy le catalogue de
l'Assemble o vous trouverez quatre ou cinq romans de mon frre.
_Les Hritiers d'Alfred de Musset contre M. Charpentier. Mmoire pour_
_M Charpentier. Paris, 1867, In-8_, p. 17.--_Revue d'Histoire
littraire de la France_, 15 janvier 1898.

20.--27 juin 1851. Mon cher ami, Hetzel a fait proposer hier par
Berrurier de vous remettre. _Les Hritiers d'Alfred de Musset contre
M. Charpentier. Mmoire pour M. Charpentier. Paris, 1867. In-8_, p.
16.

21.--19 fvrier 1857. Mon cher Charpentier, j'ai rflchi depuis que
je vous ai vu... _Dix ans chez Alfred de Musset, par Mme Martellet.
Paris, Chamuel, 1899. 1 vol. in-12_, page 98.

   CLSINGER, statuaire.

22.--16 avril 1851. Mon cher Clsinger, je suis all pour vous voir
ce matin  Madrid. _Catalogue des Autographes de M. A. Bovet, vente
19-21 juin 1884. Paris, tienne Charavay. In-4,_ no 910, en
fac-simil.

   COLIN (Adle), devenue Mme Martellet, gouvernante
   d'Alfred de Musset.

23.--16 aot 1847. Je n'aurais pas cru que vous puissiez vous
loigner ainsi de moi... _Dix ans chez Alfred de Musset, par Mme
Martellet. Paris, Chamuel, 1899. 1 vol. in-12_, page 16 et en
fac-simil.

24.--S. D. Je n'ai pas ferm l'oeil; j'ai les premires attaques de
mes dlires.--_Revue de Paris et Saint-Ptersbourg_, dcembre 1887,
p. 43.

Mme Martellet prpare en ce moment une deuxime dition de ses
souvenirs, o se trouveront certainement d'autres lettres.

   DAVID D'ANGERS, statuaire.

25.--Samedi soir, 1831. Monsieur, je suis de service demain pour
presque toute la journe. _Revue de l'Art Franais_, 1893, p. 204.

26.--1832? Mon cher David, je suis all chez Micheli pour avoir de
vos mdailles. _David d'Angers et ses relations littraires
par Henri Jouin, Plon, 1890. In-8_, p. 67.

   DIRECTEUR DE L'ACADMIE FRANAISE.

27.--Aot 1848. Lettre relative au prix De Maill Latour-Landry,
dcern  Alfred de Musset dans la sance du 17 aot. _Le Moniteur
Universel_, 25 aot 1848.

   DIRECTEUR DU CONSTITUTIONNEl.

28.--Juillet 1844. Monsieur, on a beaucoup parl de chroniques, de
lgendes et de ballades. Sert de prface  la nouvelle Les frres
Van-Buch. _Le Constitutionnel_, 27 juillet 1844.

   DIRECTEURS DE L'EUROPE LITTRAIRE.

29.--23 novembre 1832. Messieurs, je serai trs heureux de pouvoir
entrer pour quelque chose dans la rdaction de votre nouveau journal.
_Supplment au Prospectus de l'Europe Littraire, 1832. In-8_, p.
7.--_Revue d'Histoire littraire de la France_, 15 janvier 1898.

   DIRECTEUR DU NATIONAL.

30.--Janvier 1849. Monsieur, j'apprends que le journal l'vnement
 propos des lections de l'Acadmie. _Le National_, 13 janvier 1849.

   DIRECTEUR DE LA PATRIE.

31.--Juin 1848. Je lis dans votre journal qu'on avait annonc par
erreur que j'tais destitu de la place de Bibliothcaire. _La
Patrie_, 20 juin 1848.--_La Presse_, 20 juin 1848. Souvent rimprime.

   DUC D'ORLANS.

32.--1838. Monseigneur, les journaux annoncent que M. Vatout,
bibliothcaire de Sa Majest, est charg. _Catalogue des autographes
de M. Charles Keissner, 12 mars 1889. Gabriel Charavay. In-8_, no
126, fragment.--_La Nouvelle Revue_, 15 janvier 1899, fragment.

   DU CAMP (Maxime).

33.--1840. Monsieur, je suis bien en retard envers vous. _Souvenirs
littraires par Maxime Du Camp. Hachette, 1882. In-8._ Tome I, p.
153.

   DUMAS pre (Alexandre).

34.--16 juin 1848. Mon cher Dumas, je viens de lire La France
Nouvelle et j'irai vous serrer la main. _La France Nouvelle_, 21
juin 1848.

   FORTOUL (Hippolyte), ministre de l'Instruction
   publique.

35.--27 aot 1856. Monsieur le ministre, je ne puis assez remercier
Votre Excellence des paroles de bont. _Bibliographie des OEuvres
d'Alfred de Musset, par M. Clouard. Rouquette, 1883. In-8_, p. XVI.

   FOUCHER (Paul).

36.--Le Mans, 19 octobre 1827. Je reviens, mon cher ami, jeudi
prochain. _L'Amateur d'Autographes_, 1er janvier 1867.

   GIRARDIN (Mme mile de), ne Delphine Gay.

37.--7 janvier 1835. Fragment d'une lettre dans le _Catalogue
d'Autographes, vente le 24 fvrier 1892, htel Drouot. Paris, Gabriel
Charavay. In-8_, no 140.

38.--Jeudi, 8 (juin 1848). Il est vrai, madame, que je ne suis pas
conserv en qualit de conservateur. _tudes et Rcits sur Alfred de
Musset, par Mme de Janz. Plon, 1891. In-12_, p. 93.

   GRENIER (douard).

39.--Lettre envoye par Alfred de Musset au printemps de 1843 et
dtruite accidentellement pendant la Commune en 1871. Voir  ce sujet
la _Revue Bleue_ des 3 septembre et 15 octobre 1892, p. 301 et 492.

   GUTTINGUER (Ulric).

40.--1832. Honfleur, fragment d'une lettre: Je n'ai jamais tent de
faire une hymne  mon Dieu. _L'vnement_, 12 juin 1885.

   HOUSSAYE (Arsne).

Quatre lettres publies dans: _Les Confessions, par Arsne Houssaye.
Dentu, 1885-1897. 6 vol. in-8._

41.--1842. Billet en rponse  une invitation: Vous me faites, mon
cher matre, honneur et plaisir. Tome I, planche de fac-simil XVII.

42.--1851. Je ne prtends pas tre jou quatre fois par semaine.
Tome I, planche de fac-simil XVII.

43.--1851. Mon cher ami, j'ai reu les deux billets. Tome III, p.
253, et prcdemment dans le _Figaro_, 2 novembre 1882.

44.--1853? Mon cher ami, je vous avais parl de Mme Brohan. Tome V,
planche de fac-simil III.

   JANIN (Jules).

45.--(Dcembre 1838). Monsieur, je vous ai cherch hier soir au
Thtre Franais. _L'vnement_, 28 janvier 1886. Souvent rimprime,
traduite en allemand dans _Frankfurter Zeitung_, 17 janvier 1890.

   JAUBERT (Mme Caroline), la Marraine.

J'ai pu vrifier sur les originaux le texte de moiti environ des
lettres adresses  la Marraine et publies soit dans les _Souvenirs
de Mme Jaubert, Hetzel, 1881. 1 vol. in-12_, soit dans les _OEuvres
posthumes d'Alfred de Musset. Charpentier, 1867. 1 vol. in-12_[88].
Dans cette moiti vrifie, j'ai constat qu' ct de quelques
lettres imprimes sans changement, le plus grand nombre offre des
retouches ou des suppressions considrables. J'en conclus que celles
non vrifies sont dans les mmes conditions: aussi vais-je donner mes
indications pour tout ce qui est publi[89].

  [88] Quelques-unes de ces dernires lettres avaient t publies
  antrieurement dans la _Revue Nationale et trangre_ du 1er
  avril 1866.

  [89] Les lettres dont je n'ai pas retrouv les autographes sont
  prcdes d'une astrisque (*).

46.--1er avril 1836. Belle Madame, style Musset, je suis enferm de
nouveau. _Le Clairon_, 27 novembre 1881. Textuel.

A.--(Mai ou juin 1836). Vous avez eu grand tort, Madame, de n'tre
pas venue ce soir au Thtre Franais. _OEuvres posthumes_, p. 203.
Dix lignes et un dessin supprims  la fin. (Mlle Plessy dans le
_Barbier de Sville_).

B.--27 fvrier 1837. Madame, voici le fait: La Princesse m'crit
qu'elle ne peut me btir un sujet. _OEuvres posthumes_, p. 204.
Post-scriptum de cinq lignes supprim.

47*.--28 juin 1837. Madame, comme votre dpart m'avait un peu vex.
_Souvenirs_, p. 165.

48.--17 octobre 1837. Le bruit court que madame Jaubert revient 
Paris. _Souvenirs_, p. 139. Textuel.

49.--(1837). Marraine, le fieux est dconfit. _Souvenirs_, p. 191.
Deux mots changs sans importance.--_Le Temps_, 12 janvier 1881.

50.--27 octobre 1837. Madame, vous avez trouv le vrai nom du
sentiment qui nous unit. _Souvenirs_, p. 160. Textuel, sauf le mot
Marraine mis plusieurs fois  la place de Amie.

C.--(15 dcembre 1838). Madame, mon arrangement de loge a manqu ce
soir. _OEuvres posthumes_, p. 205. Une phrase change.

D.--17 dcembre 1838. Vous vous trompez, ma chre marraine, en
croyant que c'tait sur vous que je comptais. _OEuvres posthumes_, p.
206. Plusieurs phrases supprimes ou changes.

E.--(27 mars 1839). Lettre publie dans la premire dition des
_OEuvres posthumes_ (_Charpentier, 1860. In-12_, p. 101), sous le
titre de: _Un souper chez Mlle Rachel_, et dont le texte est
compltement remani par Paul de Musset. Comme terme de comparaison,
en voici le dbut, auquel ressemble toute la suite:

   MANUSCRIt                       TEXTE IMPRIM

   J'avais perdu l'adresse              Merci d'abord, madame
   exacte d'Angerville; je viens         et chre marraine, pour la
   de la retrouver trop tard.            lettre que vous me communiquez
   Merci d'abord de la lettre de         de l'aimable _Paolita_.
   _Paolita_. Elle est bien gentille,    Cette lettre est bien remarquable
   mais moins que vous, qui ne           et bien gentille; mais
   manquez jamais une occasion           que dirais-je de vous qui ne
   d'envoyer un moment de joie           manquez jamais une occasion
    ceux qui vous aiment? Vous          d'envoyer un peu de joie 
   tes la seule crature humaine,       ceux qui vous aiment? Vous
   mle ou femelle, que                  tes la seule crature humaine
   je connaisse faite ainsi. Un          que je connaisse faite
   bienfait n'est jamais perdu:          ainsi. Un bienfait n'est jamais
   en rponse  votre lettre de          perdu. En rponse  votre
   Desdmone, je veux vous               lettre de Desdmone, je veux
   servir un souper chez mademoiselle    vous servir un souper chez
   Rachel, qui vous                      Mlle Rachel, qui vous amusera,
   amusera peut-tre, si nous            si nous sommes toujours
   sommes toujours du mme               du mme avis, et si
   avis. Ma petite scne sera            vous partagez encore mon
   pour vous _seule_, d'abord            admiration pour cette sublime
   parce que la noble enfant             fille. Ma petite scne
   dteste les indiscrtions et          sera pour vous seule, d'abord
   ensuite parce que, depuis             parce que la noble enfant
   que je vais quelquefois chez          dteste les indiscrtions et
   elle, on a fait tant de can-cans,     ensuite parce qu'on a fait,
   de bavardages et de                   depuis que je vais quelquefois
   niaiseries, que j'ai pris le          chez elle, tant de sots
   parti de ne pas seulement             propos et de bavardages,
   dire que je l'avais vue au            que j'ai pris le parti de ne
   Franais. On avait jou               pas mme dire que je l'ai vue
   _Tancrde_, etc...                   au Thtre Franais. On avait
                                         jou _Tancrde_, etc...

[Illustration: Tombeau d'un homme qui est all  l'Opra-Comique,
croquis  la plume par Alfred de Musset.

  (transcription)
  et alors--l'infortun est rentr chez lui
  et a fum un grand nombre de cigarettes.

  Priez pour lui.

  Je vous serre la main en dsespr.]

Dans le dialogue entre Rachel et sa mre, puis entre la tragdienne et
l'auteur, il n'y a pas une seule phrase qui n'ait subi quelque
changement, soit par retranchement, soit par addition. La fin manque
dans l'original et Paul de Musset l'a remplace par une phrase de sa
faon[90].

  [90] Le Catalogue de la Bibliothque de M. Paul Eudel, 1re
  partie, vente du 12 au 14 mai 1898, Paris, Em. Paul et fils,
  1898, in-8, no 243, renferme une curieuse notice sur le
  manuscrit et donne p. 105 le fac-simil des huit premires
  lignes.

51*.--Lundi, nuit (1839?). Ma chre marraine, je suis all deux fois
chez vous aujourd'hui. _Souvenirs_, p. 183.

52*.--Mardi (1839). Je vous avais crit une lettre qui commenait
ainsi. _Souvenirs_, p. 185.

53.--Mercredi soir (1839?). J'ai profondment rflchi et j'ai
dcouvert que ce n'tait pas la peine. _Souvenirs_, p. 194. Textuel.

54*.--S. D. (1839?). Votre conseil tait bon, chre marraine; venant
de vous, il devait l'tre. _Souvenirs_, p. 187.

F.--(Fin mars 1840). Comment allez-vous, ma chre marraine, et que
faites-vous? _OEuvres posthumes_, p. 208. Textuel.

G.--Jeudi soir (juin 1840). Voil comme vous tes, vous autres
femmes. _OEuvres posthumes_, p. 211. Nombreuses coupures; plus de la
moiti de la lettre est supprime.

H.--31 juillet 1840. Si vous savez pourquoi vous rpondez vite et
bien. _OEuvres posthumes_, p. 213. Nombreuses coupures et un dessin
supprim. (Tombeau d'un homme qui est all  l'Opra-Comique).

55.--9 octobre 1840. Vous tes  la campagne, vous, je suis  Paris,
moi. _Souvenirs_, p. 202. Quelques mots changs.--_Illustration_, 22
mai 1880.

56.--19 octobre 1840. Encore une raison qui fait que je vous rponds
tard. _Souvenirs_, p. 203. Seulement les vingt premires lignes de
cette lettre, qui a huit pages et est orne d'un dessin. (Rachel me
lance un coup d'oeil  la Hermione).

57*.--Lundi matin (janvier 1841?).--Madame, je rentre de ma garde,
et,  propos d'une baliverne. _Souvenirs_, p. 220.

I.--13 avril 1841. Je ne puis aller ce soir chez vous, ma chre
marraine. _OEuvres posthumes_, p. 222. Textuel.

58.--(Juin 1841?). Ai-je besoin de vous dire, ma petite et blonde
marraine, qu'une note de vous. Cette lettre est publie dans les
_Souvenirs_, p. 218, comme tant une lettre complte; mais sur une
copie crite par Paul de Musset, en outre des nombreuses variantes,
cela ne formerait que la seconde partie d'une autre lettre, du 28
octobre 1844, que l'on, trouvera p. 204 des mmes _Souvenirs_ (no 64).

59.--(2 avril 1842). Madame, si un atome de moi vivait encore.
_Souvenirs_, p. 108. Textuel.

60*.--(Juin ou juillet 1842?). Eh bien, madame, vous ne vouliez pas
le croire. _Souvenirs_, p. 196.

J.--Mardi, 26 (juillet 1842). J'ai grogn tout mon saoul, mais je ne
veux pas crire. _OEuvres posthumes_, p. 167. Nombreux changements,
plusieurs suppressions.

61*.--Lundi (octobre 1842). Il faut que je vous aime terriblement,
madame. _Souvenirs_, p. 212.

62*.--Vendredi (octobre 1842). Ainsi Uranie n'a pas lu la Revue.
_Souvenirs_, p. 209.

63*.--(Novembre 1842?). Voil mon frre qui me dit:--Aujourd'hui
vendredi. _Souvenirs_, p. 215.

K.--23 novembre (1842). Je remercie d'abord la plus petite de toutes,
de n'avoir pas oubli son ancienne coutume. _OEuvres posthumes_, p.
225. Nombreuses coupures.

[Illustration: _Alfred de Musset et Rachel_, croquis  la plume par
Alfred de Musset.]

64*.--Vendredi, 28 (octobre 1844). Ce qui fait qu'on n'a pas rpondu
plus tt  sa marraine, c'est que le fieux. _Souvenirs_, p. 204. Voir
no 58.

65.--(1851). Billet. _Souvenirs_, p. 224.

66*.--S. D. Est-ce que nous sommes brouills aussi, marraine.
_Souvenirs_, p. 207.

67*.--S. D. Dimanche. Je ne suis pas content, marraine, je suis
ennuy et drang. _Souvenirs_, p. 217.

68*. S. D. Madame, il vous est arriv certainement trs souvent de
souffler dans un ballon sec. _Souvenirs_, p. 194. _Le Temps_, 12
janvier 1881.

69*.--S. D. J'ai besoin d'un renseignement musical que ma soeur me
dit ne pas pouvoir me donner. _Souvenirs_, p. 176.

70*.--S. D. Mon grand-pre avait fait un jour acquisition de deux
petits boeufs d'airain. _Souvenirs_, p. 180. Une phrase change.

71.--S. D. Voulez-vous, madame, tre assez bonne pour me renvoyer les
romances de M. Cervini. _Inventaire des Autographes Fillon. Sries V
 VIII. tienne Charavay, 1878. In-8_, p. 147.

   LEVRAULT (Mme), banquier,  Strasbourg.

Trois lettres publies dans les _Annales de l'Est_, no 4, octobre
1887.

72. Bade, 18 septembre 1834. Madame, vous avez peut-tre dj reu du
directeur de la _Revue des Deux-Mondes_ un mot d'avis.

73.--Bade, septembre 1834. Madame, j'ai crit  Paris pour qu'on me
fasse passer quelqu'argent.

74.--Strasbourg, octobre 1834. Madame, je pars  l'instant et je ne
puis vous remercier moi-mme.

   LISZT (Frantz).

Deux lettres publies dans _tudes et Rcits sur Alfred de Musset,
par Mme la vicomtesse de Janz. Plon, 1871. 1 vol. in-12._

75.--20 juin 1836. Votre lettre, mon ami, m'a fait double plaisir,
p. 20.

76.--Novembre 1836. Je voulais aller vous voir aujourd'hui, mon cher
Liszt, p. 192.

   MARETTE (Monsieur),  Paris.

77.--31 mars 1840. Billet par lequel il le prie de remettre ses
appointements au porteur. _Nouvelle Revue_, 15 janvier 1899.

   MRIME (Prosper).

78.--1832. Au moment de terminer mes preuves, j'ai oubli de vous
demander une autorisation. _Revue rtrospective_, 1er mai 1891.

   MONTALIVET (le Comte de).

79.--23 octobre 1838. Monsieur le Comte, permettez-moi de vous
tmoigner la vive reconnaissance. _Nouvelle Revue_, 15 janvier 1899.

   MUSSET (Mme Edme de), sa mre.

80.--14 septembre 1848. Je ne pouvais, ma chre mre, recevoir une
meilleure nouvelle. _Nouvelle Revue_, 15 janvier 1899, fragment.

   MUSSET (Paul de), son frre.

81.--1er dcembre 1842. Je te remercie de tout mon coeur, mon cher
ami, de la bonne lettre que tu m'cris. _Biographie d'Alfred de
Musset par Paul de Musset. Charpentier, 1877. In-12_, p. 283. Deux
coupures.

   PHANT (mile),  Nantes.

82.--29 novembre 1854. Monsieur, je n'avais point oubli votre nom,
mais je ne savais pas que vous habitiez Nantes. _Jeanne la Flamme,
par mile Phant. Hachette, 1872. In-12_, p. IX.

   RENDUEL (Eugne), diteur.

Deux lettres, publies dans _Le Romantisme et l'diteur Renduel_, _par
Adolphe Jullien_. _Charpentier, 1897_, 1 vol. in-12.

83.--9 septembre 1832. Monsieur, je voudrais bien que vous
m'crivissiez franchement, p. 172.

84.--Lundi, 1832. Voil qui s'appelle agir d'une faon aimable, p.
174.

   SAINTE-BEUVE.

85.--(1829). Je ne vais pas vous voir, mon ami, c'est que je ne le
puis. _Indpendance belge_, 23 mai 1880.--_Revue hebdomadaire_, 1er
aot 1896.

86.--9 septembre 1829. Voil un f... temps pour la chasse, mon ami.
_Catalogue de la librairie Detaille_, 1er mai 1887. _Le Pays_, 3
fvrier 1888. _Le Constitutionnel_, 9 fvrier 1888. Longs fragments.

87.--27 avril 1834. J'ai  vous remercier, mon cher Sainte-Beuve, de
l'intrt. _Cosmopolis_, mai 1896, p. 435.

88.--(Novembre 1834). Je vous suis bien reconnaissant, mon cher ami,
de l'intrt. _Cosmopolis_, mai 1896, p. 435.

   SAND (Mme George).

Les lettres crites par George Sand  Alfred de Musset sont publies
dans la _Revue de Paris_ du 1er novembre 1896, puis runies  celles
adresses  Sainte-Beuve,  la librairie C. Lvy, 1897. 1 vol. in-12.
Celles d'Alfred de Musset  George Sand paratront assurment quelque
jour; o et quand, je l'ignore. En attendant cette publication, on en
trouvera de nombreux extraits dans:

1 _Revue politique et littraire_ (Revue Bleue), 15 octobre 1892.
George Sand et Alfred de Musset, par E. Grenier.

2 _Alfred de Musset par Mme Arvde Barine. Paris, Hachette, 1892._ 1
vol. in-12.

3 _Cosmopolis_, revue internationale, 1er mai et 1er juin 1896. La
Vritable Histoire de Elle et Lui, par M. le vicomte de Spoelberch
de Lovenjoul. Ces deux articles, runis en volume et considrablement
augments, ont t publis  la librairie Calmann Lvy, 1897. 1 vol.
in-12.

4 _Revue Hebdomadaire_, 1er aot 1896. Un roman vcu  trois
personnages, par le docteur Cabans. Joint  la 2e Srie de _Le
Cabinet secret de l'histoire_, du mme auteur. Librairie A. Charles,
1897. 1 vol. in-8, orn des portraits de G. Sand et du docteur
Pagello, et de fac-simils d'criture.

5 _La Revue de Paris_, 15 aot 1896. Alfred de Musset et George Sand,
par M. Clouard. Publi sparment et augment. Imprimerie Chaix, 1896.
Br. in-8 avec deux portraits de G. Sand, dessins par Alfred de
Musset et un fac-simil, suivi d'un Index bibliographique. Cette
notice, jointe au prsent volume, renferme de nouveaux documents
inconnus jusqu' ce jour, pris sur les originaux.

J'omets avec intention un livre sign Paul Mariton. Les textes cits
dans cet ouvrage sont, d'une faon gnrale, absolument inexacts: la
_copie_ qui servit  M. Mariton a t crite par moi, et lui a t
communique  mon insu, malgr les promesses faites, par la personne 
laquelle je l'avais confie. Cette copie a t prise sur celle
_arrange_ par George Sand, qui est fort incomplte et prsente de
grandes diffrences de texte avec une autre copie qu'on m'affirme
avoir t prise sur les originaux.

Je n'entrerai pas ici dans le dtail de tous ces extraits et me
bornerai  indiquer seulement ce qui est complet.

89.--Aot 1834. Je t'envoie ce dernier adieu, ma bien aime.
_L'Homme Libre_, 14 avril 1877. Trs long fragment.

A.--GEORGE SAND. 19 avril 1838. Mon cher Alfred, j'ai reu ta lettre
la veille de mon dpart de Nohant. _Vritable Histoire de Elle et
Lui, etc..._, _1897_, p. 130.

B.--GEORGE SAND. 30 avril 1840. Elle (la correspondance) est 
Nohant, dans un coffre dont j'ai les clefs ici. _Cosmopolis_, mai
1896, p. 445.

C.--GEORGE SAND. Vendredi (mai 1840). Les lettres sont arrives. Si
vous voulez venir. _Cosmopolis_, mai 1896, p. 445.

   SCHOZKO (Mme Olympe).

90.--S. D. Madame, mon ami Alfred Tattet dne aujourd'hui avec la M.
_Gazette de Paris_, 12 juillet 1857. Les noms propres sont supprims.

91.--Fvrier 1836. Pichrocholine, avez-vous bien dormi? _Gil Blas_,
26 mai 1880. _L'vnement_, 8 dcembre 1897.

   SECOND (Albric).

92.--14 septembre 1848. Monsieur, les apparences, je le vois, sont
trompeuses, car votre sous-prfecture. _La Comdie Parisienne_, 10
mai 1857.

   TATTET (Alfred).

93.--12 novembre 1834. Tout est fini. Si par hasard on vous faisait
quelques questions. _La Revue de Paris_, 15 aot 1896.

94.--20 juillet 1835. Votre lettre, mon cher Alfred, est arrive
comme je n'tais pas  Paris. _La Revue de Paris_, 15 aot 1896. Deux
coupures, relatives  une affaire personnelle  M. A. Tattet.

95.--(1838). J'apprends, mon cher Alfred, que vous avez manqu
plusieurs fois. _La Revue de Paris_, 15 aot 1896.

96.--Vendredi, 17 (aot 1838). Tout ce que je puis vous dire, mon
cher Alfred. _Le Figaro_, 6 avril 1883. Fragment.

97.--14 mai 1844. Mon cher ami, je viens d'avoir une fluxion de
poitrine. _Le Figaro_, 6 avril 1883. Fragments.

98.--Mirecourt, 18 mai 1845. Votre lettre est bien aimable, mon cher
Alfred. _Le Figaro_, 6 avril 1883 et _La France_, 7 avril 1883.
Fragments.

99.--20 aot (1845). Ecce iterum Crispinus. Me voil  Paris, mon
cher Alfred. _La France_, 7 avril 1883. Fragment.

A.--17 octobre 1845. Mon cher Alfred, parmi les raisons qui m'ont
empch d'aller vous retrouver. Le texte publi dans les _OEuvres
Posthumes_ d'Alfred de Musset, p. 234, offre de nombreux changements
avec l'original; le _Figaro_, du 6 avril 1883, donne tout le dbut
correctement.

100.--Jeudi, 15 (1848). Mon cher ami, je trouve ce matin le nom de
votre oncle. _Le Figaro_, 6 avril 1883. Fragment.

   TATTET (Madame Caroline).

101.--Angers, 6 octobre (1848?) Madame, je reois votre trs aimable
lettre au retour de plusieurs endroits. _Le Figaro_, 6 avril 1883 et
_La France_, 7 avril 1883. Fragments.--En entier dans la _Gazette
Anecdotique_ du 30 juin 1885, qui l'emprunte au prcdent numro des
_Annales Politiques et Littraires_.

   VIGNY (Alfred de).

102.--Mercredi, 20 (octobre 1829). Fragment d'une lettre par laquelle
il lui demande un billet pour la premire reprsentation
d'Othello.--_Revue des Autographes, no 176. Avril, 1895. Paris, Gab.
Charavay_, no 186.

Quatre lettres publies dans _tudes et Rcits sur Alfred de Musset_,
_par Mme la vicomtesse de Janz_. _Plon, 1891. 1 vol. in-12._

103.--17 dcembre (1829). Mon cher monsieur, puis-je esprer que
vous voudrez bien venir entendre, p. 70.

104.--(19 dcembre 1829). Que vous tes bon d'tre venu, p. 71.

105.--Mercredi (1831). Je suis comme ces femmes enceintes qui croient
toujours, p. 71.

106.--S. D. Fragment: Une troupe d'oiseaux de passage, p. 73.

107.--6 aot 1832. Il le remercie d'une soire qu'il lui a fait passer
chez ses cousines. _Catalogue de lettres autographes. Vente le 15
novembre 1899, htel Drouot. Paris, Nol Charavay, 1899. In-8_, no
116. Fragment.

   DESTINATAIRES INCONNUS.

108.--S. D. Madame, j'ai une faveur  vous demander pour un de mes
amis. _L'Autographe_, 15 fvrier 1865.

109.--29 aot 1854. Monsieur, il m'est absolument impossible de rien
comprendre  l'erreur singulire. _Miscellanes Bibliographiques.
Rouveyre, 1878. In-8_, p. 90.

110.--S. D. Billet  une dame: Je suis tout  vos ordres, madame,
mais vous les donnez de telle faon, que vous me permettrez de
remercier avant d'obir.--Alfred de Musset. _Catalogue de lettres
autographes, vente Htel Drouot, le 27 novembre 1888. Paris, t.
Charavay. In-8_, no 128.

111.--Sous le numro 1195 des _Nouvelles acquisitions franaises_, est
dpos  la Bibliothque Nationale,  Paris, un paquet cachet
renfermant une correspondance, qui ne devra tre ouvert et le contenu
publi qu'en 1910.--Voir p. 214.

       *       *       *       *       *

D'autres lettres d'Alfred de Musset doivent encore avoir t
imprimes. Puissent de plus habiles chercheurs les dcouvrir et les
ajouter  cette nomenclature assurment incomplte.


NOTE

Le MUSE FRANAIS de mars 1858, publie, page 5, le texte de ce billet
d'Alfred de Musset  Branger:

  Je vous aime, d'abord parce que vous vous appelez Branger; je
  vous aime aussi et beaucoup, parce que vous avez fait le _Voyage
  imaginaire_, le voyage de Grce; j'aime tant les Grecs.

    ALFRED DE MUSSET.

Ceci a d tre crit en 1828, mais il faudrait retrouver l'original
avant que de l'admettre comme authentique.




   ALFRED DE MUSSET

   BIBLIOTHCAIRE DU MINISTRE

   ET

   LAURAT DE L'ACADMIE




ALFRED DE MUSSET

BIBLIOTHCAIRE DU MINISTRE

ET

LAURAT DE L'ACADMIE


I

En 1838, Alfred de Musset, dj clbre comme pote et crivain
dramatique, aprs les _Contes d'Espagne et d'Italie_, et les trois
volumes d'_Un Spectacle dans un Fauteuil_, venait de publier ses
contes et ses nouvelles, dans la _Revue des Deux-Mondes_, montrant
ainsi une nouvelle face de son talent. Mais cela donnait plus de
gloire que de profit: ce que lui rapportaient ses crits, et la rente
qu'il tenait de sa famille assuraient certainement sa vie matrielle;
mais l'auteur de _Frdric et Bernerette_ n'et pas t mcontent de
trouver un emploi qui lui laisst la facult de travailler  sa guise,
et dont les moluments lui eussent permis de satisfaire toutes ses
fantaisies.

Cet emploi vint s'offrir de lui-mme: Sa Majest Louis-Philippe,
voulant amliorer les divers services des Bibliothques de la Maison
du Roi, chargea M. Vatout, son bibliothcaire et secrtaire
particulier, de les rorganiser[91]. Bien qu'il dt connatre M.
Vatout, qui remplissait ces fonctions de secrtaire depuis de longues
annes et qu'il n'tait pas sans avoir rencontr  Neuilly, Alfred de
Musset prfra s'adresser  son ancien condisciple, le duc d'Orlans,
dont la haute protection ne pouvait lui faire dfaut:

--Les journaux annoncent, crivait-il au duc, que M. Vatout est charg
de la rorganisation des Bibliothques de la Maison du Roi: J'ose
recourir  la bont de Votre Altesse et la supplier de me recommander
 M. Vatout. J'espre en cette occasion que Votre Altesse Royale me
pardonnera de l'importuner et qu'elle ne voudra bien voir dans les
demandes que je lui adresse qu'un dsir de cultiver, grce aux bonts
de Votre Altesse, des gots qui ont dirig toutes mes tudes et
auxquels ma position ne me permet pas de me livrer entirement[92].

  [91] Le _Moniteur Universel_ du 15 septembre 1839 consacre une
  notice  M. Vatout. Lors de son admission  l'Acadmie franaise,
  _Le National_, dans son numro du 7 janvier 1848, publia sur le
  nouvel immortel les lignes suivantes qui ne sont pas signes:
  Monsieur Vatout, directeur des btiments civils a t lu
  aujourd'hui par l'Acadmie franaise en remplacement de M.
  Ballanche..... qu'a donc fait M. Vatout? Il faut bien l'oser
  crire enfin! Il a fait deux chansons trs gaies, l'une de gaiet
  de corps de garde, l'autre d'une gaiet de moine: _L'cu de
  France_ et _Le maire d'Eu_! C'est avec ces deux calembourgs qu'on
  s'assied aujourd'hui dans le fauteuil de Bossuet.... On assure
  que ces agrables ordures ont fait les dlices de la cour,  ce
  point, qu'un personnage dont la voix a coutume de compter, a
  dclar qu'il tiendrait pour _ses ennemis personnels_ tous ceux
  qui refuseraient leurs voix  M. Vatout. L'Acadmie, dans sa
  fire indpendance, se l'est tenu pour dit: elle a ouvert ses
  portes  l'auteur du _Maire d'Eu_ protg par _L'Ecu de
  France_.....

  [92] L'original de cette lettre figure au _Catalogue des
  Autographes de M. Charles Keisner, vente htel Drouot, 12 mars
  1899, G. Charavay, in-8_, no 126, qui en cite un fragment.

Le duc d'Orlans avait  coeur de rparer l'accueil dplorable fait
par son pre au sonnet _Au Roi, aprs l'attentat de Meunier_; aussi,
la rponse ne se fit point attendre, et dans une lettre en date du 22
octobre 1838, M. de Montalivet, en mme temps que ses flicitations,
adressait  Alfred de Musset copie de l'arrt suivant:

    _Ministre de l'Intrieur._

    ARRT:

  Nous, pair de France, ministre secrtaire d'tat au dpartement
  de l'Intrieur,

  Avons arrt et arrtons ce qui suit:

  _Article Ier._--M. Alfred de Musset est nomm Conservateur de la
  Bibliothque du Ministre de l'Intrieur, de la collection des
  mdailles et du dpt des ouvrages publis  Paris et dans les
  dpartements.

  _Art. II._--M. Alfred de Musset jouira en la dite qualit et 
  partir du 1er novembre prochain, d'un traitement annuel de trois
  mille francs, qui sera imput sur le crdit du chapitre 1er du
  budget de notre ministre.

  _Art. III._--Le Secrtaire Gnral du Ministre et le chef de
  division de comptabilit gnrale, sont chargs, chacun en ce qui
  le concerne, de l'excution du prsent arrt.

  Fait  Paris, le 19 octobre 1838.

    MONTALIVET.

La lettre du Ministre tait accompagne d'une lettre de son Secrtaire
Gnral:

    Paris, 22 octobre 1838.

    Monsieur,

  Je ne puis laisser partir la lettre de M. de Montalivet, qui vous
  annonce votre nomination de Conservateur de la Bibliothque du
  Ministre de l'Intrieur, sans y joindre un tmoignage de la
  satisfaction que cette dcision m'a fait prouver. Quand vous
  viendrez au Ministre, je vous prie de prendre la peine de passer
   mon cabinet. Je dsirerais causer avec vous de diffrentes
  choses relatives  vos nouvelles fonctions.

  Agrez, Monsieur, l'assurance de ma considration distingue.

    EDMOND BLANC.

    A monsieur Alfred de Musset.

Alfred de Musset s'empressa d'adresser ses remerciements au Ministre:

    Paris, 23 octobre 1838.

    Monsieur le Comte,

  Permettez-moi de vous tmoigner la vive reconnaissance dont me
  remplit la lettre pleine de grce et de bont par laquelle vous
  voulez bien me prvenir de la dcision que vous venez de prendre 
  mon gard. Je ne puis rpondre  la faveur dont vous m'honorez
  qu'en vous suppliant de croire que je m'estimerai heureux si mes
  services peuvent tre de quelqu'utilit.

  Veuillez aussi tre persuad, Monsieur le Comte, que si mon
  travail et mes efforts peuvent jamais me conduire  quelque
  succs, je n'oublierai en aucune circonstance que c'est  vous que
  je le devrai.

  Je suis avec le plus profond respect, Monsieur le Comte, votre
  trs humble et trs dvou serviteur.

    ALFRED DE MUSSET.

Cette nomination fit quelque peu crier, parce que c'tait encore un
rdacteur de la _Revue des Deux-Mondes_, dj trs favorise, qui en
tait le bnficiaire:

  UNE FEUILLE LITTRAIRE TRANSFORME EN FEUILLE DES BNFICES.

  Voici la liste des grces accordes aux rdacteurs de la _Revue
  des Deux-Mondes_:

  M. Buloz, nomm commissaire royal prs le Thtre Franais.

  M. Loeve-Weimars, nomm secrtaire d'ambassade.

  M. Lerminier, nomm matre des requtes.

  M. Edgard Quinet, nomm professeur de littrature trangre  la
  Facult des Lettres de Rennes.

  M. Gustave Planche, nomm professeur de littrature anglaise  la
  Facult des Lettres de Bordeaux.

  M. Marmier, nomm professeur  la Facult de Montpellier.

  M. Alfred de Musset, nomm Bibliothcaire du Ministre de
  l'Intrieur.

  M. Henri Blaze, attach  l'ambassade de Danemarck.

  On ne dit pas ce qu'a obtenu le portier de l'tablissement.

Telles sont les rflexions mises par le _Charivari_ du 17 octobre
1838. Mais on tait unanime  trouver juste que l'auteur du pome sur
la _Naissance du Comte de Paris_ ret une rcompense, lui qui, admis
dans l'intimit du Duc d'Orlans, s'tait jusqu' ce jour tenu 
l'cart et n'avait pas profit de l'amiti que lui portait le fils du
Roi, non plus que des relations de sa famille avec celle du
Prince[93], pour se faire donner quelque sincure largement rtribue.

 [93] Un cousin d'Alfred de Musset, de la branche des Musset-Signac,
 M. Adolphe-Louis de Musset, avait longtemps administr les
 proprits que la famille d'Orlans possdait  La Fert-Vidame et
  Dreux. Ce fut la Rvolution de 1848 qui le dlogea de sa charge.
 Paul de Musset parle de lui dans la _Biographie_ d'Alfred, in-12,
 p. 180.

Peu de jours aprs sa nomination, Alfred de Musset eut une premire
entrevue avec M. Edmond Blanc, et, n'ayant pas reu les indications
qui lui avaient t promises, il lui crivait de nouveau:

    4 novembre 1838.

    Monsieur le Secrtaire Gnral,

  Lorsque vous m'avez fait l'honneur de me recevoir, vous avez eu
  la bont de me dire que je recevrais de votre part quelques
  indications relatives  la bibliothque du ministre. C'est 
  partir du 1er novembre que mes fonctions devaient commencer. La
  crainte que vos nombreuses occupations ne me fassent oublier, et
  l'ignorance o je suis du lieu mme o je dois me prsenter, me
  font prendre la libert de vous rappeler la promesse que vous avez
  bien voulu me faire.

  J'ai l'honneur d'tre, Monsieur, avec la plus haute
  considration,

  Votre trs humble et trs dvou serviteur,

    ALFRED DE MUSSET.

    59, rue de Grenelle-Saint-Germain.

Une seconde entrevue eut vraisemblablement le rsultat dsir et
Alfred de Musset y reut les instructions complmentaires qu'il
demandait, car il entra bientt en fonctions; il est juste de dire
qu'elles lui laissaient de si grands loisirs, qu'au ministre mme,
bien des personnes ne se doutaient pas qu'il y et un bibliothcaire.
C'tait  ce point qu'Alfred de Musset ne venait pas toujours chercher
lui-mme ses appointements comme le tmoigne ce billet que je copie
parmi deux ou trois autres analogues[94].

  [94] _Catalogue d'une collection d'autographes, vente htel
  Drouot, le 30 mai 1896. Paris, Et. Charavay. In-8_, no 85.

    _Monsieur Marette, au Ministre de l'Intrieur._

  Je serai oblig  Monsieur Marette s'il veut avoir la
  complaisance de remettre au porteur de cette lettre mes
  appointements du mois de mars.

  Son trs humble serviteur,

    ALFRED DE MUSSET.

    31 mars 1840.

J'ajouterai que cette lgende subsiste encore aujourd'hui dans les
bureaux du ministre de l'intrieur, qu'un jour, un des amis du pote
l'ayant rencontr  la porte du ministre et lui ayant demand: Que
faites-vous l? Musset aurait rpondu: Je suis venu voir si ma
bibliothque existait rellement.

Personne, du reste, ne lui adressait le moindre reproche et je n'ai
trouv que l'_Artiste_ qui, dans sa livraison du 27 mars 1842, ait
essay une lgre protestation.... en faveur de Paul de Musset:

  .....A vrai dire, et tout en applaudissant de grand coeur  cette
  mesure, qui nous semble trs juste et trs digne, nous concevrions
  plutt que cette place et t donne au frre de l'auteur de la
  _Confession d'un Enfant du Sicle_,  M. Paul de Musset, qui a
  fait tant d'ingnieuses et spirituelles esquisses de la
  _Fronderie_ et qui a donn la preuve au moins d'une relle et
  intelligente rudition historique.--VAUVE DES ROYS.

       *       *       *       *       *

En 1845, Alfred de Musset fut nomm Chevalier de l'Ordre Royal de la
Lgion d'Honneur:

    Paris, ce 30 avril 1845.

    Monsieur,

  J'ai l'honneur de vous informer que, par une Ordonnance signe le
  24 courant, le Roi vous a nomm Chevalier de l'Ordre Royal de la
  Lgion d'Honneur.

  Je me flicite, Monsieur, d'avoir  vous transmettre ce
  tmoignage de la bienveillance de Sa Majest et de l'estime
  qu'elle fait de vos travaux.

  Agrez, Monsieur, l'assurance de ma considration la plus
  distingue.

    _Le Ministre de l'Instruction publique_,

    SALVANDY.

    A Monsieur Alfred de Musset, homme de lettres.

Et le 1er mai paraissait cet entrefilet au _Moniteur Universel_ (p.
1144), car l'insertion des nominations dans l'ordre de la Lgion
d'Honneur ne devint obligatoire qu' dater du 19 juillet 1845.

  MM. de Balzac, Frdric Souli et Alfred de Musset viennent
  d'tre nomms membres de la Lgion d'Honneur.

Dans son Courrier de Paris, l'_Illustration_ du 3 mai 1845 commente
ainsi cette triple nomination:

  .....On annonce que le gouvernement vient de donner la croix
  d'honneur  MM. de Balzac, Alfred de Musset et Frdric Souli. Un
  journal flicite le Ministre, qui, spontanment et sans y tre
  sollicit par MM. de Balzac, Musset et Souli, a fait cette
  galanterie aux trois crivains, bouquet de fte du 1er juillet.
  Assurment, MM. Musset, Souli et Balzac ont plus d'esprit et de
  talent qu'il n'en faut pour se passer d'une croix et d'un ruban,
  mais puisqu'ils ne l'ont pas demande et qu'on la leur donne, ils
  n'ont rien  se reprocher. Ce sont de ces petits cadeaux qui ne
  font plus gure de tort  personne et qui entretiennent l'amiti.
  Peut-tre est-ce un acte de contrition que fait le gouvernement
  pour tant de croix attaches sur tant de poitrines quivoques?
  Peut-tre aussi commence-t-on  reconnatre que le plus sr moyen
  d'honorer la croix d'honneur, aprs tant de croix jetes  la
  faveur aveugle et  la vanit mendiante, et de dcorer les hommes
  qui la mritent vritablement, consisterait  la donner  ceux qui
  ne la demandent pas.....

       *       *       *       *       *

Le 24 fvrier 1848, clata la Rvolution qui renversa Louis-Philippe,
et le lendemain entrait en fonctions un gouvernement provisoire
compos de MM. Alphonse de Lamartine, Adrien Crmieux, Marie,
Garnier-Pags, Dupont (de l'Eure), Ledru-Rollin et Arago.

Le 20 avril 1848, le _Moniteur Universel_ publiait un premier dcret
rglementant la bibliothque du Ministre de l'Intrieur.

Le 5 mai, paraissait au mme _Moniteur Universel_, un nouveau dcret:

    _Au nom du Peuple Franais,_

    Le Gouvernement Provisoire,

  Considrant que la rorganisation gnrale des services publics
  doit entraner de nombreuses rformes et suppressions
  d'emplois;..................................................

  Dcrte ce qui suit:

  _Article I._--Les fonctionnaires et employs qui, du 25 fvrier
  au 25 juillet de la prsente anne, auront t rforms, pour
  cause de suppression d'emploi, de rorganisation ou par toute
  autre mesure administrative qui n'aurait pas le caractre de
  rvocation ou de destitution, pourront obtenir pension s'ils
  runissent vingt ans de services, dont quinze ans au moins
  entirement accomplis dans la partie active ou vingt-cinq ans
  indistinctement accomplis dans la partie active ou sdentaire.

  Cette pension sera calcule pour chaque anne de service civil 
  raison d'un soixantime du traitement moyen des quatre dernires
  annes d'exercice. En aucun cas, elle ne devra excder le maximum
  de la pension de retraite affecte  chaque emploi.

  _Art. II._--Ceux des fonctionnaires et employs rforms qui ne
  comporteront pas la dure de service exige par l'article
  prcdent, obtiendront une indemnit temporaire rgle dans les
  proportions fixes par le dit article et dont la jouissance sera
  limite  un temps gal  celui de la dure de leur service dans
  le ministre ou l'administration o se terminera leur activit.

  _Art. III._--

  Fait  Paris, le 2 mai 1848, en Conseil de Gouvernement.

    _Les Membres du Gouvernement Provisoire:_

    DUPONT (de l'Eure), ARAGO, FLOCON,
       LAMARTINE, ALBERT CRMIEUX,
       GARNIER-PAGS, ARMAND MARRAST,
       MARIE, LOUIS BLANC, LEDRU-ROLLIN.

   Pour copie conforme:
   _Le Chef du Secrtariat,_
   B. SAINT-HILAIRE.

Trois jours plus tard, taient signs ces deux arrts, qu'on vita
soigneusement de publier[95]:

    RPUBLIQUE FRANAISE.

    Paris, 5 mai 1848.

    Au nom du Peuple,

  Le Ministre de l'Intrieur arrte:

  Le citoyen Alfred de Musset, bibliothcaire au Ministre de
  l'Intrieur, est rvoqu de ses fonctions.

    LEDRU-ROLLIN.


    RPUBLIQUE FRANAISE.

    Paris, 5 mai 1848.

    Au nom du Peuple,

  Le Ministre de l'Intrieur arrte:

  Le citoyen Marie Augier est nomm aux fonctions de bibliothcaire
  au Ministre de l'Intrieur; il jouira d'un traitement de 3,000
  francs  partir du 1er mai courant.

   LEDRU-ROLLIN.

  [95] Archives du Ministre de l'Intrieur.

On voit, par ces textes, que le citoyen ministre appelait les choses
par leur nom et aimait les situations nettes[96]. Mais tait-ce bien
Ledru-Rollin le vritable auteur de cette rvocation? Il est permis
d'en douter. Nul n'ignore que le ministre de l'Intrieur avait pour
conseiller intime l'hrone de Venise qui, subitement prise des
thories socialistes, venait de se lancer dans la politique et
stupfiait ses concitoyens par les principes qu'elle mettait dans les
_Bulletins de la Rpublique_. Ce simple rapprochement de noms suffit,
ce me semble, pour indiquer la part de responsabilit qui incombe 
chacun. Et, mme en admettant que George Sand n'et pas demand la
destitution de Musset, qu'elle ait simplement laiss faire
Ledru-Rollin qui la signa pour lui complaire, elle eut un tort
immense, car il y allait de son honneur d'empcher cet acte, pour ne
pas tre accuse de basse vengeance, et si elle ne le pouvait, elle
et au moins d protester publiquement, afin d'viter tout soupon.

  [96] Voir: _tudes et Rcits sur Alfred de Musset_, par Mme la
  Vicomtesse de Janz. Paris, Plon, 1891. 1 vol. in-12, p. 92. On y
  trouvera le texte d'une lettre d'Alfred de Musset  Mme E. de
  Girardin, dans laquelle il la prie de garder le silence sur cette
  destitution.--Lettre de Maxime Du Camp dans le _Figaro_ du 25
  septembre 1882.

L'arrt qui le frappait fut notifi  Alfred de Musset par cette
lettre qui ne lui parvint que dans les premiers jours du mois de juin,
M. Recurt, docteur-mdecin, tant Ministre de l'Intrieur, M.
Ledru-Rollin ayant t rvoqu le 11 mai 1848[97]:

    Citoyen,

  J'ai le regret de vous annoncer que par un arrt du 5 mai
  courant, le Ministre vous a admis  faire valoir vos droits  la
  retraite.

  Salut et Fraternit.

  Paris, 8 mai 1848.

    _Le Secrtaire gnral_,
    CARTERET.

  [97] Insr au _Moniteur Universel_ du 13 mai 1848.

Malgr les prcautions prises en haut lieu, cette inqualifiable mise 
pied ne tarda pas  tre connue, et les journaux,  la seule exception
de ceux pays par le gouvernement, se rangrent du ct d'Alfred de
Musset:

  LES SALTIMBANQUES, _no 2, juin 1848_.--Une brutale destitution
  vient de frapper Alfred de Musset; on l'a trait comme un homme
  vulgaire; il est vrai que tous les hommes sont gaux devant
  l'ordonnance du mdecin.

  LA PROVIDENCE, _12 juin 1848_.--M. Alfred de Musset,
  bibliothcaire au Ministre de l'Intrieur, vient d'tre rvoqu
  de ses fonctions. Si nos informations sont exactes, cette nouvelle
  lui aurait t signifie de la faon la plus inattendue et la plus
  blessante. Il est impossible de contenir la douleur que de pareils
  actes inspirent. La destitution de M. Lebrun et de M. Mignet tait
  dj un fait dplorable; celle de M. de Musset est un attentat
  envers la littrature franaise et elle ne peut le laisser passer
  sans protester..... On a donn pour successeur  M. Mignet un
  monsieur Des Reeys, dont le nom n'tait connu de personne; le
  remplaant du pote de _Rolla_ et de _Un Spectacle dans un
  Fauteuil_ est un monsieur Marie Augier, qui n'a rien de commun
  avec l'auteur de _La Cigu_ et de l'_Aventurire_. Qu'est-ce que
  M. Marie Augier?

Dans son numro du 13 juin, _La Providence_ revient encore sur la
destitution d'Alfred de Musset et reproche  M. Flocon d'ter une
sincure  un crivain distingu pour la donner  un homme obscur:
Ah! si M. de Musset, au lieu d'crire ses charmants proverbes, avait
seulement fait des bandes pour _La Rforme_!

L'_Artiste_, du 15 juin, paraphrasant les formules officielles,
annonce qu'en vertu du dcret: Ote-toi de l que je m'y mette, un
grand citoyen, rdacteur de _La Rforme_, est autoris  prendre les
trois mille francs que touchait M. Alfred de Musset.

Le _Charivari_, du 15 juin, sous le titre de: Une destitution
anti-littraire, constate que les hommes du nouveau gouvernement
mettent  bas tous ceux qui ont un renom, pour les remplacer par des
gens obscurs, leurs cratures.

  PAMPHLET QUOTIDIEN ILLUSTR, _15 juin_.--M. Alfred de Musset
  persistait, malgr le dcret du gouvernement provisoire qui
  supprime les titres de noblesse,  conserver son nom patronymique
  en se parant de l'infme particule. La place de ce factieux de
  lettres a t accorde  un crivain aussi remarquable par l'clat
  de son talent que par la persistance de ses opinions
  dmocratiques..... Il est vrai que M. Alfred de Musset avait eu le
  tort d'crire des chefs-d'oeuvre; M. Augier (Marie) n'a aucun tort
  de ce genre  se reprocher: il appartient  _La Rforme_.

Mais la dernire phrase de l'article de _La Providence_ du 12 juin
avait vex M. Marie Augier, qui adressa cette lettre au directeur:

    _Au citoyen Rdacteur de_ La Providence,

    Citoyen Rdacteur,

  Si l'on en croit l'article que vous publiez ce matin, je suis
  nomm bibliothcaire du Ministre de l'Intrieur, aux lieu et
  place de M. Alfred de Musset.

  Je n'ai nullement connaissance de cette nomination; je ne l'ai
  point sollicite, et, n'tant point nomm, je n'ai rien  refuser.

  Vous demandez ce _que_ c'est que M. Marie Augier?

  Dans une rpublique, citoyen, non seulement on peut, mais on doit
  demander aux hommes _qui_ ils sont. C'est seulement sous une
  monarchie qu'on demande ce _que_ ils sont.

  J'aurais pass sous silence votre article de ce matin, mais je me
  devais  moi-mme, je devais  mes amis, de dclarer
  qu'aujourd'hui, plus que jamais, ma vritable place est au milieu
  d'eux, en restant ce _que_ je suis, ce _que_ j'ai t,
  _journaliste_, pour dfendre la Rpublique contre ses ennemis de
  la veille et du lendemain.

    MARIE AUGIER,
    Rdacteur de _La Rforme_.

Et cependant l'arrt de M. Ledru-Rollin existe, qui nomme M. Marie
Augier bibliothcaire?

Mais la plus nergique, la plus chaleureuse protestation fut celle
d'Alexandre Dumas, dans son journal _La France Nouvelle_, du 16 juin
1848:

  Il y a des choses que nous ne laisserons jamais passer dans
  l'ombre sans aller  elles et sans les traner au grand jour de la
  place publique...

  Alfred de Musset, l'auteur des _Romances espagnoles_, du
  _Spectacle dans un Fauteuil_, de cinq ou six romans, de dix
  nouvelles adorables qui sont dans toutes les mmoires, de vingt
  proverbes charmants qui sont sur toutes les tables, Alfred de
  Musset vient d'tre rvoqu de ses fonctions de bibliothcaire au
  Ministre de l'Intrieur. Qui a permis cet inqualifiable renvoi?
  Est-ce vous, M. Recurt? Oui. Mais qui tes-vous donc pour toucher
   un nom comme celui que nous venons de prononcer? D'o
  venez-vous, si vous ne le connaissez pas? De quel droit, vous qui
  tes oblig, pour ajouter un titre  votre nom, de vous appeler
  rpublicain de la veille, de quel droit venez-vous, fort de la
  position que vous avez escamote, reprendre  un homme de gnie la
  position qu'il a conquise?

  ...Comment, voil un crivain qui a dot notre langue d'une
  admirable posie; voil un pote qui est le frre de Lamartine, de
  Hugo et de Byron; voil un romancier qui est le rival de l'abb
  Prvost, de Balzac, de George Sand; voil un auteur dramatique
  qui, avec un seul acte, a fait gagner  la Comdie-Franaise plus
  d'argent que vous ne lui en donnez, vous, en six mois; voil,
  enfin, un de ces penseurs qui n'a pas une seule fois sacrifi la
  dignit de l'art aux ambitions de fortune et de position; voil un
  gnie qui n'a demand  Dieu et aux hommes que la libert de vivre
  et de penser  son aise; qui n'a jamais t ni d'un club
  politique, ni d'une coterie littraire; et il se trouve un
  ministre qui passe, et qui, en passant, lui prend, pour y mettre
  qui donc? la place qui lui assurait cette libert qu'il demandait,
  et qui n'tait pas mme l'_aurea mediocritas_ d'Horace. Oh! c'est
  piti qu'il y ait tant de places en France, que nos rpublicains
  en ont tous; qu'ils en ont pour eux, pour leurs frres, pour leurs
  fils, pour leurs neveux, pour leur coiffeur, pour leur valet de
  chambre, pour leurs usuriers; et qu'il se trouve un pote, Alfred
  de Musset,  qui la Rpublique vienne prendre sa place. Ils ne
  savent donc pas, les hommes qui font de pareilles choses, qu'ils
  n'avaient qu'un moyen de transmettre leurs noms  l'avenir,
  c'tait de faire juste le contraire de ce qu'ils font. Ils ne
  savent donc pas qu'il y a une royaut que ni meute, ni barricade,
  ni rvolution, ni rpublique ne changeront, c'est la royaut de la
  pense du gnie.....

Alexandre Dumas termine en faisant un appel  Lamartine, pote et
lgislateur; mais, hlas! M. de Lamartine tait beaucoup trop occup
de lui-mme pour prter la moindre attention aux autres, surtout
lorsque ces autres ne pouvaient lui tre d'aucune utilit pour le
maintenir dans sa situation politique.

A la lecture de ces lignes, Alfred de Musset s'empressa de remercier
leur auteur par une lettre que la _France Nouvelle_ insra dans son
numro du 21 juin:

    Vendredi, 16 juin 1848.

    Mon cher Dumas,

  Je viens de lire la _France Nouvelle_ et j'irai vous serrer la
  main. Mais il faut que je vous remercie  l'instant mme de la
  vive motion que je ressens. Vous me rendez fier, mon ami, et vous
  me donnez le droit de l'tre, lorsqu'un homme tel que vous daigne
  craser une petite maladresse sous de si belles, si braves et si
  nobles paroles.

  Une autre impression encore m'a t au coeur, c'est notre vieille
  amiti toujours jeune, et ce sentiment plein de force et de
  dignit qui fait qu'ayant dans les mains l'arme la plus puissante
  et la plus redoutable, si vous tirez l'pe pour attaquer, c'est
  en mme temps pour dfendre.

  A vous de coeur

    ALFRED DE MUSSET.

De son ct, la _Patrie_ du 16 juin prenait violemment  partie M.
Recurt:

  .....Ce grand ministre peut bien laisser autour de lui se
  dorloter dans les directions et dans les bureaux, des employs
  suprieurs trs connus pour le mal qu'ils n'ont cess de rpandre
  dans les Beaux-Arts. Mais un pote, un pauvre diable, qui n'a que
  du talent et du gnie, deux misres! un fou qui est rest attach
   sa vocation comme  sa chane! Ah! fi! c'tait  faire rougir la
  gent administrative. Et M. Recurt a ray d'un trait de plume le
  nom de M. de Musset. Il y a longtemps que les sarcasmes de
  Molire,  l'endroit des mdecins, tourmentaient M. le docteur
  Recurt; il se venge sur M. Alfred de Musset. Le pauvre
  homme!.....

Si peu sensible qu'ils eussent l'piderme, les hauts personnages du
Ministre de l'Intrieur finirent par se sentir dsagrablement
chatouills par toutes les choses dsobligeantes qui leur taient
dites, et M. Dieudonn, chef de cabinet de M. Recurt, crivit au
directeur de la _Patrie_:

    Paris, 17 juin 1848.

    Citoyen Rdacteur,

  Dans un article trs long, mais fort peu bienveillant, vous
  annoncez que le citoyen Recurt, ministre de l'intrieur, a rvoqu
  de ses fonctions de bibliothcaire du ministre de l'intrieur le
  citoyen Alfred de Musset.

  La seule rponse qu'on puisse faire  cet article est que le
  citoyen Recurt, ministre de l'intrieur, n'a pas plus rvoqu le
  citoyen Musset qu'il n'a pourvu  son remplacement.

  Je vous prie, citoyen Rdacteur, de bien vouloir insrer cette
  lettre dans la _Patrie_ de ce soir.

  Salut et fraternit.

  DIEUDONNɻ.

Cette lettre fut publie dans la _Patrie_ du 18 juin, et le 20 juin,
le mme journal donnait la rponse d'Alfred de Musset:

   Monsieur,

   Je lis dans votre journal qu'on avait annonc par erreur
   que j'tais destitu de la place de bibliothcaire, et que le
   ministre a fait dmentir ce bruit. Voici,  ce sujet, la lettre
   que j'ai reue un mois aprs sa date:

   (_Suit la lettre de M. Carteret du 8 mai 1848_).

   Cette lettre, vous le voyez, est aussi claire que laconique.
   Quant aux droits  la retraite, pour en avoir, il faudrait que
   j'eusse t nomm bibliothcaire  l'ge o j'apprenais  lire.
   Veuillez croire, Monsieur, que je n'aurais jamais song 
   entretenir le public d'une chose de si peu d'importance, si je
   n'tais pas profondment touch des marques d'intrt et de
   bienveillance que j'ai reues de la presse en cette occasion.

   Veuillez agrer, Monsieur, l'assurance de ma parfaite
   considration.

    ALFRED DE MUSSET.

Ces deux lettres firent le tour de la presse, accompagnes des marques
non quivoques du mpris qu'inspirait la conduite de ceux qui, par un
misrable jeu de mots, voulaient garer l'opinion [98]. Quant 
liquider la pension de retraite d'Alfred de Musset, en vertu de
l'article 2 du dcret du 2 mai 1848, il n'en fut jamais question.

  [98] Voir: _Charivari_, 16 juin. Le _Commerce_, 18 et 20 juin.
  Les _Saltimbanques_, 18 juin. La _Presse_, 19 et 30 juin. Le
  _Pamphlet quotidien_, 21 juin. La _Providence_, 21 juin. Le
  _National_, 21 juin. _Nouvelles du jour_, 22 juin. Le _Petit-fils
  du Pre Duchesne_, 21-24 juin. _Artiste_, 1er juillet. Le _Mois_,
  16 juillet 1848.--La _Comdie parisienne_, journal d'Albric
  Second, dans sa livraison du 10 mai 1857, p. 292; publie deux
  lettres: l'une d'Alfred de Musset, l'autre d'Albric Second,
  relatives  cette destitution. Dans le tome II de ses
  _Confessions_ (Dentu, 1885. In-8, p. 342), Arsne Houssaye
  revient sur ce sujet.

  LE PAMPHLET QUOTIDIEN ILLUSTR, _20 juin 1848_.--...Subterfuge
  odieux, escobarderie ridicule! mensonge trois fois stupide! Non,
  ce n'est pas M. Recurt qui a rvoqu le noble esprit! C'est
  monseigneur Ledru-Rollin, ex-pacha de l'intrieur: Ah! vous
  espriez donner le change  la presse! Ah! vous vouliez nous
  _flouer_ la vrit comme vous nous avez flou la rpublique! Comme
  vous vous tes partag les ministres! Intelligences abruties par
  le pouvoir et la popularit, vous vous attaquez aux potes
  maintenant, c'est--dire  quelque chose de plus inoffensif qu'un
  enfant, de plus faible qu'une femme, de plus sacr qu'un prtre.
  Platon chassait les potes de la Rpublique, mais il ne les
  condamnait pas au dnuement; il les reconduisait  la frontire au
  son des doubles fltes et des cymbales d'airain; il couronnait
  leurs ttes de fleurs comme l'agneau des sacrifices, et les disait
  fils des dieux. Vous, _vous flanquez  la porte_, brutalement,
  mesquinement, stupidement! Voil bien les profanateurs, et quels
  profanateurs! les crivains des fameux _Bulletins_ de la
  rpublique... Que dira l'avenir, quand on crira: Lamartine tait
  tout puissant, Alfred de Musset ne fut rien, pas mme
  bibliothcaire...

La _Libert_ du 22 juin ayant publi l'entrefilet suivant:

  M. Alfred de Musset n'a point, comme on l'avait cru, t rvoqu
  de ses fonctions de bibliothcaire du ministre de l'intrieur.

Le _Pamphlet quotidien_ du 23 juin releva vertement cette rcidive de
mensonge, ajoutant: Nous tenons de bonne source que la Socit des
Gens de Lettres doit protester publiquement contre l'affront fait aux
lettres dans la personne de M. Alfred de Musset.--Dans le _Gamin de
Paris_ du 21-24 juin, Fouyon plaide la cause d'Alfred de Musset et
demande qu'on nous laisse nos potes: On dit que les savants n'aiment
quelquefois pas les potes; mais tu ne peux donner ce motif-l,
toi.--Alexandre Dumas attaque de nouveau M. Recurt dans la _France
Nouvelle_ du 24 juin.--Il n'est pas jusqu'au _Diogne Sans Culotte_
(22-25 juin) qui ne fasse entendre sa voix.

Voici donc la bibliothque du Ministre de l'Intrieur sans titulaire,
Alfred de Musset ayant t destitu, et M. Marie Augier n'ayant pas
accept sa nomination. Malgr mes recherches, il m'a t impossible de
savoir quel avait t le successeur immdiat d'Alfred de Musset et 
quelle poque remontait sa nomination. Le _Moniteur Universel_ du 7
juillet publie un arrt du prsident du Conseil des ministres (E.
Cavaignac), pris sur la proposition du ministre de l'intrieur
(Senart), portant organisation du personnel du ministre de
l'intrieur, dont un bibliothcaire archiviste, aux appointements de
4,000 fr. Mais il n'y a pas trace d'une nomination quelconque.

Le _Corsaire_ du 24 aot dit: Voil quelques jours, une ordonnance
vient de se glisser dans les colonnes du _Moniteur_, qui nomme M.
douard Charton aux fonctions prcites. Il doit y avoir erreur, par
suite de similitude de nom: le _Moniteur_ du 10 aot donne un arrt
qui nomme M. douard Carteron bibliothcaire du Ministre des Affaires
trangres. On ne trouve pas, aux archives du Ministre de
l'Intrieur, trace d'arrt de nomination de M. douard Charton. Il
est vrai que d'avril  dcembre 1848, le classement des pices
prsente plusieurs lacunes, ce qui n'a rien d'tonnant, vu le nombre
de ministres, secrtaires et chefs de cabinet, qui se sont succd en
quelques mois.

Ce qu'il y a de certain, c'est qu' la date du 1er janvier 1849,
l'emploi de bibliothcaire du Ministre de l'Intrieur tait occup
par M. Niel, antrieurement chef de bureau au mme ministre. Mais 
quelle date prcise a-t-il pris possession de ces fonctions, c'est ce
qu'il n'a pas t possible de vrifier, l'arrt de sa nomination ne
se trouvant pas aux archives.


II

L'Acadmie Franaise, blesse par les procds des citoyens
Ledru-Rollin et Recurt, et autant pour ddommager un peu le pote de
la brutale destitution qui l'avait frapp, que pour protester contre
les actes des hommes au pouvoir, rsolut d'attribuer un prix  Alfred
de Musset. Le choix porta sur la fondation de M. le comte de Maill
Latour-Landry[99]; l'intention tait bonne, mais son application donna
lieu  de fcheuses interprtations; l'Acadmie n'eut pas le courage
de dire qu'elle voulait rparer une injustice, et les termes dont elle
se servit pour dguiser son offrande ne pouvaient tre plus mal
choisis.

  [99] Le _Moniteur Universel_ du 13 octobre 1839 donne le texte du
  testament de M. le comte de Maill, qui cre ce prix: Art. 5.
  Mon intention est de faire une fondation utile  la littrature
  et aux beaux-arts, en secourant les jeunes auteurs ou artistes
  pauvres. Malfiltre, Gilbert, Escousse, Moreau et de jeunes
  artistes dont le sort a t analogue, sont les exemples frappants
  de beaux talents  leur printemps que la misre a empchs de
  porter leurs fruits. Un secours, peut-tre modique, et suffi 
  les prserver et et valu peut-tre des chefs-d'oeuvre. Je lgue
   l'Acadmie Franaise et  l'Acadmie royale des Beaux-Arts une
  somme de 30,000 francs pour la formation d'un secours  accorder
  chaque anne, au choix de chacune de ces Acadmies
  alternativement,  un jeune crivain ou artiste, pauvre, dont le
  talent, dj remarquable, paratra mriter d'tre encourag 
  poursuivre sa carrire dans les lettres ou les beaux-arts.

Alfred de Musset fut proclam laurat dans la sance du 17 aot 1848
(voir le _Moniteur Universel_ du 18 aot). Aussitt qu'il en fut
averti, le pote, ne connaissant pas les qualificatifs qui
accompagnaient ce prix, crivit une lettre de remerciement au
Directeur de l'Acadmie, lettre que nous retrouverons plus loin. Mais
quand, aprs la sance publique, il sut les motifs allgus, devenu
fort perplexe, il demanda conseil  son frre Paul:

    Mon cher ami,

  En voil une tuile dsagrable! J'tais averti que l'Acadmie me
  dcernait un prix, mais je ne savais pas en quels termes. On vient
  de me les dire et je les trouve blessants. Il y a vingt ans que
  j'cris; j'en ai tout  l'heure trente-huit, et on m'apprend que
  je suis un jeune homme qui mrite d'tre encourag  poursuivre sa
  carrire. Quand la critique me fait de ces compliments-l, je les
  mprise; mais de la part de l'Acadmie, c'est plus grave. Il m'en
  coterait de paratre orgueilleux ou susceptible, et cependant,
  puis-je  mon ge me laisser traiter d'colier? Que faire? J'ai
  besoin d'avoir ton avis l-dessus. Attends-moi ce soir avant de te
  coucher ou laisse la clef  ta porte. Il faut que nous causions
  ensemble[100].

    Jeudi soir [17 aot 1848].

    ALFRED DE MUSSET.

  [100] Publi: _OEuvres posthumes d'Alfred de Musset. Paris,
  Charpentier, 1867. 1 vol. in-12_, p. 237.

Il fut dcid qu'Alfred de Musset, prenant un moyen terme, accepterait
le prix, mais ne le conserverait pas. Le _National_ du 19 aot tourna
tant soit peu en ridicule Messieurs de l'Acadmie:

  Nous admirons fort l'Acadmie d'avoir su dcouvrir que M. Alfred
  de Musset, aprs dix-huit ans de succs, tait un talent _dj_
  remarquable et mritait d'tre encourag  poursuivre sa carrire
  dans les lettres. Cela prouve un discernement profond. Nous
  admirons cette condescendance de vouloir bien encourager un
  talent consacr par l'estime du public, depuis ses dbuts qui
  datent de 1830; nous admirons cette complaisance  reconnatre que
  ce talent commence  donner des _esprances_, lorsque tout le
  monde, except les acadmiciens qui ne lisent rien, sait par coeur
  ses posies; lorsqu'il n'y a pas de jour o les affiches des
  thtres n'annoncent ses pices, que les acadmiciens ne
  connaissent point, parce qu'ils se gardent bien d'aller au
  spectacle et de se tenir au courant de la littrature dramatique;
  lorsque le Thtre de la Rpublique doit  M. Alfred de Musset ses
  merveilleuses recettes: encourager ce talent  poursuivre sa
  carrire, c'est trop de bont.....

Le _Charivari_ du 19 aot accentue la note et espre que M. de Musset
ne peut pas tre complice de cet acte, lui qui perd un traitement de
trois mille francs, et dont les pices sont les seules qui fassent
recette au Thtre Franais. Non, l'Acadmie a manqu de dignit pour
elle et pour le pote; si elle veut  toute force servir M. de Musset,
pourquoi ne lui donnerait-elle pas le fauteuil laiss vide par la mort
de Chateaubriand: Voil comment l'Acadmie se ft honore en honorant
le pote; mais ce prix Maill Latour-Landry, fi donc! jamais je ne
pourrai oublier le sourire et l'ironie de M. Villemain en proclamant
la dcision de l'Acadmie.

Le _Bien Public_ du 21 aot insre une note sur cette attribution.

A la suite de sa confrence avec son frre, Alfred de Musset avait
adress une lettre au _National_, qui la publia dans son numro du 21
aot, avec ce commentaire[101]:

  Nous recevons de M. Alfred de Musset, une lettre qui ne nous
  tonne pas de la part d'un pote homme de coeur. Nos lecteurs, qui
  sont au courant des termes du programme des prix dcerns en 1848
  par l'Acadmie Franaise, apprcieront le sentiment de modestie
  et de gnrosit qui a dict cette lettre, et l'Acadmie elle-mme
  ne peut manquer d'approuver la destination donne par M. Alfred de
  Musset au prix d'encouragement qu'elle lui a dcern.

    Au citoyen rdacteur du journal le _National_.

    Paris, ce 20 aot 1848.

    Monsieur,

  L'Acadmie Franaise m'a fait l'honneur, dans sa dernire sance,
  de me donner le prix fond comme encouragement par M. le comte de
  Maill de Latour-Landry. Ce secours, accord pour un an, consiste
  en une somme de treize cents et quelques francs, intrts d'un
  capital de 30.000 fr. lgu par le testateur et plac en rentes
  sur l'tat.

  Voulez-vous tre assez bon, monsieur, pour ajouter cette somme 
  celles que vous avez dj reues en faveur des victimes des
  vnements de juin 1848? Je m'empresserai de la verser entre vos
  mains aussitt qu'elle me sera parvenue.

  Veuillez agrer, Monsieur, l'assurance de ma parfaite
  considration.

    ALFRED DE MUSSET.

  [101] Publi: _Mlanges de littrature et de critique, par Alfred
  de Musset. Paris, Charpentier, 1867. 1 vol. in-12_, p. 274.

Le _Corsaire_ du 23 aot approuve cette lettre.

Mais dans sa sance du jeudi 24 aot 1848, l'Acadmie Franaise dcida
que la _Note_ suivante serait adresse au _Moniteur Universel_, qui
l'insra dans son numro du 25 aot:

  Une lettre publie dans plusieurs journaux et signe de M. Alfred
  de Musset, ferait penser que l'Acadmie Franaise avait lgrement
  attribu  cet crivain distingu, le prix fond par M. Maill
  Latour-Landry. La seule rponse  faire, c'est que l'Acadmie n'a
  pris cette dcision qu'aprs s'tre assur que M. Alfred de Musset
  connaissait le caractre de ce prix et qu'il l'accepterait; et, en
  effet, il a remerci l'Acadmie par la lettre suivante:

    Monsieur le Directeur,

  J'ai reu avec reconnaissance la faveur dont on a bien voulu
  m'honorer.

  Permettez-moi de vous prier de faire agrer tous mes
  remerciements  l'Acadmie.

  Veuillez, Monsieur le Directeur, recevoir l'assurance de ma
  parfaite considration.

    ALFRED DE MUSSET.

  L'Acadmie dcide que la prsente note sera transmise au
  _Moniteur_ avec prire de la publier.

    Certifi conforme:

    _Le Secrtaire perptuel de l'Acadmie Franaise._

    VILLEMAIN.

Le _National_, o Paul de Musset venait d'entrer comme rdacteur,
rpondit le 27 aot  Messieurs de l'Acadmie:

  L'Acadmie Franaise parat s'tre mue de la destination
  patriotique donne par M. Alfred de Musset au prix fond par M. de
  Maill Latour-Landry. Une note publie dans le _Moniteur_ d'hier
  et signe de M. Villemain, affirme que M. Alfred de Musset, en
  acceptant ce prix, en connaissait le _caractre_, et cette note
  est accompagne de la lettre de remerciement et d'acceptation du
  pote. Si le but de cette rclamation officielle de l'Acadmie est
  de rpondre aux rflexions du _National_ et de plusieurs autres
  journaux sur les termes du programme de la sance du 17 aot,
  l'Acadmie et mieux fait de garder le silence. Car nous savons et
  nous rptons que, si M. de Musset avait t averti du _caractre_
  de ce prix, il n'a connu le _texte_ blessant du programme que le
  jour de la sance publique. Ni la lettre d'acceptation, ni la note
  de M. Villemain ne dtruisent l'exactitude de cette assertion.
  Mais si l'Acadmie Franaise trouve mauvais que M. Alfred de
  Musset ait donn le montant du prix qui lui est dcern aux
  victimes des vnements de juin 1848, nous regrettons que la note
  de M. Villemain ne s'exprime pas plus nettement sur ce point. Nous
  aurions t bien aises d'tre difis sur les sentiments de
  l'Acadmie et le motif de son blme.

M. Taxile Delord, dans le _Spectateur Rpublicain_ du 27 aot, aprs
avoir rsum les arguments des deux parties, leur donne tort  toutes
deux:  l'Acadmie qui, comme protestation, et d admettre Alfred de
Musset dans son sein au lieu de lui jeter une aumne; au pote, en
changeant la destination primitive du prix Maill Latour-Landry, au
lieu de le refuser.

Puis, le silence se fit. Le 28 octobre 1848, Alfred de Musset toucha
le montant de son prix, et on trouve dans le _National_ du 16 novembre
cette note qui met fin au dbat:

  Nous avons reu de monsieur Alfred de Musset la somme de treize
  cents francs que nous avons verse entre les mains de M. le Maire
  du 2e arrondissement, pour tre distribue aux blesss des
  journes de Juin 1848.


III

Pendant que ces faits se passaient  l'Acadmie Franaise, la Socit
des Gens de Lettres ne restait pas inactive. A son instigation, dans
la sance de l'Assemble Nationale du 11 juillet, le ministre de
l'Intrieur, M. Senart, proposait un arrt demandant l'ouverture d'un
crdit de 500.000 francs, pour tre rparti entre les divers thtres
de Paris, dont 105.000 francs pour le Thtre de la Rpublique
(Comdie Franaise).

Le 13 juillet, tait nomme une commission de cinq membres, charge
d'tudier le dossier: MM. Victor Hugo, Flix Pyat, tienne Arago, Lon
de Malleville et Evariste Bavoux.

Le 17 juillet, lecture en sance publique,  l'Assemble Nationale,
par le citoyen Victor Hugo, de son rapport sur les subventions 
accorder aux thtres et d'un projet de dcret portant  680.000
francs le crdit ouvert au Ministre de l'Intrieur.

Le 24 juillet, l'Assemble Nationale adopte un dcret en vertu duquel
un crdit extraordinaire de 680.000 fr. est ouvert au Ministre de
l'Intrieur, pour tre rpartis entre les divers thtres de Paris, y
compris le thtre de la Nation (Opra); sur ce crdit, une somme de
5.000 francs sera prleve pour une inspection gnrale des thtres.
La rpartition sera faite de quinzaine en quinzaine, par cinquimes
gaux, pour tre termine le 1er octobre. Deux tiers seront affects
au paiement des artistes et employs, l'autre tiers attribu aux
directeurs.

Dans la mme sance, l'Assemble adopte un autre dcret en vertu
duquel un crdit de 200.000 francs est ouvert au Ministre de
l'Intrieur pour encouragement aux Beaux-Arts, et un crdit de 100.000
francs au Ministre de l'Instruction Publique pour encouragement aux
Belles-Lettres[102].

  [102] Voir: _Moniteur Universel_, 12, 18, 25 juillet et 2
  aot.--_Le National_, 14 juillet.--_Bulletin des Lois_, 25
  juillet 1848.

La commission du Ministre de l'Instruction publique (M. de
Vaulabelle, ministre), se composait de MM. Albert de Luynes, Charles
de Rmusat, Haurau, Littr, L. Dupaty, Prosper Mrime et P. Gnin.

Le 14 septembre 1848, Alfred de Musset crivait  sa mre, en ce
moment chez sa fille  Angers:

  .....Le ministre de l'intrieur vient de rparer, un peu et
  jusqu' un certain point, de la manire la plus aimable, la
  sottise de l'Acadmie. Les auteurs dramatiques, jous depuis
  fvrier, taient compris dans les fonds d'indemnit donns aux
  thtres. Cela n'a rien que de fort honorable. Il tait reconnu
  que les thtres avaient moins gagn  cause de la Rvolution. Par
  consquent, les auteurs devaient y avoir perdu. On a donc envoy 
  chacun une petite somme; mon nom a t mis en tte pour mille
  francs. Ce n'est pas le Prou, mais enfin, les pauvres gens, tu
  sais de quoi ils vivent, et les autres n'ont gure eu que moiti!
  Le Directeur des Beaux-Arts m'a annonc cela avec les compliments
  les plus flatteurs de la part du Ministre. Tu penses bien que
  cette fois, j'ai accept: non, ce n'est point comme  l'Acadmie!
  Qui pourrait en tre vex?.....

  Ton fils qui t'aime.

    ALFRED DE MUSSET.

Ce fut donc cette unique somme de mille francs qui fut remise  Alfred
de Musset, pour l'indemniser de sa destitution par M. Ledru-Rollin.
L'Acadmie Franaise rpara sa maladresse un peu plus tard, en
admettant le pote au nombre de ses membres, le 12 fvrier 1852 (la
rception officielle n'eut lieu que le 27 mai). Mais la rparation ne
fut complte que le 18 mars 1853, jour o le _Moniteur Universel_
publia ces lignes:

  Par arrt en date du 15 mars, Monsieur le Ministre de
  l'Instruction Publique et des Cultes a nomm monsieur Alfred de
  Musset, membre de l'Acadmie Franaise, bibliothcaire du
  Ministre de l'Instruction publique.

Et ce fut le Ministre de l'Instruction publique lui-mme, M. Hippolyte
Fortoul, qui, ds 1834, avait t le collaborateur d'Alfred de Musset
 la _Revue des Deux-Mondes_[103], et tenait le pote en haute estime,
qui le voulut prvenir de sa nomination[104]:

    Paris, le 18 mars 1853.

    Mon cher monsieur,

  J'ai le plaisir de vous annoncer que je viens de vous nommer
  bibliothcaire du Ministre de l'Instruction publique, aux
  appointements de 3.000 francs. Ces fonctions que vous n'avez point
  sollicites, mais que je dsirais depuis longtemps vous confier,
  ont t rendues vacantes par un mouvement qui ne drange aucune
  position acquise. Je m'estime infiniment heureux d'avoir pu
  rparer une partie des torts que vous ont faits nos discordes,
  aujourd'hui oublies. Je regrette seulement d'avoir si peu de
  chose  offrir  un des hommes dont le talent honore le plus la
  littrature de notre temps.

  Veuillez croire  tous mes sentiments dvous.

    H. FORTOUL.

  [103] C'est monsieur Fortoul qui, dans la _Revue des Deux-Mondes_
  du 1er septembre 1833, rend compte de la seconde livraison d'_Un
  Spectacle dans un fauteuil_ d'Alfred de Musset.

  [104] Cette lettre est publie presque textuellement dans la
  _Biographie d'Alfred de Musset par Paul de Musset. Charpentier.
  1877. 1 vol. in-12_, page 322.

Alfred de Musset remplissait encore ces fonctions lors de sa mort.




   TABLE DES MATIRES

                                                               Pages

   Les Portraits d'Alfred de Musset                                1

   Alfred de Musset et George Sand                                43

   Index bibliographique                                         101

   Quelques OEuvres indites ou peu connues d'Alfred
   de Musset                                                     173

   Notice bibliographique sur la Correspondance d'Alfred
   de Musset                                                     221

   Alfred de Musset bibliothcaire du Ministre et laurat
   de l'Acadmie                                                 243




   TABLE DES ILLUSTRATIONS

                                                               Pages

   1. _Alfred de Musset_, portrait-charge dessin  la plume
   par Roger de Beauvoir                                           8

   2. _George Sand_, portrait-charge dessin au crayon
   par Alfred de Musset                                           45

   L'original de ce dessin appartient  Mme veuve Martellet
   et a prcdemment t publi par elle dans son livre
   intitul: _Dix ans chez Alfred de Musset._

   3. Fac-simil de l'_Ordonnance_ du docteur Pagello             55

   4. Fac-simil de la _Ddicace_ crite par George Sand
   sur le carnet d'Alfred de Musset                               66

   5. Fac-simil de la _Ddicace_ crite par Pierre Pagello
   sur le carnet d'Alfred de Musset                               66

   6. _Le Comte d'Essex_, fac-simil de la 4e page du
   manuscrit d'Alfred de Musset                                  178

   7. _Tombeau d'un homme_ qui est all  l'Opra-Comique,
   croquis  la plume par Alfred de Musset                       231

   8. _Alfred de Musset et Rachel_, croquis  la plume par
   Alfred de Musset                                              232




CHATEAUDUN

IMPRIMERIE DE LA SOCIT TYPOGRAPHIQUE





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Maurice Clouard

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SUR ALFRED MUSSET ***

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electronic work or group of works on different terms than are set
forth in this agreement, you must obtain permission in writing from
both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and Michael
Hart, the owner of the Project Gutenberg-tm trademark.  Contact the
Foundation as set forth in Section 3 below.

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or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.


Section  2.  Information about the Mission of Project Gutenberg-tm

Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
electronic works in formats readable by the widest variety of computers
including obsolete, old, middle-aged and new computers.  It exists
because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
people in all walks of life.

Volunteers and financial support to provide volunteers with the
assistance they need, are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
remain freely available for generations to come.  In 2001, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.


Section 3.  Information about the Project Gutenberg Literary Archive
Foundation

The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
Revenue Service.  The Foundation's EIN or federal tax identification
number is 64-6221541.  Its 501(c)(3) letter is posted at
http://pglaf.org/fundraising.  Contributions to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
permitted by U.S. federal laws and your state's laws.

The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
throughout numerous locations.  Its business office is located at
809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
business@pglaf.org.  Email contact links and up to date contact
information can be found at the Foundation's web site and official
page at http://pglaf.org

For additional contact information:
     Dr. Gregory B. Newby
     Chief Executive and Director
     gbnewby@pglaf.org


Section 4.  Information about Donations to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation

Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
spread public support and donations to carry out its mission of
increasing the number of public domain and licensed works that can be
freely distributed in machine readable form accessible by the widest
array of equipment including outdated equipment.  Many small donations
($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
status with the IRS.

The Foundation is committed to complying with the laws regulating
charities and charitable donations in all 50 states of the United
States.  Compliance requirements are not uniform and it takes a
considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
with these requirements.  We do not solicit donations in locations
where we have not received written confirmation of compliance.  To
SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
particular state visit http://pglaf.org

While we cannot and do not solicit contributions from states where we
have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
against accepting unsolicited donations from donors in such states who
approach us with offers to donate.

International donations are gratefully accepted, but we cannot make
any statements concerning tax treatment of donations received from
outside the United States.  U.S. laws alone swamp our small staff.

Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
methods and addresses.  Donations are accepted in a number of other
ways including checks, online payments and credit card donations.
To donate, please visit: http://pglaf.org/donate


Section 5.  General Information About Project Gutenberg-tm electronic
works.

Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
concept of a library of electronic works that could be freely shared
with anyone.  For thirty years, he produced and distributed Project
Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.


Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
unless a copyright notice is included.  Thus, we do not necessarily
keep eBooks in compliance with any particular paper edition.


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